Vol. 40, N° 6 Août 1959
La vie campagnarde
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La vie à la campagne, cela
évoque en nous le coin champêtre où nous
avons passé nos vacances, sinon les charmes de la ferme
où nous avons grandi.
La vie campagnarde n'est pas toujours rose, car le cultivateur
a lui aussi ses heures sombres et ses moments pénibles,
comme nous l'apprennent les journaux ou la radio, mais regardons
plutôt le bon côté de la médaille.
Les agriculteurs ne songent pas uniquement aux valeurs matérielles
de leur existence. Quand on leur parle, ils se disent fiers
de leur indépendance, de leur stabilité, de
leur famille unie par des liens plus intimes, de la variété
de leurs travaux et de l'air salubre qu'ils respirent. Ils
jouissent de la beauté de la nature, bonheur que n'ont
pas souvent les citadins.
L'amour du sol et l'ambition d'en améliorer la production
sont deux qualités propres à des âmes
bien trempées. Les campagnards sont des poètes
qui s'ignorent, mais ils goûtent chaque année
le plaisir de semer en bonne terre. Ce sont aussi des philosophes
à qui le temps des moissons enseigne la brièveté
des choses.
De tous les milieux où vivent les hommes, il n'en
est pas de plus agréable qu'une collectivité
rurale. Celle-ci ne consiste pas en une agglomération
de belles demeures, mais en des maisons et des fermes bien
espacées et construites pour le confort. À la
campagne, tout le monde se connaît et s'entraide. Quelle
consolation que celle de pouvoir compter sur de bons voisins
en temps de crise ou de malheur !
L'ambiance
Nul ne peut être heureux s'il se tracasse pour des
détails futiles.
Le cultivateur se fie sur la nature, non sur les aiguilles
de l'horloge. Les saisons, les phases de la lune et les changements
de direction du vent guident ses travaux. Les signes du ciel
lui disent quand semer, quand moissonner, quand rentrer ses
légumes et quand saler sa viande.
Ses serviteurs ce sont le soleil qui réchauffe les
sillons, la pluie qui les arrose, la terre elle-même,
grande nourricière.
Mais la bonne culture des champs, plus que toute autre entreprise,
dépend des qualités personnelles de ceux qui
en prennent la charge. Par contre, l'individualité
de l'industriel s'estompe parfois dans l'uniformité
de son entourage.
Le bon cultivateur suit le progrès. Il sait faire
face aux situations nouvelles, sans songer avec nostalgie
au passé. Les nouveaux Canadiens, originaires d'Europe,
ont peut-être grandi dans des chaumières où
le parquet était en dalles de pierre, mais aujourd'hui
ils ont le chauffage central, l'électricité
et des tapis dans toutes les pièces.
Le monde change
Notre époque est témoin de grands changements.
Il n'est pas donné à tous de saisir les conséquences
des découvertes de l'âge atomique et la portée
des conférences internationales, mais tout nous incite
à rechercher les moyens de nous adapter aux circonstances
nouvelles afin de sauvegarder la famille et la société.
La véritable stabilité ne consiste pas à
attendre que tout s'arrange. Elle ne s'obtient qu'en se conformant
aux changements de la vie courante. Puisque tout varie autour
de nous, nous ne devons pas croupir dans la stagnation. « Cherchons
à nous accommoder à cette vie, disait Montesquieu ;
ce n'est point à cette vie à s'accommoder à
nous. »
Le cultivateur doit savoir utiliser et entretenir en bon
état ses instruments aratoires mécanisés,
engager et diriger des travailleurs expérimentés
et bien gérer son fond de terre et son capital. Il
doit surveiller ses dépenses, vendre ses produits avec
profit et bien équilibrer les divers éléments
de son entreprise.
Les problèmes complexes auxquels le cultivateur doit
faire face sont exposés en détail dans les quatorze
rapports d'un très grand intérêt, publiés
depuis 1955 par une commission d'étude et de recherches
de la Saskatchewan sur l'agriculture et la vie rurale.
Inutile d'insister sur l'importance croissante de l'agriculture.
Étant donné que la population mondiale augmente
au rythme de 45 millions d'habitants par année, songeons
à toutes ces nouvelles bouches qu'il faut nourrir.
Le philosophe américain Emerson a décrit le
rôle du cultivateur dans le monde par cette image :
« Dans la grande maisonnée de la nature, le cultivateur
se tient devant la huche où il pèse à
chacun son pain ».
Tenter de prédire l'avenir est présomptueux,
car personne ne saurait entrevoir les changements qui surviendront
à la suite des inventions qu'on pourra mettre en pratique.
Qui peut imaginer ce que sera le cultivateur canadien de 1967,
année du centenaire de la Confédération,
encore moins ce qu'il fera en l'an 2067 ? Que lui faudra-t-il
savoir ? Quelle compétence devra-t-il posséder ?
Selon un rapport rédigé par la Commission
royale d'enquête sur les perspectives économiques
du Canada, les besoins en nourriture auront doublé
en 1980, les bénéfices agricoles seront plus
considérables, des villes industrielles auront remplacé
les vergers et les vignobles de la péninsule du Niagara,
tandis que les cultivateurs des Prairies réduiront
probablement leurs emblavures pour s'occuper davantage de
l'élevage du bétail.
Le sort futur de la famille rurale ne peut se représenter
uniquement par des courbes statistiques ; il dépendra
de circonstances nouvelles et, comme le disait récemment
M. Hannan, président de la Fédération
canadienne de l'agriculture, de la mesure où nous aurons
« sur nos fermes des citoyens qui se suffisent à
eux-mêmes, au même degré que les industriels
et les hommes des autres professions, et doués de la
clairvoyance, de l'habileté et de l'aplomb que donnent
l'expérience et l'assurance qu'inspire le fait de modeler
sa destinée ».
Vie rurale et vie urbaine
Certains fils de cultivateurs songent à quitter la
ferme afin de s'affranchir de ses corvées, de ses restrictions
et de la puissance paternelle. Ils s'imaginent que la vie
des villes leur plaira davantage.
C'est agir comme le chien de la fable qui lâche sa
proie pour l'ombre. Les quelques désavantages que comporte
la vie rurale peuvent être surmontés par un esprit
alerte, une imagination fertile et des mains habiles. Celui
qui déserte la campagne retrouvera d'ailleurs à
la ville des inconvénients bien plus grands. Dans ses
Confessions, Jean-Jacques Rousseau exprime ainsi son
chagrin d'avoir quitté sa retraite : « Le
souvenir des jours heureux que j'ai passés à
la campagne m'a fait regretter son séjour et ses plaisirs
dans tous les âges... »
Considérons bien le pour et le contre, mais il serait
exagéré de prendre ce que la ville a de mieux
et d'exiger la même chose à la campagne.
Le cultivateur qui se plaint de son sort doit savoir que
dans les villes tout le monde ne vit pas sur un lit de roses.
La maladie, les accidents et les infirmités frappent
aussi bien les citadins que les campagnards. À la ville,
le travail éloigne le père de sa famille pendant
de longues heures. Les enfants ne peuvent plus contribuer
au budget familial ni aider aux efforts paternels. De plus,
ils prennent rarement une part active aux jeux à cause
de la commercialisation des amusements et des sports où
ils ne sont que spectateurs.
Ainsi donc, le cultivateur, si son existence est plus dure,
jouit par contre de nombreux avantages. « Trop heureux
les hommes des champs, disait Virgile, s'ils connaissaient
leur bonheur ! »
Gardons-nous surtout de sous-estimer tous ces plaisirs innocents
qu'on ne trouve qu'à la campagne : celui de boire
l'eau à la source, d'entendre le chant du coq et les
poules caqueter dans la basse-cour, de voir les pots de confitures
alignés sur les tablettes de la dépense, de
savoir que, pour l'hiver, il y aura des légumes et
des pommes dans la cave, du porc dans le saloir, du bois de
chauffage dans la remise.
Quelle fierté, quelle impression d'indépendance
ne ressent pas aussi le fils quand son père lui confie
le soin de conduire le tracteur pour les travaux des champs !
Civisme et loisirs
Conserver tout ce qu'il y a de bon dans la vie tout en sachant
profiter des progrès de la science, tel est le devoir
de ceux qui chérissent assez leur bonheur pour travailler
de bon coeur avec les autres, car on éprouve toujours
une grande satisfaction à aider son voisin et à
se dévouer pour sa collectivité. Voilà
pourquoi l'esprit civique - « en vertu duquel, écrit
Siegfried, chacun, tout en revendiquant sont quant-à-soi,
estime devoir s'encadrer dans la communauté et collaborer
à la vie sociale » - est essentiel au maintien
de notre société.
Si le citadin semble parfois plus égoïste, le
campagnard lui ne se fait pas prier pour secourir quelqu'un
qui est « mal pris ». Témoin les corvées
volontaires pour lever une grange, finir un toit à
la veille d'un orage ou rentrer les moissons.
Quant aux visites, on recourt à moins de formalités
qu'en ville. La journée faite, on va cogner à
la porte voisine pour fumer une pipe et jaser « un brin ».
Ces coutumes engendrent des amitiés et une camaraderie
qui va jusqu'au plus admirable dévouement.
Les contacts personnels de la collectivité agricole
sont d'une valeur inestimable, mais nous devons nous appliquer
à sauvegarder ou à reconstituer la collectivité
sociale. À quoi servirait-il à une famille de
cultivateurs de posséder des centaines d'arpents, d'avoir
d'abondantes récoltes, de bâtir de vastes granges,
si sa vie sociale n'était qu'une pâle copie de
la vie urbaine au lieu de conserver son cachet et sa dignité.
Peut-être faudrait-il d'autres organisations sociales
pour étudier les mêmes besoins traditionnels,
mais qui se présentent sous une forme nouvelle.
Des efforts collectifs, inspirés par des chefs doués
d'idées originales, peuvent accomplir beaucoup en recourant
à la collaboration des autorités religieuses
et scolaires, des clubs 4-H et des sociétés
agricoles. Un centre de loisirs bien dirigé servira
à organiser des soirées, des jeux, des conférences
et des séances. La salle paroissiale pourra même
avoir sa bibliothèque.
Outre ces activités collectives, les ruraux ont besoin
chez eux de distractions et de passe-temps après les
travaux des champs ou la traite des vaches. Il faut que ces
distractions procurent quelque satisfaction personnelle, comme
celle de jouer du piano, du violon, de la guitare ou de l'harmonica,
après le repas du soir.
Un jour, le fils d'un cultivateur avait, en labourant, mis
à nu une pierre dont l'aspect lui avait paru inusité.
Cette découverte le poussa à étudier
la géologie. Aujourd'hui, il possède une intéressante
collection de coquilles fossiles, de bois pétrifié
et de roches polies. Voilà un passe-temps qui instruit.
Il en existe bien d'autres auxquels on peut se livrer selon
ses goûts et dans la mesure de ses talents.
La maison de ferme
La maison est le coeur de la vie familiale, mais la maison
de ferme est le centre de toute la vie rurale. Elle réunit
les pièces où l'on travaille, les chambres où
l'on peut dormir loin du bruit, la salle spacieuse et confortable
où l'on s'amuse.
La maison de ferme doit avoir un extérieur attrayant,
autant pour le plaisir des passants que pour la satisfaction
du maître.
Une maison propre indique que son propriétaire est
bon administrateur. Conserver ses dépendances en bon
état et bien peinturées, protéger ses
machines agricoles contre la rouille, ne rien laisser traîner,
arracher les mauvaises herbes, tout cela fait partie d'une
bonne gestion... d'autant plus qu'un domaine rural propre
plaît à l'oeil.
Il faut aussi en soigner les abords en ayant des plates-bandes
de fleurs, des arbustes et une pelouse en partie ombragée,
où l'on peut se reposer quand il fait chaud. Cet embellissement
peut se faire à peu de frais, après les labours
et les semailles.
Un étang
Il est un projet plus ambitieux, mais à la portée
d'un bon nombre de familles rurales. C'est celui d'avoir un
étang où les bestiaux vont boire et où
l'on peut se baigner en été et patiner l'hiver.
Le moyen le plus simple est d'utiliser une dépression
de terrain où s'écoule l'eau d'un ruisseau.
On peut creuser cet étang en se servant d'une charrue
et d'une pelle à cheval ou encore d'une charrue à
neige. Les bords peuvent être semés ou recouverts
de mottes de gazon. On peut obtenir des conseils sur la façon
de se faire un étang en écrivant au ministère
de l'Agriculture de sa province ou au ministère fédéral
de l'Agriculture à Ottawa.
L'intérieur de la maison
Quant à l'amélioration de l'intérieur
de la maison, un cultivateur la retarde parfois forcément
pour deux raisons. La première, fort plausible, est
la nécessité d'avoir de bons instruments aratoires,
de sorte qu'il consacrera à leur achat tout l'argent
dont il peut disposer sans pour cela priver sa famille du
nécessaire. La seconde raison est la répugnance
à changer quoi que ce soit dans la maison, à
moins d'y être contraint par les circonstances.
Parlant de la première raison, les témoins
priés de donner leur opinion devant une commission
d'enquête du Manitoba, ont exprimé l'avis que
le cultivateur devrait accorder plus d'importance aux améliorations
qui s'imposent à l'intérieur de sa maison et
que la question de priorité devrait être discutée
avec tous les membres de la famille.
Prenons, par exemple, la cuisine où la femme passe
la majeure partie de la journée. Cette pièce
devrait être agencée de manière à
alléger la tâche de l'épouse et de ses
filles. Il n'y a rien de vrai, dit Mme Raymond Sayre, présidente
de l'Association mondiale des femmes rurales, dans la vieille
affirmation selon laquelle « il est absolument impossible
dans une ferme » d'avoir autre chose qu'une cuisine encombrée
et en désordre.
Quant à la seconde raison qui empêche le cultivateur
de moderniser sa maison, il importe de la combattre si l'on
veut garder les enfants sur la ferme. En effet, l'attrait
des villes est si puissant que les jeunes ne toléreront
pas longtemps le manque de confort. Le père de famille
devrait donc, après avoir pourvu aux dépenses
qu'exige son exploitation agricole, tenir compte de la sécurité
des siens et songer à satisfaire leurs aspirations
légitimes.
Problèmes et projets
Ceux qui critiquent ou condamnent le mode de vie des cultivateurs
devraient d'abord se renseigner sur place, puis soumettre
des propositions utiles.
Il y a des gens qui sont bons administrateurs, tandis que
d'autres aiment le risque. Une occasion exceptionnelle s'offre
à quiconque ambitionne de rendre la vie rurale plus
attrayante aux jeunes gens. C'est peine perdue que de rechercher
la perfection, car elle est du domaine du rêve. Il faut
être ingénieux et débrouillard, comme
l'est en général le cultivateur. Il s'agit de
tracer un plan d'amélioration de la maison et de la
terre, puis de persuader les membres de la famille de travailler
à sa réalisation.
Un budget
L'important est d'établir un budget. L'homme prévoyant
calcule quel montant il compte consacrer à l'achat
de meubles et d'instruments aratoires, au cours de l'année
et même pour les quatre ou cinq années à
venir. Puis, à mesure qu'il vend le surplus de sa récolte
ou quelques-uns de ses bestiaux, il garde une partie des recettes
pour les dépenses courantes et met un certain montant
de côté, puis il décide à quelle
amélioration il convient d'accorder la priorité.
Le contrôle des dépenses de manière
à obtenir le plus de confort possible est de la bonne
comptabilité, mais il importe d'inscrire ces dépenses.
À cet effet, la Banque Royale du Canada distribue gratuitement
deux brochures qui facilitent ce travail : Le Livre
de comptabilité agricole et Le Budget familial
simplifié. On peut se procurer ces deux brochures
aux succursales ou au siège social de la Banque.
La famille rurale
Une vie familiale saine est la condition essentielle d'une
existence heureuse, et l'on peut affirmer que la façon
de vivre des gens de la campagne est celle qui procure les
plus grandes satisfactions.
Le père au travail, les enfants au jeu, la mère
à ses occupations, tous demeurent en contact intime
avec le foyer et la nature. Il est reconnu que les liens qui
unissent le cultivateur, sa femme et leurs enfants sont plus
étroits et plus durables que dans les villes où
l'épouse n'a souvent qu'une vague idée de ce
que fait son mari au bureau ou à l'usine, tandis qu'à
la campagne le mari et la femme travaillent côte à
côte et devinent jusqu'à leurs moindres pensées.
La femme du cultivateur, la mère de ses enfants,
c'est la femme forte que nous dépeint ainsi la Bible :
... Le coeur de son mari a confiance en elle, et les profits
ne lui feront pas défaut.
Elle lui fait du bien, et non du mal, tous les jours de
sa vie.
Elle recherche de la laine et du lin, et travaille de sa
main joyeuse...
Elle se lève lorsqu'il est encore nuit, et elle donne
la nourriture à sa maison, et la tâche à
ses servantes...
Elle pense à un champ, et elle l'acquiert ;
du fruit de ses mains, elle plante une vigne...
Elle met la main à la quenouille, et ses doigts prennent
le fuseau.
Elle tend le bras au malheureux, elle ouvre la main à
l'indigent...
La force et la grâce sont sa parure, et elle se rit
de l'avenir.
Elle ouvre la bouche avec sagesse, et les bonnes paroles
sont sur sa langue.
Elle surveille les sentiers de sa maison, et elle ne mange
pas le pain d'oisiveté.
Ses fils se lèvent et la proclament heureuse ;
son époux se lève et lui donne des éloges.
Beaucoup de filles se sont montrées vertueuses ;
mais elle les surpasse toutes.
Trompeuse est la grâce, et vaine est la beauté ;
la femme qui craint le Seigneur est celle qui sera louée.
La jeunesse
Quant aux enfants, la vie au grand air est un bienfait précieux
pour leur santé physique et morale. Comme le disait,
en parlant d'eux, Louis Bromfield dans Pleasant Valley :
« Ils comprendront ce qu'est l'honnêteté,
la tolérance, et ils se rendront bientôt compte
des maux qui découlent d'une exploitation égoïste
et d'un monde asservi où la dignité humaine
et les plus hautes qualités de l'esprit se trouvent
comprimées et étouffées ».
Pour inculquer aux enfants ces vertus, il faut que le foyer
et l'entourage où ils vivent soient attrayants. C'est
pour cela qu'ont été fondés les mouvements
de jeunes, tels la J.A.C. et les clubs 4-H. Ces organisations
confèrent aux jeunes garçons et aux jeunes filles
l'amour de leur métier, la fierté de posséder
quelque chose qui est bien à eux, l'obligation d'accepter
et d'assumer des responsabilités, l'avantage de recourir
aux méthodes scientifiques de culture et d'élevage,
et le désir de créer de meilleurs foyers afin
de mener une vie plus agréable.
Le pays imbu d'idéal et de nobles ambitions quand
il s'agit de fonder une famille est celui qui a le plus de
chances de posséder les citoyens les plus forts et
les plus capables. Cela ne s'apprend pas dans les livres,
mais par l'expérience. Le vaste fonds de sagesse et
de savoir acquis sur la ferme se transmet de père en
fils, de mère en fille, par la tradition orale et par
l'exemple. Voilà l'essence même de la vie rurale.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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