Vol. 38, N° 8 Août 1957
De la formation du
moral
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Il est toujours avantageux de faire
partie d'une entreprise où les relations entre les
employés sont joyeuses, loyales et bienveillantes.
Le moral, en effet, est l'une des choses les plus précieuses
dans un commerce ou une industrie.
En temps de guerre, le moral est la force de supporter l'adversité
et d'affronter le danger avec courage. En temps de paix, il
implique l'empressement à remplir fidèlement
ses fonctions, à rechercher des solutions concertées
aux problèmes qui se posent, à contribuer d'une
façon harmonieuse à l'exécution de la
besogne.
Le fondement du bon moral est fort bien mis en évidence
dans la profession de foi proposée par l'archevêque
de Cantorbéry à la Conférence d'étude
du duc d'Edimbourg sur les problèmes humains des collectivités
industrielles : « Je crois dans le travail qu'accomplit
cette usine, dans la solidarité de ceux qui y travaillent
avec moi et dans ce qu'elle produit. »
Jamais une entreprise où les employés sont
animés d'un tel esprit ne sera déchirée
par des conflits intérieurs ni dépassée
par ses concurrents à cause du relâchement de
ses ouvriers. La direction de cette entreprise se composera
de chefs de service qui savent conduire les hommes, coordonner
les tâches et exciter l'enthousiasme.
Personne ne niera les sentiments de satisfaction que procure
le fait d'appartenir à un groupement dont le moral
est élevé, mais il y a plus en cela qu'un plaisir
émotif. Le moral élevé est générateur
d'idées et de projets ; il stimule l'initiative
et l'esprit d'entreprise ; il constitue un facteur très
important du rendement, et ce n'est que dans son atmosphère
que les hommes sont amenés à rechercher la perfection.
Le bon moral contribue également à accroître
les gains, à exalter la fierté professionnelle
et à assurer la bonne marche du bureau ou de l'usine.
De fait, le moral élevé tend à se répandre
en dehors de l'atelier. L'ouvrier qui est heureux dans son
travail, qui a confiance dans ses chefs et qui entretient
de bonnes relations avec son équipe, propagera sa satisfaction
dans tout son entourage et gagnera des amis à son entreprise.
Les devoirs de la direction
D'où doivent venir en premier lieu les procédés
de relations humaines qui contribuent à la création
du bon moral ? De la haute direction. Les cadres s'élèvent
au-dessus des autres à cause de leur aptitude à
diriger, et la création du moral est avant tout un
problème et une fonction de chef.
Les bons directeurs commerciaux tirent vanité des
équipes dont ils sont capitaines. Le moral et l'esprit
d'équipe sont le résultat des efforts constants
déployés par une direction de haute qualité
durant plusieurs années. La loyauté et la valeur
ne se créent pas du jour au lendemain, à coup
de règlements, de supplications, de promesses ou de
faveurs. Elles procèdent de la personnalité
des chefs, des directeurs, des surveillants et des contremaîtres.
Le véritable chef se caractérise par sa faculté
de prévoir ce qui est avantageux pour ses employés,
son équité et son impartialité, son empressement
à écouter les griefs et les suggestions, son
désir généreux d'accorder à chacun
le mérite qui lui revient, son honnêteté
dans la réalisation des promesses. Mais à toutes
ces qualités essentielles, le chef de service qui réussit
le mieux à forger le moral de son équipe allie
une vertu spéciale : il est plein d'égards
pour ses employés même dans les petites choses.
Le bon chef de service tracera des plans généraux
d'exploitation, les confiera à ses subordonnés,
insistera sur l'observation non seulement de la lettre des
directives, mais aussi de l'esprit dans lequel il les a établies,
puis il consacrera son attention aux exceptions, - ces malins
génies qui peuvent faire échouer les meilleurs
plans si on ne s'en méfie pas.
Devoirs des surveillants
L'amélioration ou la détérioration
du moral de l'entreprise dépendra du sort que feront
les surveillants et les contremaîtres aux plans du chef
de service.
Ceux qui exercent des fonctions de surveillance ne servent
pas l'établissement de leur mieux s'ils se contentent
d'appliquer les règlements. La justice, la logique
et un intérêt manifeste pour les problèmes
des employés sont les chevilles ouvrières du
maintien du moral par les surveillants.
Le surveillant est chargé par la direction de prendre
un groupe d'êtres humains, chacun avec le tempérament,
les émotions et les talents qui lui sont propres, et
d'en faire une équipe de travail satisfaisante. Ce
qui est très important dans cette tâche, c'est
que les nobles principes de ses chefs se reflètent
dans l'attitude du surveillant. Le moral, a-t-on dit, ne commence
pas à l'échelon inférieur d'une organisation ;
il coule lentement du sommet vers le bas.
Tout surveillant exécute un travail qui représente
sa part particulière dans l'oeuvre commune. Il pourra,
par exemple, monter une machine, préparer des bleus,
contrôler la précision ou rédiger des
rapports. Mais même s'il s'acquitte bien de cette tâche,
ce n'est pas de cette partie de son travail qu'il tirera le
plus de satisfaction.
La véritable joie de commander et de diriger des
hommes consiste à dépenser jusqu'à la
dernière once de notre talent d'administrateur pour
que ceux qui sont sous nos ordres donnent la pleine mesure
de leur capacité dans leurs emplois et deviennent des
ouvriers de plus en plus compétents.
Quiconque a la direction d'un groupe d'employés aura
avantage, dans son intérêt comme dans celui de
son entreprise, à faire un petit examen de conscience
en se posant les questions suivantes : Est-ce que j'entretiens
de bonnes relations humaines avec mes employés, ou
est-ce que je me contente des seuls contacts du travail quotidien ?
Y a-t-il certains principes qui me guident dans mes rapports
avec les hommes et les femmes de mon service, ou est-ce que
je me borne à faire chaque jour de mon mieux selon
les circonstances ? Est-ce que je recherche toujours
l'élément positif d'un problème ou d'une
situation, ou bien mon attitude négative est-elle une
douche froide pour le moral ? Ai-je songé au fait
que tous ces ouvriers sont comme moi des êtres humains,
ou est-ce que je les considère uniquement comme les
« bras » qui font tourner les machines ?
Le surveillant qui s'attend à trouver la perfection
chez ses employés aura nécessairement des déceptions.
Quel que soit le soin avec lequel on le choisisse, l'ouvrier
apporte à l'atelier toutes ses imperfections, ses particularités
et ses limites. On ne peut embaucher que le bon artisan ;
il faut prendre l'homme tout entier.
C'est là, évidemment, le domaine qui offre
au surveillant ses plus belles possibilités. Il y a
peu de gloire à noter heure par heure, sur un diagramme,
le rendement d'une machine qui tourne rond, mais en faire
fonctionner une qui est sujette aux pannes, qui exige des
ménagements lorsqu'elle est en régime, qu'il
faut bien huiler à certains endroits et à certains
intervalles, voilà à la vérité
ce qui est à la fois une victoire et un motif de contentement.
La collaboration
La collaboration doit être pratiquée par tout
le monde, par ceux qui dirigent comme par ceux qui sont dirigés.
C'est une voie à deux sens, une manière de vivre
où plusieurs personnes travaillent de concert à
l'exécution d'une tâche. On peut se faire une
assez bonne idée de la valeur d'un directeur ou d'un
administrateur par le degré de collaboration qui existe
dans le service dont il a la charge.
Lorsqu'un groupe d'employés se transforme en équipe,
sa capacité de production augmente d'une façon
étonnante. « Le travail d'équipe, nous
dit J. F. Johnson dans Business and the Man, se réalise
par l'union des efforts librement consentis au profit d'une
cause commune. »
Le surveillant qui réussira le mieux à organiser
le travail d'équipe est celui qui assignera à
chaque membre de l'équipe la fonction qu'il est le
plus apte à remplir et qui veillera à ce que
chaque homme connaisse, voie, touche et apprécie le
produit fini qu'il a contribué à créer
par son labeur et son adresse.
Tout ce que fait le surveillant ou le directeur dans ses
relations avec ses ouvriers doit porter le sceau de la sincérité.
On aura vite fait de découvrir les attitudes simulées,
et il en résultera une perte de confiance à
laquelle il sera difficile de remédier, ainsi qu'un
affaiblissement de l'esprit d'équipe.
L'opportunisme a acquis une importance beaucoup trop grande
dans notre vie actuelle. Nous sommes portés à
accepter trop facilement l'idée que la fin immédiate
justifie les moyens. Mais un directeur qui choisit la ligne
de conduite la plus avantageuse pour le moment, sans se préoccuper
de ce qui arrivera par la suite, creuse la fosse où
s'engloutira l'esprit d'équipe de son service.
Étant donné que ce ne sont pas des choses
inanimées mais des êtres humains qu'il dirige,
le surveillant doit vraiment aimer ses hommes. Cependant,
comme il occupe un poste de commande, il doit prendre garde
de ne pas manifester son amitié pour certains de ses
subordonnés jusqu'au point de verser dans la partialité.
Ce que désirent les employés
Beaucoup de chefs de service manquent leur coup parce qu'ils
croient connaître toutes les réponses alors que
la seule chose qu'ils savent en réalité est
l'idée qu'ils se font de ces réponses. Mais
cela ne suffit pas pour forger le moral. C'est là le
principe que souligne Eugene J. Benze dans son manuel intitulé
Office Administration. « En résumé,
dit-il, le moral est déterminé par la mesure
dans laquelle les besoins des employés sont satisfaits.
C'est donc la satisfaction des besoins des employés
qui crée le moral. Ce n'est pas plus compliqué
que cela. »
Il n'existe pas en Amérique du Nord de crainte générale
du chômage et de la pauvreté. Par conséquent,
les gens peuvent envisager la question du travail sous un
autre angle : celui de la satisfaction que leur procure
leur emploi. Ils sont libres de juger les emplois en critiques
et de chercher à satisfaire leurs désirs de
considération, de sécurité et de confort.
L'époque n'est pas encore très éloignée
où la « sécurité » occupait
le premier rang parmi les besoins de l'ouvrier, mais les sondages
effectués au cours des cinq dernières années
indiquent que d'autres besoins passent maintenant avant la
sécurité et même avant le salaire. Les
ouvriers désirent qu'on les traite comme les membres
d'une équipe, qu'on les tienne au courant des problèmes
de l'entreprise qui peuvent les intéresser, qu'on prête
attention à leurs suggestions, qu'on leur accorde de
l'avancement selon leurs mérites et qu'on leur donne
des surveillants dignes de leur respect.
Ce sont là des besoins d'ordre social et affectif.
On ne peut les traiter à la légère, comme
des choses qui dépendent du bon plaisir de la direction.
Ils constituent la base même du moral.
Le travail que fait un homme est une partie essentielle
de sa vie, non pas tant parce qu'il est son gagne-pain, mais
parce qu'il lui confère de la dignité et le
rattache à la société. L'opinion selon
laquelle l'argent est le principal motif du travail, dit J.
A. C. Brown, dans The Social Psychology of Industry,
« est tellement absurde que quiconque y adhère
sérieusement est par le fait même incapable de
comprendre ni l'industrie ni le travailleur industriel ».
Rang et milieu ambiant
Tout atelier ou bureau a sa hiérarchie, dans laquelle
l'employé a sa place et son rang. Les gens ne désirent
pas seulement se procurer les nécessités de
l'existence, ils veulent aussi se les procurer d'une façon
qui satisfait leur fierté.
Chacun de nous tient à acquérir de la considération
en tant qu'individu unique en son genre. Le surveillant qui
cherche à améliorer le moral de ses employés
aura plus de succès s'il sait quels sont les symboles
de cette considération. Si futiles qu'ils puissent
paraître à celui qui s'est élevé
au-dessus d'eux, ces symboles sont d'une importance capitale.
Quelque modestes que soient ses fonctions, un homme a droit
à ce qu'on lui donne l'assurance qu'elles sont importantes
et que la compétence avec laquelle il s'en acquitte
est hautement appréciée. Il doit avoir la certitude
qu'on a besoin de ses services et qu'il fait partie de l'équipe.
Voici ce qu'on a dit, à ce propos, à une conférence
des hauts fonctionnaires de la Commission d'assurance-chômage
à Ottawa : « La condamnation la plus sévère
dont on puisse accabler un homme ce n'est pas de trouver à
redire contre lui, mais de faire comme s'il n'existait pas.
Celui qui en est victime ne sait plus où il en est ;
il ignore même s'il appartient ou non à l'équipe. »
Quels sont les faits ?
Une entreprise industrielle est un organisme social. Lorsque
tout le monde apporte sa contribution à une oeuvre
commune, le travail devient une activité sociale, qui
confère à chacun le respect et la satisfaction,
ainsi qu'un sentiment de solidarité dans la collaboration
au bien de la société.
Dans cet organisme social, il se formera nécessairement
des petits groupes. Il ne faut pas condamner les clans d'une
façon absolue. Fâchez-vous, si vous voulez, contre
les clans de comploteurs, les clans de colporteurs de rumeurs,
les clans de rosses, les clans de chambardeurs, etc. Mais
il y a des groupements qui surgissent normalement dans toute
entreprise. Les quatre employés qui s'assoient tous
les jours à la même table de la cantine s'y retrouvent
très probablement parce qu'ils sont faits pour s'entendre
et qu'ils ont des intérêts communs. Cette réunion
de midi fait partie du contentement personnel que leur procure
leur emploi.
Les chefs d'entreprise et les surveillants disent souvent
en parlant de leur personnel : « nous sommes une
grande famille ». Mais il y a des secrets dans les meilleures
familles.
C'est pourquoi, même si les conditions semblent excellentes
dans une usine ou un bureau, il est toujours préférable
de s'en assurer. Les enquêtes auprès des employés
sont une nécessité préalable dans la
création du moral. Il faut d'abord mettre à
découvert les désirs des ouvriers.
Il importe en particulier de savoir si les employés
aiment vraiment la compagnie : ont-ils la conviction
qu'il y a une bonne équipe de travail au-dessus d'eux ?
S'il y a des critiques contre la direction, il vaut mieux
se renseigner à leur sujet que les laisser couver et
les écouter avec respect que les rejeter sans examen.
Tout cela ne veut pas dire que la direction renonce à
sa souveraineté. Une entreprise commerciale n'est pas
une parlote. Il doit y avoir une autorité. Mais la
direction peut écouter les critiques avec intérêt,
les étudier sur le plan plus général
qui est le sien et à la lumière de ses vastes
connaissances, puis faire connaître sa décision
et sa position. Cette façon de procéder a l'avantage
d'éliminer les rancoeurs, de faire appel à la
participation des ouvriers et de favoriser la recherche de
plans pratiques. L'impression de jouer un rôle important
dans l'entreprise à laquelle on appartient constitue
l'un des facteurs essentiels du bon moral.
Renseignez vos employés
Pour forger le moral du personnel, il importe aussi de tenir
les employés au courant de toutes les questions qui
les touchent directement ou indirectement. Comme le dit le
Supervisory Human Relations Source Book de la Commission
du service civil du Michigan, « parlez-leur des mesures
que vous vous proposez d'adopter au lieu de les lancer sur
eux comme des bombes ». C'est dans les entreprises où
la direction néglige de fournir les renseignements
voulus aux intéressés que les canards causent
le plus de ravages.
Il fut un temps où la direction avait pour mot d'ordre :
« Ne dites rien aux employés à moins d'y
être obligé ». Les directions éclairées
de notre époque affirment au contraire : « Ne
cachez rien si vous n'avez pas une bonne raison de le faire ».
Le directeur autocrate tente en vain de freiner la diffusion
des renseignements. Il ne réussit qu'à bâillonner
sa propre voix. Il ne peut empêcher les ouvriers de
parler entre eux, d'écouter la radio, d'entendre les
opinions exprimées par les hommes politiques, les chefs
syndicaux ou leurs propres femmes. Si le directeur autocrate
refuse de communiquer ses renseignements, tous ces gens seront
insuffisamment ou mal informés. Et le directeur détruira
son influence personnelle.
Quelques points à considérer
Voici quelques points dont il faut tenir compte lorsqu'on
communique avec les employés : le message doit
être présenté de façon à
attirer l'attention du groupe auquel il est destiné ;
il doit se rattacher au travail et aux responsabilités
de ce groupe ; il doit être précis et facile
à comprendre ; il doit tenir compte de l'élément
humain dans les relations entre la direction et les employés.
La direction qui se complaît dans les détours,
les demi-vérités ou les faux rapports sape les
principes fondamentaux de la formation du moral. Le fait de
recourir à la propagande au lieu de donner des renseignements
objectifs est presque aussi répréhensible. Une
autre erreur consiste à différer la communication
des faits, parfois à tel point que les esprits malveillants
pourront accuser la direction de n'avoir rien dit avant d'avoir
été forcée de le faire.
Dans une entreprise bien organisée, les renseignements
doivent circuler non seulement de haut en bas, mais aussi
de bas en haut. Les employés ont souvent des choses
importantes à dire à leurs supérieurs
ou à leurs chefs. Seules les communications dans les
deux sens permettent de réaliser l'unité de
pensée, qui est la marque du bon moral.
Pour comprendre les gens, il faut commencer par écouter
ce qu'ils disent. Le surveillant qui écoute sans parti
pris, en réfléchissant à l'importance
de ce qu'on lui expose, est bien supérieur au surveillant
qui rebute ses employés. Quant à la haute direction,
il ne lui arrive que trop souvent de mal connaître les
opinions et les sentiments de ses ouvriers parce que la voie
de communication de bas en haut est obstruée à
l'échelon de la surveillance. Les chefs comme les surveillants
seront de meilleurs administrateurs dans la mesure où
ils prêteront attention aux idées de leurs subordonnés.
Un excellent exercice pour les directeurs
Que vous ayez ou non un problème de moral à
résoudre dans votre entreprise, que vous soyez directeur
d'une grande usine, surveillant d'un service ou chef d'équipe,
l'exercice suivant vous sera profitable.
Ancrez-vous bien dans l'esprit l'idée que voici et
examinez-là en tout sens : Je peux faire quelque
chose pour améliorer le moral de mon personnel.
Enfermez-vous, seul, pendant une heure, avec un crayon et
du papier. Écrivez aussi rapidement que possible toutes
les questions qui vous viennent à l'esprit - et dont
vous aimeriez connaître la réponse - au sujet
de vos adjoints, de vos contremaîtres et de vos ouvriers.
Ne vous en faites pas si les questions qui vous submergent
semblent banales ou hors de propos.
Imaginez-vous ensuite que vous êtes contremaître
ou ouvrier, et notez de nouveau toutes les questions concernant
l'entreprise ou le grand patron et auxquelles vous cherchez
une réponse.
Quel magnifique point de départ pour le chef désireux
de forger le moral de son personnel ! Il sait maintenant
ce qu'il doit connaître de ses employés pour
comprendre leurs besoins, et il sait ce qu'il doit leur dire
pour les renseigner sur la compagnie et sur lui-même.
Cet exercice clarifiera singulièrement vos idées
sur la formation du moral.
Ce qu'il y a de sûr et certain, c'est que les pertes
imputables au défaut d'exploitation des ressources
humaines d'une entreprise ne sont pas toutes inscrites dans
le grand livre de l'année en cours. Elles se dissimulent
plutôt dans une vaste zone, plus ou moins ténébreuse,
que doit percer la pensée créatrice. Et si on
ne les découvre pas, si l'on ne fait rien pour les
éviter, ces pertes apparaîtront fatalement dans
la comptabilité des années suivantes.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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