Vol. 44, N° 4 Avril 1963
Avez-vous quelque
chose à déclarer ?
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Dès son arrivée à
la frontière d'un pays étranger, le voyageur
doit obtempérer à l'inéluctable question
des douaniers : « Avez-vous quelque chose à
déclarer ? » Il ouvre ses valises et, plongeant
la main au milieu de ses vêtements, de ses articles
de toilette et de ses babioles personnelles, il en extrait
certains objets qui ont une importance particulière
pour lui comme pour l'agent de la douane.
Chaque année, au début de l'été,
des centaines de jeunes gens sortent des universités
et des collèges, et s'engagent sur des routes diverses
pour se lancer dans la grande aventure de la vie. Ils entrent
eux aussi dans un monde étranger, où ils ont
des trésors et des choses précieuses à
déclarer.
Les connaissances qu'ils ont mises en réserve les
aideront à s'orienter dans ce milieu nouveau. Les idées
et les façons de penser qu'ils ont acquises leur serviront
à maîtriser leur comportement. Leur mode de vie
et leur succès dépendront dans une large mesure
de leur habileté à coordonner leurs connaissances,
leurs idées et leurs actions.
À cette époque décisive de la vie,
l'avenir n'est pas un roman que l'on lit à loisir,
mais un voyage, dont il faut chaque jour parcourir une nouvelle
étape. C'est un long trajet, où tous nos talents,
toutes nos règles de conduite, toute notre sagesse
et toute notre énergie devront être mis à
contribution.
Les voyageurs avisés dressent une liste de leurs
objets de valeur, afin de simplifier leur passage à
la douane. Le présent Bulletin a pour but d'aider
les diplômés à établir une liste
analogue pour connaître les moyens dont ils disposent
au moment où débute une nouvelle phase de leur
vie.
Quelle est la somme de vos connaissances ? Le total
vous surprendra peut-être, car tout cela vous est venu
petit à petit, année par année, classe
par classe. Vous ne vous êtes probablement jamais arrêté
à considérer votre savoir dans son ensemble.
Notez-en dès maintenant toute la richesse. Non pas
seulement en notions qui se comptent, comme les dates, les
formules, les règles de mathématiques, les données
biologiques, les lois économiques. Vous avez aussi
emmagasiné une foule d'images sensorielles, de judicieuses
appréciations, de souvenirs de faits vécus.
Tout cela a été soumis à l'action de
votre intelligence et de votre imagination.
Il s'agit maintenant de déballer ce bagage et de
le faire valoir. Si vous tenez vos trésors sous clef,
comme des biens tout à fait personnels, si vous considérez
tout ce que vous avez appris comme quelque chose dont vous
allez jouir dans la solitude de votre cabinet, en faisant
abstraction de la vie qui bat autour de vous, votre science
et votre expérience ne sont pas des valeurs déclarables.
Si vous les mettez à l'entrepôt avec l'idée
de les en retirer plus tard, vous risquez beaucoup de les
perdre, et, dans l'intervalle, vous vous privez d'une foule
de choses aussi utiles qu'intéressantes.
Sur quel autre avantage que la chance, ce pâle expédient
de l'ignorance, pourrez-vous compter si vous ne vous servez
pas des connaissances et de la clairvoyance que vous avez
acquises jusqu'ici ?
Faites valoir vos talents
N'allez pas vous imaginer cependant que la liste de vos
acquêts est dès maintenant complète et
définitive. Le pire ennemi contre lequel vous aurez
à lutter dans les efforts que vous accomplirez pour
faire votre chemin, dans votre profession ou votre travail,
sera l'idée insidieuse et stérile que vous en
savez assez. Toute vue, toute expérience nouvelle doit
contribuer à vous faire prendre de plus en plus conscience
de ce qui vous reste à apprendre.
À l'école et à l'université,
l'acquisition du savoir était une condition essentielle
pour être promu à une classe supérieure.
Cette loi vaut également dans la nouvelle vie qui commence
pour vous.
Se contenter uniquement de ce que l'on sait, c'est se refuser
les joies de la découverte, qui ne se gagnent que par
le travail et l'étude. Tout le fruit de la pensée
humaine à travers les siècles est à nous
si nous voulons bien nous donner la peine de le cueillir.
C'est notre héritage ; le fondement de notre sagesse.
Le savoir est un ensemble de choses connues. En reliant
ces choses connues à d'autres choses qui ne le sont
pas encore, l'intelligence produit des idées. C'est
l'intelligence qui nous permet de discerner l'essentiel de
l'accessoire, de faire des rapprochements et d'établir
des distinctions.
Outre le savoir et l'intelligence, il faut inscrire sur
votre liste l'habileté et la compétence. L'histoire
nous enseigne que l'habileté était l'une des
qualités requises pour s'asseoir à la Table
ronde du roi Arthur. C'est aussi une nécessité
aujourd'hui pour occuper un poste de commande dans la vie
publique ou dans les affaires. Vous ne passerez certes pas
de votre pupitre d'étudiant à un bureau de directeur
si vous n'avez pour toute capacité que celle de vous
asseoir.
L'habileté est quelque chose de plus que la science
livresque et la dextérité technique. Vous aurez
peut-être cent sur cent à l'écrit, vous
aurez peut-être très bien appris à faire
une opération, mais si vous ne possédez pas
le savoir-faire du métier, vous ne réussirez
jamais parfaitement dans votre nouvelle vie, Et en quoi consiste
le « métier » sinon à faire habituellement
du « beau travail ».
La « compétence » est un bien grand mot
dans une société qui s'est graduellement laissé
éblouir par l'utilité pratique et la mécanisation.
Elle permet d'allier à la quantité du travail,
qui se fonde sur le temps, la qualité du travail, qui,
elle, se fonde sur la valeur.
Avez-vous remarqué que les moments où vous
avez le sentiment le plus vif de donner votre pleine mesure
sont ceux où vous tenez vous-même le chronomètre
ou le cordeau, et non pas les moments où un autre vous
pousse à l'effort ou mesure votre travail ? On
ne jugera désormais votre valeur que par votre rendement.
Vous entrez dans un monde qui, pour paraphraser Napoléon,
donne les outils à ceux qui savent s'en servir.
Les choses que vous ferez ne seront pas toutes des chefs-d'oeuvre.
Les plus grands artistes eux-mêmes manquent certains
jours d'inspiration. Mais il faudra toujours vous appliquer
à tout faire avec soin et de votre mieux.
Les qualités de l'esprit
Il y a plusieurs qualités de l'esprit à noter
sur votre liste. Et tout d'abord la discipline. Vous avez
appris certains principes fondamentaux, tels le respect du
bien et des droits d'autrui, le respect de la loi, de l'honnêteté,
de la probité, le respect de l'autorité légitime.
Mais vous les avez appris sous tutelle ; demain, commencera
l'ère de la responsabilité réfléchie,
où vous ne pourrez compter que sur vous-même.
D'où l'importance de remplacer la discipline extérieure
par la discipline intérieure. Il existe, en effet,
deux sortes d'obéissance : l'obéissance
aux autres et l'obéissance à ses propres principes,
et la seconde est de beaucoup plus féconde et plus
enrichissante que la première.
Sans doute se trouve-t-il aussi du discernement et de la
prudence dans un recoin quelconque de votre personnalité ?
Le discernement fait peser les conséquences et la prudence
dirige nos actions. Dans un article publié par le Spectator,
en 1711, le célèbre essayiste Addison écrivait :
« Il y a certes beaucoup de qualités plus brillantes
dans l'esprit de l'homme, mais il n'y en a pas de plus utile
que le discernement ; c'est elle, à la vérité,
qui donne de la valeur à toutes les autres, qui les
met en branle en temps et lieu et qui les fait servir à
l'avantage de celui qui en est doué. »
Pour être prudent, il faut savoir distinguer la nature
des difficultés et des problèmes, et prendre
le temps de trouver de sages solutions. Cela oblige parfois
à demander conseil. Accepter les conseils des autres
est le propre des véritables chefs ; seuls les
faibles se croient trop grands pour prendre conseil.
Les trois qualités de base que sont la discipline,
le discernement et la prudence engendrent la maîtrise
de soi. On a vu des hommes capables de gouverner l'univers,
mais qui n'avaient aucun empire sur leur esprit en effervescence.
C'est un signe de maturité que de pouvoir confronter
ses aspirations avec la réalité, s'adapter harmonieusement
aux groupes sociaux, s'inféoder résolument aux
gens et aux principes, conserver son équilibre dans
le succès comme dans l'échec.
La patience est aussi une précieuse qualité.
Il est vrai qu'il n'est pas toujours sage d'attendre, mais
il est bon de s'habituer à savoir le faire lorsque
cela vaut mieux.
C'est Bernard Shaw qui a dit : « Ne vous pressez
pas de réussir. Quelle raison de vivre vous resterait-il
ensuite ? » Il est possible que l'on vous élève
un jour une statue, mais ne commencez pas dès maintenant
à poser pour le sculpteur. On peut affirmer sans crainte
de se tromper que l'impatience fait avorter plus d'entreprises
et de projets que tous les autres défauts.
Il ne faut pas confondre la patience avec l'apathie ou la
résignation aux événements. Être
patient, c'est savoir attendre la réussite tout en
travaillant avec ardeur pour atteindre son but et en considérant
les revers et les retardements comme autant d'occasions de
faire mieux ou d'accroître ses efforts.
Espérons qu'il y a aussi de la modestie dans vos
bagages ? C'est une vertu très nécessaire
pour bien débuter dans une profession ou une entreprise.
Dans les peintures des grands maîtres, chaque détail
et chaque coup de pinceau a son importance particulière,
mais leur individualité propre se fond dans l'ensemble
et contribue ainsi à la beauté générale
du tableau.
Hausser la tête pour voir loin
On entend souvent dire qu'il faut « avoir un but dans
la vie ». En avez-vous un ? C'est le programme que
vous vous êtes tracé qui orientera votre vie
dans le monde nouveau dont vous franchissez le seuil. Les
hommes qui se tirent le mieux d'affaire sont généralement
ceux qui savent où ils vont et ce qu'ils veulent. Il
est toujours plus facile de trouver sa route lorsqu'on a une
certaine idée de la région.
Vous devez donc décider quel sera votre but dans
la vie. Ce peut être de vous enrichir rapidement, ou
ce peut être d'apporter à la société
une contribution qui pourra perpétuer votre nom et
votre oeuvre. Robert Louis Stevenson ne fit pas assez pour
vivre avec ses livres avant d'avoir dépassé
30 ans, mais ses poésies remarquables, ses récits
et ses romans, tel Le docteur Jekyll et M. Hyde, sont
connus de millions de personnes. Par contre, certains chroniqueurs
à la plume facile vendent à un prix fabuleux
leur prose éphémère, qui tombe dans l'oubli
dès que nous refermons notre journal.
C'est l'apanage des êtres vraiment intelligents de
vivre en grande partie dans l'avenir. Élaborer des
plans, tracer l'itinéraire à suivre, s'efforcer
d'atteindre leur but, tout cela constitue leur joie de vivre.
Ce qui importe par-dessus tout, c'est d'avancer, afin d'avoir
l'impression, au terme de sa carrière, que l'on a jusqu'à
un certain point réalisé les possibilités
que l'on croyait porter en soi en entrant dans la vie active.
L'heure est venue pour vous de hausser la tête, afin
de voir loin devant vous. C'est le seul moyen de donner une
direction à votre ambition et d'éviter les précipices
et les impasses. Léonard de Vinci fait dire au papillon
de nuit qui tombe, les ailes brûlées, au fond
du chandelier : « O fausse lumière !
Si mon désir était de voir la lumière,
n'aurais-je pas dû savoir distinguer le soleil de la
faible et trompeuse lueur du vil suif ? »
Le jeune homme qui a de l'ambition devra apprendre à
connaître ses possibilités et ses limites. Il
ne perdra pas son temps à rêver à un monde
féerique, mais il s'appliquera d'abord à découvrir
la nature de son milieu, puis à le rendre féerique
dans la mesure de ses moyens. Il saura que la vie n'est pas
un escalier roulant, où il suffit de se laisser monter,
mais bien une longue série de marches qu'il faut gravir
soi-même.
Tout le monde ne peut pas parvenir au sommet, mais il est
possible à chacun de s'élever à une hauteur,
où il pourra tirer le meilleur parti de ses talents.
Ce qu'il faut éviter, c'est de se gargariser avec des
banalités. Passer un fil dans cent aiguilles en deux
minutes, faire mentalement une multiplication de neuf chiffres,
cela dénote certes de l'habileté, mais ne sert
pas à grand-chose à notre époque.
N'oubliez pas vos idéaux
Vos ambitions et les dispositions d'esprit dans lesquelles
vous entreprenez l'exploration du nouveau monde qui s'ouvre
à vous sont solidaires des idéaux que vous vous
êtes formés. Les idéaux sont le rêve
de choses désirables que l'on espère réaliser.
L'idéal ne s'exprime pas sous forme de paroles ou
de credo, mais dans les choses que vous considérez
comme allant de soi dans votre comportement habituel et dans
votre appréciation des valeurs. Les principes qui entrent
ici en jeu ont été admirablement résumés
à l'école de Gordonstoun, qui compte le prince
Charles au nombre de ses élèves : « Les
forts doivent être bons envers les faibles ; la
justice de la populace est intolérable ; tout
homme peut et doit développer et accroître son
propre centre d'intérêt ; tout homme doit
apprendre que, dans les moments de péril, la discipline
est essentielle ; tout homme doit en venir à comprendre
qu'il est plus important de rendre service aux autres qu'à
soi-même. »
Voilà des règles qui contribuent à
la formation de la personnalité, oeuvre qui dure toute
la vie. Vous avez appris au foyer, à l'église
et à l'école ce qu'il convient d'aimer et de
ne pas aimer. Vous avez acquis des ensembles d'habitudes.
L'expérience vous à enseigné que la personnalité
est la manifestation à l'extérieur de ce que
l'on est intérieurement ; qu'elle n'est pas seulement
ce qui paraît lorsqu'on nous observe, mais ce que nous
sommes dans l'intimité.
L'honnêteté est un élément important
de la personnalité. L'homme qui a vraiment de la personnalité
tient ses promesses envers tout le monde, indépendamment
du mérite de ceux à qui il a donné sa
parole. Il n'est pas honnête parce que l'« honnêteté
est la meilleure des tactiques », mais parce que l'honnêteté
fait partie de sa manière d'agir.
Votre personnalité représente en quelque sorte
l'épanouissement de toutes les autres qualités.
C'est par elle qu'un homme se réalise en un tout harmonieux,
qu'il est vraiment grand. En elle se résume toute l'influence
que vous exercerez sur vos semblables par votre constance,
l'expression naturelle de votre individualité, votre
prévenance, votre fidélité, votre courtoisie,
votre volonté de vivre en paix et en bonne intelligence
avec vos semblables.
Êtes-vous capable d'aider un ami ou un collègue
à atteindre un but qui lui tient ardemment au coeur ?
Êtes-vous capable de relever son courage dans un moment
d'abattement ? Êtes-vous capable de lui rendre
service, non pas par intérêt ou pour vous faire
remarquer, mais uniquement par amitié ? S'il en
est ainsi, vous réalisez l'une des fins les plus nobles
qui vous soient assignées ici-bas.
Il faut aussi de l'initiative
Il devra également y avoir parmi vos effets cette
qualité « explosive » que l'on appelle l'initiative.
C'est la faculté de concevoir et d'accomplir des choses
nouvelles. Le talent d'utiliser ses connaissances dans l'action.
L'initiative peut encore trouver à s'exercer même
dans le monde fortement organisé où nous vivons
aujourd'hui. Il s'agit de ne manquer aucune occasion de faire
valoir ses idées. Peu importe que vous imaginiez ou
que vous inventiez des douzaines de solutions prodigieuses,
si vous n'avez pas l'allant et l'énergie de donner
suite à l'une de vos découvertes, vous resterez
au même point.
Toute la perspicacité et tous les rêves du
monde n'ajouteront jamais un iota au succès de celui
qui n'a pas le courage de travailler. Dans votre vie quotidienne
comme sur le champ de bataille, la stratégie et la
tactique de vos plans d'action ne peuvent pas grand-chose
sans la force de frappe de votre énergie et de votre
acharnement à atteindre votre but.
C'est dire que vous devrez vous donner à plein coeur
à la tâche. Vos études vous ont appris
la valeur de la concentration. Vous constaterez maintenant
que l'éparpillement des efforts est aussi désastreux
dans les affaires que sur les bancs de l'école, dans
la guerre ou le gouvernement. Les gens parlent parfois avec
mépris de celui qui mène plusieurs affaires
de front. Ils oublient que la personne en question possède
peut-être l'art de concentrer son attention sur une
affaire à la fois et d'écarter momentanément
tout ce qui y est étranger. Si nous avons plus d'une
tâche sur le métier, il faut que chacune nous
prenne à fond, comme si elle était la seule.
Il importe aussi de lutter sans cesse contre la pernicieuse
habitude de se livrer à des occupations qui ne serviraient
qu'à tuer le temps. Dans la Ferme et le Hameau qu'elle
avait créés au Petit Trianon, près du
palais de Versailles, Marie-Antoinette jouait à la
bergère, avec ses dames de compagnie, pendant qu'à
quelques lieues de là se préparait la terrible
révolution qui devait les conduire à la guillotine.
Comme le disait un vieux poème de mon deuxième
livre de lecture, « le temps qu'on perd est du temps
qu'on se vole. » Ceux qui se rendent coupables d'un tel
délit devraient se rappeler qu'ils n'ont qu'une vie
et qu'il ne faut pas la gaspiller en frivolités, en
caprices et en banalités.
Enfin, pour suivre jusqu'au bout la route que vous avez
choisie, il vous faudra de la persévérance.
Tout comme le diplôme de 12e année, qui n'est
décerné qu'à ceux qui poursuivent leurs
études avec succès, et la médaille d'or
des courses olympiques, la réussite dans une profession,
dans le commerce ou dans l'industrie, n'appartient qu'à
ceux qui persévèrent jusqu'à la fin.
Il faut toujours achever ce que l'on commence. Ne permettez
pas qu'un départ fulgurant se termine en queue de poisson.
Vous n'êtes plus à l'âge où l'instant
présent est le seul qui compte.
Profitez de vos pertes
Savoir tirer parti même de ses échecs exige
certes du courage et de la ténacité.
Un journaliste du début du siècle écrivait
dans un article de rédaction : « La chose
la plus importante dans la vie, ce n'est pas de capitaliser
vos bénéfices. N'importe quel idiot peut faire
cela. La chose vraiment importante, c'est de profiter de vos
pertes. »
Les jérémiades sont le moyen qu'emploient
les faibles pour se soustraire à leurs responsabilités
ou dissimuler leur insuffisance. Elles ne servent à
rien, sinon à indisposer les gens.
Il y a naturellement des circonstances auxquelles vous ne
pouvez rien. Vous devez les accepter avec courage et y faire
face de votre mieux. Certains poussent même l'intrépidité
jusqu'à s'écarter de leur route pour affronter
le danger et éprouver leur courage. Ils apprennent
ainsi à avoir confiance en eux-mêmes et dans
leur jugement, à prendre des décisions et à
assumer les conséquences de leurs actes.
Votre enthousiasme vital vous permettra de surmonter bien
des difficultés. « On n'a jamais rien fait de
grand sans enthousiasme », dit Emerson. Marque par excellence
des esprits sains, cette précieuse qualité nous
rend capables d'être dans nos actes et notre conduite
ce que nous sommes par le désir.
Mais l'enthousiasme prend sa source dans les idées.
Toute action, toute réussite visible est d'abord une
pensée invisible. C'est le processus de toute impulsion
créatrice.
L'esprit créateur a le don de percevoir les problèmes,
puis de rechercher les moyens de les résoudre. Il s'inspire
des solutions et des méthodes adoptées par les
autres, emprunte ce qui lui convient, fait quelques retouches
et réussit ainsi à aplanir bien des obstacles.
Soyez optimiste
Nous venons d'étaler pêle-mêle les qualités
que vous emportez dans vos bagages, un peu comme le fait le
voyageur pressé sous les yeux des douaniers. Il serait
bon maintenant - et c'est là une tâche que personne
ne peut accomplir à votre place - d'en faire vous-même
l'inventaire détaillé, afin de savoir exactement
quelles sont vos richesses, vos possibilités et vos
chances de succès. Ce bilan ne pourra qu'accroître
votre confiance en vous-même et vous aider à
envisager l'avenir avec optimisme.
L'optimisme, voilà un dernier atout, qui est loin
d'être négligeable. Dans la vie, il vaut mieux
se contenter d'une manière de voir simple et spontanée,
mais qui favorise l'optimisme, que de chercher à s'en
former une, plus artificielle et plus compliquée, qui
tend au pessimisme et qui nous laisse sans ressource et sans
espoir.
Ne voyez pas les choses en noir ; efforcez-vous plutôt
d'en déceler les bons côtés. L'optimiste
s'interroge sur les possibilités de la situation, tandis
que les autres font de sombres conjectures.
Mais l'optimisme ne consiste pas à fermer les yeux
devant la réalité ni à scruter une boule
de cristal où tout apparaîtrait en rose. Il consiste
à vivre en entretenant la flamme de l'espérance
et en faisant ce qui est en notre pouvoir pour réaliser
nos aspirations.
Après avoir dénombré vos ressources
et vous être assuré que vous aurez l'énergie
de les faire fructifier ; après avoir fait une
revue générale de vos possibilités de
réussite ; après avoir décidé
d'accomplir quelque chose de grand, il ne vous reste plus
qu'à reprendre la route avec confiance et la ferme
résolution d'exceller dans tout ce que vous entreprendrez.
N'allez surtout pas croire en voyant tout ce qu'on a accompli
avant vous qu'il n'y a plus rien à faire, que l'édifice
est terminé, Il existe, au contraire, beaucoup de tâches
inachevées, beaucoup de voies nouvelles qui s'ouvrent
chaque année, des milliers d'idées encore inédites
que vous serez peut-être le seul à pouvoir découvrir.
Vous avez un rendez-vous avec le succès. Partez tout
de suite afin de ne pas le manquer.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
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