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Rapports spéciaux

 

Une étude de RBC fait éclater les mythes à propos de l'Accord de libre-échange nord-américain

La capacité du Canada à s'adapter et à prospérer montre au reste du monde comment une économie beaucoup plus libre devrait fonctionner
Les leçons canadiennes de la libéralisation du commerce international
(pdf 8 pages,155 kB)

TORONTO, 6 novembre 2006 — Forte croissance économique, forte demande intérieure et environnement favorable aux investissements : le Canada a pris son essor depuis l'adoption des accords de libre-échange il y a 18 ans, selon un nouveau rapport des Services économiques de RBC, qui sera présenté au forum sur la compétitivité en Amérique du Nord organisé par le Conseil des Affaires canadiennes américaines, à Toronto, le 8 novembre.

« Le Canada fait l'envie de nombreuses nations, dit Craig Wright, économiste en chef à RBC. Peu de pays offrent un exemple aussi éclatant de leurs capacités à s'adapter et à prospérer dans un monde où les échanges commerciaux sont plus libres. »

Selon le rapport, contrairement à ceux qui prédisaient le pire pendant l'adoption de l'Accord commercial Canada-États-Unis en 1989 et l'Accord de libre-échange nord-américain en 1994, l'économie canadienne a prospéré et les craintes les plus exagérées ne se sont pas matérialisées.

Le rapport se penche sur huit mythes économiques qui ont émergé à l'époque, mais qui ont éclaté depuis. On craignait, par exemple, que la production parte vers le sud après l'abolition des barrières commerciales, comme les tarifs douaniers, les restrictions à l'exportation et les quotas sur les importations, et certains criaient que c'était la mort des exportations. C'est tout le contraire qui s'est produit. L'économie canadienne a dépassé celle des États-Unis 50 pour cent du temps au cours des 18 dernières années, et les deux pays ont augmenté leurs taux de production à long terme de biens et de services dans les mêmes proportions. Les exportations ont prospéré tandis que les secteurs manufacturiers des deux pays évoluaient aussi de la même manière.

La crainte de pertes massives et permanentes d'emplois avec l'Accord commercial et, aux États-Unis, avec l'ALENA, est un autre mythe traité dans le rapport.

« Certaines industries ont gagné, d'autres ont perdu, mais le résultat final est très nettement positif tant pour le Canada que pour les États-Unis, souligne M. Wright. On a assisté à une vague de créations d'emplois sans précédent, et les taux de chômage n'ont jamais été aussi bas des deux côtés de la frontière. En fait, c'est une pénurie de main-d'œuvre qui a émergé, pénurie qui fait grimper les salaires des consommateurs et pose un problème pour la compétitivité des entreprises. »

À l'époque, une grande partie des débats portaient sur la suppression des restrictions à la propriété, car on craignait que le Canada se fasse acheter. Selon les critiques, les sociétés américaines allaient se jeter sur leurs consoeurs canadiennes plus abordables et les dévorer ou des entreprises canadiennes, incapables de soutenir la concurrence mondiale, allaient disparaître. Malgré les méga-acquisitions qui ont fait la une des journaux dernièrement, il faut savoir que les sociétés canadiennes ont acheté plus d'entreprises étrangères que l'inverse depuis l'Accord commercial et l'ALENA. En fait, jusqu'à présent, depuis le début de cette décennie, les petites et moyennes entreprises sont devenues les championnes des fusions et acquisitions au Canada pour améliorer leur productivité et livrer concurrence dans le monde entier.

« Le Canada n'est pas devenu une économie de succursale comme le prédisaient des opposants à l'ALENA, dit M. Wright. Les accords de libre-échange ont contribué à accélérer la transformation du paysage commercial canadien qui en avait bien besoin. Et aujourd'hui, nous voyons des microentreprises et des petites et moyennes entreprises entrer dans une phase de forte croissance et réaliser les meilleurs gains de productivité au Canada. »

Le Canada n'est pas allé jusqu'au bout en matière de libéralisation des échanges
Si le libre-échange a été un véritable succès pour le Canada, il reste des poches qui n'ont pas encore exploité tout le potentiel de la libéralisation des échanges. Malgré la vigueur du dollar canadien et les liquidités records dont disposent les entreprises, celles-ci n'ont pas suffisamment investi dans les machines et les équipements, et elles sont à la traîne de leurs homologues américaines sur le long terme.

Si la productivité croît rapidement dans les petites entreprises canadiennes, elle continue de décroître dans les plus grandes, qui n'ont connu qu'une hausse de 0,5 par an au cours des dix dernières années. Le secteur des investissements directs à l'étranger demeure un sujet de préoccupation. Dans les autres pays, la plupart des entreprises investissent davantage au-delà de leurs frontières, mais pas au Canada et malgré des augmentations, la part du Canada dans ce type de placement a reculé.

« Même à l'intérieur du Canada, nous n'avons pas encore libéré les échanges de produits, de services, de capitaux et de main-d'œuvre, ni atteint une égalité réglementaire entre certains secteurs clés », remarque M. Wright. En outre, même si des conflits certains ont surgi dans certains secteurs, comme le bois d'œuvre et la vache folle, il faut tenir compte de l'ensemble de la situation pour évaluer la réussite après l'Accord commercial et l'ALENA, note M. Wright.

Les décideurs ne peuvent se permettre de dormir sur leurs lauriers
Si les gouvernements méritent des félicitations pour avoir transformé l'économie canadienne et créé un environnement plus favorable au développement, il reste du travail à faire. Ils doivent se pencher sur les obstacles qui affaiblissent la compétitivité des entreprises canadiennes comme les taux d'imposition élevés et une mauvaise taxation, le manque d'infrastructures, les problèmes qui entravent la libre circulation aux frontières et les pénuries de main-d'œuvre qualifiée. Voilà des questions sur lesquelles gouvernements et entreprises doivent se concentrer pour que la réussite continue.

« Avec la montée en puissance des économies du sud de l'Asie et des contextes politiques tendant à faire obstacle au libre-échange, des craintes ont commencé à ressurgir, dit M. Wright. Au cours des prochaines années, les craintes pour la sécurité suscitées par l'attentat du 11 septembre 2001 et le blocage des réformes seront les plus grandes menaces pour les économies du Canada, des États-Unis et du reste du monde. »

Le texte intégral du rapport est disponible à l'adresse www.rbc.com/nouvelles.

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Personnes-ressources pour les médias :
Raymond Chouinard, Relations avec les médias 514 874-6556

 

 

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