La voie de la prospérité pour le Canada :
La croissance de nos petites et moyennes entreprises
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Gordon
M. Nixon
président et chef de la direction,
RBC Groupe Financier
Queen's Centre for Enterprise Development
Queen's School of Business
Queen's University
Kingston (Ontario)
7 octobre 2002
Bonjour
et merci Bill de cette aimable présentation.
Je suis enchanté d'être à Kingston aujourd'hui,
dans un des centres d'enseignement les plus éminents
du Canada. Et je suis heureux de participer à cette
conférence, organisée par le Queen's Centre
for Enterprise Development.
Diplômé de Queen's moi-même, je sais
bien que l'esprit d'excellence continue de souffler à
la Queen's School of Business, où de futurs entrepreneurs
viennent approfondir leurs compétences et élargir
leur vision du possible.
J'aimerais aussi saluer l'important travail qu'effectue
le Queen's Centre for Enterprise Development. En moins de
deux ans, le QCED s'est fait reconnaître comme un des
premiers centres de développement d'entreprises en
Amérique du Nord, offrant des recherches de pointe
et un portefeuille exclusif de services pour faire croître
et soutenir les entreprises au Canada.
Cette mission est précisément ce dont le Canada
a besoin. Et le thème de votre conférence, «
faire tomber les obstacles à la croissance »,
revêt une importance critique pour la prospérité
future de notre pays.
Le défi
Aujourd'hui, j'aimerais poursuivre un débat amorcé
dans d'autres forums influents comme celui-ci sur ce qu'il
faut faire pour assurer au Canada une position solide dans
une économie mondiale en évolution rapide. Une
des mes principales thèses est que les chefs de file
de l'industrie, les pouvoirs publics et d'autres intervenants
clés ont la responsabilité de collaborer pour
créer les conditions nécessaires à la
croissance de sociétés de calibre mondial, couronnées
de succès, ici même, au Canada. Et pour qu'elles
restent ici alors même qu'elles puisent dans les marchés
de l'ensemble de l'Amérique du Nord et du monde.
Cette mission n'est pas seulement cruciale pour l'entreprise,
elle est aussi cruciale pour la prospérité de
notre pays et pour le niveau de vie futur de tous les Canadiens.
Nous avons tous un intérêt dans l'issue de ce
débat.
Une de nos principales difficultés est que nous sommes
un petit pays qui livre concurrence sur un marché mondialisé,
où l'aptitude à créer et à commercialiser
des idées de manière productive est un déterminant
critique du succès économique. Pour réussir,
nous devons créer une culture d'excellence par l'éducation,
l'innovation et le leadership dans l'industrie et le commerce.
Et nous devons trouver des manières d'exploiter nos
avantages concurrentiels. Or, une des voies les plus importantes
est celle des petites et moyennes entreprises, ce dont je
veux parler ici aujourd'hui.
Mais d'abord, voyons rapidement quels sont la performance
et les défis de notre pays d'un point de vue macro-économique.
Le Canada a accompli des progrès importants au cours
des dix dernières années, et nous pouvons être
fiers de nos récentes réalisations.
Nous avons le taux de croissance le plus élevé
du G 7. Notre économie devrait progresser de 3,6 pour
cent cette année et de 4,1 pour cent en 2003. Nous
avons éliminé le déficit fédéral,
conservé un niveau d'inflation faible, fortement réduit
le chômage, amélioré notre ratio dette/PIB
et fait d'importants investissements dans l'infrastructure
qui soutient la recherche et le développement.
De la santé financière de l'État à
la qualité de vie dont jouissent nos concitoyens, le
Canada est un des pays au monde où il fait le mieux
vivre, travailler et élever ses enfants.
Malgré ces succès, cependant, notre prospérité
future est loin d'être garantie. En fait, certains enjeux
devraient éveiller des préoccupations chez nous
tous qui avons l'avenir du Canada à cur.
Nous avons à relever des défis sérieux
dans des domaines cruciaux pour notre bien-être collectif,
à commencer par la santé, l'éducation
et la qualité de vie dans nos villes. Notre niveau
de vie n'a pas évolué au rythme de celui des
États-Unis et, toutes choses étant par ailleurs
relatives, a en fait reculé de 20 pour cent. Et nos
résultats sont décevants en matière d'innovation,
de productivité et d'efficacité de la réglementation
ainsi que selon d'autres indicateurs de classement sur l'échelle
de la concurrence.
Le Canada est maintenant à la traîne d'autres
pays à en croire plusieurs indicateurs clés.
En 2000, une étude de l'OCDE a démontré
que notre PIB par habitant avait régressé à
la huitième place. Derrière les États
Unis comme on l'imagine bien, mais aussi derrière la
Norvège, la Suisse, l'Islande, l'Irlande et le Danemark.
En Ontario, la productivité du travail a régressé
régulièrement sur une longue période.
Parmi les 60 États et provinces d'Amérique du
Nord, l'Ontario se classe maintenant au 32e rang.
L'Alberta réussit à peine mieux - en 23e
place. Le Québec se situe au 49e rang.
Notre incapacité de dégager une meilleure
croissance de la productivité et l'élargissement
de l'écart avec les États Unis pourraient bien
être la plus grande menace pour notre prospérité
à long terme. Notre compétitivité est
la seule source de vitalité économique durable
et de création de richesse du Canada pour soutenir
notre mode de vie. En clair, nous avons besoin d'une stratégie
qui aidera les Canadiens à rattraper les Américains
en termes de revenu par habitant. Et avec le temps, même
à les dépasser.
La quête de la prospérité pour le Canada
Avec cette problématique à l'esprit, nous avons,
en mai dernier, évoqué six enjeux dont je crois
qu'ils sont cruciaux pour améliorer notre productivité
et faire avancer la prospérité du Canada.
Premièrement, le Canada a besoin d'une stratégie
sectorielle d'excellence. Nous devons voir les entreprises,
les pouvoirs publics et d'autres grands intervenants collaborer,
en partenariat, pour élaborer les bonnes politiques
et le bon climat micro-économique pour nos industries
clés.
Deuxièmement, nous devons encourager l'innovation.
Beaucoup de facteurs entrent en jeu sur ce point, mais il
est clair que le Canada doit augmenter son engagement dans
l'acquisition de compétences et dans l'éducation
et réussir mieux à commercialiser la R D.
Troisièmement, nous devons collaborer avec notre
principal partenaire commercial pour créer une frontière
plus transparente - une frontière qui permet la circulation
libre et facile des personnes, des biens et des capitaux.
Quatrièmement, nous avons un urgent besoin de réformes
de la réglementation et de la fiscalité. Des
autorisations en matière environnementale à
la réglementation des valeurs mobilières, les
entreprises canadiennes sont soumises à des processus
réglementaires coûteux et fastidieux qui minent
gravement notre compétitivité. Le Canada doit
se concentrer sur l'amélioration continue de son régime
fiscal pour qu'il soit concurrentiel à l'échelle
planétaire, afin de favoriser et non pas de pénaliser
l'investissement.
Cinquièmement, nous devons relever les défis
de nos systèmes d'éducation et de santé.
Nous devons aussi faire en sorte que nos villes soient des
lieux agréables où on a envie de vivre et qu'elles
offrent un environnement concurrentiel pour les sièges
sociaux des sociétés mondiales.
Et sixièmement, nous devons améliorer notre
aptitude à faire croître les petites et moyennes
entreprises et développer plus de chefs de file du
marché et de l'industrie pour remplacer ceux que nous
avons perdus.
Comme je l'ai déjà dit, je crois que les leaders
de tous les grands groupes d'intérêt ont collectivement
la responsabilité de créer les conditions nécessaires
pour améliorer la productivité et le niveau
de vie du Canada. C'est dans cet esprit de coopération
que RBC Groupe Financier a collaboré avec les Manufacturiers
et Exportateurs du Canada et avec la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante pour étudier
comment le Canada peut aider ses petites et moyennes entreprises
à prospérer et à croître.
Les petites et moyennes entreprises sont les éléments
constitutifs de l'économie canadienne. Les PME du Canada
emploient plus de personnes et génèrent plus
d'activité économique que tout autre secteur.
Les PME sont les principaux moteurs de la croissance économique
du Canada et cela n'a jamais été plus manifeste
qu'aujourd'hui. Les statistiques de création d'entreprises
montrent que nous réussissons bien à créer
et à lancer de nouvelles entreprises. Mais nous avons
plus de mal à entretenir le succès commercial
et à faire croître les petites sociétés
pour les transformer en grandes entreprises.
Par habitant, le Canada a beaucoup plus de micro-entreprises
que les États Unis, mais nettement moins de leaders
du commerce ou de l'industrie. L'écart entre les entreprises
moyennes et les grandes semble plus important chez nous. Les
entrepreneurs canadiens doivent lutter pour passer au prochain
niveau, ce qui ne devrait pas être le cas, vu notre
plus grand accès aux marchés dans le cadre de
l'ALÉNA. Et c'est là le nud du problème,
et le défi dont je veux parler aujourd'hui.
L'étude sur la voie de la prospérité
Pour mieux comprendre cet enjeu, RBC et ses partenaires ont
procédé à une vaste étude des
difficultés auxquelles se heurtent les petites et moyennes
entreprises qui essaient de croître.
Cette étude, qui a été publiée
ce matin, comprend deux éléments. Premièrement,
l'analyse des données existantes. Et deuxièmement,
un sondage auprès de plus de 1 200 propriétaires
et dirigeants d'entreprises au Canada et aux États-Unis
ayant moins de 250 salariés.
L'objet de l'étude était d'établir
une comparaison des PME de part et d'autre de la frontière
: sur la nature des entreprises, les attitudes de leurs têtes
dirigeantes, leurs opinions, leurs craintes et leurs frustrations.
Nous voulions connaître les défis auxquels ils
sont confrontés et savoir si, selon eux, le climat
économique au Canada diffère de celui des États
Unis.
Les résultats ont été positifs et assez
surprenants.
Par exemple, contrairement à l'idée reçue,
les entrepreneurs canadiens sont loin d'être timides
quand il s'agit de prendre des risques. En fait, seulement
20 pour cent d'entre eux ont cité l'hésitation
à prendre des risques comme motif de ne pas croître
- ce qui n'est pas très différent de leurs homologues
américains. En outre, quelque 75 pour cent des entrepreneurs
canadiens ont indiqué qu'ils ont une stratégie
d'expansion de leur entreprise, ce qui correspond à
la situation aux États-Unis.
Le plus étonnant de tout, peut-être, c'est
que les entrepreneurs américains et canadiens s'entendent
sur les mêmes grandes catégories d'obstacles
à leur croissance, à savoir les impôts,
la conjoncture en général et la pénurie
de personnel qualifié.
Il est utile d'examiner ces obstacles dans le contexte canadien.
En ce qui concerne le fardeau fiscal, beaucoup de petites
entreprises du Canada ont bénéficié de
toute une variété de mesures, dont l'exonération
des gains en capital de 500 000 $ et un rythme accéléré
de réduction des taux d'imposition des sociétés
sur le bénéfice d'entreprise entre 200 000 $
et 300 000 $. Mais un paradoxe demeure. La « récompense
», quand ils font croître leur entreprise et dégagent
un bénéfice de plus de 200 000 $ par an, est
une augmentation de neuf pour cent du taux d'imposition -
ce qui est un facteur dissuasif de la croissance. Et le Canada
a encore des taux d'impôts sur le capital et les salaires
élevés au point d'être punitifs - que
nos entrepreneurs voient comme le principal obstacle fiscal
à la croissance.
En outre, si les réductions des impôts sur
les sociétés annoncées visent à
aligner le Canada sur ses grands concurrents d'ici 2004, nous
ne ferons pas beaucoup de progrès parce que le monde
entier effectue les mêmes coupures.
Comme Tom Axworthy, professeur à Harvard et ancien
conseiller principal de Pierre Trudeau l'a dit à une
conférence la semaine dernière :
« Nous devons améliorer radicalement ce qu'il
en coûte pour faire affaire au Canada. Les impôts
sur les salaires, qui sont des impôts sur les emplois,
doivent être réduits, particulièrement
la part patronale de l'assurance-chômage. Nous devons
non seulement ramener les impôts sur les sociétés
au niveau de ceux des États Unis, mais même descendre
nettement en dessous. »
Nous savons que l'économie canadienne se porte bien.
Alors que l'expansion économique a été
alimentée par les exportations pendant le plus clair
des années 90, la croissance est maintenant principalement
attribuable à la demande intérieure, qui est
elle-même une réaction aux taux d'intérêt,
les plus bas depuis 40 ans.
Notre reprise est tirée par le commerce de détail
et les données sont impressionnantes. Au premier semestre
de cette année, le commerce de détail canadien
a progressé de six pour cent - deux fois plus que celui
des États Unis. Les ventes d'automobiles au Canada
étaient en hausse de 11 pour cent comparativement à
une baisse de 3 pour cent aux États-Unis ; et le taux
de mises en chantier de logements a augmenté quatre
fois et demi plus vite au Canada. Tous ces chiffres sont prometteurs.
L'économie canadienne est en bonne forme et se remet
de manière impressionnante du contrecoup du 11 septembre
- en grande partie à cause de l'optimisme et de la
création d'emplois qui continuent dans le secteur des
PME. Comme John Manley l'a dit, le Canada devient un «
tigre du nord, très poli et effacé, mais un
tigre tout de même ».
Mais il y a beaucoup de secteurs de notre économie
où l'inquiétude rend la vie des entreprises
difficiles, et la rentabilité des entreprises dans
toute l'Amérique du Nord est sérieusement remise
en question. Nous devons donc être bien conscients de
la fragilité de la confiance des entreprises et nos
gouvernements devraient faire tout ce qu'ils peuvent pour
maintenir le cap de la politique monétaire et budgétaire
et pour continuer d'ajouter à nos gains économiques
récents.
De part et d'autre de la frontière, les PME disent
aussi qu'elles se heurtent à des difficultés
en matière de ressources humaines. Elles trouvent difficile
de se doter d'un effectif talentueux, particulièrement
aux premiers stades de leur développement.
Il peut être difficile de concevoir des solutions
aux difficultés en matière de ressources humaines
que connaissent les PME, mais c'est un défi que nous
devons relever par nos politiques à la fois d'éducation
et d'immigration. Nous devons faire en sorte que nos enfants
ne décrochent pas de l'école et qu'ils acquièrent
les compétences nécessaires pour entrer de manière
plus productive dans la vie active. Et nous devons mieux aligner
notre politique de l'immigration sur les besoins de nos employeurs.
Définir les obstacles est le premier pas, mais il
est aussi important de s'y attaquer en temps opportun, puisque
l'avantage concurrentiel reviendra à ceux qui auront
été les premiers à s'y attaquer. C'est
particulièrement important pour le Canada, pour deux
raisons.
Premièrement, le Canada a proportionnellement plus
de micro-entreprises que les États Unis, donc les avantages
économiques de l'élimination des obstacles seront,
toutes choses étant relatives, plus importants pour
nous. Deuxièmement, comme les PME de part et d'autre
de la frontière ont tendance à avoir des taux
de productivité moins grands que les grandes entreprises,
nous avons plus à gagner en aidant nos PME à
croître de manière rentable et efficace. En d'autres
termes, le bénéfice de l'élimination
de ces barrières est beaucoup plus grand pour le Canada.
Comme nous le savons, la croissance de la productivité
stimule la rentabilité et permet aux entreprises de
prendre de l'expansion. Des études récentes,
dont notre sondage, nous indiquent qu'il y a trois grands
moyens d'aider les petites entreprises à croître
de manière plus productive. Le premier consiste à
faciliter l'accès au capital par une plus vaste gamme
de partenaires. C'est essentiel pour stimuler l'investissement
dans des machines et des procédés à valeur
ajoutée. Le deuxième est d'encourager les petites
entreprises à élargir leur marché et,
à terme, à s'orienter davantage vers l'exportation.
Notre pays a bien su tirer parti de l'ALÉNA, mais il
nous reste à augmenter le niveau des exportations du
secteur des petites entreprises. Et le troisième consiste
à faciliter l'adoption de nouvelles technologies par
les PME et à investir dans plus de recherche et de
développement.
La question de la recherche-développement est un
sujet difficile parce que la plupart des petites entreprises
ne peuvent pas se permettre beaucoup de
« recherches » après leur premier lancement
d'un produit et que la définition fiscale du «
développement » n'englobe pas bien ce qu'elles
font. En fait, la recherche pure s'effectue généralement
pendant que les entrepreneurs inventent quelque chose autour
de quoi ils créeront leur entreprise. Une fois qu'ils
lancent leur produit sur le marché, ils se concentrent
moins sur la recherche, qui coûte plus cher et exige
plus de temps.
C'est là que les institutions d'enseignement et
les pouvoirs publics peuvent intervenir utilement. Les universités
font beaucoup de recherche, dont une partie pourrait être
très utile à la petite entreprise. Cela donnerait
aux chercheurs un laboratoire vivant pour le meilleur de leur
travail et donnerait aux entrepreneurs toujours affairés
l'accès à des informations nouvelles et utiles.
Côté gouvernemental, une certaine reconnaissance
de l'important rôle de développement que jouent
les petites entreprises pour lancer de nouveaux produits sur
le marché pourrait aussi être utile. Par exemple,
les règles qui régissent les crédits
d'impôts à la R D sont peut-être trop restrictives
pour couvrir le genre de travail de développement important
que font nos entrepreneurs. Il serait bon de se pencher sur
la question.
Malgré la complexité de ces défis,
nous croyons qu'un effort de coopération centré
sur certains domaines spécifiques de politiques publiques
et privées peut aider nos petites entreprises à
croître plus rapidement et plus productivement.
La responsabilité de notre progrès doit, bien
sûr, être partagée. Par exemple, s'il incombe
au gouvernement de réformer les lois fiscales, il nous
appartient à nous tous de participer au débat
autour des changements précis qui sont les plus utiles.
Et le devoir de gérer leurs entreprises de manière
rentable reviendra toujours aux entrepreneurs individuels,
alors que les institutions financières ont pour rôle
d'offrir un marché concurrentiel pour les prêts
et les services qui s'y rattachent.
Notre étude révèle que la disponibilité
de prêts et les tarifs concurrentiels au Canada sont
solides et que les entrepreneurs ont accès à
une grande variété de prestataires de services
financiers. Cependant, notre analyse fait ressortir une pénurie
de financement par des prêts à risques plus élevés
et par injection de capitaux propres à plus petite
échelle au Canada. C'est particulièrement vrai
pour deux genres d'entreprises : les sociétés
qui appartiennent à des secteurs à rendement
de l'investissement plus faible, qui financent leur croissance
par leur marge d'autofinancement, et les entreprises innovatrices,
qui en sont aux premiers stades, pour lesquelles le soutien
financier à risque élevé d'investisseurs
providentiels est si important.
Si on veut encourager les PME à rechercher des investissements,
il faut rendre le capital de risque plus accessible et l'apport
des investisseurs providentiels dans des entreprises naissantes
doit devenir plus coordonné. RBC Groupe Financier sera
un des commanditaires du sommet des investisseurs providentiels
canadiens de cette année à Toronto, plus tard
ce mois-ci.
Nous espérons que cette conférence débouchera
sur un organisme national permanent des investisseurs providentiels
qui encouragera et améliorera la compétitivité
des investisseurs initiaux. Nous croyons qu'un tel groupe
est essentiel pour combler les lacunes en matière de
capital de risque et de gestion des jeunes sociétés.
Et nous encourageons les pouvoirs publics à collaborer
avec nous pour soutenir cette importante initiative.
Chez RBC, nous avons avancé de manière dynamique
sur la question du capital de risque. Aujourd'hui, nous adoptons
une approche fondée sur le cycle de vie pour soutenir
les sociétés du « laboratoire à
la salle du conseil », avec une équipe de vente
exclusive.
Par l'entremise de RBC Capital de Risque, nous créons
et investissons dans des fonds qui sont des leaders mondiaux
de la commercialisation de la science et de la technologie.
Et par RBC Partenaires Capital, nous prenons des entreprises
prêtes à une injection de capital de risque et
les aidons à se transformer en sociétés
plus grandes, couronnées de plus de succès.
Sur la question de réglementation des affaires, notre
système est plus complexe et plus lourd qu'il n'est
nécessaire. Nous devons travailler rapidement, collectivement
et avec diligence pour remédier à cette taxe
cachée sur notre productivité. Les lois et les
prélèvements fiscaux qui nous ont si bien servis
pendant des décennies ne sont peut-être plus
appropriés.
Je ne sais que trop bien que dans le secteur des services
financiers - qui doit maintenant livrer concurrence à
l'échelle mondiale - le coût de la réglementation
par 1 000 $ de services produits est de 10,83 $ au Canada.
Cela représente 154 pour cent de plus qu'en la Grande-Bretagne
et 58 pour cent de plus qu'en Australie. Ces coûts supplémentaires
nuisent à la compétitivité internationale
de notre secteur. Et la même chose est vraie de toute
branche ou de tout secteur industriel canadien assujetti à
des régimes de réglementation exagérément
complexes et en concurrence les uns avec les autres.
Il y a un autre ingrédient à la réussite
des entreprises et c'est l'apprentissage à vie. La
matière grise réunie dans cette salle même
représente un capital d'informations, de modèles
et de données dont les chefs d'entreprises ont besoin.
Cependant le rythme d'activité des entreprises d'aujourd'hui
place l'éducation permanente en affaires dans la catégorie
du luxe pour de nombreuses PME.
Le Canada doit transmettre d'excellents conseils commerciaux
à ceux qui sont sur le terrain. Nos entrepreneurs sont
brillants, pleins d'énergie et ouverts d'esprit. Mais
ils ont besoin d'informations solides et d'un soutien permanent.
C'est un domaine dans lequel les écoles de commerce
peuvent jouer un rôle nettement plus grand.
Les fournisseurs des petites entreprises, y compris les
bailleurs de fonds, peuvent aussi jouer un rôle plus
actif, et je peux vous assurer qu'au sein de RBC nous prenons
ce rôle très au sérieux. Permettez-moi
de vous donner un exemple. Dans notre division des Services
aux particuliers et aux entreprises, nous avons créé
une nouvelle unité, l'équipe des Industries
des sciences et de la technologie. Ce groupe est spécialisé
dans la prestation de services financiers d'une part ET dans
le soutien aux industries technoscientifiques. Elle se concentre
particulièrement sur la technologie de l'information,
les sciences de la vie et la santé. Cette équipe
aide les sociétés technoscientifiques à
accéder à du capital de risque, à pénétrer
sur des marchés mondiaux, à gérer des
flux de trésorerie volatils, à accéder
à du financement de projet, à faciliter des
premiers appels à l'épargne et à nouer
des relations avec de grands acteurs de l'industrie. Et elle
fait une différence positive pour ses clients.
Pour le marché de la petite entreprise en général,
nous savons qu'il y a moyen de faire mieux et nous prenons
ce défi au sérieux. Nous sommes aussi en train
de faire certains changements positifs qui comprennent l'adaptation
de nos services pour mieux répondre aux besoins de
nos clients dans les PME. Nous apporterons donc des améliorations
à la gamme de nos offres aux entreprises, en prenant
soin d'aider celles-ci à se sentir mieux accueillies,
entendues et appréciées. Nous utiliserons nos
ressources pour livrer des informations nouvelles, ciblées
et portant sur la compétitivité des entreprises,
la rentabilité et la croissance. Et nous améliorerons
les programmes de formation pour que les directeurs de comptes
puissent mieux comprendre le climat dans lequel évolue
ce segment des entreprises du Canada d'une importance si cruciale.
Les gestionnaires dans les petites et dans les grandes sociétés
doivent aussi faire leur part. Au fil des ans, beaucoup d'études
universitaires ont exprimé l'idée qu'avec une
bonne base macro-économique et des marchés généralement
libres et ouverts, ce qui compte à terme pour déterminer
le succès international de l'industrie et du commerce
d'une nation c'est la profondeur de son talent de gestion.
Comme l'a dit Roger Martin de la Rotman School of Management
de Toronto, « plutôt que de vouloir prendre l'avantage
sur les concurrents par des produits et des processus exclusifs,
les entreprises canadiennes visent dans une trop large mesure
à obtenir un avantage avec des matières premières
bon marché et de la main-d'uvre à faible
coût ».
Si nous voulons améliorer notre niveau de vie, nous
devons changer d'attitude et mettre davantage l'accent sur
la production de produits et de services à valeur ajoutée.
Le Canada est comme une économie » sandwich «,
avec des producteurs à faibles salaires comme le Mexique
d'un côté, qui s'efforcent de monter dans la
catégorie des produits et des services à plus
grande valeur ajoutée en investissant dans l'éducation,
la technologie et la recherche, et de l'autre côté,
des producteurs à forte valeur ajoutée comme
les États Unis qui investissent lourdement dans les
industries de demain. Nous devons trouver et développer
notre propre créneau concurrentiel et nous devons diminuer
le risque de devenir trop dépendants de la production
de biens d'exportation à faible valeur ajoutée,
basés sur de la main-d'uvre et des matières
premières à faible coût. Et nous devons
mettre en place des politiques qui nous donneront un avantage
canadien dans le paysage de l'ALÉNA.
Nos dirigeants d'entreprises doivent aussi entretenir et
affiner leurs compétences. Si nous voulons faire croître
des sociétés de calibre mondial, nous devons
aussi développer des dirigeants de calibre mondial.
Conclusion
J'ai essayé de dresser une liste de quelques-uns des
défis les plus importants pour la prospérité
future du Canada et d'expliquer pourquoi la croissance de
nos petites et moyennes entreprises peut-être une partie
de la solution. Nous avons formulé un grand nombre
de recommandations de politiques publiques et privées
dans l'étude, dont les grands thèmes sont :
- Maintenir les politiques monétaires et budgétaires
qui ont débouché sur la solide performance
économique de notre pays ces dernières années.
- Adopter des politiques axées sur l'amélioration
des taux de productivité et l'innovation de notre
pays.
- Réformer les politiques fiscales et revoir le
fardeau de la réglementation pour encourager la croissance
et la productivité.
- Harmoniser davantage les politiques de l'éducation
et de l'immigration avec les besoins de ressources humaines
de nos propriétaires d'entreprises.
- Augmenter l'accès par les PME à du capital
de croissance, particulièrement des prêts à
risques plus élevés et un financement par
actions précoces.
- Mettre plus d'informations sur la gestion des entreprises
et les recherches mises à la disposition des PME
par le biais des écoles de commerce, des institutions
financières et d'autres fournisseurs et obtenir un
plus grand engagement des entrepreneurs à atteindre
l'excellence dans la gestion.
- Accélérer les rythmes et élargir
le niveau d'adoption et de partage de la technologie.
- Insister plus dans l'ensemble des entreprises sur l'investissement
productif de capitaux et la création de produits
et de services à valeur ajoutée.
Nous reconnaissons qu'il serait irréaliste de vouloir
mettre en uvre immédiatement les nombreuses recommandations
de notre rapport et qu'il n'existe pas de formule magique.
La croissance commence par la compréhension des obstacles
à la croissance et de ce qu'il faut pour les éliminer.
C'est une question d'attitude et d'ouverture aux défis
d'horizons commerciaux élargis et de nouveaux marchés.
C'est une question d'exécution et nous devons agir
vite pour maximiser notre avantage concurrentiel.
Toute entreprise, peu importe sa taille, commence comme
une petite entreprise. Et chaque entreprise, tôt ou
tard, doit relever le défi de la croissance et de sa
réussite.
Comme pays, nous avons bien réussi ces 20 dernières
années à créer de nouvelles entreprises.
Mais il est important de les faire avancer vers le prochain
palier. De les aider à croître et à devenir
des sociétés plus grandes et couronnées
de succès. D'éliminer les obstacles à
leur croissance. De veiller à ce qu'elles aient tous
les avantages face à leurs concurrents. Et de leur
donner la possibilité de devenir notre prochaine génération
de leaders du marché.
Notre succès dans le développement de ces
champions canadiens est important pour la qualité des
emplois que nous pourrons offrir à nos meilleurs et
plus brillants travailleurs. Il est important pour le niveau
de recettes fiscales que nous pouvons dégager pour
soutenir notre mode de vie canadien. Et il est important pour
les retombées économiques qui bénéficient
à nos sociétés.
Nous avons encore beaucoup à apprendre sur le sujet
et je me prépare à poursuivre les recherches
avec d'autres partenaires à l'avenir, y compris le
Queen's Centre for Enterprise Development. En attendant, je
pense que nous pouvons être fiers de savoir que nos
entrepreneurs canadiens sont tout aussi axés sur la
croissance que leurs homologues américains. Et plus
important encore, que nous avons l'occasion de les aider à
aller plus loin.
Comme leaders de la réflexion dans ce domaine, je
vous demande à chacun d'entre vous présents
ici aujourd'hui d'examiner notre rapport, de le diffuser auprès
du plus large public possible et de l'utiliser comme matériau
pour faire avancer cet important enjeu. Ce faisant, vous pouvez
faire en sorte que les bonnes personnes comprennent les occasions
qui se présentent à nos entrepreneurs et vous
pouvez aider à les mobiliser pour notre mission commune
: « faire tomber les obstacles à la croissance
».
En développant les forces de nos entrepreneurs -
en nous appuyant sur leur dynamisme, leur optimisme et leur
talent -, nous pouvons faire en sorte
Merci.
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