Avril 1949 La question d'efficacité
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Personne ne peut dire aux autres
comment donner le maximum d'efficacité, parce que le
cas de chacun de nous est différent, mais il existe
quelques principes d'efficacité qu'il serait bon de
revoir.
Quoique ce Bulletin mensuel s'adresse principalement aux
hommes d'affaires, il peut être lu avec avantage par
d'autres personnes en remplaçant simplement, « affaires »,
industrie, etc. » par « maison » ou « école ».
Les principes d'efficacité s'appliquent également
aux chefs d'entreprise et aux ouvriers, aux ménagères
et aux sténographes, aux hommes politiques et aux directrices
des associations féminines.
Chacun d'eux emploie son intelligence et ses mains à
rendre son milieu plus agréable sous le rapport physique,
intellectuel et spirituel. Il risque d'y perdre et espère
y gagner, et ce sont là les deux facteurs qui caractérisent
les entreprises commerciales.
Il n'y a jamais eu de système sans hauts et bas.
Qu'une société soit primitive ou très
avancée, elle a toujours été sujette
à des époques de famine et d'abondance. C'est
un fait, sinon une règle, que dans toute la nature
il y a des cycles, des phases et des courants. L'avantage
que les êtres humains ont sur le reste de la création,
à part l'instinct, est de pouvoir raisonner, d'être
capables de se rappeler et d'éprouver le désir
d'agir.
Que faut-il faire
Il y a beaucoup à faire. Le pire, que puisse faire
une société ou un individu est de s'abandonner
à l'optimisme, et de penser que le mal est temporaire
et que tout finira par s'arranger.
La première chose à faire est de nous renseigner
exactement sur l'état de nos affaires, de manière
a faire des plans. Tout le inonde sait que le bénéfice
est ce qui reste des recettes après avoir payé
les dépenses. Avant de faire un bénéfice,
nous arrivons à un point d'équilibre où
les recettes suffisent juste aux dépenses. Il est important
de savoir reconnaître ce point et de faire le compte
de nos dépenses pour savoir exactement combien de jours
nous travaillons pour payer le loyer, combien de jours pour
payer les impôts et ainsi de suite avant de pouvoir
même penser à faire un bénéfice.
Cet exercice nous ouvrira les yeux, et nous mettra en garde
contre le danger d'être trop ambitieux et nous montrera
si nous retirons de la vie ce que nous désirons le
plus. Il nous dira si nous dépensons trop pour des
choses inutiles au point qu'il ne nous reste que très
peu pour les améliorations. Puis, nous pourrons commencer
à penser à l'avenir.
Se fixer un but
L'art de la guerre consiste en deux parties, et on peut
en dire autant des affaires. La stratégie est le plan
d'ensemble et la tactique est l'application du plan. L'art
et la science de la stratégie et de la tactique consistent
à choisir un objectif et à distribuer convenablement
les efforts pour l'atteindre.
L'homme qui n'a pas d'objectif clairement devant les yeux
peut offrir l'apparence d'être très occupé
et très actif, mais ses efforts dispersés sont
inefficaces parce qu'ils n'ont pas de but.
De même que nous avons besoin d'un objectif, nous
avons besoin de principes. Les principes commerciaux sont
ceux qui ont été employés avec succès
par de grands chefs d'entreprise. Ce sont les instruments
que la direction emploie dans la solution des problèmes.
Il existe une différence entre les principes et les
règles. Un principe est quelque chose d'interne ;
une règle est une restriction extérieure. Une
règle, comme l'a écrit un philosophe « nous
soutient par le bras pour nous diriger dans les défilés
de la vie, tandis qu'un principe nous rend le pied sûr. »
Les principes sont pour les chefs qui donnent les ordres ;
les règles pour ceux qui se contentent d'obéir.
Les principes donnent lieu à l'efficacité, qui
est le rapport entre les dépenses d'énergie
et le résultat obtenu.
Les hommes sont enclins à contracter des habitudes.
Ils apprennent la manière la plus facile de faire leur
travail et puis ils continuent patiemment, fidèlement
et consciencieusement. Nous disons souvent en plaisantant :
« Personne n'aime à s'encroûter et rester
dans l'ornière, » mais il n'en est pas ainsi.
Dans son livre appelé Business and the Man,
J. F. Johnson dit : « L'ornière tend les
bras aux jeunes gens. Viens à moi, dit-elle, et je
te rendrai confortable. Regarde comme la vie est facile pour
ceux qui marchent dans ma voie. Tu n'as qu'à aller
tout droit dans le sentier battu pour n'avoir pas besoin de
te faire de soucis ou de te casser le cou, et tu auras automatiquement
des augmentations de salaire toutes les années au Jour
de l'An. C'est ainsi que parle l'ornière, et 90 pour
cent des jeunes gens se laissent prendre à ses tendres
accents. »
Ce livre date de trente ans, mais cette année-ci
le président et le directeur général
de la Banque Royale du Canada ont eu l'occasion de dire quelque
chose du même genre. Le président à dit :
« Je déplore qu'une partie des jeunes gens montrent
une disposition de plus en plus grande à attacher trop
d'importance à la sécurité au lieu de
se lancer dans la vie pour faire leur chemin tout seuls. »
et le directeur général a remarqué :
« Il n'y a pas un seul pays au monde dont l'avenir promette
d'être plus brillant ou même aussi brillant que
le nôtre... Nous arriverons sûrement à
faire rendre le maximum à notre pays grâce à
nos efforts et à notre initiative et au moyen de nos
propres ressources monétaires et humaines.
Efficacité pratique
Le manque d'efficacité peut être dû au
fait qu'on n'en connaît pas les principes ou qu'on ne
les applique pas. Le premier cas est dû à l'ignorance
ou peut-être à un gérant qui est un « Jos
connaissant » et par le fait le plus grand ennemi de
l'efficacité ; dans le deuxième cas c'est
une affaire d'inattention ou d'irresponsabilité.
Il y a en outre des gens qui pensent qu'ils appliquent des
principes d'efficacité quand ils suivent simplement
des rites. Il arrive souvent que des visiteurs d'usines bien
administrées confondent le système avec l'efficacité.
Ils emportent des cartes, des formules et des circulaires
en s'imaginant qu'ils ont trouvé le secret de l'efficacité.
C'est comme si quelqu'un, après avoir lu les règlements
d'une banque et acheté un volume sur le système
bancaire du Canada, s'imaginait que cela fait de lui un banquier.
L'efficacité commence par un plan minutieux des opérations.
L'administration et les opérations sont si étroitement
liées qu'on risque l'insuccès en les séparant.
Le plan comprend un grand nombre de choses mais il faut
d'abord que le chef d'entreprise qui fait le plan s'en tienne
à la réalité. Il ne faut pas qu il s'attende
à l'impossible. Il faut qu'il s'assure que ses lieutenants
et ses hommes ont tout le matériel nécessaire
pour la tâche en main.
Alexander et Montgomery avaient cela en vue quand ils ont
carrément refusé d'avancer la date de l'attaque
d'El Alamein. Ils ont attendu d'avoir tout le matériel
nécessaire pour que l'attaque réussisse. Ils
se souvenaient peut-être de la bataille d'Isandula en
1879, au cours de laquelle deux régiments britanniques
furent complètement anéantis parce qu'ils n'avaient
pas de tournevis pour ouvrir les caisses de munitions.
Bonne comptabilité
Chaque gaspillage de temps et de matériaux produit
son effet sur les frais des affaires, et il faut nous rappeler
que le but des affaires est exprimé en bénéfices,
c'est-à-dire ce qui reste après avoir déduit
les frais du montant des recettes.
La comptabilité des prix de revient ne consiste pas
seulement à considérer le résultat du
travail de l'année. Une banque n'est pas satisfaite
jusqu'à ce que tous les comptes et le grand-livre balancent.
Aucun commerce, si petit qu'il soit, ne devrait être
satisfait tant qu'il ne sait pas d'où viennent les
bénéfices.
La différence entre les recettes et les frais dans
n'importe quel département est la marge de sûreté,
et le total indique la marge de sûreté de l'entreprise.
Par exemple, si les recettes sont de $1,250 et les frais de
$1,000, nous savons que notre commerce fait 25 pour cent de
plus que ses dépenses et que nous avons une marge d'autant.
Il est nécessaire que tous les employés soient
au courant des frais, et on peut faire cela en leur montrant
qu'à la longue ils se rendent service à eux-mêmes
en servant bien la compagnie. Les économies effectuées
en évitant les erreurs, en éliminant le gaspillage
et en augmentant la production figurent au bilan. C'est d'après
le résultat indiqué au bilan que la compagnie
décide si elle doit agrandir ou contracter ses affaires,
et si elle peut augmenter ou diminuer les salaires.
Beaucoup d'entreprises ont fait faillite parce qu'elles
n'ont pas tenu compte de leurs frais par rapport à
leurs produits. Il est ennuyeux de tenir des livres, mais
on est obligé de faire beaucoup de choses ennuyeuses
dans le commerce ou dans le ménage. Les livres contiennent
les leçons du passé et vous permettent d'en
profiter à l'avenir. Ils augmentent la portée
et le nombre des avertissements. Ils dénoncent les
gaspillages.
Il est probablement impossible d'éliminer tous les
gaspillages mais il n'y a pas de raison pour ne pas essayer.
Quand les mineurs de 1849 lavaient l'or en Californie, ils
dédaignaient tout ce qui ne contenait pas $20 d'or
à la verge cube ; l'invention du berceau a rendu
profitable le lavage du minerai à $5.00 d'or ;
l'usage de l'augette a permis de traiter le minerai ne contenant
que $1.00 d'or, et grâce au procédé hydraulique
on traite maintenant du minerai à 5 cents d'or à
la verge cube.
Cette élimination du gaspillage est due à
l'invention de meilleurs procédés. Il y a une
autre espèce de gaspillage, plus commun, qui est dû
à l'inattention et l'irresponsabilité. Emerson
parle dans son livre sur les Douze principes d'efficacité
d'un ingénieur qui jeta un gallon d'huile à
40c pour faire souder un trou dans un bidon de 15c. Un chemin
de fer transcontinental aux États-Unis dépensa
$5 millions pour éliminer une pente et se greva ainsi
d'une charge fixe de $1,000 par jour à perpétuité.
Une locomotive auxiliaire pour aider tout le trafic sur cette
pente n'aurait pas coûte $100 par jour.
Travail Efficace
Les problèmes du travail font partie de tous les
autres problèmes d'administration, parce que la productivité,
qui est le principal but du commerce, consiste à combiner
les hommes, la direction et les machines.
On disait autrefois que dans tous les métiers le
meilleur ouvrier est celui qui peut faire le plus avec le
moindre effort. Il est aussi vrai de dire aujourd'hui que
ce n'est pas le travail qui importe mais ce que vous produisez.
Cela, appliqué à un plus grand domaine, signifie
que la prospérité du pays ne dépend pas
du nombre de travailleurs mais de ce qu'ils produisent. Les
syndicats ouvriers feront bien de se rappeler qu'un plus grand
rendement peut avoir autant d'effet qu'une augmentation de
salaire sur l'amélioration du niveau d'existence et,
en vérité, les ouvriers ne peuvent améliorer
leur niveau d'existence qu'en produisant davantage.
L'essence de la bonne direction consiste moins à
avoir « la main ferme » qu'à faire travailler
les employés. Pour cela il est nécessaire de
comprendre les gens, de savoir prévoir et co-ordonner
et d'user de jugement. Il faut avoir une patience infinie.
Il est bon de donner aux ouvriers un sentiment de participation
en leur expliquant ce que fait l'entreprise et quelles sont
les causes de ses profits et pertes.
Les ouvriers devraient être renseignés sur
la concurrence. Il est à remarquer que le niveau d'existence
des ouvriers est le plus élevé dans les pays
où il y a le plus de concurrence, qui est la caractéristique
essentielle de l'entreprise privée, et où il
y a moins de danger de collectivisme.
La concurrence ne consiste pas à couper les prix
et à faire des annonces. Elle exige la qualité,
une marque bien connue et la confiance du public. Elle exige
des recherches continuelles pour produire le maximum de qualité
au plus bas prix.
L'essence de l'efficacité
Un homme ne peut pas arriver au maximum d'efficacité
à lui tout seul dans un commerce. Cela demande de la
collaboration, ce qui est le contraire d'être tiré
ou poussé.
La collaboration implique ce qu'il y a de mieux dans la
direction, combiné avec une confiance mutuelle, les
limitations et les aspirations de tous les employés
et de tous les départements intéressés.
Elle demande des cours de formation en commun pour que tous
les employés et tous les services travaillent ensemble
pour le bien commun. Une équipe de base-ball en offre
un bon exemple. Sans un haut degré de norme individuelle,
sans code rigoureusement observé, sans peines sévères
pour faire respecter les décisions de arbitre et maintenir
la paix entre les équipes, le jeu moderne de base-ball
serait impossible.
Pour diriger son équipe, le chef doit avoir l'aide
d'un état-major. Il doit s'entourer des hommes qui
lui sont le plus utiles et leur donner des directives précises
qui fixent leur responsabilité et leurs pouvoirs à
cet égard.
Il doit se donner comme règle de ne pas faire lui-même
un travail qui peut être bien fait par un de ses subordonnés.
Il a assez de choses à faire pour occuper son temps.
Le bon chef d'entreprise n'insiste pas pour voir tous les
rapports. Tant que la machine marche bien, il se contente
d'observer. Il doit ressembler sous ce rapport à Solon
qui fit les lois d'Athènes. Après avoir fait
ses lois, Solon s'acheta un petit navire et partit en voyage
pour dix ans.
Conférences et consultations
Le bon chef d'entreprise réfléchit, fait des
plans, donne des ordres, mais avant d'arriver à une
décision il consulte ses subordonnés et confère
avec eux. Il sait que dans sa haute position, la collaboration
n'est pas une vertu mais que le manque de collaboration est
une faute. Il ne peut pas gagner et retenir les bonnes grâces
des gens sans les consulter sur les sujets qui les intéressent.
Machiavelli nous dit dans Le Prince que Maximilien
ne consultait personne et qu'il n'arrivait jamais à
faire ce qu'il voulait parce qu'il gardait ses plans secrets
et qu'ils étaient obstrués par ceux dont il
aurait dû gagner les bonnes grâces.
Les consultations sont un grand facteur pour remonter le
moral. Quand les employés d'une maison, du bas au sommet
de l'échelle, travaillent pour son succès et
son progrès, le moral de la maison est bon. Tout le
monde doit savoir exactement ce qu'il fait et pourquoi il
le fait comme ceci au lieu de comme cela. Tout le monde doit
croire à la sincérité du chef et à
sa propre importance dans ses plans.
Le rôle du chef
Pour être un bon chef, il n'est pas nécessaire
d'être très instruit, mais il faut du bon sens,
une vive intelligence et des qualités de jugement,
de tempérament et d'énergie. Il faut aimer à
vaincre les difficultés. Le bon chef d'entreprise ne
considère le succès que comme une partie à
gagner.
Mais il faut également payer le prix. Plus vous grimpez
haut à l'échelle du succès, plus vous
avez à travailler pour conserver votre position et
plus vous avez des désagréments à supporter.
C'est là une des raisons pour lesquelles il n'y a pas
plus de gens où vous êtes. Il est ridicule de
croire qu'on peut éviter les critiques, et c'est une
faiblesse d'en souffrir : le seul moyen de défense
est l'obscurité.
Le chef d'entreprise doit être homme d'action. Les
opportunités qu'il aperçoit de sa hauteur ne
servent à rien s'il n'en profite pas. Nous savons que
les gens qui accomplissent quelque chose sont ceux qui se
mettent à l'ouvrage de la manière la plus efficace,
et que pour réussir dans les affaires il ne faut pas
remettre au lendemain ce qu'on doit faire aujourd'hui. Le
Dr. Donald A. Laird, auteur d'un livre de psychologie appliquée,
donne ce conseil : « Laissez vous choyer par les
antres si cela leur plaît, mais ne vous choyez pas vous-même
si vous espérez faire votre chemin. »
Attributs de l'efficacité
Le chef d'entreprise qui veut être efficace doit acquérir
quelques attributs dans toutes les circonstances, mais ces
attributs sont particulièrement utiles quand tout ne
va pas bien.
Le plus important de tous est probablement la capacité
de décision. Si habile qu'un homme soit dans sa profession,
on le considère faible et irrésolu s'il hésite
à prendre une décision. Puis, quand il est obligé
d'en prendre une, il se décide à la hâte,
espère qu'il a fait pour le mieux et se fait du mauvais
sang de peur de s'être trompé.
Le bon chef d'entreprise doit avoir des vues et des idées
bien arrêtées. Sir William Howe fut nommé
commandant en chef de l'Amérique du Nord, en partie
parce qu'il était bon soldat et en partie avec une
vague idée de conciliation. Il est toujours dangereux
d'essayer de combiner deux fonctions diamétralement
opposées, et Howe se trouva obligé de donner
sa démission. Il y a en Amérique un animal des
plus curieux, le saccophore, qui court aussi vite en avant
qu'en arrière, mais ce n'est pas une qualité
que les hommes d'affaires doivent chercher à imiter.
Pour être bon administrateur, il faut du courage.
Beaucoup d'hommes refusent d'entreprendre une tâche
à moins d'être assurés du succès.
Pendant leur jeunesse, ils cherchent des emplois qui promettent
de l'avancement, pour être sûrs d'avoir une augmentation
de salaire chaque année. Plus tard, quand ils se voient
dépassés sur le chemin du succès, ils
ne blâment pas leur manque de courage mais la « situation »,
ou les « faveurs » ou autre chose.
Celui qui réussit, gagne sa place dans le monde comme
ceux qui allaient autrefois au théâtre un soir
de première : en jouant des coudes pour passer
devant. Il emploie le système de Napoléon qui
consiste à sacrifier tout ce qui est secondaire et
de s'exposer à de petits dangers pour gagner ce qu'il
considère le principal objectif de sa campagne. Tous
les grands capitaines, et tous les grands chefs d'entreprise,
savent qu'on ne peut rien gagner sans risque et sans effort.
Faites de bonnes alliances
En même temps, le bon chef d'entreprise prend des
précautions. Son courage ne consiste pas à ignorer
les difficultés et les périls, mais à
les apercevoir et à les surmonter. En premier lieu,
il sait calculer les chances en sa faveur et y ajouter, presque
mathématiquement, l'élément de risque
qui est presque toujours un mystère pour les esprits
moyens.
En s'embarquant dans une entreprise, l'homme d'affaires
observe les précautions suivantes : il ne prend
pas d'engagements sans réserves ; il ne croît
pas que son adversaire est un imbécile ; il consolide
sa base, pour donner un point d'appui solide à ses
manoeuvres.
On ne peut pas gagner le succès par une défense
passive qui sert simplement à éviter le désastre,
mais même au plus haut point de son enthousiasme le
chef compétent pèse tout soigneusement. Il est
alors prêt à profiter sagement des circonstances
de manière à poursuivre son succès ou
protéger sa retraite.
Le bon chef d'entreprise doit être plein de confiance.
Les gens n'aiment pas travailler pour un pessimiste. Après
avoir soigneusement évalué les risques et les
dangers, le chef agit comme si le résultat ne faisait
pas de doute.
L'homme d'affaires au sommet de l'échelle a besoin
de temps pour agir et pour réfléchir. Ce n'est
que de cette façon qu'il peut garder sa place. Ce sont
ses qualités de penseur qui le mettent à la
tête, et le public s'attend à ce que les chefs
soient en tête ou au-dessus de la fouie. Par-dessus
tout, il a besoin d'initiative, doublée de souplesse,
qui lui permet de s'adapter aux événements.
L'art d'improviser rapidement et efficacement est une partie
indispensable de l'efficacité.
Aucun homme de peu d'imagination ne peut conserver une importante
place de chef. C'est pour cela que vous trouvez 10,000 hommes
attachés au passé pour un seul qui s'élance
à la découverte d'un nouvel horizon. Celui qui
appartient au type de chef n'est pas content de se reposer
sur ses lauriers. Il est dévoré du désir
de faire davantage. L'initiative est la capacité de
faire de nouvelles choses.
Finalement, le chef doit continuer à s'instruire.
Toutes les importantes connaissances du monde reposent sur
des théories. Nos usines avec leurs milliers de machines
différentes ont été construites d'après
des théories soigneusement élaborées
et mises à l'épreuve. Quand un chef cesse d'apprendre,
son commerce ne fait plus de progrès.
Relations avec le public
Les bons chefs d'entreprise sont prudents dans leurs relations
avec autrui. Ils prennent beaucoup de précautions que
leurs employés négligent, parce qu'ils savent
que ce n'est qu'au moyen d'autrui qu'il est possible de réussir.
Les relations publiques comprennent un tas de petites choses,
la plupart dues à la prévenance de l'homme d'affaires.
Par exemple, Timothy Eaton aperçut un jour une vieille
dame qui avait de la difficulté à grimper les
escaliers de son premier magasin à Toronto. Le lendemain,
les escaliers étaient remplacés par un chemin
en pente.
Il n'y a personne de si petit qui ne puisse nous être
utile un jour et, comme dit La Fontaine :
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« On a souvent besoin d'un plus petit que soi. » |
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En résumé, le chef d'entreprise doit penser
aux autres plus qu'à lui-même, parce qu'il ne
peut gagner des bénéfices qu'en plaisant aux
autres. Il peut avoir les idées les plus biscornues
en politique, religion, histoire ou astronomie, mais dans
son commerce il doit avoir le bon sens d'être guidé
par les désirs de ses clients.
C'est là naturellement une des marques de notre système
économique. Aucun système obligatoire imposé
par l'État ne réussirait jamais, aussi bien
que les efforts de l'entreprise privée, à donner
au public ce qu'il désire.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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