L'information financière : Un équilibre difficile
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Barbara G. Stymiest
Chef de l'exploitation
RBC Groupe Financier
Huitième conférence annuelle de l'ICCA
sur l'information financière et la comptabilité
Toronto (Ontario)
12 septembre 2005
Merci mille fois de cette présentation,
Steve [Steve Johnston, responsable de la formation continue
de l'ICCA], et bonjour tout le monde
Comme toute la fin de semaine, ce sont encore les secours
à la suite de la tragédie semée par l'ouragan
Katrina il y a deux semaines qui font les manchettes ce matin.
En pensant à ce qui se passe dans le Sud-Est des États-Unis,
je ne puis m'empêcher de me rappeler que, hier, c'était
le quatrième anniversaire des horribles et tragiques
attentats terroristes contre les États-Unis. Cela m'amène
à prendre du recul et à admirer, pour m'en réjouir,
la vigueur de la réaction du monde entier face à
l'énorme destruction et à la dévastation
d'un certain 11 septembre.
Il y a quatre ans, la tragédie humaine a suscité
des actes héroïques ; à la destruction
s'est opposée la restauration et notre horreur s'est
muée en détermination. J'étais alors
à la tête de la Bourse de Toronto, et je me souviens
que, consciente des nombreux amis et collègues qui
étaient affectés par l'effondrement des tours
jumelles, j'avais été saisie d'une profonde
détermination et d'une volonté ferme de faire
en sorte que la Bourse reste disponible pour jouer son rôle
important dans notre système économique.
J'étais parfaitement consciente que l'intégrité
de l'infrastructure et la disponibilité des informations
sont déterminantes pour la confiance dans notre système
économique.
Puis, quelques semaines seulement après l'effondrement
des tours jumelles, un autre événement est venu
nous rappeler que l'intégrité peut aussi être
menacée de l'intérieur : l'implosion d'Enron
sous le poids d'une dette monstre éclipsée par
ce qu'on pourrait charitablement appeler une mauvaise qualité
d'information au sujet d'une société.
Avec la même célérité que pour
la reconstruction de Manhattan et Washington après
les attentats, les autorités de réglementation,
les législateurs et les leaders du secteur privé
se mirent à l'uvre pour réparer les dommages
infligés à l'intégrité de nos
marchés. Tous les participants du marché avaient
un nouvel ordre du jour : restaurer la confiance dans les
marchés financiers. Il s'en est suivi l'adoption d'une
vaste législation et de profonds changements dans les
directions, les conseils d'administration, la réglementation
et la surveillance des sociétés cotées
en Bourse. Ces mesures ont donné lieu à d'innombrables
études, ont fait émerger toute une industrie
de commentateurs et ont popularisé une nouvelle expression
que plus personne ne peut ignorer : Sarbanes-Oxley, du nom
d'une vaste nouvelle réglementation.
Je n'ai pas l'intention de m'étendre ce matin sur
les événements qui ont marqué les quatre
dernières années. Je préfère m'en
tenir à un des piliers de la confiance dans le marché : la qualité de l'information et des communications
financières. Ce matin, je veux m'intéresser
à la manière dont le marché considère
et interprète l'information financière. Et je
compte faire ressortir comment ces mutations ont provoqué
de profonds changements dans la profession comptable - à
mon avis, pour le mieux.
Il y a de cela plusieurs années, Robert Howell, éminent
professeur en commerce invité à la Tuck School
of Business à Dartmouth, a fait l'observation suivante
sur ce sujet : « les états financiers, à
savoir l'état des résultats, le bilan et l'état
des flux de trésorerie, sont à peu près
aussi utiles qu'une carte de Los Angeles vieille de 80 ans. »
Je suis sûre qu'il y a beaucoup de gens dans cette
salle qui un jour ou l'autre dans leur carrière ont
partagé l'avis de M. Howell. Je n'ai pas l'intention
d'épiloguer sur les raisons historiques qui ont fait
que l'information financière en était arrivée
là, mais plutôt d'évaluer comment nous
pourrions renverser cette perception. De mon point de vue,
on ne peut tout simplement pas considérer l'information
financière comme une carte routière périmée : elle doit décrire, pour les investisseurs, les mesures
qu'a prises une société dans le passé
et l'orientation qu'elle se donne pour l'avenir.
[S'ADRESSANT AU PUBLIC] Faisons un petit sondage. Levez la
main :
- ceux qui travaillent pour des préparateurs
de rapports financiers - soit dans des sociétés
cotées en Bourse soit dans des cabinets comptables
;
- ceux qui sont des utilisateurs des états
financiers produits par le premier groupe de personnes -
vous êtes peut-être des analystes, des banquiers
ou des professionnels des placements ;
- et, enfin, ceux qui occupent des fonctions de surveillance,
comme la CVMO ou d'autres autorités de réglementation.
L'objectif de ce petit sondage était de faire comprendre
qu'il existe au moins trois catégories différentes
de CA qui travaillent sur ou avec l'information financière : les préparateurs, les utilisateurs et les organismes
de surveillance. Chacun de vous joue un rôle différent
et crucial dans le cycle de vie de l'information financière.
Et vous avez chacun des besoins et des objectifs différents
en ce qui la concerne. Chacun de vous a des raisons différentes
d'employer l'information financière. Et chacun de vous
a droit à une information qui correspond à ses
besoins pour assurer le bon fonctionnement de notre marché.
Une société cotée en Bourse, c'est-à-dire
tout émetteur assujetti, doit tenir compte des besoins
de toutes les parties intéressées et assurer
une communication excellente et compréhensible qui
les satisfait toutes.
Pourquoi ?
En 1996, une étude de Mark Lang et Russell Lundholm
a constaté que, et je cite, [TRADUCTION] « les
entreprises qui ont des politiques d'information financière
plus riche sont suivies par plus d'analystes, dont les prévisions
de bénéfice sont plus justes et moins disparates,
et elles présentent une moins grande volatilité
dans les révisions de leurs prévisions. »
Quelle équipe de direction ne voit pas là des
avantages cruciaux ?
L'étude de Lang et Lundholm a également révélé
que les avantages possibles d'une bonne information peuvent
aussi réduire le coût du capital de la société.
Un article récent de The Economist va encore
plus loin en disant à peu près ceci : « Des chiffres fiables permettent aux investisseurs de prendre
de bonnes décisions. S'ils laissent à désirer,
ils ne se soldent pas seulement par une injection insuffisante
de capitaux, mais aussi par une perte de confiance dans les
marchés, et si à cela s'ajoutent des fraudes,
par d'énormes pertes pour les actionnaires. Une étude
du cabinet Glass Lewis a révélé que les
investisseurs ont perdu au-delà de 900 milliards de
dollars dans plus de 30 grosses fraudes, entre 1997 et 2004. »
Alors, si le manque d'intérêt des investisseurs,
l'augmentation des coûts du capital et les immenses
pertes pour les actionnaires ne suffisent pas à convaincre
un groupe de direction des avantages d'une bonne information,
il me reste à en appeler à son seul intérêt
égoïste. Et à invoquer la loi. Purement
et simplement.
Les lois et les règlements imposent maintenant de
lourdes sanctions en cas d'information incompétente
ou malhonnête. Demandez à Bernie Ebbers. Demandez
à Andrew Fastow.
Pour ajouter à l'appréciation que donnait M.
Howell de l'utilité des états financiers, les
émetteurs doivent donner aux investisseurs de meilleures
orientations dans leurs états financiers. Sans cela,
les investisseurs sont perdus. Alors, comment améliorer
la qualité de nos orientations et donner un contexte
plus éclairant et de meilleures explications des tendances
et d'autres variables ? Et qu'est-ce qui constitue de bonnes
orientations ou une bonne communication de l'information ?
Pour reprendre l'image de la cartographie, dans l'information
financière, le bilan, l'état des résultats
et l'état des flux de trésorerie sont des repères
qui aident les utilisateurs à s'orienter et à
s'y retrouver dans les communications financières d'une
société. Tout comme le cartographe doit marquer
le Nord sur une carte, les sociétés doivent
s'assurer que leurs états financiers sont techniquement
exacts, conformément aux PCGR, pour que les investisseurs
puissent se diriger vers les bonnes conclusions ou destinations.
Les PCGR ne sont pas parfaits. Ils ne permettent pas toujours
de donner une image limpide ou complète de la performance
de l'entreprise. La simple mise en conformité technique
avec les PCGR, sans contexte suffisant, peut souvent ne projeter
qu'une image partielle de la performance d'une société.
Malheureusement, les normes de comptabilité basées
sur des règles sont maintenant devenues si précises
et si complexes que beaucoup de professionnels ont eu tendance
à se focaliser sur le carcan qu'elles imposent plutôt
que sur les principes qui ont présidé à
leur création. Je ne suis pas la première à
dire que les PCGR portent à s'en tenir à la
lettre plutôt qu'à l'esprit de la loi. Comme
l'exprimait Michael Wilson, un commentateur britannique, « les PCGR mettent pratiquement les comptables au défi
de trouver des moyens toujours plus ingénieux de s'adapter
au moule ».
L'exactitude technique et la conformité à la
réglementation ne suffisent pas pour brosser un tableau
complet de la performance d'une société.
Les complexités du monde des affaires ont prouvé
que les innovations, comme les produits dérivés
et les opérations hors bilan, jouent un rôle
crucial dans notre système. Mais utiliser ces outils
pour cacher la véritable situation financière
d'une société n'en fait pas partie. La comptabilité
fondée sur des règles exige que les sociétés
ajustent leur performance à un cadre de référence
et cela crée parfois d'importantes occasions de dissimuler
ou d'omettre des informations parce que les normes ne peuvent
pas suivre tous les développements financiers.
J'ai tendance à être d'accord avec le commissaire
de la SEC qui a dit un jour que plus les règles sont
précises, plus il y a de tentations pour les sociétés
de créer des opérations pour les contourner
et éviter de divulguer des informations. Pour paraphraser
la commissaire Cynthia Glassman, c'est la substance d'une
opération qui doit dicter le mode de comptabilisation
et non l'inverse.
À la fin de juillet, le Conseil des normes comptables
a publié un projet de plan stratégique qui disait
que « il est maintenant largement reconnu que les
règles ne donnent pas nécessairement lieu à
une meilleure information financière ». Cela
dit, la comptabilité reposant sur des principes n'est
pas parfaite non plus - par exemple, elle peut rendre les
comparaisons entre les sociétés difficiles.
Le débat au sujet des normes basées sur des
règles par opposition à celles fondées
sur des principes est important et nous le réserverons
à un autre moment. J'ai beaucoup de respect pour les
responsables de la normalisation qui examinent tous les enjeux
à mesure qu'ils révisent ou revoient les normes
existantes ou en créent de nouvelles. Mais leur
travail n'est qu'un volet d'une bonne information financière : les PCGR sont le fondement de la communication de l'information.
Ils constituent un moyen, et non une fin, pour assurer une
bonne information financière.
Dans un discours sur le thème de la restauration de
la confiance des investisseurs par une bonne communication
de l'information financière, le sous-secrétaire
du Secrétariat américain au Trésor de
l'époque [Peter R. Fisher] disait que les sociétés
doivent observer « le principe éternel selon lequel
il ne leur suffit pas de se conformer aux PCGR pour s'acquitter
de leurs obligations d'information ».
Il existe un autre moyen d'information financière
qui complète le travail technique de la comptabilité.
Si la comptabilité technique donne un aperçu
limité et souvent partiel de la performance d'une société,
le rapport de gestion, lui, présente un tableau plus
complet, illustrant qu'une bonne gestion est, pour le moins
dans une certaine mesure, un exercice de planification à
long terme.
La communication de l'information financière doit
par conséquent aussi donner un éclairage sur
les objectifs stratégiques de la société.
Si le bilan, l'état des résultats et l'état
des flux de trésorerie constituent la carte routière,
alors la SEC a indiqué clairement que le rapport de
gestion en est la légende.
Considérer les états financiers comme une carte
routière aide à comprendre combien la communication
de l'information financière a changé au cours
des dernières décennies, sans parler des cinq
dernières années.
Rétrospectivement, M. Howell a parfaitement raison
; les états financiers du passé n'étaient
effectivement pas des cartes très utiles de la performance
d'une société. Par définition, elles
présentaient le rendement de la société
à un point fixe dans le temps avec peu d'informations
contextuelles. Ce qu'on appelait alors l'Analyse par la direction
de la situation financière et des résultats
d'exploitation était une simple redite sous forme narrative
des tableaux financiers. J'exagère un peu pour mieux
me faire comprendre, mais examiner des états financiers
d'il y a 20 ans c'était un peu comme regarder une carte
pour un voyage de Vancouver à Toronto qui serait faite
d'une seule ligne sans rien de plus que les points d'origine
et de destination.
Comme je l'ai dit plus tôt, je considère que
le rapport de gestion présente un contexte précieux
et des informations utiles qui aident le lecteur à
comprendre où en était la société
et vers où elle se dirige. Une bonne carte n'indique
pas seulement les noms des lieux d'origine et de destination
; elle contient aussi des points de repère faits de
lieux d'intérêt ainsi que des informations sur
les services et les installations le long du trajet. Une bonne
carte apprendrait au voyageur que la route de Vancouver à
Toronto traverse des montagnes et des rivières - qu'elle
est parfaitement aménagée et va de deux à
huit voies, selon l'endroit où elle passe.
De la même façon, le rapport de gestion doit
expliquer les états financiers et non les paraphraser.
Il permet aux investisseurs d'apprécier pleinement
les risques, le potentiel et le pourquoi du rendement passé.
Le rapport de gestion est prospectif et, par conséquent,
permet à la direction de décrire ses motifs
et le raisonnement étayant ses décisions futures.
Comme la légende d'une carte, un rapport de gestion
plus détaillé peut même dire au voyageur
qu'il devrait s'attendre à rencontrer de puissants
vents dans les Prairies et des conditions routières
difficiles sur le bouclier canadien. Il peut évoquer
la beauté des Grands lacs ou la rudesse d'une traversée
du Manitoba et de la Saskatchewan en plein mois de janvier.
Il peut aussi comprendre une description des travaux routiers
en cours en Colombie-Britannique, annoncer un nouveau pont
qui doit être ouvert en Alberta et rappeler que le trafic
augmente à mesure qu'on se rapproche de Toronto.
Vous avez compris où je veux en venir. Une bonne carte
ne vous donne pas seulement un aperçu instantané
de la route. Elle vous donne aussi une idée des conditions
rencontrées ou à prévoir pendant le trajet.
Une bonne communication de l'information financière
doit en faire autant : faire ressortir les antécédents,
les tendances, les forces, les faiblesses et les plans que
la direction compte suivre.
Revenons sur les PCGR un instant. Comme je l'ai dit plus
tôt, les PCGR sont un outil très limité
et rendent uniquement compte d'une partie de la réalité
d'une société. Le rapport de gestion vise à
transmettre aux investisseurs, aux actionnaires - c'est-à-dire
aux propriétaires de la société - la
connaissance qu'a la direction des activités de la
société. Cette section décrit délibérément
la situation du point de vue de la direction.
Et si les autorités de réglementation ont eu
tendance à scruter à la loupe l'utilisation
de mesures et d'autres indicateurs commerciaux non conformes
aux PCGR, ceux-ci sont parfois indispensables pour comprendre
des changements ou des éléments importants.
Ce sont les éléments d'information qui aident
le mieux les investisseurs à voir la société
du point de vue de la direction. Si la direction s'en remet
à certains indicateurs et à d'autres données
commerciales non conformes aux PCGR pour gérer convenablement
l'entreprise, il est crucial de divulguer les plus importants
d'entre eux pour donner aux états financiers ce que
les analystes appellent de la « couleur ».
Comme vous le savez, la SEC exige un rapprochement et une
explication des mesures non conformes aux PCGR avec leur équivalent
prévus dans les PCGR. Même si elle est potentiellement
lourde, cette exigence de rapprochement impose une discipline
pour garantir que les indicateurs non conformes aux PCGR ne
sont utilisés que lorsqu'ils sont nécessaires
pour améliorer la qualité de l'analyse.
Très clairement, je suis opposée à toute
tentative de faire du rapport de gestion une communication
standardisée. Chris Hicks, le responsable du développement
des connaissances à l'ICCA a publié un article
dans le CA Magazine de ce mois-ci sur un meilleur rapport
de gestion. Il se montre très succinct sur la valeur
du rapport de gestion. Se contenter de se conformer aux exigences
de la réglementation c'est, dit-il, « manquer
de vision ».
Le rapport de gestion doit être une présentation
franche et cohérente de la société et
de ses perspectives. Il devrait aider à répondre
à la question à savoir pourquoi on devrait investir
dans la société considérée. Les
meilleurs rapports de gestion devraient être faciles
et passionnants à lire.
Une fois de plus, je dois lever mon chapeau au Conseil canadien
de l'information sur la performance de l'ICCA pour ses efforts
en vue de hausser les normes des rapports de gestion en mettant
au point un ensemble de principes et un cadre de référence
qui aide les émetteurs à créer leurs
rapports. Je suis sûre que la plupart d'entre vous sinon
tous connaissez le Règlement 51-102 [ou vous le connaîtrez
bientôt].
À RBC, nous prenons la conformité à
la réglementation très au sérieux et
nous voulons communiquer aux utilisateurs des renseignements
supplémentaires qui pourraient les aider à comprendre
notre société. Étant inscrits à
plusieurs bourses, nous sommes assujettis aux nombreuses autorités
de réglementation canadiennes et à leurs règles
ainsi qu'aux règles de la SEC. De plus, nous sommes
soumis à l'examen d'au moins 15 analystes de maisons
de courtage et à bien plus encore d'analystes de grandes
institutions de placement et de professionnels de l'investissement
qui suivent l'évolution de notre société.
Comme vous pouvez l'imaginer, nous consacrons énormément
de temps à analyser et à concevoir des manières
d'améliorer l'information que nous véhiculons
dans nos rapports de gestion. Notre objectif global n'est
rien de moins que de faire en sorte que les informations que
nous publions transmettent efficacement et de manière
convaincante nos messages clés tout en respectant les
exigences et les attentes de tous les principaux intéressés.
Le rapport de gestion, parle de nous et nous voulons
qu'il soit clair pour que le lecteur puisse voir ce qu'il
y a de plus important dans notre exploitation et dans notre
performance. Nos principes d'information comprennent la production
d'un rapport de gestion facile à lire et à comprendre,
centré sur les tendances, les facteurs et les événements
principaux ou sur d'autres changements notoires. Comme le
préconisent les directives de l'ICCA et d'autres, nous
nous efforçons d'utiliser un langage ordinaire dans
nos commentaires en nous concentrant sur l'explication de
la raison des changements qui se sont produits, plutôt
que sur la structure ou la composition de ce changement
Nous utilisons une approche du haut vers le bas pour expliquer
nos résultats et mettre en lumière les domaines
d'intérêt stratégique. Nous prenons le
temps de nous arrêter sur les éléments
ou les changements importants tout en expliquant les influences
économiques ou propres à la concurrence qui
s'exercent sur nos résultats. Cela consiste notamment
à donner aux investisseurs nos prévisions des
tendances économiques et de leur impact potentiel,
quoiqu'on remarquera que nous ne communiquons pas de prévisions
des grands indicateurs financiers que sont le bénéfice
par action ou le bénéfice net.
Ceux qui ont lu notre rapport de gestion remarqueront aussi
que, dans l'intérêt de l'équilibre de
l'information, nous n'avons pas évité
de parler de nos faiblesses ou des initiatives pour résoudre
des problèmes.
Pour nous, l'amélioration du rapport de gestion est
un processus continu à mesure que nous intégrons
les changements des normes comptables, les exigences réglementaires
et les pratiques optimales à la lumière de tous
les changements organisationnels que nous traversons. Cela
dit, notre cadre de référence vise clairement
à offrir aux investisseurs une explication stratégique
de nos activités pour compléter nos informations
techniques.
Heureusement, beaucoup d'autres sociétés utilisent
une approche semblable qui consiste à trouver un équilibre
entre les objectifs stratégiques et les objectifs techniques
dans leurs communications.
Les CA ont une occasion en or de répondre à
l'évolution des besoins du monde des affaires. Les
scandales et les modifications de la réglementation
qui en ont découlé ont amplifié l'exigence
d'intégrité et de responsabilité à
l'égard des données financières : le
rôle traditionnel et le plus essentiel des comptables
et des vérificateurs. Mais les CA doivent maintenant
pousser plus loin leurs compétences et élargir
leur champ de vision pour pouvoir mieux conseiller les dirigeants
d'entreprise sur la manière d'atteindre leurs objectifs.
Traditionnellement, dans les sociétés du monde
entier, les CA ont des responsabilités de fournisseur
ou des responsabilités axées sur la gouvernance.
Dans les rôles de fournisseur, les CA ont tendance
à remplir des fonctions de prestataires de services
internes pour les secteurs produisant des revenus. Les rôles
axés sur la gouvernance ou la conformité ont
pour but de veiller au respect des normes étendues
à toute l'entreprise pour faire en sorte que, notamment,
les lois et les règlements soient suivis et qu'on puisse
tirer parti des occasions d'améliorer l'efficience.
Les CA sont des professionnels qui possèdent un savoir-faire
technique indispensable - vous jouez un rôle crucial
dans la réussite et l'efficience de vos sociétés.
Chaque jour, vous démontrez que vous êtes des
professionnels, dynamiques et dignes de confiance dans tout
ce que vous faites.
Il s'agit là d'une assise solide sur laquelle on peut
bâtir.
Aujourd'hui, alors que des entreprises de plus en plus complexes
cherchent à étendre leur envergure et leur rayon
d'action, nous aussi, comme professionnels, nous devons étendre
et élargir nos rôles au-delà de celui
de spécialistes techniques. Comme dit Jim Carroll,
le FCA qui est aussi un commentateur économique, nous
avons tout intérêt à nous rappeler que
nous jouons un rôle critique - et je le cite - « pour donner aux entreprises les informations et la souplesse
dont elles ont besoin pour survivre et s'épanouir ».
Voilà l'essence de notre rôle - la gestion financière.
Comme dirigeante et comme CA dans une société
de services financiers multinationale et complexe, je comprends
l'exigence accrue de savoir-faire en gestion financière
et je me réjouis de savoir qu'il y a des CA possédant
ces compétences dans mon entreprise et dans beaucoup
d'autres.
Nous assumons les fonctions de planification stratégique,
de fusions et d'acquisitions, de gestion des risques, de promotion
des marques, de communications et de services juridiques.
En qualité de chef de l'Exploitation de RBC, je suis
responsable de tous ces secteurs.
Ces dernières années, les services des Finances
ont modifié leurs rôles pour apporter une plus
grande valeur ajoutée à leurs entreprises. Les
CA ne peuvent pas s'acquitter de leurs fonctions de gestion
financière en se contentant de dresser des comptes.
Ils doivent devenir multilingues. Ils doivent être bien
informés de questions dépassant les problèmes
techniques de comptabilité afin de donner de bons conseils
à leur entreprise sur tous les sujets, de la gestion
financière au montage de transactions. En qualité
de professionnels financiers du XXIe siècle, nous devons
être des conseillers intelligents et avertis de nos
clients et de nos partenaires.
À RBC, nous encourageons nos professionnels financiers
à assumer des fonctions en dehors du périmètre
du Siège social. Aujourd'hui, de nombreux professionnels
financiers travaillent dans l'ensemble de nos secteurs d'activité
pour étoffer leurs connaissances tout en apportant
à l'entreprise les avantages de leur savoir.
L'entreprise de recrutement et de conseils spécialisés
Robert Half International [commanditaire du déjeuner
d'aujourd'hui] estime qu'il y a une demande de plus en plus
grande de comptables capables de réaliser des analyses
financières, des vérifications internes, des
expertises comptables judiciaires et la gestion des risques
de l'entreprise. Dennis Beresford, ancien président
de la FASB, le résume ainsi : « le spécialiste
non-spécialiste - c'est-à-dire quelqu'un qui
est suffisamment généraliste et suffisamment
intelligent pour travailler dans beaucoup de domaines différents
- sera une personne précieuse ».
Comparativement à ce qui se passait il y a quelques
années encore, aujourd'hui vous êtes de plus
en plus souvent impliqués, consultés ou sollicités
dans des décisions clés dans l'entreprise. Pourquoi ? Parce que vos compétences peuvent apporter un éclairage
précieux aux dirigeants qui essaient de déterminer
la viabilité de leurs initiatives.
Les CA doivent continuer de faire la preuve d'un suivi de
gestion financière efficace à toutes les parties
intéressées, être des dirigeants actifs
et apporter une valeur ajoutée par la planification,
l'analyse et l'évaluation de la performance.
Les circonstances ont donné aux CA l'occasion de bousculer
le statu quo - nous pouvons prouver que nous sommes capables
d'aller au-delà de ce qu'on attendait traditionnellement
de notre fonction.
En plus de la création d'une entreprise plus efficace,
vous pouvez être encore plus satisfaits dans votre choix
de carrière.
J'espère que beaucoup d'entre vous trouveront cette
orientation stimulante, excitante et intéressante.
Pour certains, je reconnais que cette nouvelle orientation
peut aussi être intimidante et différente.
Mais c'est positif. Penser différemment c'est difficile,
mais cela comporte aussi beaucoup de potentiel.
Donc où que vous soyez - que ce soit dans une société
cotée en Bourse, dans un cabinet de comptables ou dans
un organisme de réglementation - amenez vos équipes
et vos services à devenir des centres d'expertise souples,
dynamiques et proactifs qui, en véritables partenaires,
aideront vos organismes et entreprises à atteindre
leurs objectifs.
Comme je l'ai dit tout à l'heure, les différentes
parties intéressées exigent que les communications
financières soient techniquement conformes tout en
expliquant les objectifs stratégiques et les orientations.
Ne devraient-ils pas s'attendre à ce que leurs professionnels
de la comptabilité fassent exactement cela ?
Merci de m'avoir invitée ce matin. Je me ferai un
plaisir de répondre à vos questions.
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