Vol. 47, N° 8 Août 1966
Des Grands Lacs aux
Rocheuses
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Les provinces des prairies occupent
le tiers de la superficie totale du Canada, à l'exclusion
des Territoires ; elles comptent un sixième de
la population du pays, élisent dix-huit pour cent des
députés fédéraux, figurent pour
62 p. 100 dans le total des revenus nets de l'exploitation
agricole et entrent pour 7.8 p. 100 dans la valeur estimative
des expéditions faites en 1965 par toutes les industries
manufacturières du Canada.
Et pourtant l'histoire de la région du Canada sise
à l'ouest des Grands Lacs est si récente qu'on
est porté à la considérer comme contemporaine.
Jusqu'à ces dernières années, l'Ouest
passait à juste titre pour une région essentiellement
agricole, les revenus nets de l'agriculture dépassant
ceux de toutes les autres sources de revenus prises ensemble.
Les industries de transformation se fondaient sur les produits
du sol, et les quelques industries manufacturières
existantes se limitaient aux besoins immédiats des
petites agglomérations urbaines.
Aujourd'hui, le changement de décors témoigne
de la révolution industrielle qui a balayé les
Prairies. Les usines de produits chimiques, d'engrais, d'acier,
de ciment et de produits de consommation ; les immeubles
de plusieurs étages à usage de bureaux et d'habitation ;
les chevalets d'extraction de l'exploitation minière,
de même que l'abondance des appareils de sondage, sont
autant de nouveaux signes de progrès et de prospérité.
La colonisation
Les riches plaines à blé de la Prairie devaient
attirer vers cette région, au début du siècle,
une forte vague de colonisation, dont la période de
pointe eut lieu de 1897 à 1920. En 1961, le Manitoba
comptait 4.35 personnes par mille carré, la Saskatchewan
4.20 et l'Alberta 5.35. Le Canada, à l'exclusion des
Territoires, en compte 8.66.
Les premiers colons s'aperçurent assez tôt
qu'ils s'étaient engagés dans une voie non seulement
difficile, mais dangereuse. Nous trouvons un exemple typique
de leurs mésaventures dans le sort qui fut réservé
aux immigrants amenés d'Écosse à la rivière
Rouge, via la baie d'Hudson, par Thomas Douglas, comte de
Selkirk, en 1811. Ces gens s'établirent dans la seule
localité de l'ouest du Canada, où une précipitation
annuelle de plus de vingt pouces s'accompagne d'une température
de plus de 65 degrés en juillet. Mais ils furent harcelés
par la Compagnie du Nord-Ouest, rivale de la Compagnie de
la baie d'Hudson. En 1816, vingt et un colons étaient
tués près de l'établissement par une
bande armée au service de la Compagnie du N.-O. Les
gelées hâtives et les ravages causés par
les sauterelles jetèrent la colonie dans une situation
désespérée. Afin d'avoir des grains pour
l'année suivante, les colons et leurs femmes et leurs
enfants durent ramasser à la main les épis de
blé et d'orge coupés par les sauterelles. En
1825, il y eut une invasion de souris ; en 1826, les
eaux de la rivière Rouge montèrent jusqu'à
quinze pieds à certains endroits, et l'on ne parvint
à sauver le blé de semence qu'en le mettant
dans le clocher de l'église.
Malgré toutes ces épreuves, la colonie continua
à grandir, si bien qu'en 1849 on y comptait déjà
5,000 âmes et près de 6,500 acres de terre en
culture.
Après 1830, un grand nombre de voyageurs de l'extérieur
poursuivirent leur route vers l'ouest jusqu'en Alberta, et
de petites colonies commencèrent à se former.
En 1883, le Pacifique-Canadien construisit une voie ferrée
traversant le sud de l'Alberta, et les propriétaires
de ranches se multiplièrent dans cette région.
De 1900 à 1910, la croissance fut vraiment spectaculaire,
et la population atteignit 375,000. En 1906, il y avait 650,000
acres de terre en culture, et la récolte de blé
fut d'environ quatre millions de boisseaux.
L'industrialisation
À l'heure actuelle, c'est-à-dire au moment
où le premier siècle de confédération
du Canada touche à sa fin, les familles qui sont établies
sur de petites fermes se trouvent à l'un des points
névralgiques d'une société en voie de
transformation rapide. La petite ferme, victime des forces
technologiques modernes, est en train de disparaître.
Lors du recensement de 1961, le pourcentage de la population
qui vivait sur les fermes était le suivant : le
Manitoba 18.6 ; la Saskatchewan 33 ; l'Alberta 21.4.
Et les années qui ont suivi ont été témoin
de nouvelles réductions de la population agricole.
Les transports ont contribué à ce nouvel état
de choses. Il y a moins de quatre-vingt-dix ans que Winnipeg
voyait arriver sa première locomotive, amenée
par péniche du Minnesota. Le premier train direct pour
Vancouver quittait Montréal le 28 juin 1886.
À partir du début des années 1920,
on commence à se servir de l'avion pour assurer le
transport des personnes, des machines et du matériel
dans les provinces de l'Ouest ainsi que dans les lieux d'accès
difficile situés au-delà du Cercle arctique ;
aujourd'hui, des services aériens réguliers
relient l'Ouest canadien à toutes les parties du globe.
Un aéroport de tête de ligne de 2 millions ½
de dollars est en construction à Winnipeg.
Depuis 1950, deux des plus longs pipelines du monde (2,000
milles environ) ont été construits pour acheminer
le gaz naturel et le pétrole de l'Ouest vers les grandes
villes de l'Est, y compris Montréal. En outre, trois
grands pipelines, qui franchissent les Rocheuses, desservent
la Colombie-Britannique et le littoral des États-Unis.
C'est le Manitoba qui vient en tête dans le domaine
des ressources hydrauliques et de la puissance hydroélectrique
installée. La Saskatchewan tire la majeure partie de
son énergie électrique des centrales thermiques,
mais on note une augmentation rapide dans le rythme de l'aménagement
hydro-électrique depuis quelques années. L'abondance
des ressources en combustibles devait contribuer à
placer aussi l'électricité thermique au premier
plan en Alberta, mais le potentiel provincial en énergie
hydraulique est évalué à deux millions
de kilowatts.
Blé et élevage du bétail
En 1876, un petit chargement de blé de semence était
expédié de Fort Garry à Toronto. C'était
la première vente de blé en provenance de l'Ouest.
En 1880, l'Alberta récoltait 12,000 boisseaux de blé
sur 1,000 acres d'emblavure. En 1965, la production de blé
de printemps dans les provinces des Prairies était
estimée à 661 millions de boisseaux.
Fort Macleod, en Alberta, fut longtemps le centre de ralliement
des cowboys du Canada à l'époque des grands
pâturages. C'est là qu'eut lieu en 1885, le rassemblement
de bétail le plus considérable dans toute l'histoire
de l'Ouest canadien.
Aujourd'hui, trois millions de bêtes paissent dans
les vastes ranches de l'Alberta, et 1,163,200 têtes
ont été expédiées vers les usines
de conserves et les parcs à bestiaux en 1965. Le Manitoba
a mis 363,240 bovins sur le marché et la Saskatchewan
704,750 pendant la même période.
Le premier grand troupeau de moutons d'herbage fut amené
à pied du Montana en Alberta, en 1884, et la même
année cette province expédiait 70,000 livres
de laine vers l'extérieur. Près de 200,000 moutons
et agneaux sont maintenant mis en vente chaque année.
Les forêts, les fourrures et
la pêche
On ne pense guère aux forêts lorsqu'il est
question des provinces des Prairies, et pourtant l'on y trouve
400,000 milles carrés de terre boisée, dont
219,000 milles carrés en production.
Chacune des trois provinces envisage da possibilité
de développer l'industrie de la pâte et du papier.
Le Manitoba concentre ses efforts sur un complexe forestier
de 100 millions de dollars, dont le point central est la région
de Le Pas, mais qui s'étend en fait sur toute la longueur
du chemin de fer de la baie d'Hudson jusqu'au port de Churchill.
La Saskatchewan, qui compte 43,000 milles carrés de
territoire où prédominent l'épinette,
le pin gris et le tremble, projette de construire une usine
de pâte à papier de $65 millions, et, à
la baie d'Hudson, près de la frontière du Manitoba,
une scierie de 2 millions ½ de dollars produira chaque année
50 millions de pieds-planche de montants de charpente séchés
au four. L'Alberta, où le volume du bois sur pied accessible
est presque aussi considérable que dans le Québec,
assure de l'emploi à quelque dix mille travailleurs
dans ses forêts, ses scieries et ses industries du papier
et du contre-plaqué.
Les « brigades » de traite des fourrures, composées
chacune de quatre à six embarcations de 34 pieds, ne
sillonnent plus les eaux de la rivière Rouge, mais
la valeur des peaux d'animaux produites chaque année
atteint 11 millions de dollars.
Les lacs des provinces des Prairies renferment du poisson
de haute qualité : poisson blanc, doré,
truite et la réputée laquaiche aux yeux d'or.
La pêche commerciale, qui est l'une des principales
sources de revenu des habitants du Nord, constitue une intéressante
occupation secondaire pour les cultivateurs des environs des
grands lacs. En l'espace d'un an, la pêche a rapporté
6 millions ½ de dollars au Manitoba, 3.1 millions en Saskatchewan
et 1 million ½ en Alberta.
Le Manitoba
Le Manitoba est situé au coeur même du continent,
son jardin international de la Paix, à la frontière
des États-Unis, marquant à peu près le
centre géographique de l'Amérique du Nord. En
1870, année où il est devenu une province, sa
population était de 11,963 habitants ; lors du
recensement de 1961, elle avait atteint 922,000, et, aujourd'hui,
elle s'est accrue de presque 40,000.
En face de Winnipeg, dont elle est séparée
par la rivière Rouge, se trouve la pittoresque ville
de Saint-Boniface, seule grande agglomération canadienne-française
en dehors de la province de Québec. En 1961, la population
de langue française de cette province se chiffrait
à 83,936.
La principale richesse naturelle du Manitoba a toujours
été la fertilité de son sol et la nature
favorable de son climat. Son réputé blé
numéro 1 du Nord est devenu l'archétype mondial
de cette céréale. La centralisation des fermes
se continue ; les dernières statistiques en fixent
le nombre à 41,000, dont la superficie globale dépasse
dix-huit millions d'acres.
Les revenus en espèces - les recettes des ventes
faites par les agriculteurs - ont atteint $8,085 par ferme
en 1965. La valeur moyenne en capital des fermes est de $27,000.
Les progrès industriels se poursuivent d'une façon
constante, quelque 1,500 entreprises produisant des marchandises
d'une valeur brute de 970 millions de dollars. La moyenne
des salaires hebdomadaires est de $82.10 en comparaison de
$58.30 il y a dix ans.
On estime qu'en 1965, 5,300 personnes étaient directement
employées dans l'industrie des mines et que la valeur
de la production minière a atteint cette année-là
un record sans précédent de 182 millions de
dollars, soit le triple de ce qu'elle était en 1960.
La Province compte maintenant 25 sociétés
minières en activité, et les dépenses
consacrées à l'exploration dans la seule zone
précambrienne se sont élevées à
quelque 5 millions de dollars. L'exploitation pétrolière
offre des perspectives intéressantes, car on relève
898 puits exploitables, et la valeur totale du pétrole
brut produit en 1965 a été de 12 millions de
dollars.
Le Manitoba est la seule province des Prairies qui possède
un port océanique. Ce port est doté d'un élévateur
à grains d'une capacité de cinq millions de
boisseaux.
La Saskatchewan
La Saskatchewan possède à elle seule plus
de 37 p. 100 de la totalité des terres agricoles occupées
du Canada. À la fin du siècle dernier, il n'y
avait que 90,000 habitants sur ses 252,000 milles carrés
de superficie. En 1965, le nombre en était passé
à 951,000.
En 1964, les activités non agricoles constituaient
62 p. 100 de l'économie productive au regard des 38
p. 100 de l'agriculture, mais l'année suivante les
capitaux affectés à la construction et aux machines
neuves se chiffraient à 786 millions de dollars, soit
le double de ce qu'ils étaient dix ans plus tôt.
La même période a vu la moyenne des salaires
hebdomadaires augmenter de $58.02 à $85.12. En 1965,
les revenus des particuliers ont atteint 1,865 millions de
dollars, et les mêmes revenus par habitant la somme
de $1,961.
L'industrie minière de la Saskatchewan progresse
à pas de géant. La valeur de la production en
1965 a été de 335 millions de dollars, par rapport
à 86 millions ½ en 1955 et à 22 millions ¼ en
1945.
Les principales richesses du sous-sol de la Saskatchewan
sont le pétrole et le gaz naturel. En 1944, 38 ans
après le forage du premier puits et à la suite
de 229 sondages, une nappe de pétrole d'un bon rapport
était découverte. En 1964, la production totale
de pétrole atteignait 500 millions de barils, et les
capitaux investis dépassaient le niveau de $1,000 millions.
Un réseau de pipelines achemine le gaz naturel vers
les habitations et les établissements industriels de
la province de même que l'huile vers les marchés
de l'Est du Canada et des États-Unis.
De simple curiosité, coté à $2,500
le pied cube, qu'il était à l'origine, l'hélium
est devenu, en Saskatchewan, un gaz précieux dont la
production coûte maintenant moins de un cent le pied
cube. Exception faite des puits d'extraction placés
sous la direction du gouvernement aux États-Unis, les
établissements de la Saskatchewan constituent la seule
source d'hélium du monde libre.
Il est possible cependant que la potasse surpasse bientôt
le pétrole en importance économique dans cette
province. Les capitaux déjà investis ou engagés
dans cette industrie atteignent 500 millions de dollars, et,
en 1970, la capacité des installations sera de dix
millions de tonnes de muriate par année. Les réserves
de la Saskatchewan dans ce domaine sont évaluées
à 20,000 millions de tonnes, ce qui représente
environ la moitié des réserves mondiales connues
et une quantité suffisante pour fournir de l'engrais
à toutes les terres arables du globe pendant cinq siècles.
De vastes étendues de terrains, réparties
sur une bande de soixante milles de largeur, renferment des
gisements de charbon, dont les réserves se montent
à 36,000 millions de tonnes. Les seuls dépôts
connus de sulfate de soude d'importance commerciale au Canada
se trouvent en Saskatchewan.
La production nette des industries non agricoles s'établissait
à $777 millions en 1965. La main-d'oeuvre a augmenté
de 55,000 entre 1951 et 1965, tandis que le nombre des ouvriers
agricoles a diminué de 11,000.
Mais la Saskatchewan est avant tout une province à
blé. Les fermes occupent environ 46 p. 100 de son territoire,
dont 44 millions d'acres sont en culture.
Les capitaux investis dans l'agriculture commerciale - terre,
bâtiments, machines, animaux et volaille - dépassent
$3,260 millions, soit une moyenne de $40,000 par ferme, et
le revenu agricole net a été de quelque $4,000
par ferme en moyenne au cours des dix dernières années.
La province a recours à l'irrigation pour assurer
une plus grande stabilité à son agriculture.
Ainsi les vastes travaux d'aménagement de la Saskatchewan
du Sud permettront d'irriguer plus de 200,000 acres de terre,
dont 35,000 acres en 1970.
L'Alberta
L'aspect économique et industriel de l'Alberta a
subi de rapides et profondes transformations depuis la guerre.
En l'espace de quelques années, ce qui était
essentiellement une province rurale dotée d'une faible
population est devenu une province où prédomine
l'élément urbain et dont la population s'accroît
rapidement. On prévoit que le million et demi d'habitants
qu'elle compte actuellement sera passé à 2 millions
en 1981.
La plus forte augmentation s'est produite dans l'industrie
minière, soit de $55 millions en 1947 à $800
millions en 1965. L'industrie du bâtiment est passée
de $74 à $982 millions, et l'industrie manufacturière
de $89 millions à $1,269 millions. Le budget provincial
de 1966-1967 s'élève au total de $682 millions,
ce qui représente une augmentation de 38 p. 100 par
rapport à l'année précédente.
Les investissements publics et privés effectués
en 1966 sont évalués à $1,770 millions,
soit $1,204 par habitant.
Tout cela s'est édifié sur la base de l'agriculture,
et la culture du sol demeure très importante. Les terres
arables occupent une superficie de 47 millions d'acres. Les
sources principales de revenus agricoles en espèces
ont rapporté $597 millions en 1965. Dans le sud, d'importants
travaux d'irrigation ont contribué à rendre
productives près d'un million d'acres de terre, et
la province a entrepris un vaste programme d'aménagement
des eaux et de conservation.
Le développement des mines y a commencé en
1869, année où un prospecteur d'or découvrit
près de Fort Whoop-up un gîte houiller qu'il
transforma en une industrie rentable.
Même si l'industrie de la houille a été
éclipsée par celles du pétrole et du
gaz naturel, il semble bien que le niveau le plus bas ait
été atteint et que cette industrie est maintenant
en progression. En 1965 la production a été
de 3 millions ½ de tonnes, et le faible prix de l'énergie
fournie par le charbon extrait à ciel ouvert attire
l'attention des centrales d'électricité thermique.
Le pétrole est la plus importante des ressources
minérales de l'Alberta, qui compte 12,000 puits productifs
et dont les réserves sont estimées à
6,080 millions de barils.
Cette industrie a fait beaucoup de chemin depuis 1886, année
où John « Kootenai » Brown commença
à recueillir le pétrole qui suintait dans la
région des lacs Waterton et à le vendre comme
graisse pour les machines à $1 le gallon. En 1914,
c'était la découverte du champ pétrolifère
de Turner Valley, et les gens faisaient la queue dans les
rues de Calgary pour acheter des actions lors du premier boom
des pétroles albertains. Mis au jour en 1947, les gisements
de Leduc devaient littéralement transformer l'économie
de la province. Vinrent ensuite ceux de Redwater, Golden Spike,
Woodbend, Swan Hills, etc., et grâce à l'Alberta,
le Canada est depuis vingt ans le principal producteur de
pétrole du Commonwealth. En 1965, sa production a atteint
le total de 184.1 millions de barils.
La production du gaz naturel a été de 1,290
millions de pieds cubes en 1965, alors que 85 usines de transformation
étaient en activité. Les exportations se sont
élevées à 314,000 millions de pieds cubes.
Les réserves de gaz naturel constatées s'établissent
au chiffre impressionnant de 37,600,000,000,000 de pieds cubes.
La valeur brute des ventes de pétrole, de gaz naturel
et des produits du gaz a atteint $704 millions en 1965.
En plus de ses réserves de pétrole liquide,
l'Alberta possède une étendue de huit millions
d'acres de sables bitumineux, dont les possibilités
sont évaluées à plus de 700,000 millions
de barils de pétrole. Une usine d'extraction et d'amendement,
d'un coût de $200 millions, doit être mise en
service en 1967.
Sur la base de l'agriculture et des mines, l'Alberta a réussi
à ériger un remarquable complexe manufacturier,
dont le rythme de croissance est de l'ordre de 50 millions
de dollars par année. Quelque 3,000 usines fabriquent
une vaste gamme de produits, évalués à
$1,000 millions par an. Les revenus des particuliers, qui
ont triplé depuis vingt ans, ont presque doublé
au cours des dix dernières années, tandis que
la moyenne des salaires hebdomadaires est passée de
$62.30 à $91.10 pendant la même décennie.
Perspectives d'avenir
Voilà où en sont les provinces des Prairies
au moment où s'achève leur premier siècle
d'adhésion à la Confédération
canadienne. Tout indique que la période d'apogée
de l'histoire des plaines ne fait que commencer.
Le sort de l'agriculture au cours des années à
venir est prometteur. Grâce à l'accroissement
de la population et à l'élévation des
niveaux de vie, on prévoit que la consommation de la
viande doublera d'ici 1980. Afin de satisfaire à ce
besoin, la demande de céréales fourragères
doublera également. L'industrie manufacturière
va hardiment de l'avant dans les Prairies. Les richesses du
sous-sol sont amenées à la surface et transformées
en vue de leur exportation. L'instruction et l'enseignement
sont revalorisés, afin de préparer les jeunes
à tirer le meilleur parti possible des avantages de
demain. La Saskatchewan consacre actuellement 78 millions
de dollars à l'instruction, l'Alberta 154.8 millions
et le Manitoba 83 millions.
Il ne faut pas oublier, enfin, que si l'Ouest est ce qu'il
est aujourd'hui et que si ses perspectives d'avenir paraissent
brillantes, il le doit dans une certaine mesure à la
détermination, au sens de la justice et au courage
imperturbable de la Gendarmerie royale, qui entreprit sa longue
marche à travers les plaines, en 1874, en vue « d'imposer
la loi de Sa Majesté dans un royaume quelque peu troublé ».
Le Parlement adopta une loi instituant la Gendarmerie à
cheval du Nord-Ouest en 1873, et, l'année suivante,
274 agents partaient de la rivière Rouge pour patrouiller
une superficie de 750,000 milles carrés. Après
avoir établi leur quartier général à
Macleod, ils s'attaquèrent à la tâche
de déloger les trafiquants sans loi et de créer
des liens d'amitié avec les Indiens.
Comme l'a noté un observateur : « Il n'y
eut ni régiments de soldats, ni cavalerie impitoyable,
ni d'énormes quantités de munitions de guerre,
ni répression armée... mais c'est tout simplement
par le tact, l'intrépidité, la compréhension
et la diplomatie » que l'on parvint à établir
l'ordre et la paix, et à assurer la sécurité
de la vie et des biens de la population.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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