Vol. 48, N° 8 Août 1967
La fonction de chef
de service
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Toute entreprise commerciale exige
une administration efficace de ses travaux quotidiens, une
gestion intelligente de ses affaires financières ainsi
qu'une conduite ordonnée des relations avec les employés.
Il y a plus d'entreprises qui échouent, disent les
économistes, par suite des bévues et des faiblesses
de l'administration que pour toute autre cause.
Mais d'autres groupements ont aussi besoin de personnes
douées de qualités administratives pour pouvoir
fonctionner sans difficultés et avec succès.
C'est le cas, par exemple, des écoles, des églises,
des associations et des familles. Chacun est forcé
de jouer le rôle de chef à un moment ou à
un autre, à titre de père ou de mère,
d'instituteur, de contremaître ou de directeur.
Les principes sont foncièrement les mêmes,
qu'il s'agisse d'administrer une armée, un pays, un
service d'une grande entreprise commerciale ou une maison
de banlieue. Les administrateurs sont des gens qui font en
sorte que les choses se déroulent au mieux pour atteindre
les buts désirés. Ils créent, organisent
et mènent les projets à bonne fin.
C'est là une fonction spécialisée.
L'administrateur doit être capable de diriger non seulement
les choses et les personnes, mais aussi les situations, en
mettant en pratique certains principes fondamentaux.
Il existe trois paliers d'administration dans les affaires :
la haute direction, qui établit les programmes ;
les cadres moyens, qui en assurent l'application ; les
cadres inférieurs, qui dirigent le personnel d'exécution.
Le chef de service ou de division est un peu comme le timonier
sur un navire. Il reçoit les instructions nautiques
de ses supérieurs, puis il se tient de pied ferme à
la barre, tournant le gouvernail tantôt d'un côté,
tantôt de l'autre et faisant appel à la fois
à son habileté, à sa technique et à
son flair pour maintenir son cap.
Il est impossible d'administrer un service avec succès
sans connaître l'ensemble dont ce service fait partie.
Le directeur d'une subdivision technique ou d'employés
de bureau doit être au courant de ce qui se passe autour
de lui s'il veut que son service s'adapte bien aux autres
éléments de l'entreprise. Il doit savoir exactement
ce que ses chefs attendent de lui en ce qui concerne l'action
et les efforts nécessaires pour atteindre le but commun.
Les affaires s'effectueront sans heurt et de façon
compétente si les fonctions sont clairement définies
pour chaque poste de direction et constamment tenues à
jour. Le mot « fonction » comprend les responsabilités,
l'autorité et les relations : les responsabilités
envers l'entreprise, l'autorité au sein du service
et les relations avec les autres services.
Les qualités de chef
L'administrateur appartient à l'une des espèces
les plus rares au monde : celle des chefs. Chacun des
membres de son personnel a intérêt, de la façon
la plus immédiate et la plus pratique, à ce
que sa direction soit de bonne qualité.
Amener un groupe à comprendre un problème
compliqué et s'assurer de sa collaboration pour le
résoudre constituent l'une des formes les plus élevées
de l'administration, et la plus enrichissante. Cela vous classe
à la fois comme personne influente et comme homme d'action.
Un air affairé et une voix autoritaire ne prouvent
pas que la direction est bonne. Le véritable chef ne
dit pas « allez-y », mais « allons-y » !
Il marche en tête jusqu'au bout, et toujours un pas
en avant des autres.
Le dictateur pourra faire ressortir, avec preuves à
l'appui, certains avantages de ses méthodes, telles
la rapidité d'action et la vigueur dans l'exécution,
mais les arguments qui militent contre l'acceptation de la
dictature l'emportent de loin sur ces avantages. Au lieu de
gagner les gens à sa cause, le dictateur favorise les
sentiments de malaise, de colère, d'apathie et de désespoir.
Il n'a d'amis que ceux qui le craignent.
L'administrateur compétent réalise des choses.
Il est le gardien des intérêts de l'entreprise.
Il a des connaissances techniques, une grande largeur de vues,
un haut sentiment de l'honneur, ainsi que l'intelligence et
la compréhension des relations humaines. Ce n'est pas
simplement un homme habile, mais un être supérieur.
Les hommes qui ont la force intellectuelle et morale nécessaires
pour être de bons chefs manifestent une franche tolérance
à l'égard de la race, de la couleur, des croyances,
de la nationalité et des particularités de leurs
semblables. Par contre, ils ne tolèrent pas dans leur
propre cas des traits de caractère comme la maussaderie,
l'impatience, les écarts de tempérament, les
attitudes de prima donna, l'arrogance, le favoritisme ou l'inconséquence.
L'une des qualités décisives du chef est la
capacité de prendre des risques importants avec un
calme relatif.
L'administrateur ne peut être une personne soumise,
comptant sur les autres pour le conduire par la main, ni un
homme lent à agir, attendant le coup de fouet de l'autorité
pour l'arracher à son inertie. Il porte en lui son
énergie.
Il est souple. Il examine et réexamine le rendement
de son service à la lumière de l'évolution
des circonstances. Il saisit l'essentiel, décide ce
qu'il faut faire, indique clairement à tous les intéressés
ce qu'il a l'intention d'accomplir et comment il va s'y prendre,
puis fait en sorte que ses collaborateurs poursuivent le travail.
L'art de l'administration
L'administration est une tâche professionnelle. Les
visionnaires sont des gens qui laissent voguer leurs idées
dans les nuages sans chercher à les mettre en valeur.
L'imagination féconde de l'administrateur est guidée
par un esprit méthodique, qui envisage les possibilités,
analyse les difficultés et contrôle l'exécution.
C'est à la fois un rêveur qui trace une nouvelle
voie et un tambour qui incite ses employés à
s'y engager.
L'administrateur doit être un organisateur. La bonne
organisation est l'âme même du succès dans
les affaires. Elle suppose la répartition des tâches
et des fonctions entre les sections et entre les divers employés,
de manière à assurer un rendement élevé,
ainsi qu'une production et des services en quantité
et de qualité suffisantes, en temps voulu, par les
meilleures méthodes et au plus bas prix. Il est du
devoir de l'administrateur de déceler toute discordance
entre les possibilités de rendement de l'employé
et son rendement réel, et de veiller à réduire
l'écart entre les deux.
L'administrateur qui prend une division ou un service qui
végète et réussit à le rendre
productif éprouve un sentiment d'exaltation peu banal.
Il est évident que si tout cela pouvait se faire
à coups de manuels d'instructions, l'administrateur
n'aurait besoin d'aucune qualité spéciale. Les
règles et les directives sont utiles jusqu'à
un certain point, mais elles ne donnent pas le ressort nécessaire
pour mettre les choses en branle, ni le courage et la vigueur
voulus pour montrer le chemin parmi les difficultés
et les obstacles, ni la compétence requise pour mener
le travail à bonne fin.
Le maniement des gens
Si les entreprises commerciales échouent à
cause de la médiocrité de l'administration pourquoi
les administrateurs échouent-ils ? Rarement à
cause de leur incompétence technique ; le plus
souvent en raison d'un manque d'aptitude à travailler
avec d'autres êtres humains.
La compréhension des hommes constitue l'un des éléments
de base des fonctions de l'administrateur. C'est ici que son
intelligence exerce son activité la plus élevée
et trouve sa plus grande satisfaction.
Il existe quatre règles essentielles pour guider
l'administrateur : traiter ses employés comme
des êtres humains ; mettre leurs désirs
en valeur ; leur montrer comment faire ; critiquer
de façon constructive. Ces principes témoignent
d'une qualité importante : ils démontrent
que l'administrateur désire vraiment utiliser les talents
de ses employés.
L'administrateur a besoin de perspicacité, c'est-à-dire
de cette espèce de vue stéréoscopique
ou à trois dimensions des personnes et des événements.
Avec les yeux seuls, il trouvera des choses à reprendre
dans le travail d'un employé ; grâce à
sa perspicacité, il remontera à la cause du
mal. Il s'agit là de ce que les psychologues appellent
l'empathie, qui est la connaissance intuitive des sentiments
et des idées des autres.
On peut en dire long sur un chef de service en observant
ceux qui travaillent pour lui. Sont-ils heureux dans leur
emploi ? Montrent-ils toujours de la bonne volonté ?
Sont-ils affranchis de la tension du travail ? Donnent-ils
l'impression d'être fiers de travailler dans tel service,
pour telle entreprise ?
La stratégie de l'administrateur consiste entre autres
choses à reconnaître comme il se doit les succès
de chacun. Il loue à haute voix - c'est-à-dire
où les autres peuvent l'entendre - et blâme en
douceur et en particulier. Il ne félicite pas au hasard
et ne distribue pas les compliments à profusion. L'employé
le sait quand il a fait du bon travail ; si vous louez
chacun de ses efforts, il a tôt fait de s'apercevoir
que c'est une tactique de votre part et il fait peu de cas
même des louanges qui sont méritées.
Soyez plutôt l'administrateur qui tient à ce
que chaque employé réussisse, qui l'aide à
réussir et qui se réjouit de ses succès.
C'est le contre-pied de la tendance beaucoup trop fréquente
qui consiste à faciliter les choses. L'employé
heureux doit être un employé productif. Il ne
faut pas encourager les employés à devenir satisfaits
au point de ne plus considérer le travail comme une
chose agréable dans la vie.
Considérations sur le rang
La récompense de votre travail ne consistera pas
à obtenir un certain titre, mais à bien administrer
dans l'intérêt de l'entreprise. L'administrateur
peut atteindre ce résultat sans faire étalage
de son autorité ni acquérir un complexe de supériorité
qui le poussera à s'entourer de témoignages
évidents du haut rang qu'il revendique. N'attachez
pas trop d'importance à votre titre, mais veillez à
ce que vos employés sachent bien que vous vous acquitterez
de vos responsabilités.
Jusqu'à quel point un administrateur doit-il faire
preuve d'esprit démocratique ? Il devra parfois
s'associer avec ses employés et être un exemple
de courtoisie et de bienveillance. Il lui faudra cependant
conserver la dignité de son rang.
Il permettra aux autres de partager la vedette et il saura
leur attribuer une part du mérite. Certains chefs supposent
à tort que le travail ne sera bien fait que s'ils le
font eux-mêmes. Ce refus de se faire remplacer est vain
et stérile.
La délégation de pouvoirs est plus facile
pour l'homme qui a un sens aigu des résultats finals.
Il perçoit distinctement son objectif et s'efforce
de l'atteindre avec l'aide des autres tout en donnant des
directives et des instructions claires et fermes.
Cela exige de bonnes communications, dans les deux sens,
entre le chef et l'employé. Le bon administrateur est
celui avec lequel les employés se sentent libres de
discuter de choses importantes au sujet de leur travail. L'employé
qui a quelque chose à dire aime à croire qu'il
sera entendu. Cela le confirme dans son opinion que son travail
joue un rôle important dans l'entreprise.
Le dialogue est la clé du travail harmonieux dans
un service. Ce que vous savez au sujet du travail et que vos
employés ignorent mais devraient savoir ne peut que
nuire au travail ou le retarder. Il y a aussi des choses que
vos employés savent et que vous n'avez pas encore découvertes.
La solution consiste à dire promptement et clairement
à vos employés ce qu'ils doivent connaître
et à écouter avec intérêt ce qu'ils
ont à dire à propos de leurs fonctions.
Veillez en particulier à donner des explications
lorsqu'il s'agit d'introduire un nouvel état de choses.
On ne réussit pas souvent à mettre des plans
en pratique sans les avoir assimilés mentalement. Prévoyez
les objections éventuelles et mentionnez-les dans votre
exposé, de même que les raisons. En considérant
le changement du point de vue de l'employé, vous verrez
quelles sont les choses qu'il importe de préciser pour
lui permettre de saisir les bons côtés de votre
projet.
Si un subordonné fait une suggestion, dites-lui quelles
mesures vous avez prises et pourquoi. Si sa suggestion n'est
pas adoptée, il acceptera cette décision en
pleine connaissance de cause si vous lui montrez que les motifs
du refus sont clairs et valables. Ce qui blesse, ce n'est
pas le refus d'accepter une idée, mais le fait de l'écarter
sans étude ni discussion.
Faut-il poser des questions ?
C'est un signe de force, et non de faiblesse, de reconnaître
que l'on ne sait pas toutes les réponses. La recherche
est nécessaire même dans les bureaux ou les ateliers
voués aux tâches les plus routinières.
Celle-ci doit viser à établir une solide organisation
et à la tenir à jour, de façon à
assurer la meilleure exécution possible du travail.
La recherche peut consister simplement à demeurer
à l'écoute, à observer l'activité
de votre personnel, et à vous demander : « Quel
est le résultat de tout ce travail ? Est-ce que
tout cela est nécessaire ? » Les questions,
même si l'on n'obtient pas les réponses immédiatement,
sont précieuses parce qu'elles supposent l'existence
d'un autre point de vue. L'un des grands ennemis de la bonne
administration est de croire que les choses sont très
bien comme elles sont.
Un problème est une difficulté qui se pose
à l'intelligence, et dans les affaires tous les problèmes
sont des problèmes d'administration.
Le secret de résoudre les problèmes est de
réunir et d'analyser les faits, d'isoler les éléments
essentiels et de les rassembler en un tout coordonné
et significatif. Il se peut que vos supérieurs et votre
personnel admirent votre solution comme une lumineuse intuition,
mais vous savez, vous, qu'elle est l'aboutissement de recherches
approfondies et laborieuses, des documents étudiés
et des plans élaborés.
Gardez de l'ordre dans vos pensées même en
cas d'urgence. Vous devez connaître les pressions, les
tensions, les contraintes que comporte la fonction administrative,
mais vous pouvez les réduire au minimum en veillant
à toujours envisager vos problèmes clairement
et dans leur totalité, et à les aborder avec
confiance et optimisme. Le tatillonnage est une entrave d'importance.
Tous les jours des administrateurs qui s'acquittent avec calme
et succès des responsabilités les plus lourdes
doivent partir pour l'hôpital à cause de futilités
auxquelles ils n'ont pas appris à faire face.
Décisions et discipline
La prise des décisions, dont il a été
question dans notre Bulletin de janvier 1963, et la
discipline, qui a fait l'objet de celui de mai 1958, sont
des fonctions capitales de l'administration.
Le temps n'est pas encore venu où l'on peut confier
le soin de prendre des décisions aux machines et à
leurs techniciens. Les décisions administratives se
fondent avant tout sur le jugement. Les machines produisent
des faits, tout comme les instruments d'un avion fournissent
des renseignements, mais le pilote doit les interpréter
pour résoudre ses problèmes.
Le maintien de la discipline dans les affaires est une obligation
bien définie et indiscutable de l'administration. Il
doit exister des règles, mais elles ne doivent pas
conduire à l'enrégimentation, qui détruit
la personnalité, uniformise la pensée et l'action,
et étouffe l'enthousiasme.
Certains chefs imposent des mesures de discipline rigoureuses,
non pas parce qu'elles sont nécessaires, mais parce
qu'ils estiment qu'il est bon que leurs employés apprennent
à obéir. Cela rappelle la coutume spartiate
selon laquelle on châtiait régulièrement
les enfants, non pas parce qu'ils avaient fait quelque chose
de mal, mais pour leur enseigner à supporter la douleur.
Soyez ferme lorsqu'il s'agit de faire observer les principes
auxquels vous croyez, mais cédez sur les questions
d'usage qui n'influent en rien sur le succès de votre
service. Ne perdez pas votre temps à chercher les petites
bêtes et faites clairement comprendre que votre surveillance
a pour but non seulement de découvrir le mauvais travail,
mais aussi de mettre le bon travail en lumière.
Soutenez l'employé mal assuré et encouragez-le
à s'améliorer. L'administrateur ne se distingue
pas en flanquant les gens à la porte, mais bien plutôt
en les guidant et en les formant.
Le moral
Par-dessus tout, soyez juste. La tyrannie dégrade
non seulement ceux qui la subissent, mais aussi ceux qui l'exercent,
et la partialité est de la dynamite pour le chef qui
s'y laisse aller.
Le bon moral dans un service ne s'impose pas plus qu'il
ne s'achète ; il faut le mériter. C'est
le fruit de la bonne administration, soutenue et persévérante.
Le moral est l'attitude émotive de l'employé
vis-à-vis de son travail. On peut le mesurer d'après
la satisfaction de quatre besoins fondamentaux : le sentiment
de la sécurité, le sentiment de l'accomplissement,
le sentiment de la justice et le sentiment de la participation.
Un administrateur peut se regarder droit dans les yeux s'il
répond affirmativement à cette question :
« Ai-je délibérément fait quelque
chose aujourd'hui pour améliorer les relations avec
les employés dans mon service et contribuer à
accroître le sentiment de satisfaction de mon personnel
à l'égard de son travail ? »
Une tâche sans fin
L'administration n'est pas une chose que l'on apprend et
dont on possède l'art pour toujours. L'explosion des
connaissances en ces dernières années exige
que les administrateurs continuent à apprendre et à
réapprendre.
Instruisez-vous tous les jours. Il est utile d'avoir des
connaissances, même sommaires, sur toutes sortes de
questions. Il se peut que celles-ci soient étrangères
à votre spécialité, mais elles créeront
un climat et des possibilités de progrès. Un
esprit bien meublé vous permet de penser par vous-même.
Il vous donne de l'envergure.
On trouve beaucoup de choses dans les livres. Parmi les
nombreux ouvrages de consultation qui sont à la disposition
du chef de service du XXe siècle, il convient de mentionner,
à titre indicatif, le Manuel du chef d'entreprise,
par J. Romeuf et J. P. Guinot (P.U.F., 1960) ; Devenez
chef d'entreprise, par J. Brun-Ros (Aubanel, 1956) ;
Principes et pratiques de la direction du personnel,
par P. Pietri (éd. de l'entreprise moderne, 1956) ;
la Direction des ventes et ses représentants,
par R. G. Thomas (Dunod, 1963).
Dans un programme de perfectionnement des cadres, à
l'Université de Buffalo, on a utilisé comme
document d'étude les Bulletins mensuels ci-après
de la Banque Royale : Comment se documenter, Expansion
des affaires, Stratégie dans nos rapports avec les
gens, Amélioration et simplification du travail, Pour
se faire comprendre, La rédaction d'un article, L'analyse
d'un problème, La vente de vos marchandises.
Quant aux grandes sources d'inspiration, les réponses
à un questionnaire établi par une revue commerciale
et portant sur 49 titres d'oeuvres littéraires classiques,
sont assez révélatrices. La moyenne dans le
cas des cent chefs d'entreprise interrogés fut de 26.4
livres ; un directeur en avait lu 42 sur 49. Les dix
premiers livres sur la liste étaient les suivants :
la Bible, Hamlet de Shakespeare, les Oeuvres
d'Aristote, l'Iliade d'Homère, l'Origine
des espèces de Darwin, la Divine Comédie
de Dante, la République de Platon, Faust
de Goethe, les Classiques de Confucius, le Paradis
perdu de Milton.
Ce qu'est en un mot l'administration
L'administration ne consiste pas à avoir un esprit
autocratique, ce qui conduit au gouvernement arbitraire ;
elle se fonde sur le jugement, la raison et la connaissance
des gens.
C'est l'une des fonctions les plus intéressantes
qui soient, parce qu'elle oblige l'administrateur à
diriger les créatures les plus difficiles de la terre :
les hommes et les femmes. Et il doit le faire en respectant
l'équité, en s'efforçant de comprendre
les problèmes du personnel et en se familiarisant avec
les principes et les méthodes des affaires. Il lui
faut tracer des plans, organiser, diriger et surveiller de
façon à tout mobiliser au profit de son entreprise.
Ce n'est pas une vie de facilité, quel que soit le
titre qui s'y attache. Il existe toutefois un rapport entre
l'effort et la récompense.
L'administrateur se juge par la qualité et l'efficacité
de son action dans des conditions changeantes. Il doit éviter
ce qui est inopportun avec autant de diligence qu'il recherche
ce qui est opportun. Comme le chef de bord de Saint-Exupéry,
dans Vol de nuit, il peut se dire : « Si
je me laisse aller, si je laisse les événements
bien réglés suivre leurs cours, alors, mystérieux,
naissent les incidents. »
En fin de compte, quand on a lu les livres et les traités
sur la manière de s'y prendre, vient le moment de passer
à l'action. Rappelez-vous ce que l'amiral lord Hawke,
commandant du Royal George, disait à son pilote
à la bataille de la baie de Quiberon en 1759 :
« Vous avez fait votre devoir en me signalant le risque ;
maintenant amenez-moi bord à bord avec le vaisseau
amiral français ».
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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