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Discours

 

« Réaliser le potentiel du Canada au XXIe siècle »

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Gordon M. Nixon
Président et chef de la direction
RBC Groupe Financier
Princeton Developments Distinguished Lecture in Finance

Edmonton (Alberta)

Le 2 novembre 2004

Bonjour. Tout d'abord, j'aimerais remercier John Ferguson de m'avoir invité à participer au séminaire Distinguished Lecture in Finance de cette année. C'est un honneur et un plaisir pour moi d'assister à un événement organisé par l'école de commerce de l'Université de l'Alberta.

Parmi les facteurs qui rendent une économie concurrentielle et une société prospère, un des premiers éléments est la qualité des écoles et des universités. Elles sont au cœur de l'économie basée sur le savoir, forment des effectifs de talent et font progresser les connaissances et la compréhension du monde pour un avenir meilleur. Et l'Université de l'Alberta compte parmi les meilleures.

Je sais que les étudiants en commerce sont nombreux parmi nous aujourd'hui et je suis certain que la plupart ont réfléchi à leur avenir et à l'endroit où ils vivront quand ils commenceront leur carrière. J'espère que vous réussirez à trouver de bons emplois, ici au Canada, que vous habiterez dans un excellent milieu et que vous pourrez assurer une bonne qualité de vie à vos familles. Cependant, ce noble objectif, les Canadiens ne peuvent plus tenir pour acquis qu'ils l'atteindront à l'ère de la mondialisation, de la haute technologie et de la concurrence débridée.

Si nous voulons réaliser notre potentiel de société prospère au XXIe siècle, nous devons comprendre les défis économiques qu'aura à relever notre pays. Mais surtout, nous devrons les relever d'une manière qui assure un niveau de vie élevé à tous les Canadiens.

Voilà ce dont je veux parler aujourd'hui.

Mon message est marqué au coin de l'urgence, parce que le monde qui nous entoure vit de profonds bouleversements et que les enjeux sont incroyablement élevés pour tous les Canadiens. Notre pays a beaucoup plus à offrir à ses citoyens en termes de services sociaux et de qualité et de niveau de vie. Et pourtant, il est trop facile de tenir ce que nous avons pour acquis. Et il est trop facile de sous-estimer les mutations économiques et le rééquilibrage planétaire qui pourraient menacer notre prospérité future.

Rappelez-vous les années 1990. Combien de nos concitoyens parlaient de la Chine comme de l'usine géante du monde, et pas seulement pour la fabrication d'articles bon marché, mais aussi pour des produits à valeur ajoutée ? Combien voyaient dans l'Inde un centre d'impartition de logiciels ? Qui aurait pensé qu'une voiture coréenne finirait par remporter le prix de la meilleure qualité et de la meilleure performance ?

D'ailleurs, même Internet était un outil relativement nouveau en 1990, et le projet du génome humain n'était encore qu'une idée, pas une œuvre accomplie.

Ces forces et ces technologies ont transformé nos vies. Elles ont aussi entraîné une croissance économique et des gains de productivité qui ont relevé le niveau de vie presque partout. Les progrès de la science et de la technologie, et la décision de pays comme la Chine, l'Inde et le Brésil d'entrer dans le système économique mondial ont jeté les bases d'une nouvelle économie mondiale.

Et pourtant, ce n'est là encore qu'un avant-goût de ce que sera notre monde dans les décennies à venir. Un monde qui aura un grand potentiel de progrès pour l'être humain, mais aussi un monde de concurrence intense et d'avancées encore plus rapides des nouvelles connaissances et du savoir.

Aujourd'hui, je veux parler de l'importance pour le Canada de trouver de nouvelles sources de création de richesse qui nous donneront plus de possibilités de mieux soutenir un niveau de vie élevé, avec de bons emplois et des collectivités saines.

Les Canadiens ont de grandes ambitions pour la société à laquelle nous aspirons. Qu'il s'agisse de moyens de renforcer notre système de santé, de nouveaux investissements pour rendre nos villes plus vivables ou de faire progresser le développement de la petite enfance.

Tous ces objectifs sont importants et valables - mais tout dépend de notre aptitude à produire la richesse nécessaire pour nous payer ces avantages. Un bon programme social ne peut être réalisé qu'en conjonction avec un bon programme économique. C'est une réalité que, trop souvent, nous ignorons.

Il existe trois grandes voies pour permettre à une économie de croître et de prospérer.

La première est d'investir dans ce qu'on appelle les facteurs de production - améliorer les compétences des ressources humaines par l'éducation et la formation, et en investissant dans les technologies les plus évoluées.

La deuxième est de conquérir les marchés internationaux par le commerce extérieur et les investissements à l'étranger, en repérant des créneaux de prédilection et en nous spécialisant dans ce que nous faisons de mieux.

La troisième est de promouvoir la croissance économique, et celle sur laquelle j'aimerais m'arrêter un peu plus longtemps aujourd'hui, c'est de promouvoir et de stimuler l'innovation et l'entrepreneurship.

Mais quel est, aujourd'hui, le contexte de la concurrence dans lequel nous évoluons ?

Premièrement, nous savons que les nouveaux emplois et la richesse proviendront principalement de nouvelles activités, pas de la protection des entreprises et secteurs existants dans lesquels l'emploi diminue. Ces nouvelles activités - les nouveaux biens ou services, ou les nouvelles manières de faire les choses - verront le jour dans des pays qui sauront à la fois produire de nouvelles idées ou connaissances et les commercialiser avec succès.

La concurrence entre les pays pour être les chefs de file de ces nouvelles activités sera intense. Le Canada doit trouver des créneaux qui lui sont propres. Et nous devons le faire vite parce que le reste du monde n'attend pas.

Nos classements décevants dans le plus récent rapport sur la compétitivité du Forum économique mondial soulignent la nécessité de prendre ce défi plus au sérieux. En particulier, nous devons avancer plus vite dans la réforme de notre système fiscal pour éliminer les facteurs qui découragent l'investissement et la croissance. Et nous devons améliorer la polyvalence et la formation de notre main-d'œuvre pour qu'elle puisse mieux s'adapter aux nouveaux défis de la concurrence.

Deuxièmement, la mondialisation nous expose à un monde de plus en plus concurrentiel. Des pays comme la Chine, l'Inde, le Brésil et le Mexique ont développé et affiné leurs propres capacités et sont devenus des concurrents plus formidables dans tous les secteurs de l'industrie.

Au cours des prochaines années, nous verrons apparaître des voitures et des ordinateurs chinois. Nous verrons des sociétés de logiciels indiennes vendre des produits sous leurs propres marques et livrer concurrence aux Microsoft et autres grands noms. D'ores et déjà, le Brésil rivalise directement avec le Canada dans l'industrie de l'aviation.

La Corée du Sud illustre à quelle vitesse un pays déterminé peut se transformer de fabricant de marchandises bon marché en fabricant mondial de produits de marque. Aujourd'hui, le monde entier connaît les voitures Hyundai, les écrans plats Samsung et les appareils ménagers LG.

La Chine a tout pour connaître le même succès, mais à une bien plus grande échelle. Pas seulement à cause de la taille de son marché et de ses bas salaires, mais aussi parce qu'elle se donne les connaissances et les compétences nécessaires pour l'économie du XXIe siècle. À titre d'exemple, 200 000 ingénieurs obtiennent leur diplôme chaque année en Chine - pratiquement trois fois plus qu'aux États-Unis. Et alors qu'une grande partie des effectifs les plus talentueux et au niveau d'études le plus poussé immigraient jadis vers les pays occidentaux, beaucoup restent maintenant ou retournent chez eux où les attendent des débouchés immenses.

Voilà une raison de plus pour laquelle le Canada doit trouver ses propres domaines de spécialisation dans un monde de plus en plus compétitif. À mesure que les économies des marchés émergents deviennent plus riches et plus prospères, elles se transforment aussi en marchés plus grands pour des biens et des services uniques et à valeur ajoutée, le genre de choses sur lesquelles nous devons concentrer nos propres efforts.

Troisièmement, pour réussir, le Canada doit se doter des services à l'entreprise nécessaires pour soutenir l'entrepreneurship et la création de sociétés canadiennes concurrentielles sur l'échiquier mondial. Cela comprend l'importance de services financiers très évolués, concurrentiels à l'échelle mondiale et innovants.

Le Canada a un des meilleurs systèmes financiers du monde, et, au cours des 10 à 15 dernières années, nous avons répondu aux besoins de l'économie du savoir. Mais nous reconnaissons qu'il faut en faire plus pour soutenir la croissance de nos petites et moyennes entreprises. Notre pays sait bien faire éclore et lancer de nouvelles entreprises. Mais nous ne réussissons pas à développer nos PME en sociétés plus grandes et à améliorer leur taux de productivité.

Une des manières de relever ce défi consiste à faciliter l'accès au capital par une plus grande variété de partenaires et de modèles. Il faut notamment plus d'innovations financières pour alimenter le développement des sociétés technoscientifiques dans lesquelles les risques sont élevés et les délais de mise en marché peuvent être très longs, et dans lesquelles les cycles de vie des nouveaux produits et services sont plus courts.

La croissance de la productivité stimule la rentabilité et permet aux entreprises de prendre de l'expansion. Même si notre différentiel de productivité avec les États-Unis indique que nous devons faire mieux, il reste beaucoup d'éléments dont les Canadiens peuvent être fiers. Nous devenons un pays plus innovateur, qui s'appuie sur la matière grise. Et nos gouvernements ont augmenté leur investissement dans les sciences fondamentales, par un soutien accru à la recherche dans nos universités et hôpitaux de recherche.

Il s'agit en l'occurrence d'un rôle clé pour les pouvoirs publics. Ces investissements produisent la nouvelle base de connaissances que des entreprises et des entrepreneurs peuvent exploiter pour renforcer des sociétés existantes ou en créer de nouvelles.

Les progrès des technologies de l'information et des communications ainsi que des sciences biologiques découlent de la recherche fondamentale entreprise par nos institutions à financement public. La même chose se vérifiera avec la révolution dans des domaines émergents tels que la nanotechnologie et la physique quantique.

C'est un fait incontournable que les sciences et la technologie seront plus que jamais les moteurs des économies, et c'est pour cela que des pays des quatre coins du monde investissent de plus en plus dans la recherche et le développement pour repousser les frontières du savoir.

Pour sa part, le gouvernement du Canada s'est fixé pour objectif de faire du pays la cinquième puissance en recherche dans le monde d'ici 2010, comparativement à son 14e rang d'aujourd'hui. L'objectif est ambitieux et nous devrons être plus focalisés et déterminés pour pouvoir l'atteindre.

Ici, dans l'Ouest du Canada, le rythme de l'évolution économique a été considérable. Même si cela semble moins évident à côté des projets d'énergie chiffrés en milliards de dollars qu'on semble annoncer quotidiennement, l'Ouest est devenu un grand centre de sciences et de technologie. En fait, un nouvel Ouest émerge comme une grande force pour bâtir l'économie du savoir du Canada de demain.

Certes, le développement économique de l'Ouest du Canada a dans le passé été lié aux ressources naturelles - particulièrement l'énergie en Alberta -, mais l'exploitation des ressources naturelles a aussi toujours été tributaire des sciences, de la technologie et de l'ingénierie. Chacun de ces secteurs devra enregistrer des avancées du savoir pour soutenir sa croissance et créer de nouveaux débouchés. Et pour financer la croissance future dans ces domaines, nous devons réinvestir la richesse que rapportent nos ressources naturelles.

La nouvelle économie de l'Ouest du Canada se caractérise par l'émergence d'industries de la biotechnologie et de la nanotechnologie ici même, à Edmonton. Et l'Alberta n'est pas seule à progresser vers une économie du XXIe siècle.

La Colombie-Britannique devient un centre important pour les piles à combustible et la biotechnologie. Le Manitoba s'affirme comme un centre de recherche sur la santé publique au Canada. Et la Saskatchewan est le berceau du Centre canadien de rayonnement synchrotron, que j'ai visité hier. L'investissement de 174 millions de dollars dans ce projet, qui est le plus grand projet scientifique du Canada, permettra de nouvelles recherches cruciales sur la microstructure des matériaux.

Tout cela est très excitant et, quelque part dans ces nombreuses installations de recherche dans tout l'Ouest canadien, il y a des chercheurs qui trouveront de nouvelles idées remarquables créant de nouvelles ouvertures stimulantes pour l'avenir du Canada.

Mais cet investissement énorme et en croissance dans les sciences et l'innovation soulève des questions sur la manière dont nous captons le potentiel commercial pour bâtir un Canada plus fort et plus prospère. Comment convertissons-nous les nouvelles connaissances en nouveaux emplois et en nouvelles entreprises ?

C'est là un domaine dans lequel le Canada accuse un retard considérable. Par exemple, le ratio du revenu de la commercialisation aux dépenses en recherche est environ trois fois plus élevé aux États-Unis qu'au Canada. De plus, la recherche institutionnelle produit aux États-Unis plus de brevets par dollar investi qu'au Canada.

Dans toute la mesure du possible, nous devons nous assurer que les nouvelles connaissances produites ici débouchent sur une commercialisation couronnée de succès au Canada, afin que les emplois et la richesse qui en découlent reviennent aux Canadiens.

Pour y parvenir, nous devons définir et développer un soutien à l'amélioration de notre processus de transfert de technologie. Nous avons besoin de politiques plus cohérentes et plus faciles à appliquer, régissant la propriété intellectuelle dans nos universités et nos centres de recherche. Et nous devons améliorer la participation au capital de risque dans le secteur de la technologie naissante, par de meilleurs modèles de partage des risques entre les secteurs public et privé.

C'est là que les rôles des finances, des gouvernements et de l'éducation se conjuguent. Nous avons besoin d'un système financier qui permet la croissance, de politiques gouvernementales qui encouragent, facilitent et récompensent la croissance et d'un système d'éducation qui produit à la fois des chercheurs capables de trouver des idées nouvelles et des professionnels qui ont les compétences en gestion nécessaires pour les exploiter avec succès.

Cela nécessitera à la fois des capitaux publics et des capitaux privés. Ce n'est pas une question d'idéologie. C'est une question pratique de quête de ce qui fonctionne le mieux.

Nous avons beaucoup réfléchi à ces sujets à RBC Groupe Financier.

Depuis 1996, nous participons activement au Conseil consultatif des sciences et de la technologie du Premier ministre qui a produit de nombreux rapports importants dont un sur la commercialisation. Nous avons soutenu la création de la National Angel Organization du Canada, qui a pour vocation d'élargir le cercle des Canadiens ayant une fortune personnelle à investir dans de nouvelles entreprises locales et dans les premières phases de leur croissance.

Nous avons aussi examiné des manières de participer au marché du capital de risque, notamment par le biais de notre filiale, RBC Technologie Capital de Risque Inc. Cette filiale est centrée sur le financement des entreprises débutantes, à commencer par un capital de démarrage. Au Canada, c'est là qu'existent les plus grandes lacunes et nous sommes entièrement déterminés à essayer de trouver de meilleures manières de commercialiser avec succès les innovations provenant des institutions et des sociétés de recherche.

L'activité de RBC Technologie Capital de Risque consiste à créer des fonds réunissant des partenaires qui partagent les mêmes idées pour investir dans des secteurs prometteurs au Canada jouissant d'avantages véritables en matière de recherche. Ces secteurs sont notamment la biotechnologie, la technologie de l'information, le génie, les sciences physiques et les technologies agro-alimentaires. Nos partenaires - certains aux États-Unis et en Europe - apportent leur savoir-faire spécialisé et leur argent aux sciences canadiennes. Depuis 1999, nous avons aidé 48 nouvelles sociétés dans ces secteurs à mobiliser plus d'un demi-milliard de dollars. Plus de la moitié de cette somme provient de l'étranger, ce qui témoigne bien de la qualité des sciences dans ce pays.

Mais, d'un point de vue canadien, nous devons faire plus.

Si nous ne savons pas bien commercialiser, les fruits de l'expansion de nos investissements publics dans de nouvelles connaissances profiteront à d'autres pays, qui eux sauront mettre ces connaissances en marché. Notre objectif doit être de faire naître une nouvelle génération de sociétés canadiennes, qui ont leur siège social dans ce pays et qui peuvent créer de bons emplois ici, chez nous, en produisant des biens et des services de valeur qu'elles pourront vendre dans le monde entier.

Il existe actuellement un grand besoin de capital de risque de lancement pour de nouvelles entreprises de technologie parvenues aux étapes de la vérification de principes et de l'investissement de démarrage. Ce financement est crucial pour établir la validité de nouvelles technologies et permettre l'émergence de nouvelles jeunes pousses.

Au Canada, diverses institutions publiques et privées essaient de satisfaire ce besoin, mais le fossé est encore grand. Nous devons le combler efficacement pour que les nouvelles sociétés de technologie soient bien placées pour attirer de nouvelles vagues de financement de risque qui les conduiront avec succès au marché.

En plus d'un financement plus créatif, nous devons aussi élargir le bassin de gestionnaires d'entreprises compétents au Canada. Cette capacité de direction est essentielle pour développer et faire croître nos meilleures sociétés à l'échelle nationale et mondiale.

Il y a plusieurs années, nous avons commencé à nous inquiéter à RBC au sujet du retard du Canada sur les États-Unis, particulièrement pour transformer les petites entreprises en sociétés plus grandes et rentables. Nous semblions plus doués que les Américains pour lancer de nouvelles entreprises. Mais nous ne réussissions pas à les faire grandir.

Pour mieux comprendre la question, nous avons entrepris deux études. L'une, avec les Manufacturiers et Exportateurs du Canada et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante ; l'autre, avec l'école de commerce de l'Université Queen's et les Manufacturiers et Exportateurs du Canada.

La première étude - La voie de la prospérité - a été publiée en 2002. Elle portait sur les obstacles extérieurs à la croissance et a conclu que les entrepreneurs canadiens sont tout aussi ambitieux et prêts à prendre des risques que leurs homologues américains. Mais elle a constaté que les obstacles à la croissance étaient plus grands au Canada et que nous devions modifier les politiques fiscales et la réglementation et avions besoin de nouvelles approches de la part des institutions financières et des dirigeants d'entreprises.

La deuxième étude - Gestion et expansion - examinait les obstacles internes. Celle-ci aussi recommandait des changements de la part des gouvernements, des institutions financières et des universités, mais elle était beaucoup plus centrée sur l'importance d'une gestion compétente pour réussir en affaires.

Cette concentration sur la gestion n'avait rien d'étonnant. Les investisseurs - les « anges » -, le secteur du capital de risque et les institutions financières ont tous besoin d'avoir confiance dans les compétences en gestion de ceux qui gèrent les entreprises dans lesquelles ils pourraient investir.

Il ne suffit pas d'avoir une bonne idée d'entreprise. Ce qui compte tout autant, c'est la capacité de concevoir et d'exécuter une stratégie d'entreprise crédible. Le manque de confiance des investisseurs dans les capacités de gestion des petites entreprises est la principale raison pour laquelle celles-ci ne réussissent pas à trouver le financement qu'elles veulent.

Pour réussir à commercialiser les nouvelles connaissances de ses universités, de ses hôpitaux de recherche et de ses autres institutions, le Canada doit mieux former des gestionnaires capables de transformer ces connaissances en succès commercial.

Roger Martin, doyen de la Rotman School of Management à l'Université de Toronto, va plus loin. Il prétend que le différentiel d'innovation du Canada avec les États-Unis est dû en grande partie au fait que le Canada se concentre sur l'investissement dans la capacité de produire une offre de nouvelles connaissances, mais investit nettement trop peu du côté de la demande.

Le côté offre est représenté par nos investissements dans les scientifiques et les ingénieurs, ainsi que dans leurs activités de recherche et de développement. Le côté demande consiste en gestionnaires compétents qui ont la capacité de comprendre comment les nouvelles idées peuvent être traduites en une production vouée au succès commercial.

Si la demande est limitée, fait valoir M. Martin, l'expansion de l'offre seule n'entraînera pas davantage d'innovation au Canada. Nous finirons par financer la découverte de nouvelles idées, mais leur valeur réelle sera exportée vers des pays qui sauront les commercialiser. Et ce sont eux qui en récolteront les fruits économiques - pas les Canadiens.

Proportionnellement, il n'y a pas beaucoup de différences entre le Canada et les États-Unis dans la formation de scientifiques et d'ingénieurs. Mais les États-Unis produisent près de deux fois plus de gestionnaires formés que le Canada. Voilà, d'après M. Martin, où se situe le vrai différentiel de l'innovation.

Cet argument trouve une illustration dans le rapport sur la compétitivité du Forum économique mondial, qui démontre que les sociétés ne profitent pas pleinement de l'environnement économique du Canada.

Il est clair que nous pouvons et que nous devons faire mieux.

De plus, dans un pays aussi grand et dispersé que le Canada, nous devons trouver de meilleurs moyens de collaborer pour pouvoir nous donner l'échelle de grandeur et le savoir-faire nécessaires. Par exemple, les universités et centres d'excellence doivent travailler ensemble sur des projets partout où c'est possible. Sans une échelle de grandeur suffisante, nous ne parviendrons pas à mettre sur pied le niveau d'excellence nécessaire pour livrer concurrence à l'échelle mondiale.

Au début de mes propos, j'ai dit que le Canada devra relever de nombreux défis pour réussir dans l'économie du savoir du XXIe siècle. Je me suis aussi inquiété de ce que nous sous-estimons les changements nécessaires pour réagir avec succès à ces défis.

Mais je ne veux pas donner l'impression que rien ne se produit.

Selon certains indices, nous commençons à réagir. L'initiative nationale des Manufacturiers et Exportateurs du Canada pour établir une nouvelle stratégie pour l'avenir de la fabrication dans ce pays en est un bon exemple. Le travail du Conference Board du Canada pour produire ses rapports annuels sur le rendement et le potentiel de l'économie canadienne en est un autre. Et le Congrès du travail du Canada a lancé sa propre initiative, reconnaissant la nécessité d'améliorer la productivité au Canada.

De la même manière, notre nouveau ministre de l'Industrie, David Emerson, a indiqué qu'il comprend la nécessité d'améliorer le financement par capital de risque pour les jeunes entreprises canadiennes, l'importance de stratégies sectorielles et la nécessité d'amener les petites et moyennes entreprises à adopter les nouvelles technologies plus vite.

Et Jim Peterson, le ministre du Commerce international, a lancé une nouvelle initiative pour trouver des moyens permettant aux entreprises canadiennes d'améliorer leurs activités commerciales et leurs investissements sur des marchés émergents comme la Chine, l'Inde et le Brésil

Mais il faut plus.

Nous avons besoin de nous entendre sur le fait que notre programme économique est tout aussi important que notre programme social - en fait, je crois que les deux sont inextricablement liés. On a beaucoup parlé dernièrement de la nécessité d'améliorer le système de santé du Canada et l'infrastructure de nos villes.

Un de mes principaux messages aujourd'hui est que si nous voulons avoir le meilleur système de santé au monde et les villes les plus attrayantes, alors, nous devons devenir un des pays les plus concurrentiels du monde afin de pouvoir nous les offrir. Cela exigera de la concentration, de la coordination et des investissements. Et cela exigera un engagement de la part de toutes les composantes.

Aujourd'hui, le Canada a de nombreux atouts en main. Nous avons des ressources naturelles en abondance. Nous sommes le seul pays du G7 à avoir un excédent budgétaire. Notre ratio de la dette nette au produit intérieur brut est un de meilleurs de l'OCDE. Nos politiques d'immigration nous permettent d'attirer un capital humain précieux. Et le Canada a la réputation d'être un des meilleurs endroits au monde pour vivre et travailler.

Mesdames et Messieurs, le Canada est un superbe pays qui a de nombreux avantages. Mais nous ne devons jamais sous-estimer tout le travail qu'il a fallu abattre pour en arriver là et tout le travail qu'il reste à faire pour maintenir et améliorer notre niveau de vie.

Nous livrons concurrence dans un monde dans lequel se produisent d'importants changements économiques. Si nous voulons réussir dans ce monde nouveau, nos élus, nos cadres d'entreprise, nos chefs syndicaux et nos enseignants doivent travailler ensemble. Et ensemble, nous devons veiller à ce que le Canada ait toutes les possibilités de réaliser tout son potentiel, pour le bénéfice de tous les Canadiens.

Merci.

 

 

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