Vol. 73 N° 3 Mai/Juin 1992
Apprendre à penser
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Les humains pensent constamment. Existe-t-il
des modes de pensée valables, fautifs ? Nous nous penchons
ici sur diverses approches au raisonnement logique qui peut
nous garder de la manipulation et nous aider à mener une vie
mieux équilibrée...
Penser est sans doute, après la respiration, l'activité
humaine la plus répandue. Nous ne mangeons, dormons, marchons,
parlons que de façon intermittente, mais tant que nous sommes
conscients, nous pensons constamment. Cette faculté abstraite
est ce qui distingue l'homo sapiens du reste de
la création. Descartes parlait au nom de l'humanité en déclarant :
« Je pense, donc je suis. »
Selon Ralph Waldo Emerson, l'essence de l'homme réside dans
la pensée. Pourquoi, alors, consacre-t-on si peu d'efforts
à s'assurer de l'efficacité de ce processus intellectuel ?
En effet, si l'on nous dit constamment quoi penser,
on nous explique rarement comment le faire. Est-ce
parce que la pensée est considérée comme un phénomène naturel ?
Auquel cas, il serait absurde d'apprendre un comportement
inné.
Parler, cependant, est également une fonction naturelle.
Si l'on peut apprendre à mieux s'exprimer, ne peut-on pas
apprendre à mieux penser ? Les philosophes de la Grèce
ancienne ont été les premiers à vouloir enseigner le raisonnement.
Aristote, par exemple, a proposé un système de logique formelle
qui, bien que contesté depuis, constitue le point de départ
de toute étude visant à apprendre à raisonner.
Le travail d'Aristote a été repris par des savants du Moyen
Âge qui ont dressé la liste des modes de penser qui doivent
être évitées. Ils appellent ces erreurs de logique des sophismes,
c'est-à-dire des arguments faux malgré une apparence de vérité.
En dépit de leur nom savant, les sophismes appartiennent au
quotidien. Nous avançons souvent des arguments faux; notre
raisonnement est constamment teinté de sophismes.
Prenons par exemple le cas du secudum quid, nom
que les savants du Moyen Âge donnaient aux conclusions trop
hâtives. Exemple : nous visitons une ville inconnue et
voyons deux hommes qui titubent dans la rue. Conclusion :
cette ville est pleine d'ivrognes. « Les gens de cette
ville sont particulièrement impolis », pensons-nous
également face au manque d'amabilité du seul vendeur à qui
nous avons eu affaire.
Les généralisations outrées semblent peut-être anodines,
mais elles sont une source potentielle de problèmes politiques
et sociaux. Appliquées à des groupes, elles dorment naissance
aux stéréotypes. Deux membres d'un groupe donné sont paresseux
et peu fiables. Conclusion : le groupe tout entier est
paresseux et peu fiable. Trois membres d'un autre groupe sont
accusés de vol. Conclusion : tous les membres de ce groupe
sont des criminels. Un meurtre a lieu dans un quartier ethnique.
Nous évitons alors ce quartier d'assassins. C'est d'un tel
grossier étiquetage que naissent les préjugés haineux, sectaires
et raciaux.
Autres généralisations du même genre : supposer qu'un
sentiment temporaire et localisé représente un principe universel,
que ce qui semble vrai ici, à l'instant même, le sera partout
et pour toujours. C'est présumer que ce que l'on juge bon
pour soi est bon pour la société tout entière.
Les surgénéralisations remplacent chez les esprits paresseux
le raisonnement rigoureux, la paresse intellectuelle expliquant
probablement leur acceptation généralisée. Dans les années
1950, A.J. Liebling, journaliste critique, résumait ainsi
l'approche de la presse américaine aux nouvelles de l'étranger :
« homme aller église, homme bon, pas mentir; homme pas
aller église, homme mauvais, mentir; communistes mauvais,
leurs paroles toujours mentir ». Des millions de personnes
acceptaient d'emblée ce raisonnement de demeuré.
Nombreuses ont été alors les vies américaines ruinées par
la surgénéralisation, principe directeur de la chasse fanatique
aux communistes du sénateur Joseph McCarthy. « S'il se
dandine comme un canard et fait coin coin comme un canard,
ce doit être un canard. » Le sénateur et ses acolytes
avaient fait un art de la théorie de la culpabilité par association.
Dubois a déjeuné avec Dupont; ce dernier a assisté une fois
à la réunion d'un groupe communiste. Conclusion : Dupont
et Dubois sont communistes.
Les faux raisonnements basés sur les coq-à-l'âne et le « tu peux bien parler »
La culpabilité par association est fondée sur des correspondances
erronées la supposition que tout objet qui a des traits en
commun avec un autre lui ressemble en tous points. Vous pouvez
ainsi déduire que les baleines, étant des mammifères, peuvent
marcher. Un tel raisonnement attribue une opinion uniforme
à tous les membres d'une race, religion, secte ou nation.
Les démagogues avides de pouvoir ne sont que trop heureux
d'exploiter cette faiblesse et de prétendre qu'ils parlent
au nom du groupe tout entier, doté d'un esprit monolithique.
La culpabilité par association s'assortit également d'éléments
où les idées et les choses sont mêlées aux personnalités.
Exemple : « Cet organisme de charité ne peut être
une bonne cause puisqu'il est dirigé par un égotiste épris
de publicité. » En fait, cette soif de célébrité n'a
rien à voir avec son aptitude à la gestion ou la valeur de
l'organisme qu'il dirige. En politique il est bon, avant de
juger, de ne pas confondre personnalités et sujets d'actualité.
N'aimant pas le physique ou la manière de s'exprimer d'un
politicien, vous rejetez ses politiques.
Autre faux raisonnement : le « tu peux bien parler ».
On s'en sert pour excuser en soi des fautes parce que d'autres
les commettent ou font pire. Une épouse demande à son mati
de ne pas laisser traîner ses chaussettes. Sa riposte :
« Et la carrosserie cabossée, c'est à qui la faute ? »
n'a aucun rapport avec le point soulevé. De tels coq-à-l'âne,
voulus ou non, sont courants en politique. Ils sont fatals
en affaires. Les dirigeants qui concluent que « nous
ne sommes pas pires qu'un autre » appellent la faillite.
Autre sophisme qui repose sur les coq-à-l'âne : le
circulus in probando, c'est-à-dire la discussion
qui tourne en rond. Vos pensées intérieures peuvent également
suivre un cercle vicieux. Exemple : quelqu'un déclare
que Alexandre Dumas est un romancier supérieur à Gustave Flaubert.
Pourquoi ? C'est ce que disent les critiques les plus
lucides. Et qui sont-ils ? Ceux capables de juger lucidement
que Dumas est un meilleur romancier que Flaubert, bien sûr !
Le raisonnement circulaire signifie rejoindre le mode de
pensée d'un troupeau intellectuel qui charge en tournant en
rond. Tout le monde pense ainsi; donc ce doit être la vérité
puisque tout le monde le pense. Autre variation : tirer
une conclusion fondée sur une hypothèse invérifiable. Vous
en trouverez un exemple macabre et ridicule dans l'énoncé
suivant : la chasse au renard n'est pas cruelle puisque
le renard la trouve amusante.
Des conclusions sans fondement sont présentées comme des
« vérités évidentes », expression d'ailleurs contradictoire
en soi puisque le terme « évident » sous-entend
des indications menant indubitablement à une conclusion. Plus
les « vérités évidentes » sont invérifiables, plus
elles sont défendues avec fougue par ceux qui y adhèrent.
L'une de leurs tactiques est de s'abriter derrière l'approbation
d'une personne ou d'un ouvrage respecté. Il est cependant
évident que la validité d'une opinion ne dépend pas nécessairement
de la célébrité ou de l'éminence de ceux qui la professent.
Ce principe s'applique également au gourou qu'on se choisit
ou aux statistiques impressionnantes qui sont facilement mal
interprétées ou volontairement déformées pour appuyer une
cause. Dans son ouvrage Guides to Straight Thinking,
Stuart Chase parle d'un écriteau affiché dans une école britannique
qui allait au coeur du sujet : « Le professeur
peut avoir tort. Réfléchissez vous-même. »
Toute réflexion valable doit a priori rejeter les déclarations
du genre « tout le monde le sait ». Le penseur critique
ne doit accepter que les faits convenablement vérifiés. Lorsqu'un
orateur affirme que « la plupart des spécialistes en
conviennent », demandez : quels spécialistes ?
Sur quoi exactement sont-ils tombés d'accord ? La contestation
est essentielle car, comme l'explique Bertrand Russell :
« Les plus grands maux de l'humanité lui ont été infligés
par des gens convaincus de détenir la vérité alors qu'ils
étaient dans l'erreur. »
« Mieux vaut ne rien savoir que savoir quelque
chose de faux »
« Mieux vaut ne rien savoir que savoir quelque chose
de faux », écrivait Josh Billings. Mais comment distinguer
le vrai du faux ? Puisque l'on appuie toujours ses convictions
par des « faits », il serait bon de connaître la
différence entre un fait et une simple notion. Il y a quelques
années, le ministère de l'éducation de la Californie a défini
le fait comme étant « un consensus basé sur des observations
confirmées et des déductions qui peuvent être testées ou rejetées. »
Personne ne peut unilatéralement créer un fait à l'appui de
ses convictions, sentiments ou préjugés.
Les faits ont une nature insaisissable comme l'explique
Vilhjalmur Stefansson, grand explorateur canadien. Il illustre
ce point en citant l'exemple d'un homme qui entre dans une
maison en disant : « Il y a une vache rouge dans
la cour. » Stefansson énumère les sources possibles d'erreur :
« L'observateur s'est-il trompé sur le sexe de l'animal ?
Ce pourrait être un boeuf. Ou sur son âge ? Ce pourrait
être une génisse. L'homme souffre-t-il de daltonisme ?
La vache pourrait être d'une autre couleur. Et même s'il s'agit
d'une vache rouge, un chien peut l'avoir aperçue au moment
où notre observateur tournait le dos, si bien que, lorsqu'il
a annoncé sa présence dans la cour, elle disparaissait déjà
dans un nuage de poussière au détour du chemin. »
L'information étant faillible, les scientifiques ont établi
un raisonnement en cinq étapes qui détermine ce qui est un
fait et ce qui ne l'est pas : 1) poser des questions;
2) procéder à des observations; 3) communiquer les résultats;
4) répondre aux questions soulevées par ces résultats; 5)
réviser les hypothèses à la lumière des réponses. Même ainsi,
ils ne s'attendent pas à des certitudes mais à de hautes probabilités.
Le scientifique dira : « Cette hypothèse est vérifiée
par les faits. » Il ne dira pas : « Ceci est
la vérité. »
Cette méthode peut être appliquée pour arriver à raisonner
plus logiquement et juger des pensées des autres. Résistent-elles
à un examen serré ? Les hypothèses qui les sous-tendent
prennent-elles en compte les dernières découvertes ?
On reconnaît une logique défaillante à certains signes :
le refus d'entendre des arguments ou des preuves allant à
l'encontre de ses hypothèses; la conviction que les objections
avancées ne visent pas à réfuter ses conclusions mais à attaquer
sa probité ou sa dignité. On raconte que, en entendant un
discours, un vieux membre du parlement avait écrit les notes
suivantes : « Point faible. Devient émotif ! »
Haut placé sur la liste des effets rhétoriques se trouve
l'argumentum ad populum, c'est-à-dire l'appel aux
passions populaires. Facile à reconnaître, il s'entoure d'abstractions
émotives telles que l'honneur, la dignité et la fierté. La
propagande s'exprime toujours en termes unitaires et simplistes :
il n'existe qu'un seul problème, qu'une seule solution, qu'un
seul groupe de preuves irréfragables. Soit on lutte
contre un ennemi monstrueux, soit on est encerclé d'ennemis
tout aussi fielleux.
L'aptitude à reconnaître un argument faux est l'arme principale
du penseur contre la démagogie et la propagande utilisées
en publicité, politique et autres affaires publiques. En réponse
à une demande visant l'enseignement de la logique dans les
écoles, Erna Paris, journaliste et auteure de Toronto, écrivit
dans le Globe and Mail : « Imaginez une
société qui apprend à ses enfants à distinguer les arguments
des émotions et à évaluer les faits en fonction des preuves
qui les appuient ! Les préjugés et l'entêtement à ne
pas voir le point de vue de l'autre n'en seraient pas éliminés,
mais nous serions plus à même de résister aux manipulateurs
d'opinion, aux exploiteurs de superstitions et aux propagandistes. »
Comment éviter de prendre ses impressions
pour la réalité
En l'absence d'un tel enseignement, sauf dans les cours de
logique en classe de philosophie, le commun des mortels doit
s'appuyer sur son bon sens pour veiller à la logique de sa
pensée et détecter l'illogisme dans les discours publies.
Il existe bien entendu des livres à ce sujet, et dans les
encyclopédies figurent des articles définissant les erreurs
de logique et certaines méthodes intellectuelles. Voici cependant
quelques principes directeurs : les généralisations sont
sujettes à caution. Les affirmations doivent être vérifiées
par des faits; on doit se méfier des pensées extrêmes, des
siennes et des autres.
Nous ne serions pas humains si de temps à autre nous ne
nous laissions aller à l'excès, notamment si blessés dans
notre amour- propre ou en colère. Afin d'éviter ce piège,
le danger de la pensée absolue doit être reconnu.
L'absolu, reconnaissable à l'utilisation du verbe « être »,
amène à confondre jugements intérieurs et réalité extérieure.
« Des affirmations, telles que "ce tableau est beau"
ou "ces perspectives sont bonnes", ne concernent ni le tableau
ni les perspectives, mais l'idée que la personne s'en fait »,
explique S.I. Hayakawa dans son ouvrage Language in Thought
and Action. Les humains ont tendance à confondre l'impression
qu'ils se font d'un objet avec l'objet lui-même, à prendre
la carte pour le territoire. « Mais il est évident que
personne ne peut dépasser les limites de son système nerveux
pour percevoir la réalité directement et objectivement. Si
on le pouvait, on ne serait pas berné par les magiciens et
les illusions optiques ni enclin aux méprises. »
En évitant l'utilisation du verbe « être » et
des mots absolus, vous penserez plus clairement. Albert Ellis,
sémanticien distingué, a montré par des exemples comment le
raisonnement gagnait en clarté et en profondeur sans le verbe
« être » : « Jean est léthargique et malheureux.»
/ « Jean semble léthargique et malheureux au bureau. »
/ « Jean est plein d'entrain. » / « Jean semble
plein d'entrain sur la plage. » / « Marie est intelligente. »
/ « Marie a un Q.I. de 160. »
La pensée absolue semble être un produit naturel de la culture
occidentale, pour qui tout est noir ou blanc. Notre système
juridique déclare l'accusé coupable ou non coupable; nous
votons pour un candidat ou pour un autre; trop souvent, seules
deux voies s'offrent à nous : la bonne et la mauvaise.
Le raisonnement absolu renforce « le pouvoir des pensées négatives »
La logique d'Aristote, qui pendant des siècles a guidé la
réflexion occidentale, affirme que tout doit appartenir à
une seule catégorie. Cette logique, semblable à un interrupteur
ouvert ou fermé, ne permet aucune nuance. Ce système encourage
ce que les sémanticiens appellent les jugements de valeurs
opposées. La pensée suivante en est un exemple typique :
« Celui qui ne pense pas comme moi est contre moi. »
Elle rejette toute possibilité d'accord sur une question et
de désaccord sur une autre, et ne permet pas de se situer
dans un camp à un moment donné et dans le camp adverse en
d'autres circonstances.
Cette profession du « tout ou rien » conduit à
des jugements puérils : « C'est bon, c'est mauvais;
ils ont raison, les autres ont tort; il est stupide, elle
est intelligente. » Une telle approche mène à un régime
intellectuel où tout un chacun tombe dans des catégories caractérisées
par l'uniformité de la pensée, des sentiments et des actes.
Elle altère également ce qu'on pense de soi : « Ils
sont tous contre moi »; elle s'accompagne d'un cortège
de mots absolus : « Rien de bon ne m'arrive
jamais. J'échoue toujours. Je ne fais
jamais de progrès. Tout va mal. Tout le monde
s'en moque. » Le raisonnement absolu renforce « le
pouvoir des pensées négatives » car il crée des espérances
irréalistes. On s'attend à être traité bien ou mal en tout
temps, et non tantôt bien tantôt mal et parfois ni bien ni
mal.
Au lieu de percevoir l'existence, la sienne et celle des
autres, comme un processus évolutif, elle apparaît statique.
Parlant d'un jeune théoricien qui, traversant une période
difficile, concluait « je ne m'en sortirai jamais »,
Stuart Chase remarque : « Il croit, aveuglé par
l'absolu, que cet incident isolé dans le temps et dans l'espace
est un état permanent. Il ne comprend pas que ce qui s'est
produit ne peut jamais se reproduire exactement, le contexte
n'étant jamais le même. »
L'erreur de croire qu'un événement est appelé à se répéter
mène à la réflexion de préemption qui vise à prévenir tout
renouvellement. Une jeune femme qui a rompu avec deux ou trois
hommes est persuadée que tous ses rapports avec les hommes
ne peuvent que se solder par un échec.
Être aussi heureux qu'on décide de l'être
Un tel pessimisme nourri par un passé qui ne peut se reproduire
empêche de se réaliser pleinement : « Je ne parlerai
pas à mon patron de cette idée parce que je ne veux pas avoir
l'air d'un imbécile. » Gardons à l'esprit l'avertissement
de Hayakawa, à savoir que ce que l'on pense du monde et de
soi ne représente qu'une réalité partielle. « L'idée
que l'on se fait de soi n'est pas soi-même, de nombreuses
facettes en sont absentes. »
L'idée que l'on se fait du monde et de soi peut littéralement
nuire à sa santé. Dernièrement, des spécialistes du stress
ont déterminé que la perception de son moi est directement
liée au degré de stress que l'on peut supporter. Lorsque l'on
tire des conclusions hâtives, que l'on se croit personnellement
visé, que l'on s'abandonne à la peur ou que l'on se laisse
duper par des sophismes, on agit comme si tout ce qui nous
entoure est dangereux. Nous déclenchons ainsi en nous la réaction
instinctive de la lutte ou de la fuite qui est une source
de stress néfaste.
« La plupart des gens sont aussi heureux qu'ils décident
de l'être », a déclaré Abraham Lincoln. En dépit des
nombreuses découvertes scientifiques, technologiques et sociales
survenues depuis Lincoln, ces mots ont gardé toute leur actualité.
Si des événements extérieurs peuvent les rendre misérables,
le bien-être mental des personnes ordinaires dépend plus de
leur état d'esprit que des circonstances. Or, cet état d'esprit
peut être amélioré par la clarté de la réflexion et la chasse
aux craintes et au doute de soi qui sont sans fondement.
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