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Vol. 52, N° 7 Juillet 1971
Savoir écrire en
toutes circonstances
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Chacun est appelé, dans le courant
de la vie, à se servir des diverses formes de communication
écrite. Aussi est-il bon d'avoir quelques notions des
différentes techniques requises. Qui les connaît
peut, sans difficulté ni angoisse, rédiger un
article pour un journal, un compte rendu pour une association,
une annonce ou une lettre pour son entreprise.
On ne saurait trouver meilleur exemple, pour illustrer les
diverses façons de décrire sous des formes variées
un même événement, que ce chef-d'oeuvre
des temps anciens qu'est l'Odyssée d'Homère.
Dans son texte original, l'Odyssée compte 11,000
vers, mais Aristote en a fait, plusieurs siècles après,
un résumé qui tient en 79 mots :
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Un homme est absent de son foyer pendant un certain nombre d'années ; étroitement surveillé par Poséidon, il voit disparaître tous ses compagnons alors que chez lui ses affaires se détériorent au point que les prétendants de sa femme dissipent ses biens et conspirent contre son fils. Après avoir fait naufrage dans une tempête, il revient chez lui, se fait reconnaître de quelques-uns et attaquent les prétendants, ce qui entraîne à la fois son triomphe et l'extermination de ses ennemis. |
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« Voilà, dit Aristote, l'action véritable
de l'Odyssée. Le reste n'est qu'épisodes. »
Mais quel choix d'épisodes et quel art de la narration !
Le sujet du poème est le retour d'Ulysse à
Ithaque, sa patrie, après la prise de Troie. Son héros
est le symbole classique de l'endurance et de l'ingéniosité
humaines. Ce qui empêche l'oeuvre de n'être que
l'interminable histoire d'un aventurier sans principes, c'est
que la ruse d'Ulysse, comme celle de Robin des Bois, s'emploie
à la poursuite de fins héroïques. Ce qui
en fait tout autre chose qu'un simple récit de voyages,
c'est le style génial d'Homère.
Regardez ce qui se passe
Ce qui frappera d'abord, chez Homère, le rédacteur
novice, c'est sa faculté manifeste d'observation. Voilà
pourquoi ses images sont si abondantes, si vivantes et si
empreintes d'authenticité, ce qui permet au lecteur
de vivre les événements comme s'il était
là. Homère avait de toute évidence créé
chez lui un état d'expectative mentale grâce
auquel il était constamment à l'affût
de l'aspect inhabituel des événements. Le rédacteur
d'aujourd'hui doit envisager la vie quotidienne avec des yeux
aussi grands ouverts, capables de rechercher et de percevoir
le vif intérêt que recèlent les petites
choses.
Observer c'est se renseigner. L'écrivain ou le rédacteur
est un éternel étudiant ; il ne cesse jamais
de s'instruire. Pour lui, rien n'est inutile.
Si le travail à faire consiste à rédiger
un exposé sur la rénovation urbaine, le rédacteur
devra connaître les faits relatifs au logement et à
l'emploi du terrain ; il lui faudra étudier les
textes déjà établis, et il devra avoir
observé personnellement les faits dont ils traitent.
La facilité de penser, d'ordonner ses idées,
l'art de bien s'exprimer, cela peut s'acquérir par
la lecture. Quiconque souhaite bien écrire ne saurait
se permettre de ne pas lire. Il en est ainsi pour celui qui
écrit des lettres d'affaires comme pour celui qui écrit
des romans. Il ne suffit pas de feuilleter ou de consulter
les encyclopédies et les ouvrages analogues. La véritable
lecture consiste à s'imprégner des meilleurs
auteurs jusqu'à ce que leurs écrits deviennent
partie intégrante de notre inconscient et que leurs
livres soient nos guides, nos conseillers et nos amis quelle
que soit la situation où nous nous trouvions.
Sachez où vous allez
Étant plus qu'une simple mécanique, la rédaction
ne peut se réduire à un ensemble de règles.
Chaque écrit a son caractère distinctif et exige
que l'on réponde à certaines questions.
Pour qui écrivez-vous ? À quelle fin
le texte est-il destiné ? Avez-vous les données
nécessaires ? Qu'est-ce que vous avez de neuf
à apporter, ou vous proposez-vous de réunir
les connaissances existantes sous une forme nouvelle ou plus
intéressante ?
Tout ce que vous écrivez devrait tendre, entre autres
choses, à faire comprendre un aspect de la société
ou à illuminer un secteur de la vie. Votre but est
d'informer, d'enseigner ou de divertir.
Qui veut bien écrire doit écrire souvent,
car c'est en écrivant qu'on devient écrivain.
Le plus grand péril qu'Ulysse eut à vaincre,
dans ses luttes contre les forces adverses, fut la tentation
de vie facile à laquelle voulurent le faire succomber
des voix ensorceleuses. Des séductions analogues guettent
tous ceux qui écrivent, les poussant à bâcler
le travail consciencieux qui est le secret du bon style. Même
si ce que vous écrivez n'a pas l'ampleur d'une épopée,
la fierté du « métier » vous empêchera
de le faire d'une main nonchalante et d'imposer ainsi la tâche
à vos lecteurs de chercher à y comprendre quelque
chose.
Tout ce que vous écrivez doit avoir de la consistance,
afin d'être compris et avoir des limites, afin d'être
compris en totalité. Cela signifie à la fois
dire ce que vous avez à dire et traiter les données
nécessaires de votre sujet de façon intelligible
et avec le moins de mots possible.
La brièveté ne consiste pas à employer
peu de mots, mais à bien exposer la question avec le
plus petit nombre de mots possible. On cite parfois le discours
de Lincoln à Gettysburg comme modèle de brièveté.
Ce qui importe surtout, c'est qu'il dit tout ce qu'il fallait
dire. Ce discours démontre aussi autre chose. Il n'est
pas nécessaire d'avoir une pièce spécialement
meublée et insonorisée pour écrire :
Lincoln rédigea ce chef-d'oeuvre du genre dans un train.
Après l'avoir écrit, relisez votre texte avec
soin. Tout ce que nous couchons sur le papier voit le jour
avec une certaine crainte, comme un poussin sortant de la
coquille, mal assuré sur ses pattes et appréhendant
l'accueil qu'on lui réserve. Accordez une attention
méticuleuse à cette nouvelle progéniture
que vous venez d'enfanter.
Ne soyez pas banal
Le rôle du style est 1° de faire comprendre ce qu'on
dit et 2° de l'élever au-dessus du commun.
Dans un récit ou un exposé, trois choix s'offrent
au rédacteur : il peut retracer les événements
en les grossissant, en les minimisant ou en les présentant
tels qu'ils sont. C'est une erreur que de parler en termes
emphatiques d'un sujet simple. Il est tout aussi dangereux
de vouloir insuffler de l'émotion ou du pathos dans
un écrit qui ne s'y prête pas que d'exclure le
sentiment d'une lettre, d'un poème ou d'un article
où il est de mise.
Un certain artifice s'impose dans les articles et les lettres
destinés à informer ou à aider le lecteur.
Mais ne mâchez pas trop vos enseignements pour les rendre
plus faciles à avaler. Un texte qui ne nous oblige
pas à une certaine mastication mentale ne vaut guère
la peine qu'on s'en préoccupe.
Quoi que vous écriviez, employez les mots appropriés.
Le français et l'anglais sont des langues anciennes,
mais elles ont conservé la fraîcheur de leur
jeunesse. Elles sont aussi adaptées à nos besoins
d'aujourd'hui qu'elles l'étaient à ceux de Balzac
et de Shakespeare. Chez elles, la grisaille et l'obscurité
sont inexcusables.
Pensez au lecteur
Le premier et le plus important de vos devoirs est de tenir
compte de votre lecteur. Quels sont ses goûts ;
quel est son coefficient de compréhension ; quel
sens va-t-il attribuer à ce que vous écrivez ?
Écrire, c'est à la fois sentir et penser,
et le rédacteur comme le lecteur ont des besoins émotifs
qui transcendent parfois l'intellectualité. Les rédacteurs
avisés qui veulent inciter leurs lecteurs à
l'action, à la peur, au rire ou à l'amour savent
qu'ils doivent faire appel à l'instinct, mobile le
plus puissant des hommes.
Pour éveiller l'attention ou susciter l'intérêt,
il suffit rarement de s'en remettre à la simple logique.
Il importe de bousculer le lecteur, de le pousser à
écouter ce que nous disons, puis de lui offrir quelque
chose susceptible de satisfaire le désir que nous avons
déclenché.
Seul le chef qui dicte une note de service à son
personnel a la certitude que sa prose sera lue. Les autres
doivent se concilier les lecteurs : les frapper, les
retenir, les impressionner et les convaincre.
Ne commencez pas par des observations générales,
mais par un cas concret, facile à imaginer et intéressant.
Après quelques lignes d'entrée en matière,
Homère fait immédiatement intervenir un homme
ou une femme bien caractérisé. Le roman de Jane
Austen, Orgueil et préjugé (considéré
comme le plus pur joyau de toute la littérature d'imagination),
débute par une seule phrase qui énonce le sujet,
puis l'auteur passe directement à la fameuse scène
d'introduction. Notre professeur de composition avait coutume
de nous proposer comme modèle de préambule :
« M. Perkins ouvrit le couvercle de la poubelle et regarda
dehors. » Cela attire l'attention et soulève des
questions auxquelles on ne peut répondre qu'en poursuivant
la lecture : « Que cherche-t-il dans la poubelle ?
De quoi a-t-il peur ? Que voit-il en regardant dehors ? »
N'ayez pas honte de la simplicité. Elle contribue,
avec le naturel du ton et la vigueur du point de vue, à
donner de l'intérêt à la lecture. Mais
il ne suffit pas de rester simple dans sa réflexion
pour atteindre à la simplicité. Pour écrire
un article ou une lettre facile à comprendre, il faut
du travail et de l'ingéniosité. Quel art consommé
ne trouve-t-on pas chez Homère en dépit d'une
apparente simplicité ?
Eviter la tentation d'exagérer ou de trop accentuer.
Les chanteurs qui font beaucoup de gestes, de contorsions,
de grimaces, etc. rachètent ainsi leur impuissance
à communiquer des sentiments ou un message par leur
talent vocal. Il en est de même du rédacteur
qui s'évertue à employer des mots rares ou savants,
ou qui entortille ses phrases comme des serpents dressés.
Écrire exige une imagination vive et disciplinée.
Dans ce domaine, rien ne naît par enchantement. Le génie
d'Einstein n'a pas été de créer quelque
chose ex nihilo, mais d'associer des vues nouvelles
à des connaissances anciennes et à produire
ainsi des idées neuves.
L'imagination n'est pas une amusette, mais un outil pour
l'artisan de la rédaction. Dans les grandes oeuvres,
comme celles d'Homère, il n'y a guère d'idées
ou d'événements qui ne soient au fond des lieux
communs, mais l'écrivain les vivifie par son imagination
et la sémillance de sa langue. Un épisode ordinaire
prend sous sa plume une telle réalité littéraire
que nous en poursuivons la lecture jusqu'au bout.
La couleur du style change un fait banal en une nouvelle.
Dans la langue des journalistes, la couleur est ce qui ajoute
à un papier de l'originalité, de la vie, du
romanesque, de la cocasserie, de l'humour ou un caractère
d'exclusivité. Le rédacteur de marque est fidèle
aux faits, mais il les raconte avec brio.
Les lettres
Ayant pris une feuille de papier et un stylo, vous choisirez
un sujet qui a pour vous un certain intérêt,
sur lequel vous estimez qu'il y a quelque chose à dire
et à propos duquel vous avez, vous, quelque chose à
dire.
Commençons par une lettre à un ami. Les sujets
possibles ne manquent pas : un fait extraordinaire ou
un concours d'événements ; un incident
amusant ; un coup de veine ; une rencontre intéressante
avec quelqu'un ; une aventure.
Mettez un peu de soleil dans votre lettre, et gardez-vous
de trop parler de vos ennuis. Sachez au besoin complimenter
votre lecteur. En sortant de la forêt pour demander
de l'aide à Nausicaa, Ulysse la compare à la
noble et belle Diane : « Jamais, dit-il, mes yeux
n'ont vu homme ou femme semblable à toi. »
Que Nausicaa ait appris cet artifice d'Ulysse, l'histoire
ne le dit pas, mais toujours est-il qu'elle y recourt dans
cette lettre imaginaire qu'elle écrit à sa femme,
Pénélope.
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Lorsque ton mari sortit d'un buisson au moment où je lavais des vêtements dans le fleuve, il me parut si fort et si beau, et il me parla en des termes si choisis que je m'exclamai en moi-même : « C'est sûrement un des immortels ! » Et voici que je lui fais mes adieux afin que toi aussi tu trouves la joie en lui. |
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J'ai présenté Ulysse à mon père et à ma mère, et ils l'ont accueilli d'une façon digne du roi d'Ithaque et du héros de la guerre de Troie. Il a fait à notre peuple réuni en assemblée le récit de ses émouvantes aventures, et, en les écoutant, tu seras à jamais reconnaissante au ciel de l'avoir ramené sain et sauf dans son pays. |
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Malgré ses nombreux malheurs, ton mari n'a rien perdu de son adresse dans les jeux ni de son art de bien parler. Pendant l'un des multiples festins servis en son honneur, un jeune homme jaloux l'a raillé de ne pas se joindre aux épreuves de force et d'adresse. Ulysse l'a remis aussitôt à sa place : « Ton esprit est vide, lui a-t-il réparti, et tes paroles inconsidérées m'ont irrité. » Puis, saisissant un disque massif, il l'a lancé bien loin au-delà des marques de tous les jouteurs. |
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Ulysse m'a parlé pendant des heures et des heures de sa patrie et de toi-même, son épouse bien-aimée. Il a appris beaucoup de choses sur les villes et les moeurs des hommes, mais il affirme très poétiquement que toutes ses aventures ne sont qu'un long passage voûté où il chemine pour te retrouver. |
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Mon père, le roi Alcinoos, a fait préparer un vaisseau et désigner des rameurs pour hâter le retour d'Ulysse dans sa patrie, et je vous souhaite à tous deux le bonheur sans mélange d'être enfin réunis. Notre vaisseau emporte de nombreux présents, mais je sais qu'Ulysse est le plus beau que tu puisses recevoir. |
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Une lettre traitant de questions commerciales ne demande
qu'un sobre exposé des faits dans un style courtois,
mais là aussi le point primordial est de se demander :
« Qu'est-ce qui intéresse la personne à
qui j'écris ? »
Dans les documents essentiellement pratiques comme les commandes,
les expéditions et les paiements, ce qui importe avant
tout c'est la clarté d'expression. Rien n'empêche
pourtant d'ajouter à votre lettre, dans votre façon
de vous exprimer par exemple, quelque chose qui sort du banal
ou de l'ordinaire.
Les articles de journaux
On a dit que les nouvelles sont la diffusion au moment opportun
de tout événement d'intérêt public
ou capable d'émouvoir. En termes plus simples, un chef
des informations affirme : « Les femmes, l'argent
et le mal sont toujours des nouvelles. »
Les hommes publics, les hommes d'affaires, les personnes
qui s'occupent de service social ou d'autres activités
sont parfois appelés à rédiger des articles
pour la presse. Les journaux veulent avoir des nouvelles.
Si vous leur offrez des textes qui satisfont aux normes d'intérêt
de la rédaction, on les acceptera avec empressement.
On peut écrire des articles de journaux si l'on est
prompt à percevoir les idées, prêt à
leur accorder de l'attention, habile à les associer
ou à les opposer à d'autres idées pour
en tirer d'intéressants aperçus sur la vie et
les actions humaines.
À titre d'exemple, voici le communiqué que
l'on aurait pu rédiger pour une agence d'informations
internationale à l'occasion du retour d'Ulysse dans
sa patrie.
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ITHAQUE. Le Proche-Orient, théâtre de l'expédition grecque qui, sous la direction d'Agamemnon, devait aboutir à la destruction de Troie, reprend aujourd'hui la vedette avec le retour dans sa patrie du roi d'Ithaque, Ulysse. Le héros est rentré dans son pays seul et sans amis, tous les membres de son équipage ayant péri dans les aventures les plus diverses, sur le chemin du retour. |
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Après qu'Ulysse eut massacré plus de cent hommes qui occupaient son palais tout en faisant la cour à sa femme, il y eut un repas en commun, pendant lequel Ulysse se fit reconnaître de son père, Laerte, l'un des derniers survivants des Argonautes, héros qui s'embarquèrent avec Jason, pour un long voyage, afin de retrouver la Toison d'or. |
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On se rappellera qu'Ulysse jeta, comme beaucoup d'autres princes, son dévolu sur Hélène, la plus belle femme du monde. Tous ces prétendants jurèrent de défendre Hélène de tout outrage. Trois ans après son mariage avec Ménélas, Hélène fut enlevée par Pâris, fils de Priam, roi de Troie, Vénus lui ayant permis ce rapt pour le récompenser de lui avoir offert la pomme d'or, et les princes se mirent en guerre pour délivrer la captive. |
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Ulysse est au nombre des guerriers qui s'introduisirent dans Troie dans les flancs du cheval de bois, ruse que certains historiens lui attribuent. |
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Pour de multiples raisons, le retour d'Ulysse vers sa patrie dura vingt ans, pendant lesquels il erra de tous côtés, échappant souvent à la mort comme par miracle. |
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SPARTE. Au cours d'une interview au foyer de Ménélas, son mari, Hélène a loué les courageux exploits d'Ulysse à Troie. Elle a fait la remarque que, malgré sa patience dans les épreuves et son esprit de repartie, Ulysse était dénué de tout scrupule et se délectait dans la supercherie. |
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Parlant de l'épisode du cheval de bois, Hélène a rappelé que Laocoon avait fortement conseillé aux Troyens de ne pas le faire entrer dans la cité. Il avait dit aux habitants de la ville : « Je crains les Grecs même quand ils apportent des présents. » |
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L'article choc est celui qui fait appel aux émotions.
Il se fonde sur des faits authentiques, mais il touche la
corde des sentiments humains. Ce genre d'article est particulièrement
utile aux organisations publiques et de service social qui
veulent éveiller l'intérêt public en faveur
de leurs oeuvres.
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En approchant de sa maison, Ulysse aperçut son chien Argos dans la cour. Autrefois, Ulysse l'avait élevé, et tous deux étaient de fidèles compagnons. |
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Le chien n'avait pas encore atteint l'âge adulte quand Ulysse partit pour Troie. |
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Et voilà qu'après vingt ans, Argos reconnaissait son maître. N'ayant pas la force de venir près de lui, il agita la queue et laissa retomber ses oreilles. |
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Et voilà qu'après vingt ans, Argos reconnaissait son maître. N'ayant pas la force de venir près de lui, il agita la queue et laissa retomber ses oreilles. |
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Puis il baissa la tête et mourut. |
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Publicité et rapports
En rédigeant un texte publicitaire, il faut exciter
l'attention, offrir un avantage, prouver son point, susciter
le désir et provoquer une décision. Il s'agit,
en somme, de représenter comme nécessaire ce
qui est attrayant ou encore sous un jour attrayant ce qui
est nécessaire. Nous en avons un exemple dans cette
affiche qu'un restaurateur avait fait mettre dans son établissement :
« Manger ici c'est choyer votre femme. »
Les arguments de la publicité doivent faire appel
à la raison ou aux instincts : il importe que
le choix soit adapté à la personne à
qui il est offert. Il eut été vain de la part
d'Ulysse de faire de la réclame pour les chevaux de
bois auprès des Troyens ; mais s'il avait ouvert
une fabrique de chevaux de bois, son invention aurait peut-être
intéressé les villes aux rues encombrées
de chars lancés à toute allure et de charrettes
trop lentes. « Voici, aurait-il pu dire dans sa publicité,
la solution idéale aux embouteillages de la circulation :
le transport de masse par chevaux de bois. »
Si Ulysse avait eu à rédiger un rapport, il
y aurait sans doute réuni, comme les rédacteurs
d'aujourd'hui, les résultats de ses investigations.
La règle infaillible à suivre au départ
est de se poser cette question : qu'est-ce que le destinataire
a besoin de savoir ? Il ne reste ensuite qu'à
le lui présenter sous une forme où il pourra
facilement s'en servir.
À l'instar de maintes autres tâches souvent
détestées, la rédaction des rapports
n'a rien de particulièrement difficile si l'on a soin
de la fragmenter en plusieurs petites étapes. On commencera,
par exemple, par définir son objectif : le but
de mon rapport est d'informer Monsieur un tel de l'étude
que j'ai faite de telle ou telle chose. Puis, on en arrêtera
la forme : par ordre chronologique, logique, etc. Viendra
ensuite la recherche des sources : observation, expérimentation,
livres et rapports antérieurs. Le tout se terminera
par la rédaction, où l'on veillera à
ne rien omettre tout en restant concis, clair et agréable
à lire.
Pour se concilier les lecteurs
Le fait d'écrire une lettre, un article ou un rapport
vous place dans la lignée des écrivains de tous
les temps. Tous, comme vous, ont appris la même chose
à l'école de l'expérience : pour
réussir dans le métier, il faut se faire lire
et donner à ses lecteurs une raison d'être fier
d'avoir lu ce qu'on a écrit.
Profitez de toutes les occasions pour exprimer vos idées.
Vous en tirerez un double avantage : celui de communiquer
vos vues aux autres et celui de clarifier votre pensée.
Comme Ulysse lui-même, Homère était
un beau parleur, un homme à la langue agile. La fraîcheur
et le naturel de son style nous donnent l'impression qu'il
vivait dans un monde jeune et candide, pour qui chaque sensation
était une nouveauté et où la mélancolie
et l'ennui était inconnus. En réalité,
Homère a vécu, comme nous, dans un monde troublé.
Il a su en tirer le meilleur parti en le racontant avec compréhension,
vigueur et toute la fidélité dont il était
capable.
Si ce bulletin ne renferme pas tout ce qu'on peut dire sur
l'art d'écrire en toutes circonstances, rappelons-nous
la sage parole qu'ajoutait un dirigeant à la note qu'il
adressait à l'un de ses collaborateurs : « Sans
doute cela n'épuise-t-il pas le sujet, mais vous y
trouverez matière à réflexion. »
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