Vol. 31, N° 8 Août 1950 Bien se nourrir pour
bien se porter
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Il y a beaucoup de Canadiens dont
la santé et les affaires ne vont pas bien parce qu'ils
se nourrissent mal. Ils ne se rendent pas compte qu'à
notre époque de raffinement nous ne sommes plus capables
de manger tout ce qui nous tombe sous les dents comme faisait
l'homme des cavernes.
Pour bien nous porter, être heureux et réussir
dans la vie, nous devons observer certaines règles,
et nous ne manquons certainement pas de facilités pour
mieux nous nourrir. Il est facile de mieux nous porter sans
écouter les fabricants de pilules.
Un sage a dit - et rien n'a jamais démontré
le contraire - que quatre-vingt-dix pour cent des soidisant
maladies d'estomac sont causées non pas par des dérangements
internes mais par des malentendus entre l'estomac et son propriétaire.
Cet article a pour objet de s'enquérir des besoins
alimentaires du corps, du montant estimé nécessaire
pour on entretien, sa croissance et ses dépenses d'énergie ;
et de montrer combien il nous est facile d'entretenir de bonnes
relations avec notre estomac sans nous priver de rien.
Un des principes s'applique à tout le monde :
visez haut, quitte à ne pas toujours atteindre votre
but. Tous les efforts que vous ferez vous aideront à
accroître votre résistance aux maladies et votre
joie de vivre.
Signes visibles et invisibles de la
faim
Une expérience tentée il y a quelques années
au Minnesota sur trente-deux personnes, a révélé
non seulement l'effet du manque de nourriture mais l'ordre
d'apparition des symptômes. D'abord, la fatigue, suivie
d'endolorissement des muscles, d'irritabilité, d'apathie,
d'horreur du bruit, de manque d'ambition, de nonchalance,
d'un déclin des facultés mentales et du pouvoir
de concentration, de mauvaise humeur et de vertige.
Tels sont les effets éprouvés par des personnes
qui se sont volontairement privées de nourriture pendant
plusieurs mois. Voici maintenant ce que révèlent
des enquêtes faites au Canada en 1939-1940. Sur le nombre
de personnes examinées, seulement 40 pour cent environ
ont été trouvées adéquatement
nourries, 40 pour cent tout juste, et 20 pour cent en état
de grave sous-alimentation.
Ce qui est encore plus remarquable est le fait qu'en 1944
les maladies dues à la sous-alimentation ont causé
plus de décès parmi les enfants que la paralysie
infantile, comme le dit le Dr L. B. Pett, chef de la Division
de la Nutrition du ministère de la Santé nationale
et du Bien-être. Et il ajoute : « ... malgré
que nos connaissance soient suffisamment avancées pour
éviter la sous-alimentation ».
On ne saurait vraiment dire que 40 pour cent de nos gens
souffrent continuellement de la faim, au sens ordinaire du
mot. Il existe un autre genre de faim, une faim secrète
qui fait dépérir les gens, qui leur fait mener
une vie léthargique, et finalement mourir avant l'âge,
même quand ils mangent à leur faim.
Nous menons pour la plupart une vie languissante, en proie
à toutes sortes de maladies que nous pourrions éviter
par un bon régime.
Nous nous sentons déprimés et nous en rejetons
la faute sur nos créditeurs, la famille ou le patron,
quand nous manquons peut-être de vitamines. Nous sommes
fatigués, apathiques et de mauvaise humeur, peut-être
simplement parce que nous mangeons mal. Notre table est chargée
de bonnes choses et pourtant nous nous nourrissons mal par
ignorance et indifférence.
Il ne faut pas s'imaginer que ceux qui gagnent un petit
salaire sont seuls exposés à être mal
nourris. Il est possible de dépenser beaucoup d'argent
pour la table sans en retirer aucun profit du point de vue
de la santé.
L'alimentation au Canada
Il est possible d'améliorer notre régime canadien.
Le Conseil canadien de l'alimentation a publié à
cet effet en 1939 un guide de Règles alimentaires
au Canada, que voici révisées en 1950 :
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1. Lait - Enfants jusqu'à 12 ans, au moins un chopine ; adolescents, au moins 1 chopine 1/2 ; adultes, au moins 1/2 chopine. |
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2. Fruits - Une portion d'agrumes ou de tomates, ou le jus, et une portion d'autre fruit. |
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3. Légumes - Au moins une portion de pommes de terre et deux portions d'autres légumes, de préférence légumes feuillus, et fréquemment crus. |
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4. Céréales et pain - Une portion de céréales et au moins quatre tranches de pain avec beurre ou margarine. |
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5. Viande et poisson - Une portion de viande, poisson, volaille ou de fèves, oeufs et fromage. Mangez fréquemment du foie. |
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En outre, les règles disent de manger des oeufs et
du fromage au moins trois fois par semaine. La vitamine D
(sous forme d'huile de foie de morue, d'oeufs et de pilules)
est essentielle pour les enfants qui grandissent ainsi que
pour les femmes enceintes et celles qui nourrissent leur bébé.
La dose journalière devrait être d'au moins 400
unités internationales, ce qui correspond à
une cuillerée à café d'huile de foie
de morue.
Il est important de suivre ces règles, non pas de
temps à autre, mais toute l'année, et de faire
au moins trois repas par jour.
Une des raisons pour lesquelles nous ne nous nourrissons
pas mieux est que nous n'avons pas encore appris à
prendre les avertissements au sérieux. À moins
d'être rachitiques, trop gras ou trop maigres, trop
ou trop peu ceci ou cela, nous ne songeons pas que les règles
d'alimentation s'appliquent à nous. Nous repoussons
les salades, dédaignons les fruits et ne prenons du
lait que dans le thé ou le café.
Pour arriver à faire comprendre l'alimentation aux
écoliers et au public, il faudra : (a) rendre
les leçons plus intéressantes au moyen d'exemples
pratiques ; (b) expliquer les fonctions de l'alimentation
au lieu de donner des listes d'aliments « qu'il faudrait
manger » ; et (c) appuyer les leçons par
des déjeuners ou des suppléments aux écoliers.
Les aliments utiles
On peut classer les aliments en trois grandes catégories :
les aliments nourrissants, pour remplacer les tissus ;
les aliments protecteurs, pour nous défendre des maladies ;
et les aliments destinés à produire la chaleur
et l'énergie.
La bonne alimentation réclame des calories (énergie),
des protéines (croissance, entretien et réparations),
des vitamines et des minéraux (protection), et un sage
« équilibre ».
Il n'est pas nécessaire d'avoir une balance ou une
mesure sur la table ; il suffit d'un peu de bon sens
et de connaître les qualités et les attributs
de chaque aliment. Le montant varie de temps en temps chez
la même personne, selon un grand nombre de facteurs
internes et externes tels que l'âge, le sexe et l'occupation.
Ne vous conformez pas absolument aux chiffres d'un tableau
général ; ils ne sont d'ailleurs qu'approximatifs
et c'est à vous de juger ce qui vous convient.
Prenez les calories, par exemple. Un tableau vous dira qu'il
en faut 2,250 par jour à un homme ordinaire. Mais s'il
passe la journée assis à ne rien faire, il lui
suffira de 2,000 tandis qu'il en faudra 4,000 à un
bûcheron. Une autre brochure prescrira le nombre de
calories selon votre poids et votre âge ; mais
dans ce cas également il faudra tenir compte du montant
d'exercice auquel vous soumettez votre corps.
Les hommes d'affaires, soit dit en passant, seront désappointés
d'apprendre que le travail intellectuel n'exige pas beaucoup
de calories. Le Dr G. A. Dorsey dit dans son livre Why
We Behave Like Human Beings : « Quand le cerveau
travaille activement, il consume si peu d'énergie additionnelle
que le calorimètre ne s'en aperçoit pas. »
D'un autre côté, le joueur de grosse caisse dans
un jazz-band consume 7,200 calories par jour.
La cuisson est importante
Après nous être assurés que nos aliments
possèdent les qualités essentielles, il convient
de veiller à ce qu'ils ne les perdent pas. Joseph,
chef du Savoy, donne un bon conseil à ce sujet :
« Servez ce qui est bon aussi simplement que possible.
Dieu a donné une saveur spéciale à chaque
aliment. Respectez-la. N'essayez pas de faire mieux que lui. »
On ne se rend généralement pas compte de la
manière dont l'ignorance peut gâcher la valeur
des aliments. Elle peut faire la différence entre la
santé et la sous-alimentation. Tout le monde sait que
les légumes feuillus sont essentiels à un bon
régime, mais leur bonté s'en va souvent dans
l'évier avec l'eau dans laquelle ils ont bouilli. Les
tissus fibreux que nous avalons ont perdu non seulement leur
saveur mais une grande partie de leurs propriétés
chimiques. La cuisson a dégagé les sels minéraux
et dissout les vitamines.
Une enquête entreprise à la requête du
gouvernement de Terre-Neuve par neuf docteurs canadiens, britanniques
et américains, a donné des résultats
surprenants.
La première de deux enquêtes à cinq
ans d'intervalle a révélé qu'en moyenne
chaque personne n'avait pas moins de huit symptômes
de maladies dues à la sous-alimentation ; le défaut
de bonne alimentation en bas âge causait le décès
de trois personnes sur quatre avant 40 ans ; seulement
une personne sur dix allait jusqu'à 60 ans ; le
taux général de décès était
supérieur de 20 pour cent à celui de l'Ontario
et la mortalité parmi les enfants excédait de
deux à trois fois la moyenne de l'Amérique du
Nord.
Les investigateurs furent étonnés tout d'abord,
parce que le régime, quoique pauvre en oeufs, lait,
agrumes et tomates, était assez riche en poisson, pommes
de terre, choux, pain et céréales pour justifier
un meilleur état de santé.
Un article dans Saturday Night donne l'explication :
« Ce n'est que lorsque les investigateurs pénétrèrent
dans les cuisines qu'ils découvrirent que les habitants
se suicidaient pour ainsi dire par la manière de cuire
leurs aliments. » Ils pelaient leurs pommes de terre
avant de les faire bouillir, et leur faisaient perdre ainsi
50 pour cent de leur acide ascorbique ; ils les faisaient
cuire le matin pour les manger le soir quand tout l'acide
ascorbique était perdu. Les choux perdaient 90 pour
cent de leur acide ascorbique par une cuisson d'une à
deux heures.
La deuxième enquête révéla un
meilleur état de choses, d'après le rapport
du Dr Russell M. Wilder de la Mayo Foundation, publié
en 1949. Le gouvernement suivit les recommandations des docteurs.
La farine fut enrichie de thiamine, niacine, riboflavine,
fer et calcium, et la margarine fut fortifiée de vitamine
A. On importa du lait en boîte, on donna du jus d'orange
aux femmes enceintes et nourrissant leur bébé.
Les écoliers reçurent du lait et de l'huile
de foie de morue.
Le taux de mortalité tomba de 12.1 à 10.5
par mille ; la tuberculose causa beaucoup moins de décès,
101 par 100,000 au lieu de 135 ; la mortalité
infantile baissa en trois ans de 102.3 par mille à
61 ; et - fait important - les enfants, au lieu d'avoir
l'air morne et abattu comme au cours de la première
visite, étaient devenus « bruyants, turbulents
et questionneurs, comme il convient à tous les enfants. »
En 1955, les taux baissèrent considérablement :
taux de mortalité, 7.8 par 1,000 ; tuberculose,
19.9 par 100,000 ; mortalité infantile, 42 par
1,000.
Il ne faut pas croire que Terre-Neuve soit seule à
souffrir de la sous-alimentation due à la mauvaise
cuisson. L'Université de Pennsylvanie a fait la même
découverte parmi des familles fiches.
Outre le choix des aliments et la manière de les
faire cuire, il faut la variété. La science
est capable d'analyser une côtelette de porc et déterminer
son contenu en protéine, mais elle ne peut pas trouver
si elle plaît à celui qui la mange et s'il la
mange parce qu'il a faim ou parce qu'elle fait un plat appétissant.
Le meilleur moyen est de varier le régime et la manière
de cuire les aliments. Les arachides sont nourrissantes et
il y a 105 manières de les préparer. Le fromage
est une forme concentrée des plus importants éléments
nutritifs du lait, et le New York Times a déjà
annoncé un livre contenant 250 recettes pour faire
des plats au fromage, depuis les hors-d'oeuvres jusqu'au dessert.
Mangez ce qu'il vous faut
Chaque âge a des besoins spéciaux, et ils sont
tous importants. Jusqu'à 20 ans, nous avons besoin
d'aliments propres à nous sustenter, à nous
faire arriver à l'âge mûr, et à
parfaire notre éducation. Les exercices physiques,
les études à l'école et à la maison,
la tension des examens et les troubles généraux
de l'adolescence, tout cela fatigue le corps. Il est important
de bien se nourrir, et très souvent une tartine de
confiture ou de beurre d'arachide et un verre de lait après
l'école, peuvent faire des merveilles.
En vieillissant, et quand nous ralentissons l'allure, nous
n'éprouvons plus l'énergie de la jeunesse et
nous ne forçons pas nos muscles. Nous avons besoin
d'un montant raisonnable de protéine et nous devrions
nous en tenir aux aliments que nous pouvons digérer
facilement. N'oublions pas qu'il nous faut encore du lait,
des fruits et des légumes en pleines portions.
Les ménagères font la loi en ce qui concerne
la table dans leur maison, mais elles n'observent pas toujours
leurs propres règles.
Les hommes se nourrissent mieux que les femmes, d'après
les rapports, mais ils manquent de vitamine C parce qu'ils
s'imaginent que les salades et les légumes crus sont
bons seulement pour les lapins. En général,
ils font un bon repas à midi, tandis que les femmes
se contentent de grignoter quelque chose. Les hommes mangent
beaucoup, même s'ils mangent mal. Une enquête
parmi des familles de Philadelphie jouissant d'un revenu de
$2,500 et plus a révélé que quatre sur
cinq femmes mariées souffraient de sous-alimentation.
Trop manger
« Davantage » ne signifie pas nécessairement
« mieux » en matière d'alimentation. Un poète
chinois a dit : « Il fait certainement bon d'avoir
le ventre bien rempli : tout le reste est du luxe. »
Et donne peut-être aussi un mal de ventre.
Un gros repas de temps à autre importe peu ;
ce sont les excès de table continuels qui nous accablent
et nous dépriment. Si vous voulez manger comme un bûcheron,
faites le même travail qu'un bûcheron.
L'obésité est un grand problème. Elle
raccourcit la vie, diminue le rendement et nous rend plus
susceptibles à de nombreuses maladies. Le Dr Pett a
dit en 1948 à la suite d'une enquête « nous
avons rarement trouvé dix cas d'obésité
sur cent dans tous les districts. »
Rien ne sert de demander au docteur si « le rôti
de porc engraisse. » Comment pourrait-il y répondre
sans savoir combien de fois vous en mangez, combien vous en
mangez à la fois, combien vous prenez d'exercice, et
de combien de calories votre corps a besoin. Tous les aliments
nourrissants nous engraissent si nous en mangeons trop.
Les médecins sont opposés à l'emploi
des méthodes violentes pour combattre l'obésité.
Elles affament le corps au grand détriment du coeur
ou du foie. Quant aux remèdes, on ne devrait les employer
que sur l'avis du médecin.
Le plus simple moyen de maigrir est de diminuer le montant
de matières grasses à chaque repas, et rien
n'est plus facile en suivant les conseils du docteur. N'essayez
pas de vous débarrasser en trois semaines de la graisse
que vous avez accumulée en dix ans.
Aliments protecteurs
Les aliments protecteurs acquièrent une place de
plus en plus grande dans le régime de toutes les classes
des pays occidentaux. Les céréales et les aliments
fournissant l'énergie conservent la place importante
qu'ils ont toujours occupée, mais la science moderne
y a ajouté des aliments riches en vitamines et en sels
minéraux.
« Personne ne s'occupait de vitamines avant 1906, parce
qu'elles n'étaient pas encore découvertes. À
cette époque le grand physiologiste anglais, Sir Frederick
Gowland Hopkins de Cambridge, appela l'attention sur les carences
de régime. Il découvrit que les meilleurs régimes
d'hydrates de carbone, de matières grasses et de protéines
sont insuffisants pour bien se porter s'il leur manque les
minuscules substances chimiques que nous appelons vitamines.
D'après l'état actuel de nos connaissances,
il suffit de manger la plupart des aliments ordinaires pour
absorber des vitamines. Le besoin de vitamines varie selon
les gens, et dans certains cas il est bon d'en prendre sous
forme concentrée ou synthétique sur les conseils
du médecin. Par exemple, on peut souvent guérir
en 48 heures les symptômes aigus de la pellagre par
de grosses doses de niacine et de levure, tandis qu'il faut
jusqu'à 48 jours pour s'en guérir par un bon
régime ordinaire. Consultez votre médecin pour
vous assurer que vous absorbez assez de vitamines.
Le coût d'un bon régime
Nous ne sautions trop insister sur le fait qu'il est possible
de bien se nourrir à peu de frais. Vous n'avez qu'à
lire les brochures publiées par les services de santé
pour vous en convaincre.
Jugez les aliments que vous achetez par leur valeur nutritive
au lieu de vous laisser tenter par les belles couleurs de
l'empaquetage. Employez intelligemment l'argent que vous dépensez
pour nourrir votre famille, renseignez-vous sur la valeur
nutritive de chaque aliment et la manière de les faire
cuire : c'est la seule manière d'éviter
la sous-alimentation.
Dans toutes les familles, excepté les plus pauvres,
la ménagère peut généralement
établir son budget et, en surveillant la dépense,
acheter tout ce qui est nécessaire à un bon
régime. Ceux qui ont un jardin peuvent agrémenter
leurs repas de légumes frais. Et quand il s'agit de
choisir entre la nourriture ou un article de ménage,
il est ridicule de même songer à économiser
sur les repas.
Le Montreal Diet Dispensary, sous la direction de Mlle Nan
Garvock, publie une liste hebdomadaire du minimum requis par
une famille de deux adultes, de deux garçons de 6 et
12 ans et d'une fillette de 10 ans. Le numéro de février
1958 que nous avons sous les yeux, donne le coût total
de $22.10 par semaine et le coût de 63½ cents par personne
par jour. Voici un sommaire du plan. Mlle Garvock vous en
enverra un exemplaire sur demande, avec un menu pour la famille
indiquant les variétés et quantités d'aliments
qui ont servi à déterminer ce coût. (On
doit adresser toute demande à : 834, square Richmond,
Montréal. Prière d'inclure une enveloppe affranchie
à votre adresse.)
Au sujet de sa liste d'aliments, Mlle Garvock précise :
« Bien que cette somme suffise pour acheter les aliments
qui procurent le minimum de substances nutritives requises,
le choix est limité et ne répond peut-être
pas aux besoins sociaux et émotifs des membres de la
famille. » Elle ajoute que l'on doit d'abord s'assurer
le minimum d'aliments nutritifs avant de songer à la
cuisine raffinée.
Inventaire
Il est temps de faire votre inventaire. Êtes-vous
bien nourri, ou bien avez-vous besoin de mieux manger ?
Il y a deux manières de vous en assurer. Consultez
votre docteur qui connaît votre histoire et vos habitudes.
Ou bien demandez au Service provincial de la santé
une carte indiquant les repas de chaque jour. Après
l'avoir marquée pendant 2 ou 3 semaines, vous verrez
si vous mangez assez des aliments dont vous avez besoin -
et cela vous expliquera pourquoi vous vous sentez fatigué
et pas aussi bien portant que vous le voudriez.
Un régime spécial et le repos ne vous débarrasseront
pas de la pierre et ne remettront pas en place un genou disloqué,
mais ils font des merveilles dans certains cas. La modération,
la réflexion et la régularité sont les
mots d'ordre d'un bon régime, et si vous ne les observez
pas, si vous vous gavez de ce qu'il ne faut pas, si vous négligez
les choses nécessaires, ou si vous vous privez du déjeuner
du matin pour vous bourrer aux autres repas, ne vous étonnez
pas que votre système digestif en souffre, et ce n'est
pas lui qui en souffre le plus.
Les émotions troublent la digestion. Par conséquent,
soyez toujours de bonne humeur quand vous mangez. L'estomac
s'arrête quand on est en colère, et les fonctions
digestives sont paralysées quand on a peur.
La journée d'un homme d'affaires
Vous vous êtes levé ce matin, vous avez avalé
quelques bouchées, vous avez couru pour attraper votre
train ou votre tramway, vous avez jeté un coup d'oeil
sur le journal, et vous êtes arrivé au bureau
agacé par les nouvelles et vos propres soucis. D'autres
ennuis sont arrivés par la malle et le téléphone.
Vous avez écouté les plaintes et les tracas
de vos clients et de vos collègues, et vous avez dû
satisfaire les uns et consoler les autres. À onze heures,
vous aviez épuisé toute votre réserve
d'énergie. Vous êtes allé déjeuner.
Vous avez trop mangé et trop vite, sans cesser de parler
affaires ou politique locale ou internationale. À trois
heures, vous aviez la tête lourde d'avoir trop mangé
et de mal digérer. À quatre heures, vous étiez
fourbu de fatigue. Vous êtes arrivé chez vous
tant bien que mal et vous vous êtes assis à un
autre gros repas. Même si vous flânez toute la
soirée et vous vous couchez de bonne heure, la journée
de demain ressemblera exactement à celle d'aujourd'hui.
À moins, toutefois, qu'en lisant un article comme celui-ci,
vous ne décidiez que ce genre de vie n'en vaut pas
la peine et que vous adoptiez des mesures pour le changer.
Les « mesures » à prendre sont faciles
quand on a commencé. Assurez-vous que vous suivez un
bon régime, promenez-vous au grand air régulièrement,
prenez de l'exercice, et apprenez à détendre
vos nerfs. Ce sont là les quatre conditions pour se
sentir plein de vigueur et de santé.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
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