Vol. 39, N° 9 Septembre 1958
Le Canada et
les ÉtatsUnis
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Le Canada et les ÉtatsUnis,
qui comptent au delà d'un siècle de relations amicales et
entre lesquels le respect mutuel et la collaboration n'ont
fait que s'accroître, sont aujourd'hui plus près l'un de l'autre,
économiquement et spirituellement, que tous autres pays parmi
les nations importantes du monde.
Ces deux pays participent activement aux affaires internationales,
possèdent 13 p. 100 de la superficie mondiale et abritent
7 p. 100 de la population du globe.
Un article sur le Canada et les ÉtatsUnis doit comprendre
quelques chiffres. Voici une comparaison, en trois lignes,
de certaines particularités numériques :
| |
Canada |
États-Unis |
| Superficie (milles carrés) |
3,695,189 |
3,022,387 |
| Population (1956) |
16,081,000 |
168,174,000 |
| Revenu national (1956) |
$23,049,000,000 |
$343,600,000,000 |
Le revenu national par habitant est de $1,433 au Canada
et de $2,043 aux ÉtatsUnis, mais cette inégalité ne
veut pas dire que les Canadiens sont des voisins pauvres.
Leur niveau de vie ne diffère pas beaucoup de celui d'outrefrontière.
D'aucuns vont jusqu'à penser que les Canadiens sont pareils
aux Américains, sauf qu'ils n'ont pas été assez intelligents
pour s'établir plus au sud où il fait moins froid et que la
population du Canada s'est groupée le long de la frontière
parce que les Canadiens veulent se rapprocher le plus possible
des ÉtatsUnis.
Il est vrai que la moitié des Canadiens habitent à moins
de 100 milles et 90 p. 100 à moins de 250 milles de la frontière,
mais il est également vrai que plus de la moitié de la population
des ÉtatsUnis demeure à moins de 250 milles de la même
frontière.
L'explication en est simple : dans les premiers temps
de la colonie, il n'existait ni grandes routes ni chemins
de fer, et les pionniers devaient voyager par eau. Les peuplements
se développèrent donc près des rivières et des lacs qu'elles
reliaient, et plusieurs de ces cours d'eau s'étendent le long
de ce qui est aujourd'hui la frontière.
Une ligne frontière indistincte
Ces deux peuples autrefois ennemis sont maintenant amis.
Ils ne le sont pas devenus en nourrissant de grandes et obscures
idées sur la fraternité humaine, mais en apprenant à la dure
école de l'expérience qu'il vaut mieux entretenir des rapports
amicaux et que le simple bon sens commande de vivre en bons
voisins.
L'un et l'autre pays se glorifient d'avoir réussi à édifier
une des lignes frontière les plus artificielles qui soient
au monde, une frontière dont plusieurs incidents amusants
attestent le caractère indécis. À Rock Island, par exemple,
un homme peut en même temps se faire couper les cheveux au
Canada et faire cirer ses chaussures aux ÉtatsUnis ;
et tout près de là, une voiture roulant de l'est à l'ouest,
sur la grande route, est au Canada, mais aux ÉtatsUnis
si elle va de l'ouest à l'est.
Cette frontière livre passage à plus de marchandises, de
voyageurs, de touristes, de capitaux, de programmes de télévision
et de radio, de trains, de voitures, de journaux, d'équipes
de hockey et de clients que toute autre frontière du monde.
Les Canadiens et les Américains font en grande partie les
mêmes choses et les font souvent ensemble.
Pour bien comprendre le peu de cas que l'on fait de la frontière,
il n'y a qu'à se placer en un point quelconque des limites
entre Niagara et Buffalo le premier ou le quatre juillet.
Qu'il s'agisse de la fête de l'Indépendance américaine ou
de la Confédération canadienne, les bannières étoilées et
les UnionJacks s'entremêlent pendant que les visiteurs
affluent de part et d'autre sur les ponts internationaux.
Il a fallu cent ans pour tracer cette frontière de quelque
3,300 milles de longueur entre le Canada et les ÉtatsUnis,
à laquelle s'ajoutent les 1,540 milles qui séparent le Canada
et l'Alaska. Cela ne s'est pas fait sans erreurs, et si certaines
d'entre elles font sourire aujourd'hui, elles n'en posèrent
pas moins de véritables problèmes en ce tempslà.
L'échange des idées
Il est évident qu'il ne saurait exister beaucoup de méfiance
entre deux nations qui entretiennent de telles relations,
qui se passionnent pour les mêmes sports, qui emploient les
mêmes lotions à barbe et les mêmes rouges à lèvres, qui se
soignent avec les mêmes remèdes et qui se servent souvent
des mêmes expressions pour manifester leurs pensées et leurs
sentiments.
Mais il ne faut pas en conclure que les deux peuples sont
pareils. En fait, chaque pays a ses particularités et ses
caractéristiques propres. Ce n'est pas uniquement un problème
à deux dimensions : une longue ligne frontière que l'on
franchit de part et d'autre. La question n'est plus de savoir
où passe une ligne invisible ; elle se pose maintenant
sur un plan plus élevé, où les hommes des deux pays se demandent
comment la circulation des gens, des moissonneuses et des
marchandises qui franchissent la frontière pourrait bénéficier
de l'échange des idées, afin d'accroître ainsi le bienêtre
des deux peuples.
Un peu d'histoire
L'histoire canadoaméricaine n'est pas une suite de
guerres, de règnes de rois et de mandats de présidents. Elle
s'est formée par le jeu de forces constructives dans les domaines
de la culture, de l'économie et de la politique.
L'agitation déclenchée par les objections contre l'impôt
du timbre et les droits sur le thé dans les années 1770 se
transforma en débat sur le droit de la GrandeBretagne
de légiférer pour les colonies. Celuici fut attisé par
l'ineptie du roi qui ne comprit qu'après la bataille de Yorktown
qu'il devait renoncer à son projet. Il constata aussi, à ce
moment, qu'il avait perdu sa suprématie royale sur le parlement,
de sorte que le soulèvement de l'Amérique contribua pour beaucoup
à la victoire du principe du gouvernement parlementaire en
GrandeBretagne et que l'on peut le considérer comme
l'élément de base du droit des colonies à disposer d'ellesmêmes.
Le Canada fut envahi à deux reprises par les Américains
(1775 et 1812), lorsque ses voisins du sud eurent l'idée de
conquérir notre pays pour son plus grand bien. Une « invasion
amicale » fut lancée contre Montréal et Québec dans l'intention
d'incorporer le pays à l'Union en tant que quatorzième colonie.
Le château de Ramezay, qui existe toujours comme musée à quelques
rues du siège social de la Banque Royale du Canada, servit
de quartier général au général américain Montgomery.
Un demisiècle plus tard, pendant la guerre de 1812,
les Américains brûlaient York, aujourd'hui Toronto, à un moment
où, sur les 80,000 habitants de ce qui est actuellement l'Ontario,
35,000 seulement étaient des loyalistes et 25,000 des colons
américains. Ne voulant pas être en reste, les Britanniques
brûlaient Washington un an après.
Ces choses paraissent lointaines et anciennes. Il y a longtemps,
en effet, que les Canadiens ont passé l'éponge sur une vieille
inimitié, où les esprits s'échauffèrent, et les deux pays
se refusent à laisser d'anciens souvenirs fausser leurs jugements
sur leurs relations actuelles. Ils donnent en cela un magnifique
exemple aux vieux pays.
Le sentiment que la « destinée manifeste » du
Canada était l'union avec les ÉtatsUnis subsista pendant
de nombreuses années chez les Américains, même après que la
guerre eut fait place à un attentisme plein de suffisance,
très irritant pour les Canadiens.
Cette attitude remontait à l'origine même des ÉtatsUnis.
Dans les articles de la Confédération, une dispense spéciale
était accordée au Canada, et à lui seul, en vue de son entrée
dans l'Union : « Le Canada, adhérant à la présente
Confédération et acceptant les lois des ÉtatsUnis, sera
admis dans l'Union avec tous les avantages qui en découlent,
mais aucune autre colonie ne pourra y être admise à moins
que son admission ne soit approuvée par neuf États. »
Consultation et arbitrage
Ainsi évoluèrent les relations de ces deux pays, depuis
l'ère d'une seule souveraineté jusqu'à la séparation en passant
par la révolution ; depuis les tentatives par les armes
de ramener les Loyalistes dans le giron des républicains jusqu'aux
négociations en vue de l'union en tant qu'un des nouveaux
États ; depuis les prédictions que le Dominion ne pourrait
subsister dans son nouveau statut jusqu'à l'union amicale
d'aujourd'hui, qui n'exige aucune constitution.
Seule une voix isolée, et plutôt stupide dans l'esprit des
Canadiens, s'élève parfois, de nos jours, pour prôner les
vieilles idées d'annexion. Ces visées expansionnistes cadrent
mal avec le désir des peuples des ÉtatsUnis et du Canada
de voir s'édifier un monde où les petits pays seront à l'abri
des molestations.
Ces deux pays ont prouvé comment il est possible de collaborer
d'une façon harmonieuse, même à la solution des questions
difficiles, en exploitant à fond les principes de la consultation
et de l'arbitrage dans presque tous les problèmes. Une longue
habitude du règlement pacifique a consolidé leur amitié sur
une base de réalisme, qui supporte aussi bien l'épreuve de
la pratique que celle des idées.
Le secret de la bonne entente réside en partie, sembletil,
dans le fait que ces deux pays n'attendent pas que les idées
inconciliables viennent se heurter à la frontière. Ils s'y
attaquent dès le début et font appel au sens commun, à l'ingéniosité
et à la tolérance pour tourner, vaincre ou passer pardessus
les obstacles.
Les placements américains et canadiens
Le reste du monde regarde avec respect, et parfois avec
envie, le développement économique des pays nordaméricains.
La géographie et la force des événements ont contribué à
entrelacer étroitement les régimes économiques du Canada et
des ÉtatsUnis. Le degré exceptionnel de similitude qui
existe entre les économies des deux pays, devait naturellement
amener les hommes d'affaires et les capitalistes à s'intéresser
aux possibilités d'outrefrontière.
Les statistiques les plus récentes signalent les chiffres
suivants sur les placements étrangers à long terme au Canada :
ÉtatsUnis $11,785 millions, GrandeBretagne $2,661
millions, autres pays $1,110 millions, soit un total de $15,556
millions. En 1956, les placements canadiens à l'étranger se
sont élevés à $4,466 millions, dont $2,042 millions aux ÉtatsUnis
et $1,344 millions au RoyaumeUni.
Les Canadiens ressentent évidemment plus les placements
américains au Canada que ne le font les Américains dans le
cas des placements canadiens aux ÉtatsUnis, bien que
les placements effectués aux ÉtatsUnis par les Canadiens
soient, par habitant, presque deux fois plus considérables
que ceux des ÉtatsUnis au Canada.
Le commerce entre les deux pays
Ces deux pays sont les meilleurs clients l'un de l'autre.
Le volume total de leur commerce dépasse en fait le total
des échanges jamais enregistré entre deux pays quelconques.
La vie économique du Canada n'a pas été facile. Notre pays
est riche en ressources naturelles et sa population est énergique
et laborieuse, mais son marché intérieur est trop restreint
pour absorber la production de ses fermes, de ses forêts et
de ses usines.
Le Canada connut probablement ses jours les plus sombres
au milieu des années 1800, c'estàdire à l'époque
où la GrandeBretagne adopta le libreéchange, mesure
qui le privait de sa situation privilégiée au sein de l'empire
colonial. La perspective était si désespérante que l'on commença
à parler de l'annexion aux ÉtatsUnis, et l'on publia
à Montréal, en 1849, un manifeste réclamant l'union des deux
pays.
Cinq ans plus tard, un traité de réciprocité avec les ÉtatsUnis
venait délivrer les Canadiens de leurs craintes, mais il fut
résilié en 1866, en raison surtout du ressentiment de Washington
contre les sympathies britanniques envers le sud pendant la
guerre de Sécession.
En 1897, après de nombreux et vains efforts pour reconquérir
le régime de la réciprocité, le Canada adoptait celui de la
préférence impériale et tournait son attention vers le commerce
avec l'Empire. En 1911, un second traité de réciprocité était
rejeté lors d'une élection au Canada.
La guerre des tarifs commerciaux atteignit son point culminant
avec les tarifs FordneyMcCumber et SmootHawley,
en 1922 et 1930, qui restreignaient l'accès des Canadiens
aux marchés américains, et auxquels le Canada riposta par
de fortes augmentations de ses tarifs. En 1932, le Canada
signait les accords d'Ottawa, destinés à permettre à l'Empire
de se suffire davantage à luimême.
En 1935, tout le monde était las de la bataille des tarifs.
L'accord de commerce réciproque conclu cette annéelà
fut révisé et renouvelé en 1938, année où la GrandeBretagne
signa également un pacte de commerce avec les ÉtatsUnis.
Nous pouvons nous faire une idée exacte de l'importance
que peut acquérir l'échange bilatéral des marchandises en
comparant l'année 1939 avec celle de 1957. L'année où la guerre
éclata, le Canada acheta pour une valeur de $497 millions
de marchandises aux ÉtatsUnis, et, en 1957, ses achats
aux ÉtatsUnis se sont chiffrés à $4,003 millions ;
en 1939, les achats des ÉtatsUnis au Canada s'élevaient
à 380 millions de dollars ; en 1957, ils atteignaient
le total de 2,943 millions.
Les problèmes du Canada
Le Canada a ses problèmes particuliers. Petit pays, doté
de richesses suffisantes pour subvenir aux besoins d'un grand
pays, il doit faire face à des responsabilités et à des dangers
de nature spéciale.
Pour ceux qui ont appris à regarder le globe du sommet,
il est clair que le Canada gît au centre de la puissance mondiale,
car il est entouré des ÉtatsUnis, de la GrandeBretagne
et de la Russie. Cette position était autrefois un gage de
sécurité, mais la stratégie aérienne ferait de son territoire
une région critique en cas de guerre.
Son intégrité politique est assurée, ses relations extérieures
sont exemptes de toutes imputations égoïstes, et il a de nombreux
amis dans toutes les parties du monde. Son traditionalisme
inné maintient le pays dans la voie de la pondération ;
son dualisme racial lui confère un esprit de tolérance et
de compréhension qui est très important dans les relations
internationales ; son sentiment national, fondé sur la
fierté de ses réalisations industrielles, agricoles et militaires,
l'empêche de devenir une entrave au progrès.
Tout cela indique que le Canada jouit au sein des nations
du monde d'une importance bien supérieure à sa modeste population.
Il dresse fièrement le front en tant que nation autonome,
car il a atteint sa majorité en 1931 en obtenant d'une façon
pacifique le même résultat que les ÉtatsUnis, par la
guerre de l'Indépendance, 155 ans plus tôt : le statut
de pays indépendant. L'étendue de son indépendance a été démontrée
par le fait que le Canada déclara la guerre à l'Allemagne
sept jours plus tard que la GrandeBretagne et qu'il
déclara la guerre au Japon avant la GrandeBretagne et
les ÉtatsUnis. Il aurait même pu ne déclarer la guerre
à personne s'il avait voulu rester à l'écart.
Le Commonwealth
Le Canada est en même temps un associé du Commonwealth britannique,
qui représente en soi l'une des institutions politiques les
plus remarquables de l'histoire. Il est vraiment prodigieux
que la mèrepatrie britannique, simple point sur la carte,
inspire une fidélité assez tenace pour que des pays aussi
lointains que le Canada, la NouvelleZélande et l'Australie
restent attachés à elle en dépit de la puissante attraction
du milieu ambiant et de la différence des modes de vie.
Les membres du Commonwealth jouissent de tous les éléments
de la liberté tout en étant liés ensemble par la loyauté envers
la Couronne, par un vaste patrimoine de préceptes politiques,
sociaux et moraux, et par des traditions que le temps n'a
pas réussi à affaiblir.
Malgré son appartenance au Commonwealth, le Canada n'en
est pas moins un pays américain, et il entretient des relations
culturelles et commerciales, à la fois amicales et mutuellement
utiles, avec tous les pays des Amériques.
Dualité ethnique
Le Canada est un pays bilingue, car près de 31 p. 100 de
sa population est d'origine française. Dans la province de
Québec, cette importante minorité a su conserver une cohésion
de coutumes, de religion et de langue, qui la distingue sur
le plan national et international.
Les Canadiens français ont été coupés presque complètement
de l'Europe par la chute de la NouvelleFrance pendant
la guerre de Sept ans et par le fossé creusé par l'anticléricalisme
de la Révolution française. Ils se considèrent comme de véritables
Canadiens. En raison de sa dualité ethnique et de l'immigration
mixte qui en est résultée, le Canada n'a jamais professé un
nationalisme racial étroit. Ses tendances en ce domaine ressortent
clairement des statistiques démographiques suivantes :
| Origine : |
1871 |
1931 |
1951 |
| |
% |
% |
% |
| Britannique |
60.5 |
51.9 |
47.9 |
| Française |
31.1 |
28.2 |
30.8 |
| Autre |
8.4 |
19.9 |
21.3 |
Besoin de renseignements
Les renseignements sont une chose dont le Canada comme les
ÉtatsUnis ont un grand besoin. La publicité de chaque
pays chez son voisin n'a pas été particulièrement brillante.
Les hommes politiques et les employés publics sont souvent
incapables de comprendre que le ressentiment ou l'opposition
que provoquent les changements ou les idées nouvelles ne sont
pas imputables à la perversité mais à l'incompréhension des
raisons qui en sont le fondement.
L'éducation et l'information du grand public fondées, non
pas sur la partialité ou les sentiments, mais sur les faits
et des arguments exposés d'une façon intéressante, permettraient
d'éviter bien des problèmes. Les vues continentales sont le
prélude nécessaire des vues internationales, et il convient
de les développer dans les deux pays.
Il y a naturellement des obstacles qui s'opposent à la pleine
corrélation des efforts tentés par ces deux pays pour favoriser
leur avancement et le bien général de l'univers. Mais il existe
dans le coeur et dans l'esprit de leur peuple de puissants
élans créateurs qui ne demandent que le stimulant de l'intérêt
pour accomplir des merveilles.
La nécessité de supprimer les entraves restrictives est
aujourd'hui plus impérieuse que jamais. La collaboration internationale
que pratiquent les ÉtatsUnis et le Canada de concert
avec les autres pays s'étend à toutes les activités humaines ;
elle intéresse chaque citoyen et n'est plus la prérogative
des ambassadeurs et des fonctionnaires des Affaires étrangères.
Il y a peu de sceptiques parmi les patriotes et les intellectuels
de nos deux pays, car il serait tout à fait contraire à l'esprit
américain (au sens large du mot « américain », qui
comprend aussi le Canada) d'avoir des doutes sur les chances
de succès de notre continent.
Mais il importe de se rendre compte de la vérité qu'un avenir
heureux ne se prépare pas dans l'inertie. Ayant opté pour
des idéaux qui sont le fruit de siècles d'expérience, et décidé
des moyens à prendre pour les atteindre dans un monde passionnément
réaliste, les peuples du Canada et des ÉtatsUnis doivent
envisager la réalité, penser avec intelligence et s'exprimer
d'une manière intelligible, bâtir d'une façon durable et travailler
sans arrêt.
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