Vol. 37, N° 8 Août 1956
À quoi sert l'instruction ?
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Une écolière canadienne
a écrit au Président de la Banque Royale du
Canada pour lui demander : « Pourquoi pensezvous
que je doive rester à l'école et continuer de
m'instruire ? »
Le présent Bulletin est
la réponse du Président, amplifiée à
l'intention de tous les élèves des écoles
primaires et secondaires, des collèges commerciaux,
des écoles d'arts et métiers et des universités
du Canada.
Je suis heureux de répondre à votre lettre,
pour deux raisons. La première est que j'espère
pouvoir vous être utile, et la deuxième pour
féliciter votre institutrice d'avoir eu l'initiative
de vous encourager à poser votre question.
Je pourrais me borner à faire ressortir les avantages
matériels d'une bonne instruction et à vous
dire qu'elle vous aidera principalement à obtenir une
bonne place, etc. Mais tout cela, je suis sûr que vous
le savez déjà. Un garçon ou une fillette
qui ne profite pas des occasions de s'instruire à l'école
trouvera la concurrence difficile plus tard dans la vie.
Je ne vais pas vous conseiller de vous bourrer la tête
d'un tas de faits, car l'utilité réelle de votre
instruction sera de vous aider à juger et comprendre
les faits et non pas d'en avoir beaucoup retenu. Le principal
but de l'instruction, à mon avis, est d'enseigner à
penser.
C'est seulement en apprenant à penser et en apprenant
à choisir les idées qui sont vraiment importantes,
que vous serez le mieux en mesure de jouir de la vie. N'estce
pas là une excellente raison de désirer rester
à l'école et de vous instruire ? L'instruction,
celle qui en vaut la peine, vous aide à voir clair,
à distinguer entre l'essentiel et l'inutile, à
préparer votre esprit à raisonner juste dans
les affaires de la vie.
Sans éducation (1) vous ne sauriez espérer
réellement comprendre le monde, ses habitants ou les
événements ; (2) vous ne pourriez vivre
ou vous sentir à l'aise dans un milieu qui n'est pas
toujours aussi bien disposé à votre égard
que votre foyer et votre école ; (3) vous ne pourriez
jamais comprendre suffisamment les problèmes d'autrui
ni acquérir la tranquillité d'esprit nécessaire
pour traverser les crises auxquelles nous sommes tous sujets.
J'estime qu'il vaut vraiment la peine d'étudier et
j'espère que les succès que vous remporterez
dans vos études vous rendront la vie plus heureuse.
Vous savez sans doute que tout le monde a des problèmes
et des difficultés dans la vie, et éprouve des
infortunes et des chagrins. Cela paraît inévitable.
Mais les jeunes gens instruits sont mieux en mesure d'y parer,
de résoudre ces problèmes et de surmonter quelquesunes
de ces difficultés, de sorte qu'en fin de compte ils
en éprouvent moins de bouleversement et de douleur.
L'instruction, à mon idée, permet à
un garçon ou à une fille d'espérer un
certain degré de succès et de sécurité
dans la vie, - non pas le genre de sécurité
qui dépend de l'aide d'autrui, mais celle qui nous
vient de nousmêmes et qui est solidement fondée
sur nos idéals, notre compétence et notre compréhension.
Ce que je veux dire, c'est que l'instruction est absolument
essentielle, mais je n'entends pas par là ce qu'on
avait l'habitude d'appeler « un savoir livresque »
et rien de plus. Il s'agit plutôt de l'instruction qui
vous enseignera à réfléchir et à
raisonner, qui accroîtra vos chances matérielles
de succès, qui vous donnera plus d'aplomb et d'assurance,
qui développera votre jugement et qui, en somme, vous
apportera le succès et le bonheur dans la vie.
Tel est le genre de vie que je vous souhaite.
Le sens des valeurs
Une des choses le plus à craindre dans notre société
c'est l'ignorance ; non pas simplement le manque de connaissances,
mais pardessus tout l'ignorance qui consiste à
ne pas savoir qu'il existe de meilleures choses dans la vie,
de meilleurs moyens de les accomplir et que notre devoir envers
la société est de les comprendre et de les accomplir.
L'instruction vous aidera à raisonner clairement
et à juger exactement l'importance relative des différentes
activités dont se compose la vie humaine. Quelles sont
ces activités ? Les unes ont trait directement
à notre conservation, comme la nécessité
de nous nourrir et de nous maintenir en bonne santé ;
d'autres consistent à élever nos enfants ;
d'autres intéressent nos rapports sociaux et politiques ;
et certaines d'entre elles se rapportent à nos loisirs.
Elles exigent toutes des soins, des efforts et du temps.
La valeur de chacune d'entre elles dépend de la valeur
que vous attribuez aux autres.
Un philosophe grec a dit que l'instruction a pour but de
nous enseigner à aimer ce que nous devrions aimer et
à détester ce que nous devrions détester.
L'instruction vous offrira le moyen d'aimer le vrai, le
beau et le bien, d'éviter la vulgarité et les
faux sentiments, en vous fournissant des normes pour juger
les valeurs. Elle vous permettra de décider ce qui
fera votre bonheur dans la vie. Sans instruction, comment
pouvezvous décider ce qui est bon pour vous ?
distinguer entre le bien et le mal ? entre le vrai et
le faux ? entre le beau et le laid ?
Le monde change
Nous autres, Canadiens, avons pleinement conscience de nos
ressources naturelles, parce que notre économie est
fondée sur elles, c'estàdire sur
nos forêts, nos fermes, nos minéraux et notre
énergie hydraulique, nos pêcheries et nos animaux
sauvages. Mais elles ne sont d'aucune utilité sans
l'intelligence et l'initiative de notre peuple.
Nous avons plus besoin que jamais de connaissances et d'initiative,
parce que nous vivons à une époque de profonds
changements sociaux et culturels. La jeunesse d'aujourd'hui
ne s'en rend pas compte, parce que c'est la seule époque
qu'elle connaisse, mais depuis une quarantaine d'années
notre monde devient de plus en plus étrange et terrifiant.
Il y a moins de deux générations les gens
ordinaires vivaient une vie normale. Nous avions bien des
crises, qui survenaient peutêtre tous les dix
ans, - un tremblement de terre, quelques débats politiques
sur les tarifs ou une menace de guerre - mais ces problèmes
étaient résolus avec aplomb et dextérité
par des experts.
Aujourd'hui, nous avons des crises dans notre pays et à
l'étranger, et elles ne concernent pas seulement les
organismes de secours, les hommes politiques et les militaires :
nous y sommes tous intéressés. C'est pourquoi
nous avons besoin de l'instruction pour nous mettre au courant
des événements et acquérir la sagesse.
La technologie scientifique a détruit la vie paisible
familière à nos grandsparents. Elle a
transformé le simple artisan en spécialiste.
Parfois sa tâche est si secrète que ni ses enfants
ni ses voisins n'en comprennent la vraie nature.
Nos ancêtres étaient satisfaits tant qu'ils
avaient assez de quoi vivre d'avance ; demain, la science
aura fait un pas de plus en avant, les machines seront dirigées
par des machines, la maind'oeuvre sera classée
par ordre de compétence et le jugement prononcé
contre l'homme sans instruction sera sans appel.
Qu'estce que l'instruction ?
Il faut que l'instruction soit utile. Nous ne voulons pas
dire utile dans le sens de nous rendre capables de manipuler
des leviers et des manettes. Tous les jeunes qui liront cette
lettre désirent faire mieux que cela. Vous voulez être
en mesure de remplir avec justesse, compétence, magnanimité
et satisfaction personnelle tous les devoirs de la vie.
Le but d'une maison d'enseignement est de donner aux étudiants
un bagage de connaissances bien vivantes, dont ils puissent
tirer des idées. Quand vous êtes capable d'apporter
des exemples pertinents à l'appui d'un problème,
de coordonner les faits, de percevoir leurs rapports, d'apprécier
les valeurs en cause et de former un jugement, vous êtes
réellement instruit.
Alors vous n'aurez plus à craindre d'être désorienté
par les changements ou bouleversé par le malheur, car
vous serez capable de déterminer trois points importants :
où vous êtes, où vous allez et ce que
vous avez de mieux à faire dans les circonstances.
En cherchant à acquérir cette instruction,
faites usage de votre imagination. Vos dix ou douze premières
années ont été l'époque romanesque
de votre vie. Quand vous preniez un télescope pour
étudier les étoiles, vous n'aperceviez pas des
blocs de matière flottant dans l'espace, mais la gloire
des cieux. L'école secondaire est l'âge de la
précision. Il importe alors d'apprendre les choses
correctement, exactement et complètement, parce que
ces choses sont le compte de banque sur lequel vous tirerez
toute votre vie. Après l'école secondaire, vous
entrez dans la période de généralisation.
Vous commencez à appliquer ce que vous avez appris
et à adapter les principes du savoir aux problèmes
généraux de la vie. À mesure que vous
gravirez un pic, d'autres pics apparaîtront à
l'horizon et vous inviteront à avancer. Vous ne pourrez
les gravir avant d'en atteindre le pied, mais ils sont là
et vous attireront éternellement.
Mais, direzvous, « un tel a réussi dans
la vie sans faire de grandes études. » C'est vrai.
Beaucoup d'hommes et de femmes n'ont pas eu les chances de
s'instruire offertes aujourd'hui à tous les enfants
du Canada. Ils ont quitté l'école et commencé
à travailler avant la fin de leurs études secondaires ;
il y en a même qui ne sont allés qu'à
l'école primaire. Mais ils ont continué à
s'instruire tout en travaillant. Ils ont réussi malgré
toutes les difficultés et non pas grâce à
elles. Ils avaient en eux le désir et l'énergie
de s'instruire en étudiant chez eux, en suivant des
cours du soir, ou par tout autre moyen. Sir Winston Churchill,
qui a rendu tant de services au monde, dans la guerre comme
dans la paix, a dit au cours d'une conférence, à
Boston, il y a quelques années : « Je n'ai
pas fait d'études techniques ou universitaires, et
j'ai été obligé d'apprendre ce que j'ai
pu ici et là. »
Les jeunes Canadiens d'aujourd'hui n'ont pas de telles difficultés
à surmonter. Dans la mesure de leur pouvoir et de leur
savoir, leurs parents ont fait tout leur possible pour permettre
aux jeunes de s'instruire autant qu'ils le désirent
et qu'ils en sont capables.
Ne vous attendez pas à vous instruire sans effort
de votre part. Ce n'est pas à désirer. Vous
verrez les choses sous un jour plus intéressant et
plus utile si vous les cherchez vousmême. Vous
ne trouverez aucun profit à accepter les faits sans
poser de questions, à accepter les mots au lieu de
chercher à comprendre.
Formation spéciale
Aujourd'hui, le choix d'une carrière ne consiste
pas à succéder docilement à son père
comme il y a un demisiècle. Il existe des professions,
des commerces et des métiers qu'on ne connaissait pas,
d'autres dont on n'avait pas même l'idée quand
les diplômés d'aujourd'hui sont nés.
Il n'est pas bon de pousser votre instruction technique
au point de négliger votre culture générale.
Les contremaîtres disent qu'un ouvrier qui a pris
l'habitude d'apprendre à l'école est généralement
apte à apprendre plus facilement à l'usine.
Il se met plus vite au courant, non seulement des « méthodes »
mais des « raisons » de sa tâche. Il comprend
mieux et plus vite ses problèmes. Il possède
la largeur de vues et la capacité de raisonner qui
sont essentielles à l'avancement.
Si vous voulez vous lancer dans le commerce, ne croyez pas
un seul instant qu'il vous suffit de savoir lire, écrire
et calculer, même si vous y ajoutez la comptabilité,
la sténographie et la dactylographie. Il vous faut
une bonne connaissance des réalités de la vie
économique moderne.
Les hommes d'affaires sont d'avis qu'on devrait accorder
plus de place dans les écoles et les collèges
à l'art de transmettre les idées. Vous n'irez
pas loin dans une maison de commerce si vous n'êtes
pas capable de bien exprimer vos idées. Il est impossible
d'acheter ou de vendre, de donner des ordres à ses
subordonnés, de rédiger un rapport, de se faire
des amis ou d'influencer les gens, sans être capable
de dire clairement et efficacement ce que l'on veut dire.
Si vous avez l'intention d'apprendre un métier, ne
vous contentez pas de devenir un spécialiste en « savoirfaire »
plutôt qu'en « savoir ». L'homme que vous
allez être est plus important à la longue que
l'habileté que vous pouvez acquérir.
L'apprentissage bien compris d'un métier vous fournira
quelques principes généraux et vous habituera
à les appliquer avec compétence à certains
cas.
Si vous songez à entrer à l'université,
il est bon de savoir que l'enseignement supérieur a
deux fonctions : disséminer les connaissances
déjà amassées et encourager l'étudiant
à en acquérir de nouvelles. La formation universitaire
a pour but d'habituer l'esprit à penser ; de faire
reculer les barrières du passé et d'élargir
le champ de nos connaissances ; de découvrir des
problèmes à résoudre.
Élargissez vos horizons
L'espace nous manque pour examiner plusieurs buts importants
de l'instruction, qui en sont pourtant l'un des aspects les
plus intéressants : s'instruire pour le plaisir
de s'instruire, la largeur de vues, la culture, les services
à rendre à la société, la bonne
vie de famille et le bonheur personnel. Il convient toutefois
de résumer ces inestimables bienfaits de l'instruction
en un ou deux paragraphes avant d'indiquer ce que les jeunes
gens doivent faire pour acquérir une bonne instruction.
Il est nécessaire de cultiver son imagination. La
connaissance des mécanismes dont vous vous servez est
certainement utile, mais ce sont l'imagination et l'audace
qui en font jaillir des étincelles.
Aucune formation technique n'est complète sans culture
générale. Celleci nous enseigne ce que
d'autres ont fait et nous fait entrevoir ce que nous pouvons
faire. Elle nous permet de mieux juger nos problèmes.
La formation générale nous aide à cultiver
un plus grand nombre de nos talents et à avoir des
idées plus larges. Elle nous fournit de puissants outils
pour découvrir et manier les faits. De plus, elle nous
rend capables de nous élever audessus des faits
et d'envisager de plus hautes situations.
Nous avons écrit au Dr Sidney Smith, président
de l'Université de Toronto à ce sujet et il
nous a répondu : « Il y a des gens qui disent
qu'il est bon d'apprendre un métier ou une profession,
mais qui ne voient pas l'utilité des études
classiques. C'est stupide. Toutes les études sont utiles.
Huckleberry Finn de Mark Twain perdit tout intérêt
en Moïse quand il apprit qu'il était mort, parce
qu'il faisait peu de cas des morts. Aujourd'hui, beaucoup
de gens font peu de cas des langues mortes, ou même
des langues vivantes autres que la leur. Le grec et le latin
sont académiques et inutiles ; mais l'anglais
est pratique et utile. Enseignez donc l'anglais, disentils.
N'enseignez pas la littérature, - à quoi bon
Shakespeare et Milton. N'enseignez pas la grammaire, - les
gérondifs et les participes ne sont bons que pour les
pédants. Enseignez seulement l'anglais !
Mais c'est celui qui étudie les autres langues et
la littérature qui est capable d'employer sa propre
langue avec précision et imagination. L'algèbre,
l'histoire, la philosophie et la physique, loin d'être
inutiles, ajoutent à la puissance et à la souplesse
de l'esprit. L'utilité de la culture générale
est de faire des citoyens utiles et indépendants, et
dans ce domaine c'est souvent par la plus longue route qu'on
arrive le plus tôt à son but. »
Courage, travail et discipline
Méfionsnous des idées inertes. Il y
a des gens pour qui il est facile d'apprendre par coeur des
pages entières, comme les pies qui ramassent tout ce
qui brille. C'est peutêtre utile dans un concours
de radio ou de télévision, mais pas dans les
aventures de la vie. L'instruction ne sert à rien si
elle n'engendre pas l'action. Il faut mettre vos connaissances
à l'oeuvre.
Alors, travaillez. Pour bien se préparer à
la vie, il faut apprendre à travailler. On a dit que
la paresse engendre bien des maux ; en tout cas, elle
détruit l'ambition. La vie n'est pas facile. Peutêtre
devraitelle l'être et le seratelle
un jour, mais elle ne l'a jamais été encore
et ne l'est pas aujourd'hui.
Nous ne devons pas trop nous efforcer de rendre l'instruction
facile. Il y a des choses difficiles à faire et qu'il
faut faire, bon gré mal gré. L'instruction a
pour but de nous préparer à faire face courageusement
aux difficultés, à persévérer
avec constance et à travailler consciencieusement,
- trois qualités essentielles au succès dans
le commerce et l'industrie comme dans les sciences.
Vient ensuite la discipline. Impossible d'imaginer une idée
utile ou pratique émanant d'un esprit autre que discipliné.
Qu'estce en somme que la discipline ? Elle comprend
l'habitude de faire volontiers les tâches qui nous incombent,
d'obéir aux règles qu'on nous impose ou que
nous nous imposons nousmêmes, et d'aborder les
problèmes sans préjugés.
Le dernier point dont il faut tenir compte en cherchant
à s'instruire est de ne pas faire fi des examens. Ils
sont essentiels dans l'ordre actuel des choses. Ils vous donnent
la mesure de vos progrès et montrent à vos professeurs
les points faibles que vous avez besoin de renforcer.
Ne vous découragez pas si vous n'arrivez pas parmi
les premiers, malgré tous vos efforts. Les résultats
d'un examen sont parfois trompeurs. La nervosité y
joue un grand rôle. Les examens scolaires ne sont pas
un but final, ce sont simplement des indicateurs le long de
votre chemin.
Mais les examens font partie de votre formation individuelle.
Vous en passez tous les jours de votre vie. Un des meilleurs
moyens de comprendre une chose est d'essayer de l'expliquer
à d'autres, ou de leur dire ce que vous en pensez.
N'estce pas là un examen ?
Et après l'école... ?
Un peu d'instruction vaut mieux que pas du tout. Nous sommes
certainement d'accord làdessus. Par conséquent,
il est encore mieux d'avoir une instruction audessus
de la moyenne.
Il est impossible d'acquérir assez de connaissances
à l'école pour en avoir durant toute sa vie.
D'autre part, on n'est jamais trop vieux pour s'instruire,
mais on ne fait plus de progrès quand on cesse d'apprendre.
À 45 ans, nous sommes encore capables de mieux apprendre
qu'avant l'âge de 14 ans, et même à 65
ans nous pouvons encore apprendre aussi rapidement qu'à
25 ans.
L'instruction ne finit qu'avec la vie. Nous devons ajouter,
chaque année, des connaissances à celles acquises
à l'école et les transmettre aux autres. Vous
serez surpris de voir combien même une courte demiheure
d'étude ou d'exercice par jour vous aidera à
vous rendre maître d'une technique ou d'un sujet. Il
est facile de s'habituer à flâner, mais il est
également facile de s'habituer à mettre chaque
instant à profit.
Pour retirer le plus grand avantage de votre instruction,
ayez des visées hautes. Vos efforts pour vous instruire
vous conduiront à un but qui n'est pas. facile à
atteindre, mais à l'époque incertaine où
nous vivons, c'est un grand avantage d'avoir un but important,
qui exige de la réflexion et de l'énergie.
Enfin, ne vous contentez pas de demimesures. Un auteur
a dit il y a une cinquantaine d'années : « Le
bien est l'ennemi du mieux ». Ne nous contentons pas
du passable, si bon soitil.
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