Vol. 47, N° 6 Juin 1966
La Province de Québec
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Beaucoup de peintres et de poètes
ont tenté de représenter ou de décrire
la Province de Québec, mais il semble que la peinture
et la parole soient impuissantes à en exprimer tous
les charmes.
Le Québec est fait d'une infinité de petites
choses et de sentiments. Il a toujours été différent
des autres provinces depuis le début de l'histoire
du Canada, et il va continuer à en différer
parce que son essor vers la maturité économique
ne fait que commencer alors que certaines autres provinces
ont déjà une avance considérable.
Aujourd'hui, le Québec est une province dans l'expectative,
une province qui aspire à la réalisation de
ses ambitions. Sa population a presque complètement
rompu avec l'ancienne société agricole ;
des hommes et des femmes dont les parents pouvaient à
peine supporter d'aller plus loin que le son du clocher de
leur village, travaillent maintenant en grand nombre dans
les villes. Encore isolée du reste du monde il y a
une quarantaine d'années, la Belle Province ouvre ses
portes à tous les pays en les invitant à participer
à l'Exposition universelle de 1967. L'urbanisation
et l'avènement d'immenses complexes industriels ont
déclenché un mouvement qui paraît irréversible.
Cette province est la plus vaste du Canada ; d'une
superficie de 594,860 milles carrés, elle est deux
fois plus grande que le Texas et égale en étendue
aux territoires réunis de la France, de l'Espagne et
de l'Allemagne. Au dernier recensement, sa population était
de 5,259,211 habitants, soit 29 p. 100 de la population totale
du Canada.
La totalité des terres cultivables se chiffre à
22,185 milles carrés, tandis que les forêts recouvrent
une superficie de 378,125 milles carrés. Le plus haut
sommet est celui du mont Jacques-Cartier, qui a 4,160 pieds
d'altitude. On y compte quatre lacs de plus de 400 milles
carrés. Le Québec possède aussi d'immenses
littoraux maritimes.
Étant donné que la Province s'étend
sur une distance de plus de douze cent milles du sud au nord,
le climat y est extrêmement varié. À Fort
Chimo, dans la baie d'Ungava, la saison exempte de gel est
de 52 jours environ, mais à Sherbrooke, dans les Cantons
de l'Est, elle se prolonge pendant quelque 130 jours.
Les chemins de fer et les routes poussent leurs ramifications
vers le Nord au fur et à mesure que l'on découvre
de nouveaux gisements miniers et que de nouvelles forêts
sont mises en exploitation. La main-d'oeuvre nécessaire
au développement des ressources et au traitement des
produits miniers et forestiers augmente rapidement en nombre.
On prévoit que la population aura atteint 6,380,000
habitants en 1971.
Le Saint-Laurent
Un explorateur de 1663 écrivait dans son journal
qu'aucun autre pays au monde n'est aussi bien pourvu de cours
d'eau. À l'île d'Orléans, les premiers
navigateurs notent que « l'eau commence à devenir
douce », car ils pénètrent alors dans le
chenal principal du grand fleuve Saint-Laurent, trait dominant
de la géographie du Québec. C'est le long de
ce majestueux cours d'eau et sur ses rives que bat depuis
plus de quatre cents ans la vie de la Province de Québec.
La plus vaste région agricole de la Province est
celle de la vallée du Saint-Laurent et des Cantons
de l'Est ; elle s'étend depuis le fleuve jusqu'à
la frontière des États-Unis. La rive sud est
parsemée d'une longue suite de villages et de petites
villes datant des premiers temps de la colonie. Certains postes
de traite, qui servaient autrefois de centres commerciaux
aux fermes éparpillées à travers les
campagnes, sont aujourd'hui des villes importantes.
Fondée par Champlain en 1608, la ville de Québec
est la plus ancienne capitale nationale au nord du Rio Grande.
C'est de là que partiront ceux qui surent « porter
l'épée et la croix » pour aller conquérir
les vastes solitudes du nouveau monde pour Dieu et pour le
Roi. Les trafiquants de pelleteries devaient également
en faire le centre de leur activité commerciale. Cette
ville fut aussi la scène de plusieurs batailles, dont
la dernière vit périr les généraux
des deux armées en présence ; leur mémoire
est perpétuée, sur les hauteurs, par un unique
obélisque portant ces mots : « Le courage
leur a donné une même mort, l'histoire une même
renommée, la postérité un même
monument ». Aujourd'hui, Québec est une grande
ville administrative, intellectuelle et religieuse.
À quelque quatre-vingts milles en amont se trouve
Trois-Rivières, centre de commerce important, fondé
en 1634, et lieu de naissance de La Vérendrye, premier
explorateur à atteindre l'emplacement de Winnipeg et
les montagnes Rocheuses. Avec une population de 55,000 âmes,
elle se classe actuellement au troisième rang parmi
les villes industrielles et maritimes de la Province.
L'île de Montréal, à 164 milles au-dessus
de Québec, reçoit la visite du navigateur breton
Jacques Cartier, en 1535. Les premiers colons, au nombre desquels
se trouvent deux femmes intrépides, Jeanne Mance et
Mme de La Peltrie, y débarquent en 1642. À la
fin des années 1660, la population s'élèvera
à 600 âmes.
Par sa situation géographique, au confluent du Saint-Laurent,
de l'Outaouais et du Richelieu, Montréal devait acquérir
une haute importance à une époque où
tout le transport se faisait par eau. Elle est aujourd'hui
le plus grand centre commercial du Canada, et sa population
métropolitaine de 2,000,000 d'habitants représente
10 p. 100 de la population de l'ensemble du pays.
Mais Montréal n'est pas remarquable que par son activité
économique. C'est la plus grande ville de langue française
du monde après Paris. Entre toutes les villes nord-américaines,
c'est la ville par excellence de la discussion, où
les esprits de formation différente expriment librement
leur opinion sur toutes les questions d'intérêt
social, politique et économique.
Dans son trajet, le fleuve subit une dénivellation
de 580 pieds. Un petit canal fut creusé à Lachine,
en 1700, afin de permettre aux canoës de contourner les rapides,
et, en 1850, des navires ayant jusqu'à 140 pieds de
longueur et neuf pieds de tirant d'eau pouvaient se rendre
de Montréal au lac Erié. Aujourd'hui, la Voie
maritime du Saint-Laurent, ouverte depuis le printemps de
1959, assure aux navires un chenal de 27 pieds de profondeur
à partir de l'océan Atlantique jusqu'à
Duluth, dans le Minnesota, à la tête des Grands
Lacs.
Exploration et colonisation
Tout commença lorsque Cartier remonta la « grande
rivière » à la recherche du Pacifique.
Il fut suivi par Champlain, qui, dans son oeuvre d'exploration,
de colonisation et de conquête, déploya tout
le courage et l'ardeur d'un croisé. Champlain fut le
véritable père du Canada.
Il y eut des moments où la France et l'Angleterre
éprouvèrent des doutes sur la valeur de ces
terres nouvelles. On alla même jusqu'à dire,
au Parlement de Londres, que le Canada ne valait même
pas la peine de se déranger, et c'est par un grand
banquet, à Paris, que Voltaire célébra
la prise par la Grande-Bretagne de cette gênante possession.
Lors de la cession, en 1763, la France se lava les mains
des « quelques arpents de neige ». La majorité
des militaires, des nobles et des personnes instruites rentrèrent
en France, laissant le soin à la population canadienne
de se créer une personnalité bien à elle.
Après la Révolution française, la Province
de Québec, se sentant de moins en moins d'attrait pour
l'ancienne mère-patrie, dut compter de plus en plus
sur ses propres moyens. Les gens restèrent attachés
à leur religion, à leurs lois et à leurs
traditions ; ils n'oublièrent jamais qu'ils étaient
les descendants d'un des pays les plus cultivés du
monde, mais l'air pur et les vastes espaces de l'Amérique
devaient leur conférer une vigueur et un dynamisme
distinctifs, et en faire une race nouvelle.
La vie politique connut des hauts et des bas, tant pendant
la période de reconstitution qui suivit la guerre que
durant celle de l'édification des bases de la vie économique
et sociale. La colonie progressa cahin-caha sous le gouvernement
provisoire, les assemblées populaires, l'union législative
du Bas et du Haut-Canada, le gouvernement responsable, et
parvint enfin à rallier les esprits à la conférence
de Québec, en 1864, où furent rédigées
et adoptées des résolutions recommandant l'union
fédérative.
La situation particulière de la minorité dans
le Québec fut reconnue grâce à l'insertion
dans l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de certaines
obligations irréductibles envers la province de langue
française. Celle-ci conservait son droit civil, sa
liberté religieuse, l'emploi du français sur
un pied d'égalité au Parlement d'Ottawa, à
la Législature de Québec, devant les tribunaux
fédéraux et ceux de la Province de Québec,
et la juridiction sur son système d'enseignement. Il
s'agissait là, dans l'esprit des Canadiens français,
non pas d'une simple union fédérale, mais d'un
pacte ou traité garantissant à chaque groupe
le droit à sa foi, à sa langue, à ses
lois et à ses coutumes.
Dans les conditions qui ont prédominé depuis
la révolte des colonies américaines, le fait
de demeurer associé au Canada anglais a été
pour le Canadien français la seule garantie de pouvoir
conserver son identité culturelle. « Mais par
contre, disait naguère un article du Manchester
Guardian, le Canada de langue anglaise a besoin des Canadiens
français, car, lui aussi, submergé par le nombre
et sans langue différente pour se distinguer, pourrait
être englouti par le géant du Sud. »
Les ressources naturelles
Le génie, remarquable et dominant, que ses habitants
manifestèrent dès le début pour le défrichement
est entré dans la légende du Québec.
Avec son lopin de terre qu'il cultivait avec l'aide de sa
famille, le cultivateur québécois incarnait
le citoyen simple, honnête, indépendant, sain
et heureux. Son ambition était de voir ses fils, une
fois devenus hommes, s'établir avec leurs familles
sur des terres groupées, le plus souvent, autour de
la sienne.
Mais le temps vint où le laborieux cultivateur dut
avoir recours aux récoltes commerciales pour pouvoir
acheter les appareils et les commodités que lui offraient
les progrès de l'industrie. La capacité de se
suffire à lui-même que lui avait imposée
le manque de moyens de transport et de marchés devenait
inutile à l'ère des routes et des chemins de
fer.
Par la même occasion, les fils devaient se laisser
séduire par le faux éclat et l'attrait des villes.
En 1941, la population rurale du Québec était
de 36.7 p. 100 ; en 1961, elle était tombée
à 24.8 p. 100. L'effectif de main-d'oeuvre agricole
se chiffrait à 12.5 p. 100 en 1956 ; en 1965,
il n'était plus que de 6 p. 100.
Pour maintenir l'agriculture en pleine activité,
dans le contexte social et économique de la Province,
le gouvernement s'efforce d'améliorer la production
et la vente en accordant des prêts agricoles, en aidant
les cultivateurs à organiser la commercialisation collective
de leurs produits, en favorisant l'instruction et en encourageant
les recherches agricoles. Des subventions sont consenties
aux colons et aux cultivateurs des régions rurales
désavantagées pour leur permettre de construire
des bâtiments, de se procurer des animaux, de défricher
des terres et les mettre en valeur, et de transporter leurs
produits au marché.
La péninsule de Gaspé constitue le plus grand
centre de pêche commerciale du Québec. Le gouvernement
y possède un réseau de soixante entrepôts
frigorifiques pour la congélation et la conservation
du poisson. De plus, la Province dispose, dans les petits
ports de pêche, de 123 stations, où le poisson
est conservé dans les conditions voulues en attendant
qu'il soit transporté, et elle a, en outre, une usine
de séchage artificiel d'une capacité de 3,000,000
de livres par année.
Les ressources forestières du Québec, les
plus considérables du Canada, sont extrêmement
riches. Ses forêts couvrent 242 millions d'acres de
terre, dont 141 millions en production et 86 millions en voie
d'exploitation.
Même si la prospection intensive n'a débuté
que vers le milieu du XIXe siècle, les mines occupent
un rang élevé parmi les ressources québécoises.
En 1900, la valeur de la production minière n'était
encore que de $1,670,000 ; mais en 1965, elle atteignait
705 millions de dollars, soit 19 p. 100 de la production globale
du Canada.
Les plus importants gisements d'amiante du monde se trouvent
dans la Province de Québec, et leur rendement est de
l'ordre de 120 millions de dollars par année. La mine
d'or et de cuivre de Noranda est en activité depuis
1911. Mais l'événement le plus sensationnel
a été la découverte de gisements en amas
de fer et de titane dans le nord du Québec en 1937.
Ces dépôts ont été mis en production
en 1954, à la suite de la construction d'un chemin
de fer de 360 milles entre Sept-Îles, sur le Saint-Laurent,
et Schefferville.
L'énergie hydraulique a joué dès les
débuts un rôle important dans le Québec.
Le premier moulin à eau en Amérique du Nord
fut construit à Petit Pré, près de Québec,
en 1691. Vers la fin de l'année 1900 les usines génératrices
de la Province produisaient la moitié de l'électricité
canadienne, et, depuis 1926, cette province est toujours demeurée
au premier rang dans ce domaine.
Le Québec possède à lui seul près
du tiers des ressources hydrauliques du Canada. Aujourd'hui,
l'intérêt se concentre sur le gigantesque complexe
hydro-électrique Manicouagan-aux-Outardes, actuellement
en cours de construction. Cette entreprise permettra d'aménager
deux rivières et de produire quelque six millions de
kilowatts.
L'Industrie
Le Québec fut d'abord essentiellement rural, mais
il est maintenant en train de s'urbaniser. Jusqu'en 1914,
l'agriculture constituait 65 p. 100 du produit provincial,
l'exploitation forestière 25 p. 100 et l'industrie
manufacturière moins de 5 p. 100 ; en 1965, il
y avait dans la Province plus de 12,000 industries, qui employaient
quelque 475,000 personnes et représentaient plus de
70 p. 100 de la valeur brute de la production totale du Québec.
Grâce à la découverte d'énormes
richesses minières et à la mise en valeur de
l'énergie hydro-électrique, l'augmentation de
l'activité industrielle dans le Québec, entre
1939 et 1950, a été dix fois plus considérable
que pendant les cent années antérieures.
Les investissements, les nouvelles industries, la fabrication
des produits secondaires ont été particulièrement
favorisés. À la veille de la seconde guerre
mondiale, la production totale n'était encore que de
1,500 millions de dollars ; en 1965, la valeur globale
de la production des marchandises dans le Québec se
chiffrait à 14,013 millions.
Les plus importantes des industries de transformation, du
point de vue de la valeur brute en dollars, sont celles de
la pâte et du papier, des métaux non ferreux,
du pétrole et des conserves de viande. L'industrie
de la pâte et du papier est la principale des industries
manufacturières du Québec. Ses expéditions
représentent plus de huit pour cent de la totalité
des expéditions canadiennes.
L'évolution de l'économie
Pour atteindre le haut niveau d'existence souhaitable, il
importe d'accorder une prompte et vigoureuse attention au
bâtiment et au soutien de l'économie.
Le Québec est passé depuis quelques années
du cycle des manifestes à celui des plans sur papier
bleu. Un Conseil consultatif économique a été
chargé d'élaborer un programme sexennal de développement
régional (1965-1970), destiné à assurer
l'utilisation maximale des ressources humaines et matérielles.
En 1966, le gouvernement annonçait qu'il avait l'intention
de diviser la Province en dix régions et 25 sous-régions.
Ce découpage créera des pôles de croissance
autour desquels se concentrera le développement économique
régional.
Les disponibilités de main-d'oeuvre de la Province
sont passées de 1,591,000 en 1955 à 2,019,000
en 1965, et la moyenne des salaires hebdomadaires a augmenté
de $58.62 à $88.71.
Le fait essentiel qui ressort de tout cela, c'est que le
Québec est en pleine période de transition.
La seconde guerre mondiale a déclenché dans
toute sa force la révolution industrielle dans une
région qui avait longtemps échappé aux
profondes perturbations de ce phénomène social.
De plus, un réalisme ardent s'est développé
dans l'esprit des jeunes Canadiens des bords du Saint-Laurent.
Comme l'affirmait le maire de Montréal au cours d'une
réunion du Canadian Club, « la jeune génération
veut prouver par de nouveaux départs et de nouveaux
succès que le fait français ne consiste pas
uniquement en un ensemble de traditions émouvantes
et de touchantes chansons de folklore, mais qu'il peut se
transformer en une suite d'entreprises et de réussites
rémunératrices, adaptées à la
mentalité du vingtième siècle dans le
domaine des idées comme dans celui de l'action ».
La culture
La présence de deux groupes culturels au Canada est
un élément de distinction. L'existence de la
culture française confère au Canada une personnalité
propre. Elle contribue à soustraire notre pays à
l'influence extrêmement pénétrante de
la civilisation américaine.
Personne ne doit considérer le français et
l'anglais comme des langues étrangères ;
il faut les considérer comme des langues canadiennes.
La culture canadienne française ne se limite pas à
la langue parlée ; elle embrasse la mentalité
générale et le comportement d'un important groupe
ethnique.
À l'instar des autres pays sous-industrialisés,
la Province de Québec a été marquée
par une action intense en faveur des écoles publiques
et par la création d'institutions spécialisées
destinées à pourvoir aux besoins en perpétuelle
évolution de la société. En 1965, le
Québec comptait 6,000 écoles primaires et secondaires,
fréquentées par environ 1,500,000 élèves ;
six universités ; 15 écoles d'agriculture ;
65 écoles techniques ; quelque quarante écoles
de sciences domestiques et un certain nombre d'écoles
d'arts graphiques, d'arts appliqués, de textiles, de
papeterie et de mécanique.
Les universités, qui ont toujours joui d'une haute
considération, vont aussi de l'avant. L'Université
de Montréal possède l'un des plus grands centres
de calcul électronique du Canada, et son Institut de
médecine et de chirurgie expérimentales s'est
acquis une réputation internationale. L'Université
McGill est devenue l'un des principaux centres d'enseignement
dans le domaine de la recherche aérospatiale, et son
Institut de neurologie, de même que son Institut de
psychologie, se classe parmi les meilleurs du genre dans le
monde.
Les arts et métiers
Au dix-septième siècle, une solide tradition
artistique s'était déjà établie
en terre canadienne, et les arts devaient connaître
chez nous une époque particulièrement florissante
au cours des deux siècles suivants. La peinture, les
arts décoratifs, l'orfèvrerie, l'architecture
et surtout la sculpture sur bois furent dès le début
très en honneur. Et il ne s'agissait pas d'une pâle
imitation de ce qui se faisait en Europe, mais bien d'oeuvres
artistiques typiquement canadiennes, façonnées
par le climat, le mode de vie des gens et un sens authentique
du beau.
Dès l'année 1668 Mgr de Laval, premier évêque
de Québec, fondait une école des arts et métiers
à Saint-Joachim. Aujourd'hui, les Canadiens français
occupent une place éminente dans la musique, la littérature,
la sculpture, le théâtre, la peinture et le ballet,
et des progrès remarquables s'accomplissent sous la
direction du ministère des Affaires culturelles, créé
en 1961.
On trouvera un bon résumé de l'évolution
des arts et métiers dans l'ouvrage intitulé
Les arts au Canada, volume illustré de 120 pages,
en vente à l'Imprimerie nationale au prix de $1.50.
Le Québec va de l'avant
Depuis le début des années soixante, la vie
dans le Québec a pris un relief inconnu jusque-là ;
les trois dimensions ont pour ainsi dire remplacé l'image
plane qui s'offrait aux observateurs il y a quelques années.
Cette province est le point de rencontre de trois ethnies
distinctes - la franco-canadienne, la britannique et l'européenne
continentale - réunies dans un milieu de type américain.
De leurs maisons de ferme, de leurs bungalows de banlieue
et des fenêtres de leurs appartements, chacun de ces
groupes contemple derrière lui plus de six mille ans
de civilisation, dont quatre cents ont été marqués
par l'apport du Canada et cent par celui de la Confédération
canadienne.
Le Québec aborde maintenant le second siècle
de la Confédération avec confiance et la joie
triomphante des progrès accomplis dans son effort d'adaptation
à un monde en voie de transformation.
Comme tout le reste du Canada, la Province de Québec
ne pourra que bénéficier du renouveau démocratique
qui se manifeste dans toutes les parties du pays. Cette rénovation
se fonde en effet sur le respect des droits de la personne
humaine, sur la tolérance nécessaire à
tout dialogue entre les hommes et sur le souci du bien commun
qui a poussé les provinces à s'unir en 1867.
Ainsi que le dit, dans son rapport, la Commission royale
d'enquête du Québec sur l'éducation :
« C'est la responsabilité de l'État démocratique
de permettre la diversité en évitant le chaos,
de respecter tous les droits en évitant les abus, de
garantir des libertés à l'intérieur du
bien commun. »
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