Vol. 56, N° 8 Août 1975
L'organisation d'une
réunion
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Tout le monde est appelé
un jour ou l'autre à organiser quelque chose, il peut
s'agir d'une grande réunion mondaine ou d'affaires
aussi bien que d'une petite fête pour les jeunes. Mais
quelle que soit l'importance ou la simplicité de l'entreprise,
l'organisation en sera plus facile et mieux réussie
si l'on observe certains principes. Le lecteur trouvera dans
le présent Bulletin quelques indications pratiques
à ce sujet.
La première chose à faire est de vous demander
si l'activité envisagée vaut le temps que vous
allez y consacrer. Le succès de vos efforts ne sera
pas le fait du hasard. Il comportera toujours un sérieux
travail de préparation, et c'est à cela qu'il
faut vous appliquer. L'organisation d'une réunion suppose
l'emploi des instruments voulus : téléphone,
notes, lettres, entrevues ; le choix de collaborateurs ;
l'ordonnance méthodique des travaux et la surveillance
continuelle de tout ce qui se rapporte à l'opération.
Le mot « réunion » s'entend ici dans son
sens le plus large. Il comprend notamment les assemblées,
les congrès, les expositions, les démonstrations,
les concerts, les festivals, les épreuves athlétiques,
les défilés, les campagnes de souscription ou
de lutte contre la pollution.
Voici, en résumé, la marche à suivre
pour organiser l'une ou l'autre de ces activités :
décider exactement quelle forme va revêtir la
réunion ; établir la fin à laquelle
elle doit servir ; mettre sur pied un solide groupe de
personnes compétentes ; leur inspirer la conviction
de faire oeuvre utile ; exercer la surveillance nécessaire
sur le déroulement du travail.
Le chef d'équipe
Quel que soit votre titre - président, animateur,
responsable, administrateur - c'est vous qui dirigez l'opération,
et il faut vous préparer à votre tâche.
Analysez les éléments de l'opération
et notez-en les aspects où vous pourrez utiliser votre
imagination pour y mettre de l'originalité et vos talents
administratifs pour en assurer le succès. À
tout cela devront s'ajouter le travail ardu, la patience et
la ténacité.
En qualité de directeur, vous êtes le centre
énergétique du groupe, celui qui donne le ton
au travail, à l'enthousiasme, au dynamisme et à
l'efficacité. Ce serait une erreur de croire qu'il
faut tout faire vous-même, mais vous devez être
associé à chaque phase du travail de vos collaborateurs.
Vous aurez certes intérêt à connaître
ce que d'autres ont fait en pareilles circonstances, mais
ne vous bornez pas simplement à les imiter. Il est
passionnant de sortir des sentiers battus.
Au milieu du train-train pressant de votre mission, réservez-vous
du temps pour réfléchir et rêver. L'imagination
n'obéit pas aux lois de la mécanique et de la
physique. Laissez votre esprit se détendre et vagabonder.
C'est quand elle a la bride sur le cou que la pensée
découvre parfois ses meilleures idées.
Dans la célèbre féerie de Maurice Maeterlinck,
l'Oiseau bleu, un visiteur est introduit dans « Le
Royaume de l'Avenir », où dorment les enfants
qui ne sont pas encore nés. Celui-ci demande :
« Est-ce qu'ils ne font rien ? » Et la réponse
est : « Ils pensent à quelque chose. »
« À quoi ? » « Ils ne le savent
pas encore... »
Lorsque l'inspiration, ce on ne sait quoi d'informe et d'indécis,
surgit dans votre esprit, elle est un peu comme une photographie
floue : il faut la développer et l'agrandir. Vous
verrez ensuite s'il est possible de la mettre au point et
de l'utiliser dans votre travail.
Laissez-vous enthousiasmer par les trouvailles de votre
esprit. L'enthousiasme qui s'exprime dans l'action est l'un
des grands bienfaits de la vie. Intéressez-vous à
la partie de la tâche à laquelle vous travaillez,
et l'enthousiasme vous gagnera. L'intérêt est
une qualité qui est en nous et non pas un attribut
des choses. En mettant tout votre intérêt dans
votre travail vous éliminez le doute et l'angoisse,
et votre assurance s'accroît.
Faire accepter une idée
Lorsque vous vous présentez devant un auditoire pour
le convaincre d'appuyer votre projet, prenez quatre-vingt-dix
pour cent de votre temps pour penser aux personnes à
qui vous vous adressez et dix pour cent seulement pour penser
à vous.
Exposez vos idées en fonction de l'expérience
de vos auditeurs. Les gens répugnent à faire
l'effort cérébral de traduire vos paroles dans
leurs propres pensées. Quand un pêcheur va à
la pêche, il choisit son appât d'après
les goûts du poisson, et non d'après les siens.
Mûrissez bien votre plan et vos idées avant
de les faire connaître en public, afin d'en parler avec
assurance. S'il y a de l'opposition, voyez-y une occasion
de montrer le bien-fondé de vos vues. N'ayez pas l'air
de vouloir brusquer les choses : ceux qui vous écoutent
ont besoin d'un peu de temps pour saisir et ruminer ce que
vous dites.
Présentez votre thèse de façon saisissante.
Si la nature du sujet s'y prête, illustrez votre plan
de documents visuels : photographies, croquis, programme
ou liste des activités. Alliez quelque chose de nouveau
à ce que connaissent déjà vos auditeurs
et indiquez-leur comment donner plus d'intérêt
et plus de valeur à cet élément de nouveauté.
Le choix de l'objectif
Tout projet doit tendre à un but : réaliser
des bénéfices ; construire, agrémenter,
embellir ou conserver quelque chose ; rendre service
à une personne, à un groupe ou à une
collectivité.
En esquissant les premières grandes lignes de votre
projet, accordez la priorité à l'imagination.
Vous êtes au stade de la création ; le jugement
interviendra plus tard. Veillez à ce que tous vos futurs
collaborateurs et tous ceux qui partagent votre désir
connaissent le plan d'ensemble.
Votre plan doit comporter un centre d'intérêt.
Tout projet suppose une fin, un objectif. Soyez convaincu
de cette vérité : il est impossible de
conduire un groupe vers un but que l'on n'a pas défini
sur une voie que l'on ne s'est pas représentée.
Sans objectifs clairement énoncés, aucune entreprise
ne peut réussir ni être profitable.
Voici, par exemple, une façon de présenter
votre projet aux personnes que vous souhaitez influencer :
Sujet : les enfants sont les citoyens de demain.
Motivation : besoin de montrer aux parents,
aux instituteurs, aux enfants et au grand public comment le
scoutisme contribue au bonheur, à la formation et à
l'intégration sociale des enfants.
Objectif : illustrer au moyen de démonstrations,
de photographies, de présentations et de projections
de quelles façons le scoutisme exerce ses fonctions.
Organisation : former des groupes d'adultes
intéressés - qu'on les appelle comités,
divisions, conseils, peu importe - dont chacun sera chargé
d'une partie déterminée de la réunion.
L'élaboration du plan
Pour réussir, un plan doit comprendre un minimum
de détails, avoir assez de souplesse pour subir au
besoin des retouches et ne jamais être perdu de vue.
La méthode d'élaboration doit transparaître.
C'est-à-dire que le responsable est tenu de définir
son projet en termes exacts ; de diviser la tâche
en sous-tâches, dont chacune sera précisée
et délimitée, et de faire un compte à
rebours commençant maintenant et se terminant à
la date d'achèvement.
Après avoir couché votre plan sur le papier,
examinez-en chaque point d'un oeil critique. Est-il réalisable ?
Les étapes sont-elles trop ardues pour vos collaborateurs ?
Il est capital pour votre tranquillité d'esprit de
dresser une liste des choses à faire. En sachant d'avance
ce qui est essentiel et ce qui peut être omis, vous
soulagez votre esprit de l'agaçante pensée que
vous faillissez peut-être à la tâche.
Notez cinq ou six des travaux majeurs et numérotez-les
par ordre d'importance. Attaquez-vous d'abord au numéro
un, la tâche de première urgence. Poussez-en
l'exécution aussi loin que possible, puis passez au
numéro 2. En agissant ainsi, vous serez toujours sûr
de travailler à la tâche la plus essentielle.
Le succès d'une réunion dépend de sa
bonne ordonnance : le désordre est l'ennemi des
plans de toutes sortes. Au sujet de chaque action importante
envisagée dans votre programme, demandez-vous :
est-ce là le moyen le plus sensé, le plus efficace
et le plus économique de faire cette chose ? Donnez
vos instructions à chacun de vos collaborateurs, afin
que tous oeuvrent dans la même direction. Imaginez que
vous écrivez une pièce de théâtre :
donnez des directives à vos acteurs pour que chacun
sache quand entrer en scène et jouer son rôle.
Lorsque vous constituez des comités ou des groupes
de travail, assurez-vous qu'ils ont des secteurs d'autorité
bien définis et qui ne chevauchent pas. De même
que vous avez la responsabilité de mener le projet
tout entier à bonne fin, ainsi il devrait y avoir dans
chaque groupe une personne responsable de la partie du travail
assignée à ce groupe. C'est le meilleur moyen
d'éviter qu'on se renvoie la balle.
Les relations humaines
Les détails matériels, comme la réservation
d'une salle, la location des décors pour un spectacle,
l'impression des programmes, etc., seront réglés
par les groupes chargés de s'en occuper. Vos problèmes
seront surtout des problèmes humains. Il vous incombera
d'animer les membres de votre équipe, d'entretenir
leur enthousiasme, de diriger leurs efforts, de rectifier
leurs erreurs et de les faire progresser vers la ligne d'arrivée.
Celui qui s'intéresse vraiment aux gens accroît
sa prestance, son charme et sa personnalité. La personnalité
est l'effet global que vous exercez sur les autres, et celui-ci
compte beaucoup dans votre réussite.
Un plan est presque voué à l'échec
si ceux qui sont chargés de sa mise en oeuvre n'ont
pas participé à sa préparation. Quand
il s'agit de rendre service à la collectivité,
par exemple par l'entremise des oeuvres paroissiales, des
associations familiales et scolaires, des groupes d'embellissement
régional, etc., il est vain de tracer un plan et de
le présenter comme une chose à prendre ou à
laisser aux personnes concernées. Pour réussir,
le plan doit être conçu et élaboré
en collaboration avec ceux qui feront le travail.
Il vous faudra reconnaître l'importance de chacun
en tant qu'individu. L'ardent désir de considération
qu'on trouve chez les hommes est un besoin profond et fondamental.
Louez et félicitez lorsqu'on le mérite. Un
vrai chef n'accapare pas la vedette. En donnant à quelqu'un
une bonne opinion de lui-même, nous gagnons sa bonne
volonté : nous l'aidons à assumer sa personnalité.
Lorsque les chefs de groupe ou leurs collaborateurs viennent
vous raconter leurs difficultés, écoutez-les
avec un intérêt manifeste, puis recherchez avec
eux la solution de leurs problèmes. Faites autant de
concessions que possible au coéquipier mécontent.
La question à vous poser dans ce cas est celle-ci :
« Puis-je céder sur ce point sans compromettre
l'opération ? »
Le choix des collaborateurs
Dans le choix des membres d'un groupe de travail, rappelez-vous
que leur concours éventuel importe plus que leur rang
dans la société. Ces collaborateurs sont ceux
qui vont donner la vie à vos idées. Vous comptez
sur eux. Ce doit être des gens qui répondront
avec enthousiasme à vos besoins.
Une méthode suivie avec succès par beaucoup
d'organisateurs consiste à établir les diverses
fonctions à remplir et de choisir ensuite des personnes
aptes à les remplir. Celles-ci devront avoir les connaissances
nécessaires pour entreprendre la tâche et un
sens aigu des responsabilités pour la bien exécuter.
En règle générale, faites en sorte
qu'une autre personne au moins - de préférence
celle qui vous remplacera en cas d'absence - prenne une part
étroite et entière à l'élaboration
des plans. Il importe en réalité de faire contribuer
à la préparation du plan tous ceux qui auront
un rôle important à jouer dans sa mise à
exécution. Le sentiment d'être ainsi consultés
les engage en quelque sorte à faire de leur mieux pour
en assurer le succès.
Écoutez ce que les gens ont à dire au sujet
de la réunion. Les bons organisateurs, ceux à
qui on a attribué des talents mystérieux, sont
tout simplement des personnes qui ont eu soin d'observer et
d'écouter pour recueillir des bribes d'information
utiles dans les réactions des autres. Outre l'aide
qu'il peut vous apporter pour régler certaines choses
qui clocheraient, le fait de tendre l'oreille vous fournit
l'occasion d'examiner des suggestions pouvant servir à
accroître la qualité et l'intérêt
de votre entreprise.
Si la conception et l'organisation d'une réunion
sont une chose somme toute agréable, elles supposent
pourtant le calcul de certains risques. Au cas où il
deviendrait évident que votre plan ne vous permettra
pas d'atteindre votre but, il n'y a plus qu'un parti à
prendre : en choisir un autre. Celui-ci sera peut-être
moins grandiose, mais il aura peut-être plus de chance
de réussir.
Vous devez être prêt à parer à
l'imprévu. Vous ne savez jamais en ouvrant une enveloppe
ou en décrochant le récepteur de votre téléphone
quelle nouvelle malice vous réserve la fortune.
Même si vous êtes l'un des quelques heureux
mortels qui aiment rencontrer des obstacles, vous aurez avantage
à tenter de prévoir les difficultés éventuelles,
afin de disposer le cas échéant de solutions
presque toutes prêtes. Une analyse du genre « au
cas où cela arriverait » n'est pas sans utilité.
Celui qui sait où sont les dangers est mentalement
en état d'y faire face.
C'est dans les situations difficiles que vous démontrerez
vos talents et votre compétence d'organisateur, mais
ne vous épuisez pas inutilement. Lorsqu'un problème
surgit, examinez-le pour voir s'il vaut la peine d'être
résolu. Il faut, dit-on, autant d'effort pour résoudre
un problème inutile que pour résoudre un problème
utile.
Noter par écrit
Beaucoup de personnes semblent répugner foncièrement
à écrire quoi que ce soit, qu'il s'agisse d'une
liste d'achats ou d'une lettre ; mais, si vous tenez
à être un bon organisateur de réunion,
il vous faut absolument coucher les choses par écrit.
Sans notes sur les tâches à faire, les décisions
adoptées, les mesures prises, ce que les membres de
votre équipe doivent faire, ont fait ou omis de faire,
vous serez continuellement dans les transes faute de savoir
ce qui se passe.
À mesure que le travail avance, vous relèverez
et noterez les idées qui vous viendront à l'esprit
et les suggestions que vous feront les autres. Veillez à
ce que vos notes soient extrêmement claires, afin que
le sens en demeure évident même des semaines
plus tard.
Vous formez avec vos chefs de groupe une espèce de
« comité plénier » ou d'état-major
général comme on dit dans l'armée. Vous
surveillez continuellement les progrès accomplis et
conférez avec vos collaborateurs sur les améliorations
qui pourraient être apportées, mais vous vous
imposez un handicap si vous ne prenez pas de notes.
Voici une méthode infaillible. À la suite
de chaque séance que vous présidez, adressez
à chaque membre de votre équipe de direction
un bref compte rendu - une demi-page au plus - ayant à
peu près la forme suivante : « Sur la proposition
de A.B., je dois communiquer avec C.D. pour obtenir... » ;
« en apprenant de la part de E.F. les difficultés
éprouvées pour organiser ..., nous avons
décidé de demander l'aide du groupe G.H. »
Chaque chef de groupe vous fera un compte rendu analogue après
la réunion de son équipe.
Les comités et les groupes de travail se réuniront
à intervalles réguliers pour faire le point
et examiner les progrès réalisés. Ces
réunions devront avoir un caractère pratique
et surtout ne pas être un gaspillage de temps à
écouter les autres faire des discours ou penser tout
haut ce à quoi ils auraient dû réfléchir
auparavant. Un président sera chargé de diriger
les délibérations, de veiller à ce que
chaque membre ait l'occasion de participer à la discussion
et de s'assurer que tous comprennent les décisions
prises.
Minutage et contrôle du travail
Les pertes de temps et d'effort sont souvent imputables
au manque de directives suffisantes et détaillées.
N'hésitez pas à bien préciser à
vos collaborateurs ce qu'il faut faire à tel ou tel
moment et à qui en incombe la responsabilité.
Certains rôles doivent être confiés à
certains acteurs, et il est nécessaire de donner des
indications scéniques. Quand elles s'adressent aux
exécutants, ces instructions s'expriment par des verbes
d'action : obtenir, enregistrer, fournir, contrôler,
recevoir et expédier.
Comme organisateur en chef, vous devez tenir compte du calendrier
et de l'horloge, car le temps est un élément
très important dans l'élaboration des plans.
Vos fonctions de directeur général vous obligent
à savoir de jour en jour si les tâches sont exécutées
de telle façon qu'elles seront terminées à
temps pour bien s'agencer avec d'autres tâches. Ces
renseignements vous permettront d'appuyer sur les séries
d'activités voulues pour que le programme marche bien
et selon l'horaire.
C'est ici que la feuille de compte à rebours a son
utilité. Établissez un calendrier pour chacune
des tâches, indiquant dans chaque cas les dates de commencement
et d'achèvement. Fixez le jour où doivent se
terminer les diverses portions de la tâche assignée
à chaque groupe et vérifiez-en la liste quotidiennement.
Seule cette méthode pourra vous donner l'assurance
d'atteindre votre objectif en temps voulu. La liste vous révélera
où il faut dire un mot pour accélérer
les choses.
Celui qui accepte la charge de chef de projet doit aussi
assumer la responsabilité qu'elle comporte. Vous seul
serez tenu responsable du succès final. Gardez-vous
de vous laisser absorber par un aspect de l'opération.
Votre bonne conduite de la totalité de l'opération
est l'élément le plus essentiel du plan
d'ensemble.
Lorsque vous avez des collaborateurs pour mettre votre plan
en oeuvre, attendez-vous au mieux, mais vérifiez fréquemment
pour vous assurer qu'il en est ainsi. L'équipe de travail
idéale serait celle où le chef jugerait inutile
de contrôler quoi que ce soit si ce n'est le résultat
final, mais cette perfection est rare.
Insistez gentiment mais fermement pour connaître la
vérité sur les progrès des groupes. Si
un chef de groupe vous informe que 50% de son travail est
terminé, demandez-vous si le « 0 » n'est
pas de trop.
Si vos collaborateurs semblent vaciller, ne cédez
ni à la panique ni au pessimisme. Trouvez la cause
du ralentissement et faites résolument le nécessaire
pour remettre les choses en bonne voie.
Vous aurez tôt fait d'apprendre que s'activer n'est
pas tout. Il y a une profonde différence entre s'activer
et produire des résultats. Certains chefs de groupe
donneront l'impression de travailler avec ardeur, mais ne
feront rien qui vaille. Persuadez-les de s'attacher aux résultats.
S'étant engagés à exécuter leur
tâche pour une certaine date, ils doivent mettre leur
honneur à tenir leur promesse.
Si la douceur et la persuasion ne réussissent pas
à remédier à la situation, vous ne pouvez
faire autrement, étant donné vos propres obligations,
que de dire : « C'est une tâche qui doit être
exécutée à temps si le projet doit aboutir.
Il s'agit donc de faire le travail ou de céder la place
à un autre. »
Le meilleur moyen d'inciter quelqu'un à faire une
chose est de l'amener à vouloir la faire ; d'où
l'avantage de donner des conseils ou des instructions, et
non des ordres. Arrangez-vous pour que l'on se fasse un plaisir
de réaliser vos voeux.
Si vous avez à signaler une erreur à l'un
de vos collaborateurs, faites-le avec assez de diplomatie
pour ne pas le blesser. Dans certaines circonstances, vous
lui direz par exemple : « Je comprends très
bien vos sentiments. À votre place, je serais sûrement
du même avis que vous. Mais il y a d'autres aspects
à envisager. »
Quelques principes directeurs
L'organisation d'une réunion ou d'une campagne exige
plus de travail de tête à l'ancienne mode que
de brillantes données d'ordinateur. Élaborer
des plans est encore la seule méthode sûre pour
n'oublier aucun détail essentiel, et il n'existe pas
d'autre moyen connu qui permette de mesurer les progrès
accomplis.
On trouvera ci-après, à titre indicatif, un
modèle de plan applicable à toute entreprise :
Fixer l'objectif, déterminer la façon
de l'atteindre et établir les stades ou les niveaux
d'exécution à réaliser à certaines
périodes bien délimitées le long du parcours.
L'opération comprend six étapes :
Bilan de la situation : réunir des données
pour indiquer la situation actuelle et le but souhaité.
Organisation stratégique : arrêter
les grandes lignes de l'entreprise.
Inventaire des ressources : quelles sont les
ressources existantes ? Où trouvera-t-on les autres ?
Organisation tactique : décider quels
sont les meilleurs moyens et les meilleurs collaborateurs
à employer pour accomplir la tâche.
Recrutement : trouver des collaborateurs et
entreprendre la première phase.
Contrôle : noter périodiquement
dans votre agenda les progrès accomplis par rapport
à vos prévisions et les améliorations
éventuelles à apporter à votre plan.
Ayez confiance en votre étoile. On ne vous demande
pas, comme à une nécromancienne, de prédire
la réussite de l'entreprise à l'aide d'une boule
de cristal. Mais vous pouvez étaler vos plans sur le
dessus de la table et montrer que, si chacun des intéressés
accomplit bien et complètement sa tâche,
l'entreprise a de fortes chances d'être couronnée
de succès.
L'art de mener un plan à bonne fin ne tient pas uniquement
à l'ascendant personnel de l'organisateur, mais aussi
à son rôle d'animation auprès de tous
ceux qui sont sous sa direction.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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