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Condensé économique

 

Mai 2008

Tendances du marché...
  Le PIB glisse en territoire négatif
Marchés financiers ...
  La Fed et la Banque du Canada signalent la fin prochaine du cycle de détente
Perspectives économiques ...
  L’économie mondiale ralentit – Les États-Unis au bord de la récession
Perspectives provinciales...
  Aucune province n’est à l’abri des problèmes des États-Unis
L'économie du Québec ...
  Québec – Encore vulnérable, mais moins que l’Ontario
Tendances provinciales...
  L’écart de croissance entre les provinces diminue — sauf pour Terre-Neuve
Accessibilité à la propriété ...
  L'accessibilité à la propriété n'a jamais été aussi difficile depuis 18 ans, mais devrait s’améliorer en 2008
Budget du Québec 2008 ...
  Une entaille dans les réserves pour éviter le déficit
Rapport spécial ...
  Les leçons canadiennes de la libéralisation du commerce international

Tendances du marché...Consultez le rapport complet
Le PIB glisse en territoire négatif
  • Le PIB du Canada a chuté de 0,2 % en février, contrairement aux prévisions d’augmentation de 0,2 %. L’économie a probablement progressé modestement au premier trimestre, mais ces statistiques en février rendent moins probable la concrétisation de notre prévision d’expansion annualisée de 1,2 % au premier trimestre.
  • Le marché de la main-d’œuvre a encore déjoué les pronostics avec la création de 19 200 nouveaux emplois en avril. Bien que le taux de chômage ait atteint 6,1 %, il demeure près de son bas niveau record depuis toute une génération.
  • Les ventes au détail ont reculé de 0,7 % en février, pratiquement toutes les grandes catégories de ventes accusant un repli. Les ventes des concessionnaires d’automobiles neuves ont diminué de 1,7 % alors que celles des concessionnaires de véhicules d’occasion et de plaisance et des détaillants de pièces ont chuté de 2,8 %.
  • Les mises en chantier ont baissé à 213 900 unités, en chiffre annualisé, en avril, ce qui représente un recul de 12 % par rapport aux 243 000 unités du mois de mars. L’activité se maintient toutefois largement au-delà du seuil de référence de 200 000 et témoigne toujours de la vigueur de la construction résidentielle.
  • L’excédent du commerce de marchandises s’est établi à 5,5 milliards de dollars canadiens en mars, ce qui ne s’était pas vu depuis mai 2007. Le commerce extérieur a probablement freiné l’économie dans une moins grande mesure pendant les trois premiers mois de cette année qu’il ne l’avait fait au quatrième trimestre de 2007.
  • Le taux d’inflation générale d’une année à l’autre a encore baissé pour s’établir à 1,4 % en mars, taux le plus bas depuis janvier 2007, tandis que le taux de référence de la Banque du Canada (IPCX) a reculé pour s’établir à 1,3 %. Sur une base mensuelle le taux d’inflation générale a gagné 0,4 % de février à mars et le CPIX a grimpé de 0,2 %, une hausse qui représente moins de la moitié de celle de 0,5 % enregistrée en février.

Dawn Desjardins
dawn.desjardins@rbc.com

Marchés financiers...Consultez nos prévisions de taux d’intérêt et de change
La Fed et la Banque du Canada signalent la fin prochaine du cycle de détente

La Fed et la Banque du Canada semblent se donner un temps d’observation après la réduction d’un quart de point du taux directeur aux États-Unis et d’un demi-point du taux cible de financement à un jour au Canada en avril. Advenant un nouveau dérapage de l’économie après le regain prévu au troisième trimestre suscité par les remises d’impôts, la Fed reprendra probablement son programme de détente. Nous nous attendons à une diminution du taux des fonds fédéraux d’un demi-point au quatrième trimestre, soit une descente à un creux cyclique de 1,5 %. Nous prévoyons que la Banque du Canada maintiendra son taux cible de financement à un jour à 3 % lors de sa réunion à la date d’annonce préétablie de juin, mais qu’elle procédera en juillet à une dernière réduction d’un quart de point, par prévoyance, advenant tout signe de repli de l’activité économique aux États-Unis afin d’éviter que ce ralentissement ne se communique à l’économie canadienne.

Premiers indices de stabilisation des marchés financiers

  • Les marchés financiers sont peut-être en train de reprendre pied. Les différentiels de taux commencent à se contracter et les marchés boursiers ont fait preuve de plus de vigueur en avril. En effet, les indices financiers affichent une solide augmentation de 12 % au Canada et aux États-Unis depuis l’intervention de la Fed à la mi-mars.
  • Les statistiques relatives à l’économie américaine demeurent toutefois instables. Celle-ci a péniblement réussi à dégager une croissance marginale annualisée de 0,6 % au premier trimestre, égalant celle du quatrième trimestre de 2007 et constituant le plus faible taux de croissance moyen sur deux trimestres depuis 2001.
  • Cependant, la perspective d’une accalmie des marchés financiers laisse espérer un assouplissement des conditions de crédit. Un tel assouplissement, jumelé aux mesures budgétaires de relance de l’État fédéral, est de bon augure pour la croissance de l’économie américaine au deuxième semestre de 2008. Selon nos projections, d’ici le troisième trimestre, la détente opérée par la Fed et les mesures budgétaires de stimulation économique auront commencé à porter fruit et l’économie croîtra de 2,9 % avant de ralentir à 1,2 % au quatrième trimestre.
  • Nous nous attendons à ce que le ralentissement du rythme de l’expansion économique au quatrième trimestre incite la Fed à abaisser encore son principal taux directeur. Nous croyons toutefois que celle-ci limitera cette intervention de prévoyance à un demi-point de pourcentage.
La croissance inférieure à la normale poussera la Banque du Canada à une action préventive
  • La Banque du Canada a mis à jour ses prévisions de croissance économique et s’attend maintenant à ce que l’effet de ralentissement du commerce extérieur s’accentue et à ce que les dépenses de consommation et les investissements des entreprises diminuent cette année. C’est ce qui a justifié la baisse énergique d’un demi-point du taux cible de financement à un jour en avril. Nous prévoyons une croissance de l’économie de 1,6 % cette année et de 2,3 % en 2009.
  • L’inflation ne pose pas problème puisque l’indice de référence et l’indice global des prix à la consommation se situent près de la borne inférieure de la fourchette cible de la Banque du Canada. Cela laisse à la Banque la marge de manœuvre nécessaire pour appliquer une politique monétaire visant à atténuer les risques pour l’économie canadienne que suscitent le ralentissement continu du rythme de la croissance américaine et le resserrement des conditions de crédit. 
  • Le repli inattendu du PIB en février laisse penser que l’économie perd un peu de son élan et poussera sans doute la Banque à abaisser son taux directeur par mesure de prévoyance contre un repli plus prononcé. La Banque terminera probablement son cycle de détente avec une nouvelle baisse d’un quart de point en juillet.

Dawn Desjardins
dawn.desjardins@rbc.com

Perspectives économiques...Consultez le rapport complet
L’économie mondiale ralentit – Les États-Unis au bord de la récession
  • L’économie américaine frôle la récession, mais elle devrait se redresser au second semestre de 2008.
  • La déroute du marché du logement et le resserrement des conditions de crédit maintiendront l’économie au point mort au début de l’année et la feront probablement baisser au T1.
  • Toutefois, l’effet combiné des stimulants fiscaux et d’une politique monétaire accommodante fouettera les dépenses des consommateurs au second semestre.
  • L’économie réaccélérera en 2009 et la croissance réelle du PIB atteindra alors 2 %.
  • Le commerce avec l’étranger soutiendra l’économie cette année et l’année prochaine.
  • Des pressions persistantes sur les prix liées au coût élevé de l’énergie et des produits alimentaires obligeront la Réserve fédérale à surveiller étroitement l’inflation.
  • Toutefois, les autorités miseront probablement sur des politiques axées sur la souplesse à court terme, assorties d’une baisse à 1,5 % du taux directeur pour ranimer la croissance et la confiance des investisseurs.
  • L’économie canadienne ralentira, mais le niveau d’activité restera plus élevé qu’aux États-Unis grâce à la fermeté persistante des prix pour les ressources naturelles canadiennes exportées.
  • La demande intérieure ralentira légèrement à cause du resserrement du crédit.
  • La baisse des échanges avec l’étranger freinera sensiblement l’économie canadienne cette année et l’année prochaine.
  • Le taux d’inflation de base restera inférieur à 2 % cette année, et l’IPC général devrait tomber à 1 % au milieu de l’année.
  • La Banque du Canada abaissera à 2,75 % son taux à un jour pour réduire le risque que la lourdeur de l’économie américaine, le durcissement des conditions de crédit et la fermeté du dollar canadien ne freinent indûment la croissance au Canada.

Paul Ferley
paul.ferley@rbc.com

Perspectives provinciales ... Consultez le rapport complet

Aucune province n’est à l’abri des problèmes des États-Unis
  • Les écarts de croissance entre les provinces de l’Ouest, riches en ressources naturelles, et celles du Centre, dont l’économie repose surtout sur le secteur manufacturier, persisteront en 2008 mais se resserreront en 2009.
  • Toutes les provinces ont réduit leur dépendance envers la demande aux États-Unis en accroissant leurs exportations vers d’autres marchés étrangers (notamment la Chine). Cette diversification des exportations atténuera les effets du ralentissement de l’économie américaine, mais elle ne les en protégera certainement pas entièrement.
  • C’est surtout l’Ontario que la chute des exportations touchera, car cette province est plus largement tributaire de la demande aux États-Unis, mais en raison aussi de la nature de ses exportations, concentrées sur les secteurs automobile et forestier. Le violent coup de frein dans les exportations maintiendra l’Ontario au bord de l’abîme de la récession tout au long de 2008.
  • La Saskatchewan devrait se classer en tête pour la croissance économique en 2008 grâce à la forte demande dont devraient bénéficier ses secteurs de l’énergie et des mines ; Terre-Neuve fermera la marche, car la baisse de sa production de pétrole freinera sa croissance.
  • Dans leurs budgets cette année, les gouvernements provinciaux font preuve de prudence, car leurs perspectives financières, quoiqu’encore saines, ne sont pas aussi prometteuses que pour les dernières années.
  • Les marchés du travail restent tendus, mais la demande devrait se relâcher progressivement en 2008 à mesure que les entreprises ajusteront leur activité en fonction d’une croissance moins forte. L’économie canadienne devrait poursuivre sa croissance, mais à un rythme plus modéré, ce qui laisse prévoir un ralentissement de la progression des recettes fiscales dans toutes les provinces.
  • L’accessibilité à la propriété immobilière devrait s’améliorer partout au Canada cette année dans un contexte de baisse des taux hypothécaires et d’une hausse ralentie des prix des maisons, qui devrait tomber à moins de 10 % dans toutes les provinces d’ici la fin de l’année.
  • Sauf en Saskatchewan, le nombre des mises en chantier de maisons devrait baisser dans toutes les provinces en 2008. La Saskatchewan continuera de bénéficier d’une accélération de migrations nettes positives en 2008, mais le dynamisme du secteur du logement fléchira ensuite en 2009.
  • Le ralentissement de l’activité aux États-Unis n’a refroidi nulle part au Canada les intentions de dépenses optimistes des gouvernements provinciaux et des entreprises et on projette pour ces deux groupes une forte augmentation de 5 % des dépenses d’investissement en 2008.
  • Les provinces ayant atteint la plus forte croissance depuis quelques années (la Colombie-Britannique et l’Alberta) modèrent leurs projets de dépenses, mais, un peu plus à l’Est, au Manitoba et en Saskatchewan, on prévoit une augmentation de 18 % des investissements en 2008.


Amy Goldbloom
amy.goldbloom@rbc.com

L'économie du Québec ... Consultez le rapport complet
Québec – Encore vulnérable, mais moins que l’Ontario

Comme l’a confirmé le budget du Québec, la croissance de l’économie de la province reste exposée à certains risques, attribuables notamment à la fermeté du dollar canadien, au prix élevé de l’énergie et au ralentissement de l’activité aux États-Unis, qui pèsent sur le très important secteur manufacturier.

Le Québec a pu puiser dans ses réserves pour éviter un déficit, mais les principales sources des recettes fiscales devraient fléchir sous l’effet des pressions persistantes qui s’exercent sur les provinces centrales. La croissance ralentira à 1,2 % en 2008, puis remontera à 2,3 % en 2009.

Toutefois, en raison de la composition de son secteur manufacturier, le Québec est moins sensible que l’Ontario à un ralentissement de la demande aux États-Unis. Le secteur automobile y occupe peu de place et une forte demande de pétrole et de charbon, de métaux primaires, de produits chimiques et de métaux communs soutient les livraisons du secteur manufacturier.

La province fait de vaillants efforts pour maintenir sa compétitivité à l’égard des investissements, par rapport aux autres régions du Canada et à l’étranger. Ses taux marginaux réels d’imposition des nouveaux investissements baisseront à 18,8 % en 2012 et le Québec a suivi l’exemple de l’Ontario l’automne dernier en annonçant l’abolition de la taxe sur le capital, immédiatement pour le secteur manufacturier et en 2010 pour toutes les autres entreprises.

Puis les entreprises manufacturières ont accueilli avec satisfaction de nouveaux allégements sous la forme d’un crédit d’impôt à l’investissement, fixé à 5 % sur les achats de matériel de transformation et de traitement, mais pouvant aller jusqu’à 40 % pour les entreprises des régions défavorisées de la province. Ces efforts maintiennent la place du Québec parmi les provinces offrant le climat le plus accueillant pour les investissements.

Amy Goldbloom
amy.goldbloom@rbc.com

Tendances provinciales ... Consultez le rapport complet
L’écart de croissance entre les provinces diminue — sauf pour Terre-Neuve

Les comptes économiques provinciaux annuels de 2007 publiés récemment par Statistique Canada confirment que, même si des disparités régionales persistent, l'écart de croissance entre les provinces est en train de s'amenuiser. En effet, si on exclut Terre-Neuve du calcul, l'écart entre les provinces qui croissent le moins vite et celles qui croissent le plus vite a diminué de 1,7 point de pourcentage (pp) en 2007. Il était de 7 pp en 2006. L'ensemble des provinces de l'Ouest plus Terre-Neuve dépassent la moyenne nationale, contrairement aux provinces centrales et maritimes, qui se situent sous la moyenne. 

La Colombie-Britannique portée par la vigueur de la consommation — Les secteurs exportateurs de la province sont toujours exposés à des risques élevés, mais, grâce au dynamisme de la consommation en 2007, la croissance réelle globale de la Colombie-Britannique s'est établie à 3,1 %. La ventilation sectorielle du PIB fait ressortir la dichotomie entre la vigueur de la consommation et la faiblesse des exportations. La construction et le commerce de gros et de détail ont poursuivi leur expansion l'an dernier, alors que la fabrication, l'agriculture et la production industrielle perdaient du terrain.

 La croissance de l'Alberta diminue de moitié en 2007 — La province a dégagé une croissance réelle de 3,3 % en 2007, comparativement à 6,6 % en 2006. Ce ralentissement est en grande partie le résultat d'une décélération de l'extraction de gaz et de pétrole ainsi que d'un repli de la prospection, notamment dans le secteur du gaz naturel. Hormis l'énergie, la plupart des secteurs de l'économie ont bien tiré leur épingle du jeu en 2007. Le commerce de détail est toujours vigoureux, quoique nettement en retrait par rapport à son sommet de l'an dernier, alors que le taux de croissance annuel des ventes atteignait 18 %.

 Croissance plus lente que prévu en Saskatchewan, mais perspectives engageantes — La croissance a repris en 2007, montant à 2,8 % après une année de contraction en 2006. Le taux d'expansion de la Saskatchewan était inférieur aux prévisions en raison d'un passage à vide dans le secteur agricole, mais la province est toujours bien placée pour profiter de la bonne tenue des prix des matières premières qui ne se dément pas, lui permettant ainsi de grimper au palmarès national en 2008 et 2009.

 Le Manitoba gravit l'échelle de la croissance — L'économie provinciale a dégagé une expansion de 3,3 % l'an dernier et s'est maintenue au-dessus de la moyenne nationale pour une deuxième année de suite. Le secteur de la construction, en hausse de plus de dix pour cent au cours des deux dernières années, en était incontestablement le moteur. L'Enquête sur les perspectives d'investissements privés et publics de Statistique Canada a confirmé la vigueur des investissements au Manitoba. La province s'attend à une augmentation de 18 % des dépenses consacrées à de nouvelles initiatives en 2008.  

L'Ontario tient bon malgré les déboires du secteur de la fabrication — En dépit des craintes relatives à une récession, l'économie ontarienne a réussi à croître de 2,1 % l'an dernier. La contraction du secteur de la fabrication s'est poursuivie et la production a reculé pour une troisième année de suite. L'importance de l'influence du secteur de la fabrication sur le taux de croissance de l'économie a aussi continué de diminuer. En 2002, en effet, celui-ci représentait 22 % du PIB de l'Ontario alors qu'il ne représentait plus que 18 % en 2007. La vigueur généralisée dans les autres secteurs - notamment une consommation soutenue et la bonne santé de la construction - a contribué à contrebalancer le repli.

Le Québec peut compter sur ses consommateurs — La province a fait état d'une croissance réelle de 2,4 % l'an dernier, soit un taux légèrement inférieur à la moyenne nationale. La vigueur de l'économie intérieure du Québec a bien soutenu sa croissance l'an dernier. La consommation personnelle a augmenté de 4,6 %, son rythme annuel de croissance le plus rapide depuis 1985. L'augmentation s'explique en partie par les règlements concernant l'équité salariale, qui ont donné un coup de pouce temporaire à la consommation, et en partie par la vigueur générale des marchés de l'emploi de la province. Au chapitre de la fabrication, le Québec continue de faire meilleure figure que l'Ontario. Les biens manufacturiers durables (notamment les métaux transformés et l'aérospatiale) ont enregistré une hausse de 5 % en 2007 comparativement aux biens non durables, qui ont poursuivi leur tendance à la baisse déjà bien établie. La composante non durable de la fabrication recule depuis cinq ans.

Le secteur de la construction du Nouveau-Brunswick est toujours en effervescence — La croissance réelle s'est établie à un maigre 1,6 % en 2007 en raison des contractions dans les secteurs de la fabrication (-6,1 %) et de l'agriculture (-4,7 %), qui ont freiné l'économie. Cependant, le secteur de la construction compense fortement ces baisses (+10,9 %). Les grands chantiers soutiennent l'investissement des entreprises. L'investissement non résidentiel a grimpé de 33 % l'an dernier mais l'investissement résidentiel a quand même progressé de 7 %.  

Le secteur des services soutient la croissance de la Nouvelle-Écosse — L'économie de la Nouvelle-Écosse a également progressé de 1,6 % l'an dernier et l'élan devrait s'accentuer en 2008. Le secteur de la construction s'est contracté, mais le démarrage de quelques projets de grande envergure devrait donner un coup de pouce au secteur non résidentiel en 2008.

La transformation alimentaire propulse l'économie de l'Île-du-Prince-Édouard en 2007 - La croissance réelle de la province s'est établie à 2 % l'an dernier. Globalement, le secteur de la fabrication a enregistré une expansion de 5,2 %, mais il le doit en grande partie à la vigueur du secteur de la transformation alimentaire. En revanche, le secteur de la fabrication de biens durables s'est résorbé de près de 21 %.  

La croissance de Terre-Neuve bondit à 9,1 % en 2007 — Le vif essor de l'activité minière et d'extraction de gaz et de pétrole a fait bondir la croissance provinciale l'an dernier. La production industrielle a augmenté de 21 %. L'exploitation a tourné à plein régime à White Rose, à Voisey's Bay et à la mine Duck Pond, ce qui a donné une bonne impulsion à la croissance. Maintenant que la production a culminé en 2007, la croissance devrait ralentir de façon marquée quoique certains secteurs seront vraisemblabment plus touchés que d'autres. Celui de la construction a subi un revers puisque beaucoup de mégaprojets sont passés du stade de la construction à celui de la production.

Amy Goldbloom
amy.goldbloom@rbc.com

Accessibilité à la propriété... Consultez le rapport complet
L'accessibilité à la propriété n'a jamais été aussi difficile depuis 18 ans, mais devrait s’améliorer
  • Dans l’ensemble du Canada, l’accessibilité à la propriété s’est détériorée pendant chacun des quatre trimestres de 2007 pour clôturer l’année à son pire niveau depuis le point culminant de la bulle immobilière de 1990. Cette année-là, le mal venait surtout d’une flambée des taux d’intérêt et d’une récession ; cette fois-ci, on assiste à une longue tendance haussière des prix des logements qu’entretiennent des facteurs économiques fondamentaux plus sains, comme la création d’emplois. À ce cycle porteur s’ajoute une grande innovation dans le crédit hypothécaire, qui a élargi le bassin des acheteurs potentiels depuis que l’assurance hypothécaire a été libéralisée il y a deux ans.
  • Seule l’Alberta a résisté à cette tendance au dernier trimestre. L’accessibilité s’est dégradée dans les autres provinces, et ce, sur chaque marché et pour chaque catégorie de logements.
  • Les effets retardés de la montée des taux hypothécaires fixes continuent à saper l’accessibilité, mais nos prévisions font état d’une baisse du taux des populaires prêts hypothécaires à cinq ans, de 0,75 point de base d’ici la fin 2008. Pour la suite, un recul du loyer de l’argent, un ralentissement anticipé de l’inflation immobilière et des augmentations honorables de revenus, se conjugueront pour faciliter les choses aux candidats à la propriété sur la plupart des marchés.
  • Bien qu’il soit prématuré de tirer la sonnette d’alarme, nous plaçons sous surveillance le marché albertain de l’habitation, par crainte d’une évolution défavorable. Le prix moyen d’une maison de deux étages standard s’est replié de 4,3 % au dernier trimestre par rapport aux précédents. Les prix des bungalows individuels ont chuté de 7,3 %, ceux des maisons en rangée, de 4 % et ceux des appartements en copropriété, de 5,3 % un deuxième trimestre de suite. La maison de deux étages qui fait référence demeure plus chère de 63 % qu’il y a deux ans, et un seul trimestre ne saurait faire une tendance.
  • Mais le rythme des hausses d’une année à l’autre est passé d’environ 50 % il y a un an à seulement 11 % maintenant. Qui plus est, les ratios ventes/nouvelles inscriptions observés à Calgary et Edmonton restent autour de 0,4, donc à peu près à la moitié de leurs points culminants des deux dernières années. Avec moins de tensions sur le marché, il existe un risque que les prix se refroidissent encore.
  • Ce récent dérapage des prix immobiliers en Alberta renforcera sans doute la tendance à établir des comparaisons entre les finances des ménages du Canada et des États-Unis. Les Américains sont toujours modérément plus riches, mais ils sont beaucoup plus endettés et, surtout, ils le sont de manière moins liquide (voir le tableau). Cela les rend plus vulnérables que les Canadiens dans la tourmente actuelle des marchés du crédit et en cas d’évolution contraire des prix de l’habitation.
  • L’importante dépréciation du dollar US depuis six ans a fait que les Canadiens sont devenus relativement plus riches, car la valeur de ce que leur patrimoine leur permet d’acheter sur les marchés mondiaux a augmenté, par comparaison avec les Américains. Le tableau s’appuie sur des chiffres en monnaie locale, et un dollar canadien oscillant autour de la parité avec le billet vert rend les comparaisons assez faciles. Si nous étions dans la situation d’il y a six ans, avec un dollar canadien à un plancher de 62 cents US, l’avoir net des ménages canadiens serait inférieur de 40 % à celui des ménages américains. Mais même en prenant une moyenne à long terme pour le dollar canadien, de 85 cents US par exemple, les ménages du Canada auraient encore un avoir net sensiblement plus élevé que par le passé.

Derek Holt

Budget du Québec 2008 ... Consultez le rapport complet
Une entaille dans les réserves pour éviter le déficit

Le gouvernement libéral minoritaire du Québec a évité de peu des projections de déficit au cours des deux prochains exercices en puisant dans ses réserves budgétaires. Des recettes fiscales et le bénéfice d’Hydro-Québec supérieurs aux prévisions ont dégagé un excédent de 717 millions de dollars pendant l’année 2007-2008. Il existe actuellement des risques de baisse de la croissance économique en raison du ralentissement de l’économie des États-Unis et des difficultés du secteur manufacturier crucial de la province qui continuent. Le gouvernement a rabaissé d’un point de pourcentage entier ses prévisions de croissance économique depuis le budget de l’an dernier, à 1,5 % en 2008 (légèrement au-dessus de notre prévision de croissance de 1,2 % pour 2008).

Le Québec maintiendra la rigueur de ces dernières années caractérisée par des dépenses de programmes responsables. La croissance de ces dépenses devrait descendre à 4,2 % pendant l’exercice 2008-2009 et à 3 % pendant celui de 2009-2010. L’essentiel de l’augmentation de 2,3 milliards de dollars de ces dépenses sera consacré à la santé (1,3 milliard de dollars) et à l’éducation (612 millions de dollars). L’investissement en infrastructures de 30 milliards de dollars annoncé l’an dernier est en cours et continuera de contribuer à hauteur d’environ 6 milliards de dollars par an jusqu’en 2011-2012. Enfin, le budget cible les familles, avec plus de places en garderie et une aide aux enfants en situation de pauvreté, à quoi s’ajoutent une variété de mesures pour les aînés. Ces programmes coûteront en tout 2 milliards de dollars sur cinq ans.

Selon les projections, les revenus devraient être pratiquement inchangés pendant l’exercice 2008-2009 à 63 milliards de dollars, quoiqu’on en prévoie une augmentation de 2,2 milliards de dollars en 2009-2010. Cette somme sera affectée au financement d’une augmentation de 2,8 % des dépenses cette année-là. Les principales initiatives concernant le revenu dans ce budget sont la décision, à l’instar de l’Ontario, d’éliminer immédiatement la taxe sur le capital appliquée au secteur de la fabrication, mais en maintenant malheureusement la taxe pendant deux exercices de plus pour les autres entreprises (là encore, comme l’Ontario). Ce budget propose aussi un nouveau crédit d’impôt à l’investissement de 5 % pour l’achat de matériel de fabrication et de transformation, puis augmente ce crédit jusqu’à 40 % pour les entreprises dans des régions déprimées de la province. Enfin, un crédit d’impôt égal à 30 % des salaires a été créé pour les nouvelles sociétés de technologie de l’information.

Amy Goldbloom
amy.goldbloom@rbc.com

 

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