Vol. 40, N° 3 Avril 1959
La formation du caractère
Formatage PDF
Les jeunes gens qui embrassent
une carrière, au terme de leurs études, doivent
se préoccuper de leur caractère, car c'est par
là que les jugeront leurs amis, leurs patrons et la
société.
Le « caractère » se dit habituellement
de l'ensemble des qualités qui distinguent une personne
des autres. Ce mot d'origine grecque signifie « marque,
empreinte ». Il désigne ce que nous sommes devenus
à l'aide de la nature, de notre instruction, de nos
habitudes et de nos pensées. Dire de quelqu'un qu'il
a du « caractère », c'est lui faire un compliment.
On prétend que savoir c'est pouvoir. À l'époque
vigoureuse et complexe où nous vivons, il serait beaucoup
plus juste d'affirmer que la puissance réside dans
la force de caractère. Un esprit dépourvu d'énergie,
une intelligence qui manque de direction, l'habileté
sans la bonté offrent bien des dangers.
Jeunes et vieux doivent y songer s'ils veulent trouver le
bonheur et la paix de l'âme. Le caractère n'a
pas évolué de concert avec les progrès
réalisés dans le domaine de la science. L'ardeur
qui pousse l'homme à agir est demeurée presque
inaltérable, tandis que son milieu se transformait.
La force et l'énergie morales doivent marcher de
pair avec nos connaissances toujours plus étendues
et l'empire croissant que nous exerçons sur le monde
qui nous entoure.
On se fait souvent une idée fausse du caractère.
On se le représente sous les traits des chérubins
de Fra Angelico, qui expriment en quelque sorte la bonté
désincarnée. Mais l'homme au caractère
noble est un être de chair et d'os ; il sait qu'il
répond à un besoin essentiel tout en faisant
face à ses obligations envers lui-même et la
société.
Le caractère désigne l'habitude d'agir selon
une façon immuable d'envisager le bien. Il n'est pas
réservé à certaines occasions ou à
certains endroits. Selon le philosophe chinois Lin Yutang,
il révèle la personnalité ou le coeur
de celui qui le possède.
Inutile de chercher des exemples dans l'histoire ancienne.
Nous croisons tous les jours des gens de caractère,
tant chez les professeurs que chez les élèves,
chez les patrons et les employés, parmi nos voisins,
nos amis et les membres de notre famille. Ils donnent un impression
de plénitude, d'équilibre et de sincérité.
Ils constituent la force motrice de la société.
La véritable aristocratie ne découle ni de la
naissance, ni de la mise, ni du talent, mais bien du caractère.
Une réalité et non un
simulacre
L'homme de caractère s'efforce d'être vraiment
ce qu'il veut paraître. Le caractère est dans
la réalité, et non dans les apparentes. C'est
un teint naturel, et non pas un fard. Il doit être l'expression
d'une réalité intérieure, et non un simple
placage extérieur.
L'homme dépourvu de caractère fait songer
au caméléon, qui emprunte la couleur de son
milieu. Sans enfreindre gravement les lois de la société,
il vogue à la dérive, ne sachant où il
va. Il aura peut-être plusieurs des qualités
propres à la force de caractère, mais un ou
deux points faibles viendront gâter l'ensemble.
Celui qui manque de caractère s'attribue souvent
le mérite de ses succès, mais il met ses échecs
sur le compte de son entourage ; porté à
l'optimisme en ce qui le concerne, il est pessimiste à
l'égard d'autrui. Il admire les surhommes et croit
qu'il pourrait lui aussi être un grand chef, si seulement
les autres reconnaissaient sa valeur.
Par ailleurs, l'homme au caractère bien trempé
a le sens des valeurs. Il ne se laisse pas aller au gré
de ses désirs et de ses fantaisies. Rien ne peut l'abattre,
tant qu'il n'a pas fait tout en son pouvoir pour surmonter
l'obstacle.
Un bon caractère se façonne avec le temps,
et non pas du jour au lendemain. On retrouve deux éléments
dans sa composition : le premier, qui en est la matière,
découle de l'observation, du raisonnement et de l'étude,
tandis que l'autre, qui en est la forme vivante et vivifiante,
procède de l'imagination.
Le caractère ne croît que dans les eaux du
monde, a écrit Goethe. Chacun ressent le besoin inné
de réaliser ses espérances et de satisfaire
ses désirs, mais personne n'y peut parvenir dans l'isolement.
Non seulement sommes-nous des êtres individuels, mais
nous faisons aussi partie de la société.
On a dit que chaque génération représente
une nouvelle invasion de barbares. En pays civilisé,
la Société s'empare des jeunes et les instruit.
Ils subissent l'influence de la famille et de l'école,
de l'Église et de l'État, de la presse et de
la télévision, de toute l'atmosphère
sociale qui les entoure. On cultive chez eux les qualités,
tandis qu'on corrige leurs défauts.
L'homme qui a un bon caractère ne tente pas de se
soustraire à ses obligations envers la société,
ni de les négliger. Dans la forêt, il a bien
soin d'éteindre ses allumettes ; sur la grande
route, il enlève tout obstacle qui pourrait mettre
en danger la vie des automobilistes. Il n'a pas l'arrogance
de se prétendre au-dessus des lois qui visent tous
les autres mortels.
Il sait que sa valeur réside surtout dans ce qu'il
fait pour autrui. Plus notre société devient
complexe et bien organisée, plus son fonctionnement
exige des hommes doués de compétence, de dignité
personnelle et d'équilibre.
Les principes et les normes
Quelles sont les qualités positives qui composent
un caractère de premier ordre ? Il faut tout d'abord
avoir appris en philosophe l'idéal et les réalités
de la vie, de façon à découvrir les principes.
Habitué à se référer à
certaines normes, l'esprit sait établir la distinction
entre le vrai et le factice.
Les principes sont en quelque sorte le stabilisateur psychologique
qui nous tient en équilibre. Bien que chacun ne soit
pas guidé par les mêmes principes, tous doivent
avoir un point d'appui, afin de pouvoir affirmer : « Voilà
ma position, je ne puis faire autrement. »
Il importe aussi de reconnaître la nature impérieuse
du devoir, car la discipline de l'esprit contribue à
former le caractère, tandis que celui qui n'en fait
toujours qu'à sa tête devient le plus souvent
un être veule.
Dans Three Corvettes, où il est question de
la guerre sur l'Atlantique, Nicholas Monsarrat parle du devoir,
des obligations et des responsabilités : « Le
maître de quart vous réveille à quatre
heures moins dix et vous pensez, en regardant le pont :
je ne puis aller passer encore quatre heures là-haut,
dans l'obscurité et la pluie glacée. Il va sans
dite que vous le pouvez ! Cela devient automatique. Et
puis, les autres vous regardent. » Il faut se montrer
à la hauteur.
La largeur d'esprit
Le bon caractère implique également la largeur
d'esprit et la tolérance. La grandeur d'âme est
l'ornement de toutes les autres vertus, puisqu'elle révèle
une sagesse d'esprit qui anéantit l'immaturité
des préjugés.
Que faut-il entendre par « largeur d'esprit » ?
C'est la manière d'envisager les idées et les
faits sous tous les angles, de comparer avec honnêteté
et empressement les affirmations, les rapports et les croyances.
Quand Charles Darwin découvrait des données
qui allaient à l'encontre de ses théories, il
se hâtait d'en prendre note, sachant qu'il serait porté
à les oublier plus vite que les faits à l'appui.
Au sujet de la tolérance, retenons ce que nous dit
un écrivain d'une soirée dansante à laquelle
il assista dans un pays qui venait d'être le théâtre
d'une révotion. On éteignit les lumières
avant de jouer le nouvel hymne républicain car, disait
un des chefs, « il s'agit d'une réception et nous
ne voulons pas voir ceux qui ne se lèveront pas. »
Un autre bon principe qu'observent les gens doués
d'un bon caractère consiste à se renseigner
à fond avant de se former une opinion. On ne peut prendre
une attitude intelligente en considérant les faits
séparément, sans les replacer dans le cadre
particulier à la vie d'un homme ou d'une nation. D'où
viennent les faits ? Sont-ils véridiques ?
Les a-t-on envisagés du point de vue de sa propre expérience
et de ses connaissances générales ? Y a-t-on
songé avec bienveillance ? Ainsi que le dit Alan
dans Enlevé, de Robert Louis Stevenson :
« Ceux qui n'ont jamais été aux prises
avec la moindre difficulté devraient songer sérieusement
à ceux qui ont dû y faire face. »
L'oubli de soi est aussi l'un des éléments
essentiels du bon caractère. Un grand caractère
pense aux autres et les respecte. Loin de considérer
uniquement la faute commise par un ami ou un employé,
il se rappelle également les entreprises ou les réalisations
de celui-ci.
La douceur
Nous entendons parfois les gens déplorer la disparition
de la courtoisie d'autrefois. Ils regrettent que l'esprit
chevaleresque ait connu le même sort que les châteaux
et les épées du moyen âge.
De nos jours, la douceur ne se rencontre que chez les natures
vraiment supérieures. Ceux qui la possèdent
constatent que, dans la société, cette qualité
est beaucoup plus utile que la force ou le tapage. Elle fait
son chemin avec calme et confiance, comme la petite fleur
printanière qui perce le sol, grâce au simple
procédé de la croissance.
Dans un excellent caractère, la douceur s'allie à
la force et à l'autorité. Les âmes magnanimes
ne considèrent pas les humbles de haut. Il y a plusieurs
façons de reconnaître un homme bien élevé,
mais en voici une qui ne trompe jamais : la manière
dont il use de son autorité envers ses subalternes.
Dans le vaste domaine de la conduite humaine, cette douceur
est complètement distincte des prescriptions réglementaires.
C'est un comportement bien connu des caractères bien
trempés, mais presque totalement ignoré des
autres.
La fidélité
Non seulement l'homme de caractère a-t-il du talent,
mais il possède aussi la faculté d'inspirer
confiance en son talent.
La fidélité est un autre élément
essentiel du caractère. On ne se demande pas constamment
s'il faut être honnête ou non, mais on l'est tout
naturellement, par habitude. Sans jamais s'engager à
la légère, on tient toujours ses promesses.
La fidélité engendre la modestie. L'homme
fidèle ne se laisse pas étourdir par les louanges.
Il ne cherche pas réponse à tout, ne traite
pas tous les sujets avec autorité. Comme Salomon, il
sait qu'il vaut mieux être un sot qu'un sage pétri
d'amour-propre. Il juge son oeuvre en fonction de celle de
ses égaux et de ses supérieurs, car il est faux
et stupide de se comparer à ses inférieurs.
Toutefois, l'homme de caractère ne pousse pas l'humilité
au point de vouloir cacher sa compétence. Il n'y a
pas de pire crime contre notre patrimoine que le gaspillage
de nos talents.
Les vertus et les principes dont nous venons de parler,
ainsi que les qualités propres à la nature et
à la personne de chacun, contribuent à donner
la confiance en soi qui accompagne toujours la force de caractère.
L'homme de caractère qui rencontre un obstacle sur
son chemin le passe sans encombre, ou s'efforce de le surmonter.
Le mobile et l'harmonie
Qu'est-ce qui coordonne l'action de ces vertus et de ces
principes dans la formation du caractère ? Le
mobile, qui tend à une fin désirable, régit
la forme et l'intensité de nos efforts. Il influe sur
nos relations sociales aussi bien que sur nos méditations
solitaires ; il fait partie de notre assurance et de
notre timidité, de notre soumission aux coutumes établies
et de nos habitudes, de notre amour du bien et de notre attitude
impitoyable envers le mal.
L'habitude d'agir selon les motifs qui nous y poussent est
plutôt une manière réfléchie d'exercer
sa volonté, de faire un choix délibéré.
La fierté, l'application et l'intégrité
sont bel et bien des habitudes acquises, et non des convictions.
« Si les jeunes savaient qu'ils ne deviendront bientôt
qu'un ensemble d'habitudes, écrivait William James,
ils se préoccuperaient davantage de leur conduite alors
qu'ils sont encore malléables. Nous fabriquons notre
propre destin, bon ou mauvais, et personne n'y pourra rien
changer. »
Le caractère comporte aussi une sorte d'harmonie,
une juste mesure qui sert à garder l'équilibre.
Une condition essentielle de la personnalité, c'est
que chacun se sente un tout harmonieux, que ses qualités
et ses aptitudes s'accordent pour former « un homme accompli ».
Il ne faudrait pas confondre cette harmonie avec le calme
et la placidité. Au contraire, c'est la source d'une
grande énergie, d'une participation active et importante
au monde de la réalité. C'est vraiment un attribut
de la maturité.
Parvenu à la maturité, l'individu se comporte
d'une manière raisonnable et pondérée.
Il juge de son devoir de résister aux absurdités
qu'il découvre dans le domaine de la politique, de
l'économie ou des sciences. Il trouve facilement d'autres
débouchés à son énergie quand
surgissent des obstacles insurmontables ; seuls les névrosés
s'obstinent à désirer l'impossible.
Peut-on perfectionner son caractère ?
Certains fatalistes doutent qu'on puisse réussir
modifier son caractère. C'est là une doctrine
de pessimisme, car les traits du caractère ne sont
pas uniquement héréditaires, mais ils se développent
à la faveur du milieu où nous vivons.
Ceux qui refusent de se corriger s'en prennent à
l'atavisme. Ils se jugent parfaits, ou bien leurs défauts
leur plaisent à tel point qu'il leur répugne
de s'amender.
Certains craignent de s'aventurer dans l'âge mûr,
parce qu'ils ignorent s'ils auront le pied assez sûr.
Ou encore, ils affirment se tenir loin du monde pour quelque
motif élevé, alors qu'en réalité
ils demeurent dans l'ombre parce qu'ils sont faibles.
Les gens intelligents ne se prétendent pas parfaits,
mais cela ne les inquiète guère. La perfection
est une plénitude, qui exclut la croissance et l'évolution,
tandis qu'un bon caractère est le fruit d'innombrables
recommencements.
Il importe donc de dresser un état de la situation,
afin de savoir où commencer. Il est bon de se tenir
un peu à l'écart pour examiner calmement les
choses sous leur vrai jour, pour laisser voir, comme le disait
Edgar Guest, « à l'homme qu'on voudrait être
celui qu'on est vraiment ».
Qu'est-ce, en effet, qu'un caractère supérieur ?
N'est-ce pas celui qui recherche le vrai, le beau et le bon ?
Y a-t-il autre chose qui en vaille vraiment la peine dans
l'étude, la vocation, la vie de famille, la société ?
La vie, c'est le mouvement
Pour fortifier le caractère, rien ne sert de regretter
le passé ; il faut plutôt se tourner vers
de nouvelles aspirations. Loin d'avoir la nostalgie de la
perfection de jadis, ou de soupirer après l'impossible,
nous devons accepter la réalité et tenter de
la modifier. Quand le crépuscule annonce la fin du
jour, l'audacieux s'avance déjà vers l'aube
nouvelle.
La marche du temps et les progrès des connaissances
exigent l'évolution de la pensée. L'homme au
grand caractère a appris à modifier sa conception
du bien et du mal, du beau et du laid, des bienfaits à
désirer et des écueils à éviter.
Sans se laisser entraîner par les vaines espérances,
il met au service de l'action les rêves de son esprit
créateur.
Pourquoi l'homme d'une réelle compétence et
d'une intelligence supérieure ne peut-il souvent faire
rien qui vaille ? Il échoue habituellement parce
que, à l'exemple de Don Quichotte, il s'est contenté
de contempler des visions et d'envisager de grandes causes,
et que, comme Hamlet, il n'a fait que délibérer
et remettre à plus tard.
L'excellence demeure hors de la porté de l'indolent.
Pour faire accepter ses idées, on doit avoir du cran.
Il faut, dit le général de Gaulle, « ce
sens de la réalité qui guide l'audace ».
Pour prendre conscience de sa propre puissance, il faut avoir
surmonté des difficultés. Les aspirations timides
ne suffisent pas. « Je ne puis louer la vertu fugitive
et cachée, qui ne s'exerce ni ne respire, qui ne s'aventure
jamais en quête de son adversaire », écrivait
Milton.
L'homme de caractère réagit et combat l'inertie.
Chaque jour, il peut noter dans son journal, ainsi que Colomb
lors de son premier voyage sur l'Atlantique inconnu :
« Aujourd'hui, nous sommes allés de l'avant. »
On ne forme pas son caractère en accumulant des qualités
et des vertus ainsi qu'on déposerait des obligations
dans un coffret de sûreté. Il faut agir et s'épancher
au dehors.
La persévérance conduit au succès plus
sûrement que l'attente de l'inspiration. Malgré
son pied bot, Byron apprit à danser parfaitement ;
Démosthène, qui bégayait, devint un orateur
célèbre ; bien qu'il fût sourd, Beethoven
composa de la musique immortelle.
Il faut vivre avec enthousiasme. L'homme de caractère
se garde bien de trouver l'existence monotone. Il entreprend
avec entrain chaque étape nouvelle, se réjouit
des nouveautés, s'efforce de profiter le plus possible
de la vie, mais il n'a guère le temps de se laisser
aller à la tristesse. L'intérêt qu'il
porte au but visé lui donne la vigueur de surmonter
les difficultés et le manque d'aptitudes techniques.
Il se consacre tout entier au travail ou au jeu, que ce soit
monotone ou passionnant.
La formation du caractère exige du courage et de
la patience. Ceux qui jouissent de la vue splendide du sommet
d'une montagne, ne se plaignent pas des égratignures
subies au cours de l'ascension.
Le courage revêt plusieurs formes, qui font toutes
partie intégrante du caractère. Ainsi, le lutteur
qui se relève et se jette de nouveau sur son adversaire,
l'homme qui a le courage de ses convictions, celui qui, malgré
tous les dangers, demeure à son poste parce qu'il est
persuadé que son devoir l'exige, voilà autant
d'exemples qui illustrent le courage des hommes de caractère.
Il est puéril de s'apitoyer sur son sort ou de se
cabrer contre son destin. Il faut, disait Harry Emerson Fosdick,
avoir l'audace d'envisager toutes les chances possibles de
succès et d'entreprendre le jeu le plus intéressant
au monde : tirer le meilleur parti possible de ses moyens.
Tout en subissant les critiques, justifiées ou non,
ayons soin d'établir la distinction afin de profiter
des unes et d'écarter les autres. Ne jugeons pas les
reproches par la mesure dans laquelle ils nous ont blessés,
ou par les motifs qui les ont inspirés, mais plutôt
par la manière dont ils peuvent nous aider à
nous corriger.
Une philosophie de la vie
On ne forme pas son caractère en assimilant des idées
transcendantes, parsemées de données philosophiques.
Au contraire, le caractère est un sentiment des valeurs,
et l'homme ne peut être jugé que d'après
les valeurs auxquelles il croit.
La véritable philosophie de la vie est celle qui
donne un sens et une direction à notre tâche
quotidienne. Si cette direction nous manque, nous ne sommes
pas encore parvenus à la maturité. Nous ne pouvons
évaluer nos réalisations en fonction des occasions
qu'offre notre milieu ; nous n'avons pas de tribunal
secret qui puisse se prononcer sur nos actions.
Par contre, voici à peu près comment raisonne
un être supérieur : après avoir examiné
sans parti pris un problème, une situation ou une proposition,
il décide ce qui doit lui plaire et lui déplaire.
Il pèse le pour et le contre, sachant que l'un ne va
pas sans l'autre. À son sens, ce ne sont pas des choses
concrètes, comme l'argent et la puissance, qui donnent
la dignité et le bonheur, mais plutôt des notions
abstraites, comme l'honneur, l'amour, la loyauté, la
confiance et la fidélité.
Il est fort possible, en effet, que la formation du caractère
n'entraîne aucune récompense tangible, même
si la fermeté d'esprit peut nous aider à acquérir
des avantages matériels et à en rehausser la
valeur. N'oublions pas que les vainqueurs des jeux olympiques
ne remportaient jadis qu'une couronne d'olivier. Les Grecs
préféraient les honneurs aux richesses.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
site web à l'adresse www.rbc.com/responsabilite/bulletin.
Notre adresse électronique est rbcletter@rbc.com.
Also available in English.
[ Retour à la page d'accueil du Bulletin RBC ]
|