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De par le vaste monde : Expansion internationale
Vladivostok
S'appuyant sur certaines informations selon lesquelles la révolution bolchevique allait être définitivement écrasée, la Banque Royale décida d'ouvrir une succursale à Vladivostok au service des commerçants canadiens locaux ainsi que du Corps expéditionnaire canadien et des troupes britanniques qui y étaient stationnés. Le directeur, D.C. Rea, deux collaborateurs et un immeuble bancaire préfabriqué de 57 tonnes furent envoyés de Vancouver en Sibérie, le 28 novembre 1918. Le groupe arriva à Vladivostok le 21 décembre, et par un jour d'hiver d'un froid particulièrement mordant, M. Rea présenta ses lettres de créances à Dana Wilgress, délégué commercial canadien à Vladivostok. Les formalités d'implantation de la succursale s'embourbèrent dans des tracasseries administratives reportant l'ouverture au mois de mars 1919, dans des locaux loués le bâtiment préfabriqué n'a jamais servi.
L'affectation à Vladivostok ne fut pas de tout repos en raison de l'instabilité politique et de l'inflation galopante. Les coups de feu réveillaient le personnel la nuit et il n'était pas rare de trouver au petit matin cinq ou six cadavres dans la rue. Le courant d'affaires n'a jamais atteint le potentiel prévu et lorsque les troupes canadiennes et britanniques se retirèrent de Sibérie, la succursale dut fermer ses portes, en octobre 1919. La Banque n'allait pas réouvrir de succursale en Extrême-Orient avant 1958, où un représentant fut affecté à Hong Kong.
En 1956, la Banque Royale retourna en Russie officieusement à une époque où les Occidentaux visitaient rarement l'Europe de l'Est. Lors d'un voyage privé prétendument pour s'entretenir avec le ministre des finances soviétique et le directeur de la banque centrale du pays, le président du conseil de la Banque Royale, James Muir, parla franchement du potentiel de ce pays en expansion rapide et des dangers qu'il y avait à ostraciser ses 225 millions d'habitants. La visite de M. Muir fut bien antérieure à toute visite du même genre d'un ministre canadien des Affaires étrangères et ses commentaires aidèrent à faire changer l'opinion canadienne sur l'Union Soviétique, contribuant au rapprochement entre l'Est et l'Ouest.
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