![]() |
|
|||
|
|
||||||||||
|
Une de nos principales difficultés est que nous sommes un petit pays qui livre concurrence sur un marché mondialisé, où l'aptitude à créer et à commercialiser des idées de manière productive est un déterminant critique du succès économique. Pour réussir, nous devons créer une culture d'excellence par l'éducation, l'innovation et le leadership dans l'industrie et le commerce. Et nous devons trouver des manières d'exploiter nos avantages concurrentiels. Or, une des voies les plus importantes est celle de nos petites et moyennes entreprises. Le Canada a accompli des progrès importants au cours des dix dernières années, et nous pouvons être fiers de nos récentes réalisations. Malgré ces succès, cependant, notre prospérité future est loin d'être garantie. Notre incapacité de dégager une meilleure croissance de la productivité et l'élargissement de l'écart avec les États-Unis pourraient bien être la grande menace pour notre prospérité à long terme. En clair, nous avons besoin d'une stratégie qui aidera les Canadiens à rattraper les Américains en termes de revenu par habitant. Et avec le temps, même à les dépasser. Les statistiques de création d'entreprises montrent que nous réussissons bien à créer et à lancer de nouvelles entreprises. Mais nous avons plus de mal à entretenir le succès commercial et à faire croître les petites sociétés pour les transformer en grandes entreprises. Par habitant, le Canada a beaucoup plus de micro-entreprises que les États-Unis, mais nettement moins de leaders du commerce ou de l'industrie. L'écart entre les entreprises moyennes et les grandes semble plus important chez nous. Pour mieux comprendre le problème, RBC et ses partenaires ont procédé à une vaste étude des défis que doivent relever les petites et moyennes entreprises lorsqu'elles essaient de prendre de l'expansion. Les résultats ont été positifs et assez surprenants. Par exemple, contrairement à l'idée reçue, les entrepreneurs canadiens sont loin d'être timides quand il s'agit de prendre des risques. En outre, quelque 75 pour cent des entrepreneurs canadiens ont indiqué qu'ils ont une stratégie d'expansion de leur entreprise, ce qui correspond à la situation aux États-Unis. Le plus étonnant de tout, peut-être, c'est que les entrepreneurs américains et canadiens s'entendent sur les mêmes grandes catégories d'obstacles à leur croissance, à savoir, les impôts, la conjoncture en général et la pénurie de personnel qualifié. En ce qui concerne le fardeau fiscal, beaucoup de petites entreprises du Canada ont bénéficié de toute une variété de mesures, dont l'exonération des gains en capital de 500 000 $ et un rythme accéléré de réduction des taux d'imposition des sociétés sur le bénéfice d'entreprise entre 200 000 $ et 300 000 $. Mais un paradoxe demeure. La « récompense », quand ils font croître leur entreprise et dégagent un bénéfice de plus de 200 000 $ par an, est une augmentation de neuf pour cent du taux d'imposition - ce qui est un facteur dissuasif de la croissance. Et le Canada a encore des taux d'impôts sur le capital et les salaires élevés au point d'être punitifs - que nos entrepreneurs voient comme le principal obstacle fiscal à la croissance. De part et d'autre de la frontière, les PME trouvent difficile de se doter d'un effectif talentueux, particulièrement aux premiers stades de leur développement. Il peut être difficile de concevoir des solutions aux difficultés en matière de ressources humaines que connaissent les PME, mais c'est un défi que nous devons relever par nos politiques à la fois d'éducation et d'immigration. Définir les obstacles est le premier pas, mais il est aussi important de s'y attaquer en temps opportun, puisque l'avantage concurrentiel reviendra à ceux qui auront été les premiers à s'y attaquer. C'est particulièrement important pour le Canada, pour deux raisons. Premièrement, le Canada a proportionnellement plus de micro-entreprises que les États-Unis, donc les avantages économiques de l'élimination des obstacles seront, toutes choses étant relatives, plus importants pour nous. Deuxièmement, comme les PME de part et d'autre de la frontière ont tendance à avoir des taux de productivité moins grands que les grandes entreprises, nous avons plus à gagner en aidant nos PME à croître de manière rentable et efficace. En d'autres termes, le bénéfice de l'élimination de ces barrières est beaucoup plus grand pour le Canada. Comme nous le savons, la croissance de la productivité stimule la rentabilité et permet aux entreprises de prendre de l'expansion. Des études récentes, dont notre sondage, nous indiquent qu'il y a trois grands moyens d'aider les petites entreprises à croître de manière plus productive. Le premier consiste à faciliter l'accès au capital par une plus vaste gamme de partenaires. C'est essentiel pour stimuler l'investissement dans des machines et des procédés à valeur ajoutée. Le deuxième est d'encourager les petites entreprises à élargir leur marché et, à terme, à s'orienter davantage vers l'exportation. Notre pays a bien su tirer parti de l'ALÉNA, mais il nous reste à augmenter le niveau des exportations du secteur des petites entreprises. Et le troisième consiste à faciliter l'adoption de nouvelles technologies par les PME et à investir dans plus de recherche et de développement. La question de la recherche-développement est un sujet difficile parce que la plupart des petites entreprises ne peuvent pas se permettre beaucoup de « recherches » après leur premier lancement d'un produit et que la définition fiscale du « développement » n'englobe pas bien ce qu'elles font. C'est là que les institutions d'enseignement et les pouvoirs publics peuvent intervenir utilement. Les universités font beaucoup de recherche, dont une partie pourrait être très utile à la petite entreprise. Côté gouvernemental, les règles qui régissent les crédits d'impôts à la recherche et au développement sont peut-être trop restrictives pour couvrir le genre de travail de développement important que font nos entrepreneurs. Notre étude révèle que la disponibilité de prêts et les tarifs concurrentiels au Canada sont solides et que les entrepreneurs ont accès à une grande variété de prestataires de services financiers. Cependant, notre analyse fait ressortir une pénurie de financement par des prêts à risques plus élevés et par injection de capitaux propres à plus petite échelle au Canada. Si on veut encourager les PME à rechercher des investissements, il faut rendre le capital de risque plus accessible et l'apport des investisseurs providentiels dans des entreprises naissantes doit devenir plus coordonné. Il y a un autre ingrédient à la réussite des entreprises et c'est l'apprentissage à vie. Nos entrepreneurs sont brillants, pleins d'énergie et ouverts d'esprit. Mais ils ont besoin d'informations solides et d'un soutien permanent. C'est un domaine dans lequel les écoles de commerce peuvent jouer un rôle nettement plus grand. Les gestionnaires dans les petites et dans les grandes sociétés doivent aussi faire leur part. Au fil des ans, beaucoup d'études universitaires ont exprimé l'idée qu'avec une bonne base macro-économique et des marchés généralement libres et ouverts, ce qui compte à terme pour déterminer le succès international de l'industrie et du commerce d'une nation c'est la profondeur de son talent de gestion. Comme pays, nous avons bien réussi ces 20 dernières années à créer de nouvelles entreprises. Mais il est important de les faire avancer vers le prochain palier. De les aider à croître et à devenir des sociétés plus grandes et couronnées de succès. D'éliminer les obstacles à leur croissance. De veiller à ce qu'elles aient tous les avantages face à leurs concurrents. Et de leur donner la possibilité de devenir notre prochaine génération de leaders du marché. -
30 - |
||
| © Banque Royale du Canada 2001 - 2007 | Vie privée | Conditions d'utilisation | Marques de Commerce | Sécurité |
| rbc.com est un service d'information en direct géré par la Banque Royale du Canada. | Dernière modification : 10/06/06 14:05:56 |