Les petites entreprises en tête des gains de productivité
au Canada, selon les Services économiques RBC
Conjonctures
TORONTO, 30 octobre 2006 — Les microentreprises
et les petites et moyennes entreprises du Canada réalisent
des gains de productivité beaucoup plus rapides que
les plus grandes sociétés, selon un nouveau
rapport des Services économiques de RBC.
Daprès le rapport, les petites et moyennes entreprises
ont enregistré un taux de croissance annuel de leur
productivité compris entre 2,5 et 3 pour cent de 2000
à 2005 alors que leurs concurrentes plus grandes nont
fait progresser leur productivité que de 0,5 pour cent
par an.
« Avec la montée des économies de lAsie
du sud et plusieurs chocs économiques ces dernières
années, les entreprises canadiennes ont dû se
concentrer bien davantage sur la croissance et la productivité,
dit Derek Holt, économiste en chef adjoint de RBC.
Pendant les années 1990, nous avons assisté
à lexplosion du nombre de petites entreprises
qui, si elles étaient en tête pour la création
demplois, souffraient dune faible productivité.
Aujourdhui, plus mûres, les microentreprises ainsi
que les PME entrent dans une phase de croissance beaucoup
plus puissante qui les fait passer en tête pour les
gains de productivité. »
« Les grandes sociétés ont encore un
avantage sur le plan de la productivité par rapport
aux concurrentes plus petites, mais une partie de cet avantage
sest érodé ces dernières années
et les sociétés plus petites les talonnent aujourdhui
», dit M. Holt.
Dans les trois quarts des 70 secteurs industriels suivis,
les microentreprises et petites entreprises ont réalisé
des gains de productivité plus rapides que la moyenne
du secteur. Dans la grande majorité qui a vu croître
sa productivité, la moitié des gains ont été
réalisés par des compressions deffectifs
alors que lautre moitié la été
par laccélération du rythme de croissance
du chiffre daffaires par rapport au rythme de croissance
de lemploi.
Les secteurs dans lesquels les petites entreprises ont affiché
la plus forte croissance de la productivité au cours
des cinq dernières années sont notamment ceux
des grossistes de véhicules et de pièces automobiles,
les fabricants de produits chimiques, les fabricants de produits
en caoutchouc et en plastique et les industries de linformation
et culturelles. Parmi les entreprises de taille moyenne, la
croissance de la productivité a été solide
chez les détaillants sans magasins, dans la fabrication
et la vente de gros de produits pétroliers, le transport
aérien et la fabrication de produits du bois. Parmi
les grandes entreprises, la productivité a le plus
progressé chez les grossistes de machines, déquipements
et de fournitures, dans la fabrication de matériel
et de transport, les magasins de loisirs et dalimentation
et la fabrication alimentaire.
LAlberta, la Colombie-Britannique et lOntario
ont connu les plus forts taux de croissance de la formation
de nouvelles entreprises de toutes catégories, surtout
des grandes sociétés. LAlberta était
en tête de tout le pays ; les grands employeurs et les
entreprises reliées au secteur pétrolier y ont
enregistré les plus fortes augmentations de la création
dentreprises. Cependant, en dehors de lAlberta,
la Colombie-Britannique et lOntario, le reste du pays
a vu diminuer, le nombre de microentreprises et, à
lest de lOntario, celui des petites entreprises
a également reculé.
« Les prix élevés de lénergie,
les marchés du travail étriqués et lappréciation
du dollar canadien sont les principaux facteurs qui ont poussé
les entreprises à se concentrer sur laccroissement
des niveaux de productivité, dit M. Holt. Pour atteindre
les objectifs de production, les PME ont investi davantage
dans des machines et du matériel, comptant moins sur
la main-duvre. Résultat, les entreprises
plus petites et moyennes ont augmenté leurs économies
déchelle moyenne et leurs coûts sont devenus
plus concurrentiels. »
Pressions en faveur dune concentration
La restructuration et la concentration des branches industrielles
font aussi partie des facteurs qui ont fortement influé
sur le paysage économique canadien. Les entreprises
réagissent aux pressions et à la concurrence
mondiales en fusionnant et en faisant lacquisition de
branches dactivité pour accroître la productivité
afin de rendre léconomie canadienne plus concurrentielle.
En dehors des grandes transactions qui font les manchettes
et retiennent lattention des médias, la plupart
des rapprochements dentreprises qui se sont produits
au Canada concernaient des sociétés plus petites.
Lactivité de fusion et dacquisition est
stimulée par une conjoncture presque parfaite au Canada,
fait remarquer le rapport de RBC. Le nombre dopérations
de cette année dépassera probablement le record
annuel précédent établi en 2000, la plupart
portant sur des valeurs de 1 million à 100 millions
de dollars.
« De solides forces du marché remodèlent
le monde économique du Canada et il faut sattendre
à une poursuite des rapprochements dentreprises,
dit M. Holt. Les autorités de réglementation
doivent se pencher sur les obstacles à la croissance
comme les taux dimposition élevés des
sociétés sur les investissements productifs
particulièrement en Ontario et la tendance
à accroître les prélèvements indifféremment
des bénéfices, si le Canada veut rester concurrentiel
sur le marché mondial. De fait, la réussite
ou léchec de la politique à cet égard
aidera à déterminer si la nouvelle concentration
sur la productivité des PME fait partie dune
tendance à long terme qui améliorera le niveau
de vie ou si elle est purement cyclique et éphémère.
»
La création demplois chez les plus grands
Entre 2000 et 2005, environ 1,4 million de nouveaux emplois
ont été créés au Canada. En termes
de pourcentage de croissance, les employeurs de moyenne et
grande envergure ont augmenté les effectifs denviron
10 pour cent alors que les petites et très petites
entreprises nont augmenté leur personnel que
de trois pour cent. Cela marque aussi un changement dans les
sources relatives de croissance des marchés du travail
canadiens comparativement aux années 1990 où
les petites entreprises créaient le plus demplois.
Quatre provinces Colombie-Britannique, Alberta, Ontario
et Québec représentaient 87 pour cent
de lemploi total au Canada, alors que lAlberta
était le chef de file de la croissance dans toutes
les branches dactivité. Les secteurs connaissant
une solide croissance de lemploi sont limmobilier,
les sociétés de gestion, la construction, lextraction
de pétrole et de gaz et les services publics.
On trouvera le rapport intégral à ladresse
www.rbc.com/economie.
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