Vol. 42, N° 3 Avril 1961
À la recherche du
bonheur
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Tous les jeunes gens qui sortent
de nos collèges et de nos universités rêvent
d'une vie heureuse ; il s'agit pour chacun d'eux de choisir
parmi les choses qui leur apporteront le bonheur.
Il y a bien longtemps, les hommes et les femmes, emportés
pour ainsi dire sur le fleuve de la vie, semblaient obéir
à des règles rigides et inéluctables.
Aujourd'hui, nous en sommes plutôt à l'âge
du choix avec tout ce qu'il comporte de responsabilité.
Personne ne veut plus s'endormir au fond de la barque et se
laisser flotter au gré des éléments.
Au contraire, on désire apprendre à tenir la
barre et à s'orienter. On tâche, sinon d'être
maître de son destin, du moins de piloter son embarcation.
Au navire en bon état, toutes les mers sont ouvertes,
tous les fleuves accessibles, tous les ports accueillants.
Il n'a qu'à choisir et a savoir naviguer.
La vie est une longue suite de choix. Celui qui va à
une partie de balle exclut une infinité d'autres choses
qu'il aurait pu faire. Le téléspectateur qui
regarde le dernier long métrage sacrifie le sommeil
au spectacle. L'enfant qui dépense vingt-cinq cents
en friandises renonce à tout ce qu'il aurait pu acheter
avec cette somme. Et tout choix fait appel à notre
sens des valeurs.
La vie suppose aussi un bagage de connaissances. Notre instruction
et nos préparatifs doivent être proportionnés
à nos espoirs et à la grandeur de la tache que
nous entreprenons.
En quoi consiste le bonheur ?
C'est la grande question que se posait l'antiquité
et que se pose encore notre monde moderne. Les hommes et les
femmes ont cherché à atteindre le bonheur par
bien des voies différentes. Les uns ont échoué
parce qu'ils ont marché au hasard, espérant
toujours trouver l'objet de leurs rêves indécis.
Ils n'ont connu le long de la route que quelques moments de
plaisir et n'ont réalisé que certaines de leurs
ambitions. Mais la vie devrait être une lente ascension
vers le bonheur, et le bonheur c'est le contentement de soi-même,
non pas simplement une succession de magnifiques impulsions
et de désirs. Le contentement résulte surtout
de la certitude d'accomplir ce que l'on s'est proposé.
« Le bonheur, dit Félicien Marceau, c'est savoir
ce que l'on veut et le vouloir passionnément.»
Disons, à titre indicatif, qu'il faut cinq éléments
pour faire une vie heureuse : la santé, le travail,
des centres d'intérêt, des amitiés et
la poursuite d'un idéal. Et il est à noter que
pour être heureux, il importe de se réaliser
comme tout, et non pas seulement sous un aspect ou un autre.
Le genre de vie que nous avons en vue n'est pas nécessairement
celle qui apporte la richesse ou la renommée. Elle
ne consiste pas à gagner seul, mais à bien jouer
le jeu. Elle ne se compose pas uniquement d'événements
remarquables.
Cette vie comporte un idéal, c'est-à-dire
l'image de ce que nous n'atteindrons peut-être jamais
tout à fait, mais que nous devrons toujours poursuivre
sans nous lasser. Il est bon de contempler souvent son idéal ;
cela stimule et finit par nous améliorer. Par contre,
étouffer son idéal c'est courir après
les chagrins, car l'idéal étouffé se
venge parfois cruellement.
Il ne faut pas concevoir le bonheur comme la récompense,
mais comme la conséquence naturelle d'une bonne vie.
Vous serez heureux si vous exercez vos facultés vitales
de façon à exceller, dans une vie qui offre
libre champ à leur développement.
Le bonheur n'est pas non plus quelque chose de passif ni
de négatif. C'est le fruit de nos actes, le produit
d'une pensée positive et d'une vie active. Il ne se
compose quelquefois que des petits incidents de tous les jours ;
du fait d'avoir quelque chose à faire, à aimer
et à espérer. Un célèbre empereur
romain écrivait dans sa retraite, après vingt
ans de règne : « Si seulement vous pouviez
voir les cinq choux de mon jardin, que j'ai plantés
et fait pousser de mes mains, vous ne me demanderiez pas d'abandonner
ce bonheur pour reprendre le pouvoir ».
Enfin le bonheur n'est pas un moyen, c'est une fin en soi.
Chacun choisit pour s'y élever des marchepieds en rapport
avec ses jambes, son tempérament et son idéal.
Il n'est pas nécessaire de s'adresser aux philosophes
pour contrôler la vérité suivante :
scrutez vos souvenirs et vous constaterez que vos heures les
plus heureuses sont celles qui ont suivi un succès
dans une activité de la vie où vous aviez acquis
la compétence.
Viser haut
Celui qui est en quête d'une vie heureuse ne se contentera
jamais de la situation existante. Après avoir atteint
un palier, il ne voudra pas s'y installer. Il sait que les
restrictions les plus irritantes sont celles que l'on s'impose
soi-même.
On ne trouve pas non plus le vrai bonheur en traitant une
réussite comme une pierre précieuse, en l'enfermant
dans un écrin pour la contempler avec admiration. Il
y a des gens qui s'efforcent d'atteindre la perfection dans
un domaine afin de s'y reposer confortablement. Mais vivre
ainsi, c'est abdiquer son intelligence, se condamner à
la médiocrité, piétiner sur place. Chaque
succès est un tremplin pour monter plus haut encore.
Le désir de mener une vie heureuse provient dans
certains cas de l'ambition naturelle d'être avantageusement
connu et de laisser un bon souvenir. Ceux qui en sont animés
ne veulent pas qu'on écrire sur leur tombe : « Ci-gît
X qui n'a fait de mal à personne et qui, content de
l'état des choses, n'a absolument rien dérangé
dans son milieu ».
Mais si ce serait folie de s'appliquer à vivre d'une
façon anodine, replié sur soi-même, il
est également condamnable d'édifier sa vie sur
des bien extérieurs, comme le rang, les richesses,
les honneurs et le faste mondain. Il nous faut certes étendre
le champ de notre expérience, et cela ne peut se faire
que par nos contacts avec le monde qui nous entoure. Mais
nous devons aussi éprouver un certain sentiment de
stabilité, qui ne peut se trouver qu'en nous-mêmes.
Les facteurs extérieurs sont en vérité
des choses bien fragiles. Faire parler de soi dans les journaux,
être reçu et fêté, être recherché
à cause de ses richesses, ce ne sont pas là
des éléments essentiels d'une vie heureuse.
Collingwood, qui réussit à commander la flotte
à la mort de Nelson à Trafalgar, nous a laissé
cette réflexion désabusée : « La
trompette de la renommée fait beaucoup de bruit, mais
les notes qu'elle émet ne restent pas longtemps dans
l'oreille. »
L'homme vraiment important est celui qui, conscient de ses
capacités, s'applique à les développer
et atteint ainsi à la grandeur par sa volonté.
On ne peut être grand en quelque chose sans avoir l'intuition
de la grandeur qu'elle recèle. Notre succès
est le rapport qui existe entre notre oeuvre et nos talents.
Il fut un temps où l'improvisation intelligente pouvait
suffire pour atteindre un but clairement conçu, mais
ce temps est révolu. Sans plan et sans direction, nous
nous embrouillons et nous perdons notre route. Nous sommes
alors obligés de faire des changements importants sans
préparation ni réflexion.
Qu'est-ce qui nous pousse à atteindre des objectifs
et à poursuivre des idéaux ? Il y a tout
d'abord l'élan vital qui fait jaillir en chacun de
nous une flamme tantôt vacillante, tantôt impétueuse.
Puis il y a l'aiguillon de l'intérêt, de l'émulation,
de l'amour, de la nécessité, etc. D'aucuns prétendent
que la fable du lièvre et de la tortue aurait pu finir
autrement. Que serait-il arrivé si, au lieu de s'asseoir
sur l'herbe tendre pour se reposer, le lièvre avait
posé son arrière-train sur un chardon ?
Bien des gens ont besoin d'un stimulant pour les mettre en
branle.
D'autres sont mûs par l'enthousiasme dans tout ce
qu'ils entreprennent. Ils savent que la persévérance
supplée, beaucoup plus souvent qu'on ne pense, au manque
d'aptitude et de formation.
Le temps et le milieu
L'homme qui veut être heureux dans la vie s'intéresse
à tout ce qui se passe autour de lui. Il recherche
la beauté et la joie de vivre qui remplissent le monde,
et il y est sensible.
Le bonheur de la vie ne se mesure pas d'après le
calendrier, mais d'après les événements
qui viennent s'y insérer. C'est pourquoi, comme l'enfant,
l'homme doit en sortant Chaque matin regarder le monde en
pensant à ce qu'il y a à voir et à faire
plutôt qu'à lui-même. Il vit en quelque
sorte dans l'attente, sachant qu'il est encore plus agréable
d'espérer et d'avoir quelques déceptions que
de commencer chacune de ses journées avec l'idée
que l'on s'ennuiera ferme.
La souplesse et la faculté d'adaptation sont des
qualités très importantes pour être heureux.
Il ne s'agit pas d'être un caméléon ni
un Protée, mais il faut s'accommoder à des milieux
changeants, adapter notre harmonie intérieure au choc
des conditions extérieures.
Même si votre milieu paraît ingrat, ne désespérez
pas de trouver le bonheur que vous y cherchez. Voyez les Esquimaux !
Ils ont réussi, au cours des siècles, à
édifier une culture dans des parages qui nous semblent
des plus dénudes, arides et inhospitaliers.
Faire son chemin quand il n'y a pas d'obstacles, cela est
banal. La vraie grandeur s'élève au-dessus du
commun en accomplissant de grandes choses avec de petits moyens,
en faisant preuve d'originalité et d'ingéniosité
devant l'imprévu, en ne gâchant pas son temps
et ses efforts au hasard.
Les entraves
Mais il y a des entraves à notre poursuite du bonheur
terrestre, et l'une des principales est le désir de
la sécurité. Dès que le souci de la sécurité
commence à dominer notre pensée, l'envergure
de notre vie se met à rétrécir.
L'histoire nous en fournit la preuve. Les Grecs brillèrent
au premier rang dans un monde barbare, mais, s'enlisant peu
à peu dans le relâchement et la mollesse, ils
s'acheminèrent vers leur perte pour avoir préféré
la sécurité et le confort à la liberté
et à l'indépendance. Bientôt Athènes
cessa d'être libre et tomba dans la médiocrité.
La modicité de nos ressources peut nous rendre la
recherche du bonheur plus difficile, mais elle ne doit pas
faire échouer nos efforts. « Mal logé,
mal nourri, mal vêtu », telle est la légende
que le caricaturiste Webster écrivit au-dessous de
son croquis de la cabane d'Abraham Lincoln.
Juger de la valeur de la vie par ses plaisirs et sa sécurité,
c'est se servir d'un faux critère. Vivre heureux ne
consiste pas à nager dans le luxe, ni à se contenter
des divertissements commercialisés, des réjouissances
de boîtes de nuit, qui ne sont que la parodie du bonheur.
Une vie heureuse repose sur des choses, des qualités
et des fins autrement plus sérieuses que les plaisirs.
Nécessité des principes
Toutes nos oeuvres sont fragiles, à moins d'être
fondées sur la vérité ; de même,
pour être stable, le bonheur doit reposer sur des principes
solides.
Comme nous vivons dans un monde où d'innombrables
intérêts viennent en conflit, nous devons avoir
des normes pour nous guider. C'est notre seul moyen de déterminer
si ces intérêts sont bons ou mauvais. Autrement,
il ne nous resterait qu'à recourir à des expédients
de fortune, toujours sujets à caution.
Un principe n'est pas une règle. La règle
n'exige qu'une obéissance aveugle, tandis que le principe
nous force à réfléchir et à prendre
nos propres décisions. Tous les êtres vivants
sont soumis à des règles ; seul l'homme
marche à la lumière des principes.
Les principes se confondent en quelque sorte avec le sens
des valeurs. Ils s'appuient les uns sur les autres et constituent
ensemble le moteur propre des actions humaines. De fait, il
serait inutile de se mettre à la recherche du bonheur,
et impossible de se rendre compte des progrès accomplis,
sans disposer d'une échelle des valeurs.
Il importe, cependant, de se rappeler que le sens des valeurs
n'est pas un don infus, mais qu'il s'acquiert et se perfectionne
graduellement, tout le long de notre vie.
Ce qui compte dans l'histoire d'un peuple, comme dans celle
d'un individu, c'est sa progression vers des valeurs de plus
en plus grandes. Pour nous Canadiens, ce qui fait la force
de notre mode de vie, c'est ce respect traditionnel des pays
occidentaux à l'égard du principe de la dignité
humaine. La cruauté et la vulgarité nous révoltent,
tout comme le comportement de ceux qui se servent de leurs
semblables en guise d'escabeau pour atteindre au succès.
La personnalité
Pour être heureux ici-bas il faut avoir de la personnalité.
Le mot se prête à bien des interprétations,
mais la chose exige deux grandes qualités essentielles :
avoir une certaine unité de conduite et une attitude
positive dans la vie. L'homme doué de personnalité
doit être lui-même, agir pour lui-même et
non pas pour la galerie.
On ne choisit pas le lieu de sa naissance, pas plus qu'on
ne choisit ses parents, mais il n'en tient qu'à chacun
de forger sa personnalité.
L'homme qui a de la personnalité est celui qui aime
ce qui est aimable et déteste ce qui est détestable.
Chez lui la sincérité est une seconde nature.
Ses parents lui ont enseigné que la question qu'il
devait se poser était non pas : « Qu'est-ce
que les gens vont dire de moi ? », mais bien :
« Quelle opinion vais-je avoir de moi-même ? »
Pour répondre à cette question l'esprit doit
porter un jugement. Or un des secrets du bonheur consiste
à apprendre de mieux en mieux à porter des jugements
justes sur les événements de la vie, car ce
ne sont pas les événements qui ont une influence
sur nous, mais bien plutôt ce que nous en pensons.
Voilà un des problèmes de notre époque.
Les personnes incapables de juger des causes et des effets
finissent par tomber dans la pire des confusions ; elles
commencent par tergiverser dans l'espoir que tout finira par
s'arranger, mais bientôt survient un événement
imprévu qui les force à prendre une décision
rapide, et c'est alors la catastrophe.
Il faut du courage pour prendre une décision ou porter
un jugement, et cette vertu ne se retrouve pas chez tons les
hommes.
Quiconque ne consent qu'à prendre le « minimum
de risques » ne peut espérer faire beaucoup de
progrès. Il ne s'agit pas simplement d'avoir le courage
de supporter les revers, mais bien celui de prendre l'initiative.
On rapporte qu'un jour que les Thébains retournaient
dans leur pays après avoir vainement tenté de
s'emparer d'une ville, ils firent la rencontre d'une armée
spartiate. Un Thébain s'exclama : « Nous
voici tombés entre les mains de nos ennemis ! »
À quoi le commandant thébain rétorqua :
« Pourquoi ne serait-ce pas eux ? » Et, passant
immédiatement à l'attaque, il remporta une éclatante
victoire.
Un homme ou une femme en quête d'une vie heureuse
se gardera de laisser échapper une occasion favorable
ou de se soustraire à une responsabilité. L'impératif
catégorique dont nous parlent les philosophes est l'impératif
du devoir. Seuls les égoïstes, les primaires et
les gens tout à fait grossiers peuvent se permettre
de toujours faire ce qui leur plaît. Les autres - les
gens intelligents - s'efforcent de faire de leur mieux, et
ils acceptent leurs responsabilités.
Ils savent cependant se montrer indulgents pour leurs semblables,
car pour être heureux il faut être capable d'écouter
et de comprendre les autres. Sans le choc bienfaisant des
idées, l'humanité n'aurait jamais connu le progrès
ni la civilisation.
L'amour du bien
On peut en arriver à aimer tout ce qui est bon, quelle
qu'en soit l'origine. Les Athéniens nous en ont donné
un bel exemple. Au lieu de molester et d'emprisonner saint
Paul, comme l'avaient fait les autres peuples, ils l'invitèrent,
à son arrivée à Athènes, à
exposer sa nouvelle doctrine devant l'Aréopage.
Les préjugés dénotent toujours un manque
de maturité. Quand on a un tant soit peu de culture
et d'éducation, on se fait un devoir de regarder les
deux côtés de la médaille. Il faut savoir
combattre une erreur sans pour autant condamner celui qui
la défend. Peut-être n'y a-t-il aucune mauvaise
intention de sa part et se trompe-t-il tout simplement. C'est
à nous qu'il incombe de rétablir les faits,
de trouver la bonne solution. Toute chose comporte en quelque
sorte une alternative, et l'on ne peut affirmer que telle
décision, telle mesure est bonne ou mauvaise avant
de l'avoir comparée à telle autre qu'on aurait
pu prendre à sa place.
D'autre part, la tolérance seule ne suffit pas pour
être heureux. On ne peut se contenter de passer sa vie
à respecter les opinions des autres ; il faut
accomplir des actes positifs.
Pour être vraiment heureux, il faut s'appliquer constamment
à apprendre quelque chose. Et plus on apprend, plus
on veut apprendre. C'est de cette façon qu'on arrive
à développer ses facultés supérieures,
à aimer les choses de l'esprit et à laisser
aux sensations la place secondaire qui leur revient.
Trop de personnes s'imaginent, mais bien à tort,
que pour mener une vie heureuse il suffit d'observer fidèlement
certaines règles établies, qui permettront de
résoudre tous les problèmes.
Ce que plusieurs prennent pour de la facilité chez
certains hommes de talent n'est, en somme, que le fruit d'un
travail pénible et assidu. C'est un grand bienfait
que le travail ne soit pas réservé aux seuls
esclaves. S'il en était ainsi, nous serions privés
d'une de nos plus grandes sources de contentement et voués
à tout jamais la médiocrité.
Celui qui a étudié la situation, les mesures
à prendre et les conséquences qui en découleront,
n'a rien à craindre. Quand on connaît le problème
et le moyen de le résoudre, on peut marcher d'un pas
assuré.
Aux jeunes et aux moins jeunes
Si vous n'êtes pas content de votre sort actuel et
si vous désirez faire quelque chose pour l'améliorer,
il faut vous mettre à l'oeuvre tout de suite. Mais
surtout n'allez pas espérer des transformations soudaines
et radicales. Le principe de la relativité s'applique
aussi dans une large mesure aux affaires humaines. Même
dans le domaine technique, ce qui est vrai aujourd'hui peut
fort bien être modifié demain par les perfectionnements
de la science.
Prenez l'habitude d'adopter certaines vues sur votre place
dans la vie, votre utilité dans la vie et le bonheur
que vous pouvez attendre de la vie.
Puis un beau jour, peut-être même plus tôt
que vous ne le croyez, vous verrez clairement le rôle
que vous devez jouer et vous vous apercevrez que vous accomplissez
le travail qui vous convient le mieux. Vous aurez alors la
joie de constater que vous remplissez une tâche essentielle
et que vous faites votre devoir. Il n'en faut pas plus pour
avoir confiance en soi et être heureux.
Le bonheur n'est pas l'apanage de la jeunesse. Il est pour
tout le monde. Un trop grand nombre d'entre nous, arrivés
à un certain âge, pensent à leur jeunesse
comme à un paradis perdu et s'apitoient sur leur vie
actuelle. C'est là une tendance condamnable, car le
bonheur consiste à vivre dans le présent et
à envisager l'avenir avec confiance et sérénité.
Une chose est certaine : on ne trouve pas son
bonheur ; on le fait. Au cours des années
il se présente inévitablement des circonstances
qui mettent a l'épreuve notre courage et notre détermination.
Il est donc indispensable de se faire, en quelque sorte, une
provision de principes exprimés sous forme de maximes.
Si certaines de ces maximes semblent usées ou banales,
c'est qu'il y a des années et des années que
l'on s'en sert avec profit. Vous en trouverez plusieurs dans
le présent Bulletin.
Évidemment s'il nous était possible de prévoir
l'avenir, nous pourrions plus sûrement orienter nos
pas vers notre but. Mais étant donné que notre
vue est bornée, il faut mettre toute notre sagesse
à bien accomplir notre tâche de chaque jour.
Il s'agit, en somme, de faire toujours de notre mieux sans
nous inquiéter outre mesure de ce que demain nous réserve.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
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