Le bien-fondé économique
de la responsabilité sociale de l'entreprise : Créer de la prospérité ensemble Format standard pour imprimante
Charlie Coffey
Vice-président directeur,
Affaires gouvernementales et communautaires
pour
The Canadian Institute
Au forum Bonne entreprise citoyenne : mythe ou réalité ?
Université d'Ottawa
Ottawa (Ontario)
Jeudi 30 octobre 2003
Je remercie tout spécialement Penny pour sa chaleureuse
présentation
et son invitation à échanger
des points de vue sur ce qu'est une bonne entreprise citoyenne
avec Denis, Ursula, Nathalie et tous ceux qui se sont joints
à nous ici aujourd'hui.
La semaine prochaine, la cinquième conférence
annuelle TBLI (Triple Bottom Line Investing Conference) -
le plus grand forum d'apprentissage sur l'investissement durable
international - réunira des centaines de personnes
à Amsterdam. Le programme portera sur les dernières
nouveautés concernant la sélection, la vérification,
la production de rapports, les placements socialement responsables,
les entreprises citoyennes, les indices et la recherche. Comme
certains d'entre vous le savent peut-être, le concept
de la TBLI s'articule autour du bénéfice économique
des entreprises ainsi que de sa responsabilité sociale
et environnementale. Vous verrez que ce thème s'intègre
bien dans notre discussion de cet après-midi.
Commençons par la notion d'entreprise citoyenne. Une
définition qui nous amènerait au cur du
sujet ressemblerait à ceci : « comprendre
et gérer les influences plus vastes d'une entreprise
sur la société pour le bien de l'entreprise
et de la société dans son ensemble » (Perspectives
on Corporate Citizenship - Jorg Andriof et Malcolm McIntosh,
2001).
Beaucoup de personnes utilisent indifféremment les
termes « entreprise citoyenne » et
« responsabilité sociale de l'entreprise » .
RBC parle en général de la responsabilité
de l'entreprise (sans le mot « sociale »),
car cet enjeu stratégique important couvre des notions
beaucoup plus larges que le mot « social » ou
même le mot « philanthropie ».
La responsabilité de l'entreprise et être une
bonne entreprise citoyenne concernent le marché
(est-ce que nous dirigeons nos affaires de manière
responsable ?), la collectivité (est-ce
que nous assumons une position de leadership avec des investissements
et des enjeux pertinents pour notre activité et nos
clients ?), le milieu de travail (est-ce que
nous traitons bien les employés et est-ce que nous
encourageons/soutenons leur participation ?) et l'environnement
(est-ce que nous prenons soin de notre environnement - de
l'air que nous respirons - de l'énergie que nous utilisons ?)
Tout cela porte sur la responsabilité au sens de la
conférence TBLI et la création, ensemble, de
prospérité.
Y a-t-il une justification économique solide de la
responsabilité de l'entreprise ? Nous croyons
que oui. Cependant, il est important de noter que la responsabilité
de l'entreprise ne peut faire partie de la vie d'une entreprise
que si elle est intégrée dans la vision, la
mission, les buts et les objectifs de l'entreprise - élaborés
conjointement par les principaux intéressés.
Par exemple, la responsabilité de l'entreprise est
à l'ordre du jour de RBC Groupe Financier. Elle fait
partie de notre vision - « Toujours mériter
le privilège d'être le premier choix de nos clients ».
Quels sont les principaux déterminants de la responsabilité
d'une entreprise ? Anthony Lupi, co-fondateur de Positive
Outcomes en Australie, traite de cette question ainsi (23
mars 2003 - Université de Sydney) :
- Les pressions internes : capacité d'attirer
et de retenir des collaborateurs ; être
un employeur de choix ; moral/fierté du
personnel ; gestion de la diversité - obtenir
la meilleure valeur de votre personnel ;
- Les pressions commerciales : meilleures relations
avec les partenaires ; acceptation de la collectivité ; image
de marque/réputation de l'entreprise ; intérêt
propre éclairé ; attirer des fonds
d'investissement socialement responsables ; avantage
concurrentiel des bonnes pratiques environnementales ;
- Les pressions externes : demande accrue de normes
plus élevées en matière d'éthique,
de gouvernance et de responsabilité ; mondialisation
- demandes accrues de transparence (vivre dans un monde
d'information continue) ; importance accrue des
partenariats entre les secteurs public et privé ; attentes
plus grandes de tous les intéressés - consommateurs/clients/groupes
de défense d'intérêts - la force et
la présence en progression rapide des ONG et chercher
à se soustraire à la réglementation
(gouvernementale).
Ces pressions internes, commerciales et externes sont soutenues
par des études qui révèlent que :
- l'image et la réputation d'une société
sont le premier déterminant de la fidélité
des clients ;
- il existe un lien clair entre la réputation de
la société comme bonne entreprise citoyenne
et la volonté des consommateurs de faire affaire
avec la société et
- l'image de la société est aussi un facteur
essentiel de l'engagement des employés.
Par ailleurs, d'après le sondage Millennium 1999 (effectué
auprès de 25 000 citoyens dans 23 pays) deux personnes
sur trois voulaient que les sociétés contribuent
à des objectifs plus vastes concernant la société.
Toujours selon ce sondage, les gens partout dans le monde
tiennent plus compte de la notion d'entreprise citoyenne que
de la notoriété de la marque ou des facteurs
financiers pour se forger une opinion sur les sociétés.
La responsabilité de l'entreprise fait une différence
dans le succès de la marque, le leadership d'un employeur
de choix, la préférence des investisseurs et
l'avantage concurrentiel. Elle contribue aussi de manière
fondamentale à la santé, au bien-être
et la prospérité de notre pays et de nos collectivités.
Il n'y a pas de limites à la santé, au bien-être
et à la prospérité
il n'y a que
des possibilités illimitées. Tout cela, ce sont
des rendements positifs
Qui n'est pas d'accord avec cette justification ? D'après
Milton Friedman peu de tendances pourraient miner aussi gravement
les fondements mêmes de notre société
libre que l'acceptation par les dirigeants d'entreprise d'une
responsabilité sociale autre que celle de gagner autant
d'argent que possible pour leurs actionnaires. Pour M. Friedman,
les affaires sont les affaires - au sens classique du terme.
Selon David Henderson (auteur de Misguided Virtue),
la responsabilité sociale de l'entreprise est une notion
floue au mieux et dommageable au pire - et il prétend
que cela entraînera des coûts plus élevés
avec des bénéfices sociaux douteux et que les
dirigeants d'entreprise sont trop disposés à
céder aux ONG. Il oppose intervention gouvernementale
à bonne entreprise citoyenne.
Il y aura toujours des points de vue divergents sur ce sujet,
surtout lorsque la valeur pour les actionnaires est en cause.
Cependant, si on explore les études qui ont été
faites et qu'on observe les tendances positives, il est clair
que l'entreprise citoyenne est loin d'être un mythe
et fait beaucoup pour améliorer la valeur pour les
actionnaires. Comme tout ce qui a une importance stratégique,
le leadership et l'adhésion commencent au sommet. Gord
Nixon, notre président et chef de la direction, a dit
que la responsabilité de l'entreprise est une part
essentielle des relations avec nos clients et autres partenaires
et un investissement stratégique dans la prospérité
future d'une société civile.
RBC gardera un rôle de leadership en matière
de responsabilité sociale de l'entreprise, continuera
de suivre les paramètres internes et externes appropriés
et de participer à des enquêtes d'organismes
tiers crédibles - des critères de références
pour la réussite. Nous croyons que ce qui se mesure,
se gère. Pendant sept années de suite, RBC a
été désignée comme une des meilleures
sociétés au Canada en termes de responsabilité
sociale (The Globe and Mail). Cela reflète
la somme de nos actions et de notre vision d'une bonne entreprise
citoyenne.
Nous croyons que notre investissement dans la responsabilité
de l'entreprise permet d'aider les enfants, de consolider
les familles, d'enrichir nos collectivités et de bâtir
le capital humain dont nous avons besoin pour assurer la santé
et la prospérité futures de notre pays - le
capital humain ici même dans cette salle. Vous pouvez
en apprendre bien davantage sur les priorités et les
pratiques exemplaires de RBC dans notre Rapport sur la
responsabilité de l'entreprise. Des exemplaires
du rapport seront mis à votre disposition à
la sortie de la salle.
Pour conclure, la question n'est pas de savoir si une entreprise
peut être à la fois rentable et responsable,
car à long terme, on ne peut avoir l'un sans l'autre.
Au bout du compte, la responsabilité de l'entreprise
concerne les relations avec tous les partenaires - notre aptitude
et notre engagement à agir et à réagir
dans les villes où nous vivons et où nous travaillons.
RBC Groupe Financier prend son rôle de chef de file
en matière de responsabilité d'entreprise très
au sérieux, surtout pour ce qui est d'accroître
les niveaux d'intégrité, de dialogue et d'action,
comme nous le faisons aujourd'hui. Cela fait des années
que nous prenons des engagements en matière de responsabilité
de l'entreprise. Pour faire la différence entre « participation » et
« engagement », il suffit de penser à
un déjeuner composé d'oeufs et de jambon : le
poulet a participé et le cochon s'est engagé
(anonyme).
Je me réjouis d'entendre vos commentaires et de répondre
à vos questions.
Merci.
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