L'impératif de la diversité pour le Canada
:
2010 et au-delà
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Gordon M. Nixon
Président et chef de la direction
RBC Groupe Financier
Chambre de commerce de Vancouver
10 mai 2006
Merci,
En arrivant ici l'autre jour, je n'ai pas pu m'empêcher
de penser que le reste du Canada ne peut plus se permettre
d'ironiser sur le rythme paisible de Vancouver. Cette ville
est en pleine effervescence et sous les auspices d'une conjonction
favorable d'excellentes politiques, de la croissance de secteurs
industriels nouveaux et émergents, d'un secteur des
matières premières robuste et, bien sûr,
des Jeux olympiques. Il est facile dès lors de prédire
un avenir brillant et une économie puissante à
Vancouver et à l'ensemble de la Colombie-Britannique.
RBC est fière de ses activités en Colombie-Britannique,
qui est à la tête du pays en termes de croissance
- dépassant même l'Alberta depuis deux ans. Nous
sommes aussi fiers d'être le commanditaire exclusif
pour les services financiers des Jeux olympiques et paralympiques
d'hiver 2010 et nous sommes fermement engagés à
aider le COVAN à établir une nouvelle norme
mondiale.
Notre appui à l'équipe olympique du Canada
remonte à 1947 et vous ne trouverez personne de plus
emballé au sujet de 2010 que notre équipe ici,
à Vancouver. Certains de ses membres sont parmi nous
aujourd'hui, mais la plupart sont au bureau, et je l'espère,
travaillent
mais préparent aussi l'événement
En route vers 2010 avec RBC, une exposition itinérante
qui a fait toute la route depuis Halifax au cours des derniers
mois pour montrer au reste du Canada ce que Vancouver a à
offrir en 2010.
Si vous voulez passer un bon moment avec votre famille, je
vous invite à venir demain à la Vancouver Art
Gallery, où vous trouverez 5 000 pieds carrés
d'activités et la possibilité de rencontrer
des athlètes olympiques.
J'ai eu du mal à choisir un thème pour mon
allocution aujourd'hui.
J'étais tenté de vous parler de l'économie
canadienne, qui est la plus florissante dans le monde industrialisé
ou de notre commandite des Jeux
ou de leurs retombées.
Mais j'ai plutôt choisi de vous parler des difficultés
du Canada en matière de main-d'uvre et de l'importance
qu'il y a à attirer du capital humain et à l'utiliser
au mieux. La vigueur de l'économie, l'évolution
démographique et la mondialisation augmentent l'urgence
de relever nos défis en matière de main-d'uvre
et de tirer parti de toutes les occasions qui s'offrent à
nous.
Pour une société, pour une institution ou pour
une province, le personnel est son actif le plus important,
et maximiser le rendement de l'actif le plus important est
crucial pour soutenir la concurrence.
Vancouver, par exemple, s'apprête à essuyer
la tempête du siècle avec les Jeux olympiques,
l'explosion du secteur immobilier résidentiel et les
projets d'infrastructure comme la ligne de transport en commun
de l'aéroport Richmond de Vancouver.
Il faudra quelque 40 000 nouveaux apprentis dans les différents
corps de métier seulement pour réaliser les
projets de construction déjà prévus autour
de Vancouver au cours des dix prochaines années. Et
comme l'Alberta prévoit un déficit de 100 000
travailleurs au cours des dix prochaines années, la
concurrence entourant la main-d'uvre sera féroce
dans l'Ouest.
C'est un signe avant-coureur de ce qui attend le reste du
Canada.
Pour prospérer dans l'économie mondiale, le
Canada tout entier doit avoir une main-d'uvre compétente.
Il n'est pas seulement question ici de travailleurs spécialisés
dans la construction et le secteur pétrolier - tout
le monde comprend cela - mais plutôt de la valorisation
de l'ensemble des ressources humaines, dans tous les secteurs
de l'économie.
Ce sujet, j'en parle depuis 18 mois au moins, parce que je
crois qu'il définira l'avenir de notre pays, aujourd'hui
et au-delà de 2010. Si nous ne résolvons pas
les problèmes de main-d'uvre de l'ensemble du
pays maintenant, nous en ressentirons le contrecoup encore
longtemps après la tenue des Jeux olympiques.
C'est pour cela que j'ai intitulé mon allocution :
L'impératif de la diversité pour le Canada :
2010 et au-delà.
Si nous réussissons à valoriser la diversité
de notre effectif actuel et futur, nous disposerons d'un avantage
à nul autre pareil. Mais si nous y échouons,
nous paierons cher cette occasion manquée pour nos
citoyens et devrons lutter âprement pour maintenir notre
qualité de vie, sans même parler de l'améliorer.
Et ne vous y trompez pas : le monde entier s'arrache les talents
et, cette bataille, nous devons nous positionner de façon
à la gagner.
La diversité peut être et devrait être
l'avantage concurrentiel du Canada.
Cela dit, je vais commencer par le commencement.
Et le commencement
c'était l'économie.
Je sais bien que cela ressemble aux messages habituels ressassés
par Bay Street. Mais aucun pays n'a les moyens de mettre en
uvre un programme social fort sans un programme économique
sain.
Si les Canadiens veulent un excellent niveau de vie - et
bien entendu nous y aspirons tous -, nous devons devenir un
des pays les plus concurrentiels au monde pour pouvoir nous
l'offrir.
L'avantage économique du Canada n'est pas défini
par ses riches réserves de ressources naturelles ni
par ses investissements en usines, en matériel et en
machines. L'avantage économique du Canada, c'est notre
aptitude à valoriser le potentiel humain. Et cela ne
fera qu'augmenter à l'avenir à mesure que notre
assise industrielle se transforme.
Mais, le Canada est un petit pays. Notre taux de natalité
vient de toucher un creux historique, et notre main-d'uvre
vieillit. Cela ne suffit pas pour maintenir le statu quo,
et encore moins pour faire croître notre population
active.
Or, nous ne sommes pas seuls : d'autres pays comme l'Italie,
l'Espagne et l'Allemagne sont logés à la même
enseigne et nous disputent les talents.
Cette situation devient encore plus compliquée lorsqu'on
ajoute au tableau la Chine et l'Inde. Toutes deux sont de
grandes puissances économiques avec une population
en croissance, et toutes deux investissent lourdement dans
l'éducation et la formation professionnelle. Elles
aussi font partie de nos concurrents et l'inversion des flux
migratoires qui fait repartir nos immigrants chinois et sud-asiatiques
les plus talentueux nous guette.
L'immigration sera cruciale pour le Canada, et il sera essentiel
d'attirer les bonnes compétences et les bonnes capacités.
Nulle part cela n'est aussi clair qu'en Colombie-Britannique
dont environ un quart de la population est né à
l'étranger. Dans la seule grande région de Vancouver,
c'est l'immigration qui représentait au-delà
de 90 % de la croissance de la main-d'uvre entre 1991
et 2001.Cette tendance ne fera que continuer.
Actuellement, le Canada accueille environ 220 000 immigrants
par année. À ce rythme, avec le vieillissement
de notre main-d'uvre et notre faible taux de natalité,
notre population active cessera de croître dans 10 ans
environ. Il est évident que pour rester dans la course,
nous devons augmenter le nombre d'immigrants que nous accueillons
chaque année au Canada.
L'année dernière, RBC a plaidé pour
que le Canada augmente son objectif d'accueil d'immigrants
à 400 000 par an.
Nous devons attirer les bonnes personnes possédant
les bonnes compétences. Nous devons faire en sorte
que le Canada soit une destination de choix pour les immigrants
qualifiés. Notre besoin le plus pressant est celui
de travailleurs qualifiés ; mais nous devrons aussi
attirer les meilleurs et les plus brillants qui peuvent inventer,
investir et bâtir de nouvelles sociétés,
qui peuvent faire croître notre économie et améliorer
notre prospérité.
Mais il ne suffit pas de hausser les objectifs pour nous
donner l'avantage.
Pour dynamiser réellement notre économie, nous
n'avons pas besoin de chercher plus loin que dans notre propre
cour. La priorité des priorités devrait être
d'utiliser le potentiel existant de notre main-d'uvre
car c'est là que réside notre véritable
avantage.
L'an dernier, j'ai demandé à nos Services économiques
de quantifier ce qu'il en coûte à l'économie
canadienne quand nous ne réussissons pas à réaliser
le potentiel des immigrants ou d'autres groupes, comme les
femmes et les personnes plus âgées.
Nous avons constaté que si tous les Canadiens étaient
actuellement employés selon leur niveau d'études,
gagnant un salaire égal à celui des personnes
nées au Canada, le revenu des particuliers augmenterait
de près de 13 milliards de dollars par an.
Treize milliards de dollars, cela équivaut à
une augmentation ponctuelle de 400 000 travailleurs en un
an, simplement par la valorisation du potentiel déjà
présent chez nous. C'est un immense gaspillage de ressources.
La plupart des immigrants sont arrivés ici mieux instruits
que les Canadiens nés ici, mais beaucoup n'ont pas
trouvé d'emploi à la hauteur de leurs compétences
ou gagnent moins que les Canadiens de naissance. Pire encore,
ils sont au chômage.
Mais il y a une bonne nouvelle, toutes proportions gardées.
Le Canada a des taux d'activité plus élevés
et de chômage moins élevés parmi les immigrants
que bon nombre d'autres pays, comme la France, le Luxembourg
et les Pays-Bas. En fait, le Canada est plus près d'une
économie modèle pour l'intégration des
immigrants que tout autre pays au monde.
Mais nous avons aussi des difficultés. Alors que nos
politiciens aiment se vanter de la réussite de notre
société multiculturelle, nous ferions mieux
de reconnaître et de régler nos difficultés,
sinon nous en paierons le prix demain.
Quelques exemples :
- Nous obligeons les nouveaux arrivants à se soumettre
à un processus de demande d'emploi lourd - même
s'ils possèdent des compétences qui nous font
cruellement défaut. Et il n'y a pas de filière
accélérée pour les meilleurs talents.
- Nous imposons à nos entreprises un processus qui
complique l'embauche de talents étrangers, car il
les force à prouver d'abord la pénurie de
main-d'uvre compétente - même lorsque
cette pénurie est bien connue.
- Nous ne possédons pas la bonne infrastructure pour
soutenir les immigrants lorsqu'ils arrivent ici. Nous leur
refusons de bons emplois parce qu'ils n'ont pas d'expérience
de travail canadienne.
Ces difficultés suscitent déception et désespoir
chez les nouveaux arrivants, et non seulement les démoralisent,
mais coûtent aussi cher à notre pays.
Les études révèlent que les immigrants
ont aujourd'hui plus de difficultés à s'adapter
que les générations précédentes
et l'insuffisance d'inclusion des minorités et des
immigrants de deuxième génération crée
des difficultés à la fois sociales et économiques.
Plus vite les immigrants qualifiés travaillent dans
le métier pour lequel ils ont été formés,
mieux c'est.
RBC est bien connue pour ses politiques des ressources humaines,
mais je serai le premier à vous dire que nous ne sommes
pas parfaits non plus.
Atefeh Kermanshahi est ici parmi nous aujourd'hui.
Atefeh est iranienne. Elle s'est installée à
Vancouver en 1996 avec sa fille après avoir vécu
en Angleterre pendant dix ans. Elle est titulaire d'un diplôme
en économie et en commerce et a travaillé à
la Banque centrale d'Iran pendant plus de 11 ans.
Comme beaucoup d'immigrants, Atefeh n'avait pas de réseau
d'amis qui l'attendait ici. Elle croyait que son bagage universitaire
et son expérience de travail lui donneraient une longueur
d'avance. Mais elle a découvert que ni les études
ni l'expérience ne comptaient.
Je ne suis pas fier de dire que la première société
auprès de laquelle elle a postulé un emploi
en arrivant ici était RBC et que nous ne l'avons pas
embauchée.
Elle a été prise dans un cercle vicieux que
nous connaissons bien : sans études canadiennes ni
expérience de travail canadienne, pas d'emploi au Canada.
Nous n'avons même pas pensé qu'il pourrait être
économiquement avantageux d'embaucher quelqu'un comme
elle, avec ses compétences, pour nous aider à
nous rapprocher de la communauté iranienne riche et
en croissance sur la Rive Nord de Vancouver.
Elle s'est donc trouvé un emploi dans les ventes chez
un concurrent, assureur.
Rien dans ce poste ne correspondait à ses compétences,
mais il lui a procuré une expérience canadienne.
Après une année de misère, elle a de
nouveau posé sa candidature à RBC. C'était
en 1998.
Et cette fois-ci, nous avons compris.
Nous l'avons embauchée comme stagiaire des services
bancaires aux particuliers, et ce fut comme si nous avions
libéré une puissante source d'énergie.
Aujourd'hui, Atefeh est une planificatrice financière
à succès, un membre actif de notre Comité
stratégique iranien et est bien branchée sur
la collectivité. Elle fait même appel à
son réseau de connaissances pour nous aider à
recruter des employés iraniens. Plus que quiconque,
elle sait que RBC ne peut pas se permettre de ne pas reconnaître
des employés potentiels hautement qualifiés.
L'histoire d'Atefeh s'est bien terminée, mais beaucoup
finissent moins bien.
Statistique Canada a récemment révélé
que les immigrants ont plus de difficultés à
trouver un emploi à Vancouver que partout ailleurs
au Canada. Le taux d'activité des immigrants à
Vancouver est de 61 pour cent, mais seulement 44 pour cent
occupent des postes pour lesquels ils ont été
formés.
Démographiquement, on peut voir vers quoi nous nous
dirigeons. Il y aura environ un million de postes à
pourvoir en Colombie-Britannique au cours des douze prochaines
années et il n'y a pas assez de jeunes Britano-colombiens
pour les combler. L'immigration jouera un rôle vital
pour réduire l'écart, nous devons donc faire
tout ce que nous pouvons pour aider les immigrants à
s'intégrer dans la main-d'uvre afin qu'ils puissent
parvenir au maximum de leur potentiel.
Nous avons un besoin criant de programmes de formation linguistique.
Les employés ne doivent pas seulement pouvoir converser,
ils ont aussi besoin de capacités de communications
professionnelles pour réussir au travail. Le gouvernement
de Colombie-Britannique, et c'est tout à son honneur,
a augmenté le financement de la formation linguistique
de plusieurs millions de dollars dans son budget de 2006.
Il faut aussi des programmes d'aide à l'installation
et de mentorat, ainsi que des stages qui assurent une expérience
de travail canadienne.
À Toronto, RBC soutient Career Bridge, un programme
de stages pour des professionnels titulaires de diplômes
étrangers. Ce programme élimine certains des
obstacles à l'emploi auxquels se heurtent des professionnels
expérimentés tout en donnant aux employeurs
accès à des candidats présélectionnés.
Je crois savoir que Career Bridge prendra de l'expansion à
Vancouver en 2007, ce qui est une bonne nouvelle.
Nous avons un besoin urgent de programmes se rapportant aux
titres de compétences étrangers. Le gouvernement
de la Colombie-Britannique a engagé 16 millions de
dollars dans les programmes Skills Connect et International
Qualifications, qui non seulement dispensent une formation
et des services aux immigrants, mais qui aident aussi à
faire reconnaître plus vite les diplômes étrangers.
Les deux programmes reçoivent des fonds équivalents
du gouvernement fédéral également.
L'immigration ne figure peut-être pas en tête
des priorités du nouveau gouvernement, mais le budget
de la semaine dernière a néanmoins annoncé
la création d'un organisme d'évaluation et de
reconnaissance des titres de compétence obtenus à
l'étranger et a augmenté le financement pour
l'aide à l'établissement des immigrants ainsi
que les mesures incitatives pour les programmes d'apprentissage.
Si le gouvernement voulait aller un peu plus loin, Ottawa
pourrait aussi renforcer les initiatives provinciales déjà
en place pour créer une stratégie nationale
afin de développer des capacités locales parmi
les employeurs.
Alors que les pouvoirs publics ont un rôle important
à jouer, aucun palier de gouvernement ne peut porter
le fardeau seul : les entreprises doivent mettre l'épaule
à la roue. Mais jusque-là, cela n'a pas été
fait.
Les sociétés canadiennes le reconnaissent bien,
elles :
- omettent les immigrants dans leur planification des ressources
humaines ;
- n'embauchent pas les immigrants aux niveaux pour lesquels
ils sont formés ;
- et ont du mal à intégrer les immigrants
de fraîche date dans leurs effectifs.
Je ne pense pas que les entreprises se comportent ainsi intentionnellement,
mais qu'elles se heurtent plutôt à des défis
systémiques. Une fois qu'elles commencent à
comprendre le potentiel que recèle la diversité,
les défis systémiques semblent disparaître.
RBC a près de 70 000 employés dans le monde
et nous accordons une très grande importance à
la diversité. Je préside personnellement notre
Conseil de direction sur la diversité, composé
de cadres supérieurs de tous nos secteurs d'activité.
Pour vous donner une idée de l'importance de cet enjeu,
c'est le seul comité de RBC, en dehors de mon comité
de direction, auquel je siège.
Ce Conseil établit la stratégie et des buts
en matière de diversité.
Nous nous réunissons une fois par trimestre pour nous
assurer que la relève de talents est bien assurée
par des candidats de qualité provenant de divers groupes
et nous surveillons nos résultats.
Chacun de nos secteurs d'activité a des objectifs
en termes de répartition hommes/femmes et de minorités
visibles pour nous permettre d'évaluer où nous
en sommes et d'imputer des responsabilités, plutôt
que de nous en tenir à de beaux discours.
Actuellement, 23 % de notre effectif sont des membres de
minorités visibles, dont 38 % occupent des postes de
gestion et environ 9 % des postes de haute direction. Nous
savons que nous devons faire encore mieux, mais nous considérons
cela comme un investissement à long terme et sommes
attachés à la diversification de notre effectif.
Par exemple, nous avions l'habitude de demander aux postulants
à des emplois le nom de l'établissement qui
leur a délivré leurs diplômes ou leurs
titres de compétences, sur nos formules de demande
d'emploi. Mais nos recruteurs ne repéraient parfois
pas des candidats qualifiés parce qu'ils ne connaissaient
pas les institutions. Nous avons donc carrément éliminé
cette section de nos formules. Nous faisons les vérifications
au sujet des diplômes et des titres de compétences
plus tard dans le processus.
Nous avons aussi un programme de recommandations qui offre
à nos employés une récompense s'ils nous
aident à trouver des candidats extérieurs qualifiés,
ou à trouver des employés sur les marchés
culturels.
Si je peux me permettre de souligner un point de plus aujourd'hui,
c'est que notre approche de la diversité ne s'inscrit
pas seulement dans une perspective de justice sociale, mais
qu'elle représente aussi un débouché
commercial. Chaque nouveau Canadien que nous embauchons nous
aide à en savoir plus sur nos marchés culturels
- qui sont une source de plus en plus importante d'affaires
pour nous.
Nos éléments d'actif les plus importants franchissent
le seuil de nos portes chaque jour : si nous ne réussissons
pas à valoriser cet important bassin de talents, nous
risquons de manquer une belle occasion.
RBC compte environ 11 millions de clients au Canada.
Près de 15 pour cent sont des Néo-Canadiens
et des membres des minorités visibles - et nous nous
attendons à ce qu'une grande partie de notre croissance
future provienne de ces marchés culturels. Vancouver
en est une bonne illustration. Ces dernières années,
la Colombie-Britannique a accueilli plus de 30 000 immigrants
de l'étranger chaque année, principalement en
provenance de Chine et d'Inde, des groupes culturels qui font
maintenant partie du marché local et du paysage local.
Une grande partie des défis auxquels se heurtent les
nouveaux arrivants sont liés à des questions
d'argent, ce qui confère aux banques un rôle
important à jouer.
Si vous avez été immigrant, rappelez-vous vos
premiers mois au Canada. Vous n'aviez probablement pas de
pièces d'identité canadiennes pour ouvrir un
compte bancaire. Vous n'aviez pas d'antécédents
de crédit et ne pouviez donc probablement pas contracter
un prêt ou une hypothèque ou obtenir une carte
de crédit. Vous avez peut-être même eu
du mal à trouver à vous loger.
C'est pourquoi RBC met au point des produits et des services
dont les nouveaux arrivants ont un urgent besoin, au cours
des premières semaines ou des premiers mois.
Ils peuvent maintenant ouvrir un compte chez nous par Internet
avant même d'arriver au Canada. Cela leur permet d'organiser
l'aspect financier de leur nouvelle vie, de leur pays d'origine,
leur faisant ainsi gagner du temps et leur évitant
bien du stress lorsqu'ils arrivent ici.
Nous avons un nouveau site Web qui répond aux besoins
les plus pressants des nouveaux arrivants, et il est aujourd'hui
disponible en chinois, puisque la Chine est le premier pays
d'origine des nouveaux arrivants au Canada. Nous avons aussi
ouvert une nouvelle succursale à Beijing pour aider
les clients à établir des relations bancaires
avec nous avant qu'ils arrivent également.
Et l'an dernier, nous avons créé un Groupe
Clientèle Internationale, basé ici à
Vancouver, pour servir les clients non résidents. L'équipe
offrira des services en cantonais, en mandarin, en portugais
et en espagnol et servira des clients dans différents
fuseaux horaires.
Nous essayons de mettre en place les bons produits et les
bonnes personnes pour pouvoir mieux servir des marchés
diversifiés.
Il y a là une leçon que nous pouvons tous tirer.
Nous devons faire plus que simplement ouvrir la porte aux
immigrants - nous devons faire du Canada une destination de
choix où les immigrants peuvent réaliser tout
leur potentiel comme employés, entrepreneurs, clients
et voisins.
Le Canada est en butte à bien des difficultés
économiques dans le monde concurrentiel d'aujourd'hui.
Mais en termes de valorisation de la diversité et d'immigration,
nous avons déjà une longueur d'avance sur d'autres
pays. Nous devons maintenant faire encore mieux ce que nous
faisons déjà bien, et ajouter à l'édifice
les bonnes politiques et les bons programmes. Cela deviendra
d'autant plus important si le Canada augmente ses objectifs
d'immigration.
J'ai souvent parlé de l'importance de la diversité
et de l'immigration parce que je crois qu'elles sont vitales
pour la croissance future du Canada, qu'elles représentent
un important débouché économique et qu'elles
nous confèrent un avantage concurrentiel mondial.
Mais cela n'est vrai que si nous modifions nos politiques
et nos pratiques pour attirer les bonnes compétences
et nous montrons à la hauteur de nos valeurs d'intégration
et d'inclusion. Il faudra pour cela un engagement collectif
de la part des pouvoirs publics ainsi que du monde des affaires
et des autres participants.
Maximiser le potentiel de notre main-d'uvre diversifiée
n'est pas seulement un impératif social, cela peut
être l'avantage économique pour le Canada pour
2010 et au-delà.
Merci
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