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Discours

 

Soins et éducation à la petite enfance :
Le coût de la négligence

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Charlie Coffey
Vice-président directeur,
Affaires gouvernementales et communautaires
RBC Groupe Financier
à la conférence
Conférence sur les enjeux économiques des services de garde
Delta Fredericton
Fredericton (Nouveau-Brunswick)

Vendredi 19 novembre 2004

Brenda, merci beaucoup de votre généreuse présentation… Quel plaisir d'avoir quelqu'un d'Entreprises Nouveau-Brunswick pour donner le ton à ce repas. Après tout, investir dans les soins et l'éducation à la petite enfance c'est aussi générer de la prospérité économique, entretenir des partenariats avec tous les intéressés et saisir des occasions de croissance et d'innovation. Votre premier ministre l'a bien compris, à plus d'un titre, lorsqu'il a déclaré que « Vers un meilleur avenir (le plan de prospérité du Nouveau-Brunswick) est notre vision à long terme de la croissance économique qui est basée sur une croyance manifeste : qu'une plus grande prospérité pour notre province est la voie vers un meilleur avenir pour notre population ». Vers un meilleur avenir - la voie de la prospérité - c'est aussi une question d'investissement dans les soins et l'éducation à la petite enfance.

C'est toujours avec grand plaisir que je reviens au Nouveau-Brunswick - la province où je suis né - et je suis ravi de me joindre à vous tous, ce matin, à Fredericton. Comment aurais-je pu refuser l'invitation de Chrystele Pinsonneault à parler d'un des sujets qui me tiennent à cœur - l'investissement dans les soins et l'éducation à la petite enfance ? Marshall McLuhan, un des pionniers de la communication au Canada, nous a souvent fait part de ses réflexions sur les enfants. Vous vous souvenez peut-être de son commentaire sur les couches des nourrissons ; il faisait remarquer qu'en anglais, le mot couche (diaper) lu à l'envers signifie remboursé (repaid). Pensez-y. Ce qui a donné lieu par la suite à de nombreuses interprétations au fil des ans - pour ma part, je préfère celle qui laisse entendre que le fait de prendre soin des enfants dès leur plus jeune âge présente des avantages à court et à long termes. Et le lien avec la prospérité est fondamental, tout comme l'est le fait que la négligence aussi a un coût.

Je suis convaincu que les entreprises, petites ou grandes, ont un rôle essentiel à jouer dans ce que j'appelle la solution collaborative sur la voie de la prospérité. Il est nécessaire que des dirigeants forts et diversifiés des secteurs public, communautaire et privé soient réunis autour de la même table lorsqu'il est question d'orientation politique et d'enjeux concernant les services d'apprentissage et de soins aux jeunes enfants. Qu'on ne s'y trompe pas, apprentissage et soins aux jeunes enfants font partie de la même équation. Et rappelez-vous que l'histoire a maintes fois prouvé que les virages ou changements dans la politique gouvernementale ne s'amorcent habituellement que lorsque le monde des affaires s'y rallie.

J'ai aimé le communiqué de presse sur cet événement (daté du 14 octobre) où l'on apprend que le Nouveau-Brunswick a compris l'enjeu - des intervenants importants se sont réunis pour organiser cet événement : le Conseil consultatif sur la condition de la femme, Entreprises Nouveau-Brunswick et Formation et Développement de l'emploi ainsi que Soins et éducation à la petite enfance du Nouveau-Brunswick. Il relève aussi des points forts : « Le lien entre le développement économique et les services de garde pour enfants sera le thème inhabituel d'une conférence provinciale (…) le mois prochain. Les agences de développement économique et les leaders communautaires seront la population visée par les enjeux économiques des services de garde. » C'est assurément un thème singulier - qui, pour certains, nécessite un certain apprentissage.

D'après Mary Lou Stirling, présidente du Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick, cette conférence sur les services de garde est inhabituelle parce qu'elle s'intéresse au rendement économique de services de garde de qualité. Le Nouveau-Brunswick semble prêt pour cela. Elle ajoute avoir été accueillie avec enthousiasme par Peter Mesheau, ministre d'Entreprises Nouveau-Brunswick, et Margaret-Ann Blaney, ministre de Formation et Développement de l'emploi, lorsque cette initiative a été proposée. Pour elle, les services de garde font partie de l'infrastructure qui permet aux gens d'aller travailler au même titre qu'un réseau de transport. Sans services de garde, les employeurs ont du mal à conserver leur effectif et les plans de développement communautaire sont dans une impasse. Et sans des services de garde de qualité, les enfants et l'économie souffrent. Selon Mme Stirling, la santé des personnes et des sociétés dépend du développement de la petite enfance.

Je vous encourage à interroger Gord Cleveland, ainsi que mes partenaires d'aujourd'hui, Lynell Anderson, Jane Bertrand et Wendy Johnston, sur la conférence Child Care for a Change: Shaping the 21st Century qui a eu lieu à Winnipeg la semaine dernière - la première grande assemblée de réflexion politique sur l'éducation de la petite enfance depuis plus de 20 ans.

En plus de Mme Johnston, les délégués du Nouveau-Brunswick auront probablement beaucoup à vous dire… Bien sûr, vous pouvez vous entretenir avec Gisele Bujold-Michaud (Conseil consultatif sur la condition de la femme à Grand Sault) et Jodi Campbell (New Maryland Children's Centre) ainsi qu'avec Sherry Canavan (Northside Daycare) et Dixie Lee Mitchell (conseillère et animatrice de la petite enfance) de Fredericton. Voilà pour les bonnes nouvelles - la mauvaise nouvelle est que les entreprises n'étaient pas bien représentées à la conférence.

Pourtant, il est clair que le monde des affaires a avantage à soutenir de bonnes politiques gouvernementales, puisqu'il a des intérêts dans les résultats de l'apprentissage et de la garde des jeunes enfants, à savoir l'éducation, l'emploi, la santé, la sécurité et la mobilisation communautaire. Quel grand PDG ne croit pas que le fait d'instruire, d'attirer et de garder les talents les plus prometteurs est une priorité stratégique ? Quel grand PDG ne voit pas le lien entre la responsabilité sociale des entreprises et leur développement, sans compter l'engagement des employés ? Quel grand PDG n'établit pas un rapport entre la valeur des partenariats commerciaux, gouvernementaux et communautaires et le progrès vers la justice économique et sociale ? J'aimerais m'entretenir avec un grand PDG qui ne comprend pas que pour accroître la valeur pour les actionnaires de demain il faut investir dans les enfants et les familles aujourd'hui. Susciter l'intérêt des entreprises peut aider à faire la différence.

Il faut que les leaders du monde des affaires interviennent dans le débat. Ils doivent être mis au courant des résultats des recherches - les preuves - et en discuter. On ne peut pas ignorer la contribution qu'apportent les services d'apprentissage et de garde des jeunes enfants à la création et au développement du capital humain. Des études démontrent que l'investissement dans l'enfance est bon pour l'économie et les affaires :

  • « Pour chaque dollar affecté aux services de garde, la société récupère deux dollars de retombées économiques sous forme d'augmentation des recettes fiscales et de diminution du coût des services sociaux, de l'éducation et des soins médicaux.  »

  • « Le développement du cerveau de l'enfant au cours des six premières années de la vie jette les bases de l'apprentissage, du comportement et de la santé pendant toute sa vie. »

  • « Si, durant les premières années, l'enfant est soutenu dans le développement de ses aptitudes cognitives, langagières, motrices et adaptatives et dans son fonctionnement socio-affectif, il a plus de chances de réussir à l'école et dans la société. »

  • « Une éducation de qualité supérieure pour les jeunes enfants produit des résultats positifs et des économies à long terme, notamment : l'amélioration des résultats scolaires, la réduction des placements dans des classes spéciales, des taux moins élevés de décrochage scolaire et un potentiel de revenu accru tout au long de leur vie. De plus en plus, les employeurs reconnaissent que l'accès à de bons programmes destinés à la petite enfance est essentiel pour recruter et conserver les parents comme employés. »

  • « On estime que les conflits entre les obligations professionnelles et familiales coûtent aux entreprises canadiennes environ 2,7 milliards de dollars en temps de travail perdu en raison des absences. »

On peut trouver d'autres études sur le site Web Voices for Children - www.voicesforchildren.ca qui invite les Canadiens à participer à une campagne de courriels « Sign On for A Canada Fit for Children ». L'objectif de cette campagne est d'envoyer 5 000 messages au gouvernement d'ici le 20 novembre (c'est-à-dire la Journée nationale de l'enfant) pour faire savoir que les Canadiens approuvent la vision et le plan d'action national pour soutenir les enfants, les jeunes et les familles, y compris la création d'un vaste ensemble de programmes de soins et d'éducation pour la petite enfance.

Il est aussi bon de prendre connaissance d'autres idées sur le sujet, vues sous un angle différent, dans des articles tels que : Socio-Legal Issues about Childcare par Mary Ross Hendriks et Patricia DeGuire (dans le bulletin de la section Analyse juridique féministe, octobre 2004, de l'Association du Barreau de l'Ontario) ; le document intitulé Stratégie canadienne en matière de services de garde à l'enfance - Cadre d'action proposé, produit par l'Association canadienne pour la promotion des services de garde à l'enfance, est également très intéressant… et des personnes comme Jane Bertrand et Jody Dallaire du Nouveau-Brunswick vous en diront plus, tout comme Mme Anderson dans quelques minutes.

Faits, chiffres et rendement des investissements sont des notions que le milieu des affaires peut comprendre. Et le message est simple : nous sommes responsables si nous ne fournissons pas un environnement favorisant un « bon départ » pour nos enfants. Il faut plus de leaders du monde des affaires qui considèrent les programmes axés sur l'apprentissage et la garde des jeunes enfants comme un enjeu économique, et pas seulement comme un enjeu éducatif ou social. Il s'agit d'un enjeu économique important parce que les services d'apprentissage et de garde des jeunes enfants permettent aux parents de travailler, d'apprendre et de se perfectionner tout en préparant leurs enfants à un avenir meilleur. Il s'agit d'un investissement judicieux à faire dès maintenant pour que la main-d'œuvre et l'économie soient concurrentielles en 2014.

Nous savons que les services d'apprentissage et de garde des jeunes enfants ont gagné leur place sur l'échiquier politique canadien. Il est maintenant temps de faire progresser ce dossier (avec l'aide des trois ordres de gouvernement) et de faire de l'apprentissage et de la garde des jeunes enfants une priorité à l'échelle nationale et internationale, tout en ciblant les enfants dont les besoins sont les plus criants, et en consacrant plus d'argent à des services de garde de qualité supérieure. Il faut au Canada une approche coordonnée pour assurer la qualité des programmes et servir un plus grand nombre d'enfants et de familles, y compris les enfants autochtones.

L'honorable Margaret McCain (co-auteur de la recherche Ontario Early Years Study et personnalité bien connue dans cette province) et moi-même avons envoyé une Lettre ouverte au ministre Dryden le 1er novembre, dans laquelle nous applaudissons sa vision de faire du réseau des soins et d'éducation à la petite enfance la prochaine grande initiative sociale. Entre autres points, nous avons encouragé les provinces à rationaliser leurs services décousus d'éducation, de garde et de soutien aux parents en vue d'assurer une plateforme stable d'expansion. Nous avons proposé la révision à la hausse des normes du gouvernement pour les programmes d'éducation et de soins à la petite enfance afin de promouvoir la qualité et de gagner la confiance du public. Enfin, nous avons aussi favorisé l'élaboration de plans de service avec des objectifs et des calendriers pour l'expansion et l'amélioration de la qualité afin que les gouvernements tiennent leurs promesses. Vous trouverez la lettre intégrale sur le site Web de la Atkinson Charitable Foundation à l'adresse www.atkinsonfoundation.ca.

Les entreprises ont un rôle crucial à jouer en soutenant l'action gouvernementale en faveur de l'apprentissage et de la garde des jeunes enfants, en influençant l'orientation des politiques publiques. Peut-être que les entreprises - les employés sur leur lieu de travail - peuvent aussi participer à ce qui pourrait bientôt être le nouveau « Lego-land » d'Ottawa, si une campagne menée par les défenseurs d'un programme de services de garde national commence à susciter un élan dans tout le pays. Les promoteurs de cette campagne incitent les Canadiens à envoyer aux politiciens une pièce du fameux jeu de construction comme geste symbolique pour que les soins et l'éducation à la petite enfance ne soient pas oubliés lors de la mise en œuvre d'un programme fédéral proposé. Le mouvement est né après l'intervention du ministre Ken Dryden, vendredi dernier, disant qu'il espérait que les 5 milliards de dollars sur cinq ans pour les services de garde promis par les Libéraux pendant la campagne électorale pourront commencer à affluer dès le mois d'avril prochain. Si quelqu'un désire en savoir plus sur cette campagne, dites-nous-le.

Établir des stratégies novatrices en ce qui a trait à l'apprentissage et la garde des jeunes enfants contribue à la prospérité du Canada. À ce titre, pourquoi les leaders innovateurs du monde des affaires ne songeraient-ils pas à des milieux de travail qui offrent des garderies sur place ou à proximité, des subventions pour la garde des enfants, des programmes après l'école, des réseaux de parents, des services d'information et d'orientation, le partage d'emplois, des horaires flexibles, ou des congés parentaux prolongés ou congés pour obligations familiales ?

Pourquoi les leaders innovateurs du monde des affaires n'encourageraient-ils pas l'investissement dans des initiatives ciblées axées sur les enfants et dans la représentation au sein de conseils pour la défense des droits des enfants ? Et pourquoi les leaders innovateurs du monde des affaires n'appuieraient-ils pas des partenariats avec les gouvernements et les collectivités, ainsi que la mise en commun des pratiques exemplaires ? Ce sont autant d'éléments caractéristiques d'une saine stratégie d'entreprise. Ils favoriseront le développement du capital humain, la promotion d'un cadre de travail plus sain et la création d'un avantage sur les concurrents.

À propos, le dernier numéro de la revue Today's Parent révèle les 10 meilleurs employeurs au Canada pour les employés qui sont aussi des parents. De récentes études montrent que les employés peuvent être plus productifs, moins enclins à prendre des congés de maladie et rester plus longtemps au sein de la même entreprise lorsqu'ils bénéficient du soutien de leur employeur dans leurs obligations familiales et leurs engagements personnels. C'était gratifiant de voir que la Régie régionale de la santé de la région Sud-est à Moncton faisait partie des 10 meilleurs employeurs.

Il est clair que dans cette salle, il y a beaucoup de personnes qui font preuve de leadership et de bonne volonté lorsqu'il s'agit des enfants et de la création de partenariats dans la collectivité. Je ne peux m'empêcher de mieux apprécier le pouvoir de la voie collective ni l'intérêt d'exiger plus et mieux en termes d'investissement dans la petite enfance. De Richard LeBlanc (Enterprise Network), Stephanie Bolger (Programme d'aide préscolaire aux Autochtones - Phase d'élaboration Under One Sky), Stephane Robichaud (Fédération canadienne de l'entreprise indépendante), Carlena Munn (RBC Dominion valeurs mobilières), Linda Gould (Soins éducatifs à la petite enfance), à Katie Young/Ramona Solomon/ Kelly Paul (divers étudiants ici présents), Kristina Rogers (Nouveau-Brunswick Aboriginal People's Council), Glenda Greene (Développement social Canada), Misty McLaughlin (Bureau de l'opposition officielle), Claudette Landry (Santé publique), Diane Hawkins (Sécurité publique), Lynn King (Ensemble, remettons les politiques d'aplomb) et Belinda Allen (Enterprise Saint John) - si seulement j'avais le temps de les nommer tous -, chacun de vous fait partie de la voie collective.

Il est grand temps que les leaders du monde des affaires s'expriment en plus grand nombre. «Dans le monde actuel, où le niveau d'instruction et de compétences détermine les possibilités de revenus futurs, les coûts économiques et sociaux sur le plan personnel, communautaire et national de l'inaction en matière de développement de la petite enfance sont trop élevés pour être ignorés, surtout lorsque les avantages dépassent largement les coûts  ». Comme on dit, il faut un village pour élever un enfant… alors, lorsque vous allumerez la flamme des services d'apprentissage et de garde des jeunes enfants au moyen de solutions et d'actions concertées, n'oubliez pas d'inclure le monde des affaires, car la négligence a un coût. Habitants du Nouveau-Brunswick, tenez bon !

Je remercie en particulier Chrystele Pinsonneault à qui je dois ma présence ici aujourd'hui - J'ai hâte de participer au débat qui aura lieu après l'intervention de Mme Anderson…

Merci…

 

 

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