Vol. 47, N° 7 Juillet 1966
La Province d'Ontario
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Les cent premières années
de son adhésion au pacte confédératif
ont été pour l'Ontario une période de
progrès remarquables. On a dit de cette province que
c'était le territoire dont la croissance avait été
la plus rapide en Amérique du Nord. Elle compte à
elle seule 34 p. 100 de la population du Canada et 40 p. 100
des 38,000 millions de dollars de revenu des particuliers
de notre pays.
L'Ontario possède l'économie régionale
la mieux équilibrée des dix provinces. Il est
riche en terres agricoles fertiles, en bois d'oeuvre et en
bois à pâte, en métaux précieux
et communs, en énergie hydraulique. Comme l'a écrit
un auteur, ses ressources naturelles sont assez considérables
et variées pour faire vivre un empire.
Au point de vue commercial, l'Ontario dispose du marché
le plus prospère du Canada et a aisément accès
au marché des États-Unis. Ce double marché
représente quatre-vingts millions de consommateurs
à moins d'une journée de voiture.
Géographiquement, la province d'Ontario, dont la
frontière ouest se situe en partie le long du méridien
central du Canada, à proximité du Manitoba,
est bornée à l'est par la province de Québec
et au sud par six États américains : New
York, la Pennsylvanie, l'Ohio, le Michigan, le Wisconsin et
le Minnesota. Elle s'étend sur une distance de mille
milles de l'est à l'ouest et de 1,050 milles du sud
au nord ; sa superficie est de 412,582 milles carrés.
Cet immense territoire présente un climat d'une grande
variété. La péninsule occidentale, entourée
de lacs et de cours d'eau, est l'une des régions les
plus tempérées du Canada.
Exploration et colonisation
Plusieurs noms de la chevalerie française demeurent
inséparablement liés à l'histoire des
premiers temps de la province d'Ontario. Samuel de Champlain
est le premier Européen à mentionner l'Ontario
dans ses récits de voyages. En 1613, il remonte la
rivière Ottawa, et, au printemps de 1615, il pousse
à l'ouest jusqu'au lac Huron, de sorte qu'il est aussi
le premier à parler des Grands Lacs. Sous le régime
français, nous dit le père Le Jeune, les forts
se multiplient, et dans la péninsule, et sur les rives
méridionales du lac Ontario.
Mais, lorsque la France cède ses possessions de l'Amérique
du Nord à la Grande-Bretagne, en 1763, l'Ontario n'est
encore qu'une terre sauvage, connue uniquement des Indiens,
des trafiquants de fourrure et des missionnaires.
Le premier peuplement, sous le régime anglais, a
lieu sur les rives de la rivière Niagara en 1780. Trois
ans plus tard, chassés par la persécution dont
ils sont victimes de la part de ceux qui se sont révoltés
contre la Couronne britannique, des milliers de Loyalistes
viennent s'établir en Ontario. Ce premier contingent
sera bientôt suivi par d'autres immigrants, et vers
1812 la population de la Province aura dépassé
80,000 habitants.
La première capitale de l'Ontario (alors le Haut-Canada)
fut Niagara, mais en prévision d'une nouvelle guerre,
on choisit ensuite Toronto (c'est-à-dire York à
cette époque). L'assemblée législative
se réunit pour la première fois à York
en 1797.
Ce qu'il y a de plus remarquable au sujet d'Ontario, c'est
le dynamisme avec lequel son territoire s'est développé
et sa population s'est accrue. Cette province, où l'on
ne dénombrait que 430,000 habitants en 1840, en comptait
déjà 1,500,000 au moment de la Confédération,
en 1867. Lors du recensement de 1961, sa population était
de 6,236,000 ; en 1966, on estime qu'elle est de 6,800,000,
et l'on prévoit qu'elle sera de onze millions en 1980.
C'est la plus peuplée de toutes les provinces, mais
le gros de ses habitants sont concentrés sur un dixième
de son territoire. L'urbanisation s'y poursuit depuis la seconde
moitié du dix-neuvième siècle. En 1881,
il y avait deux fois plus de monde sur les fermes que dans
les villes ; mais, vingt ans plus tard, les citadins
étaient presque aussi nombreux que les ruraux. En 1961,
la population agricole n'était plus que de 8 p. 100.
Les transports
Les rivages de l'Ontario sont baignés par 2,362 milles
d'eau douce et par 680 milles d'eau salée.
Ne disposant à l'origine que des voies d'eau suivies
par les explorateurs dans leurs voyages, les colons s'efforcèrent
de les améliorer en construisant des canaux pour éviter
les rapides et les chutes.
L'un des plus grands obstacles à la navigation était
les chutes Niagara. Le premier coup de bêche du canal
Welland fut donné en 1824, et c'est en 1829 que le
premier navire passa du lac Ontario au lac Erié en
contournant les chutes. Le canal de Cornwall, qui évite
les rapides du Long-Sault, fut ouvert en 1843.
Aujourd'hui, Ontario avec son territoire d'un demi-million
de milles carrés se trouve au coeur même d'un
continent accessible aux navires de toutes les mers du monde
grâce à la Voie maritime du St-Laurent.
Le commerce et les affaires ont pris une orientation et
un essor nouveaux. Plus de cinquante millions de tonnes de
marchandises, dont trente millions via les ports de l'Ontario,
sont passées par la Voie maritime en 1965. Le port
de Toronto, l'un des plus modernes et des mieux équipés
des Grands Lacs, a reçu plus de six millions de tonnes
de fret étranger et côtier en 1963. Les villes
de la tête des lacs, Port-Arthur et Fort-William, à
2,000 milles de l'Atlantique, sont les plus grands dépôts
de blé du monde.
Cela ne veut pas dire que l'Ontario est resté en
arrière dans les autres modes de transport. On y trouve
plus de 10,000 milles de voies ferrées, plus de 20,000
milles de routes asphaltées et 130 aéroports.
Les grandes routes ont déroulé leur ruban
sur la carte au même rythme que l'évolution du
transport automobile. On compte en Ontario une voiture pour
trois personnes, et Toronto se classe au second rang parmi
les villes de l'Amérique du Nord qui possèdent
le plus grand nombre d'automobiles par habitant. Il y a, dans
cette province, 85,000 milles d'excellentes routes de toutes
sortes, depuis l'autoroute à douze voies qui traverse
Toronto jusqu'aux routes de gravier qui desservent les régions
broussailleuses du Nord.
L'agriculture
Le public est généralement porté à
considérer l'Ontario comme une province entièrement
industrialisée, en oubliant les riches revenus que
rapportent ses terres agricoles.
Dans le Sud, c'est la culture mixte qui prédomine ;
dans l'Est, ce sont l'industrie laitière et l'élevage ;
dans le Sud-Ouest, le tabac et les légumes ; dans
la presqu'île de Niagara, les fruits de toutes sortes.
Dans le nord de l'Ontario, la ceinture argileuse offre une
large bande de bonne terre arable.
Au moment du dernier recensement, l'Ontario comptait 121,333
fermes, variant pour la plupart de 70 à 240 acres,
le tout couvrant une superficie de 18,600,000 acres.
Selon une estimation faite en 1965, les revenus en espèces
provenant de la vente des produits agricoles s'élevaient
à plus de 1,082 millions de dollars. La valeur en capital
des fermes s'établit aux environs de 4,000 millions
de dollars.
Les forêts et les mines
Plus des trois quarts du territoire de l'Ontario sont recouverts
de forêts. Sur ce total, 165,000 milles carrés
sont considérés comme productifs, et les quatre
cinquièmes à peu près de cette superficie
se trouvent assez rapprochés des voies de transport
et des marchés pour présenter une utilité
commerciale.
Les trois principales industries de l'Ontario sont celles
de la pâte, du papier et du bois de sciage. Les 200,000
milles carrés de forêt qui s'étendent
au nord de la baie Georgienne alimentent des usines de pâte
et de papier, dont le rendement représente 20 p. 100
environ de la production totale du Canada.
Bien que la population des régions septentrionales
de l'Ontario soit clairsemée, leur apport à
l'activité industrielle de la province est considérable.
La région de l'Ontario qui fait partie du Bouclier
canadien est depuis longtemps une grande productrice de métaux
variés, et, en 1965, sa production a atteint la somme
de 986 millions de dollars, soit 26.4 p. 100 de l'ensemble
de la production minière de notre pays.
Même si l'on a découvert antérieurement
certains gisements et si certains progrès ont été
accomplis dans ce domaine, on peut dire que c'est surtout
pendant le siècle actuel que les mines ont joué
un rôle vraiment important dans l'économie de
la Province. Un hydrographe français, Jacques Bellin,
a établi, vers 1740, une carte sur laquelle il signale
la présence de gîtes d'argent dans le voisinage
de Cobalt, mais ce n'est qu'en 1903 que les constructeurs
de chemins de fer découvriront le filon qui devait
faire connaître cette région dans le monde entier.
L'exploitation du nickel prit naissance, près de Sudbury,
pendant la construction du Pacifique-Canadien, dont les excavateurs
mirent accidentellement à jour les dépôts
les plus riches de tous les pays du globe.
Le fer n'a acquis de l'importance en Ontario qu'avec la
découverte, en 1938, de riches minerais au lac Steep
Rock, à l'ouest de Port-Arthur. On estime que les mines
de Steep Rock peuvent produire 8 millions ½ de tonnes de minerai
par année pendant cent ans. La production des mines
de fer a atteint en 1965 un record sans précédent
en Ontario, soit une valeur de 91 millions de dollars.
Les réserves de pétrole, découvertes
dans l'ouest de l'Ontario en 1857, fournissaient en 1870 jusqu'à
5,000 barils par semaine. Aujourd'hui, la production du pétrole
et du gaz est d'une valeur inférieure à dix
millions de dollars par an, mais le pétrole brut est
transporté à Sarnia, où se trouve le
plus important complexe d'usines pétrochimiques et
de raffineries du Canada, au moyen d'un pipeline de 2,000
milles partant des champs pétrolifères de l'Alberta.
En faisant des sondages pour trouver du pétrole près
de Goderich, en 1865, les foreurs découvrirent du sel.
Le gisement, d'une épaisseur de trente pieds, permettrait
de subvenir aux besoins mondiaux pendant cent ans. Sa production,
qui représente environ la moitié de la valeur
totale des minéraux non métalliques, a été
de 12 millions ½ de dollars en 1965.
De 1956 à 1964, les mines d'uranium de l'Ontario
ont rapporté plus de $1,000 millions en revenus nouveaux.
L'exploitation des gisements de syénite éléolitique
près de Peterborough assure au Canada le monopole mondial
d'un composé aux usages multiples, en particulier dans
l'industrie de la céramique.
L'industrie
Grâce à un heureux concours de circonstances
favorables - fertilité du sol, navigabilité
des cours d'eau, richesse des ressources naturelles, abondance
des réserves d'énergie, ambition et dynamisme
de ses habitants - l'Ontario devait commencer assez tôt
à s'affirmer comme région industrielle. Aujourd'hui,
cette province l'emporte sur toutes les autres par la valeur
de son industrie, qui représente 40 p. 100 du produit
national brut et plus de 50 p. 100 de la production industrielle.
Les expéditions de produits manufacturés effectuées
par l'Ontario en 1965 ont atteint au total la somme de 17,640
millions de dollars.
La région dénommée le « Golden
Horseshoe » est une bande de 115 milles, sur les rives
du lac Ontario, qui bourdonne d'activité industrielle
et qui forme une chaîne d'usines presque ininterrompue
allant de la péninsule du Niagara à Oshawa.
On y produit à peu près de tout, depuis les
instruments de grande précision jusqu'aux avions et
aux automobiles. En 1965, plus de 854,000 automobiles ont
été fabriquées en Ontario.
En 1851, l'Ontario comptait cinq petites papeteries ;
en 1965, sa production de pâte et de papier journal
était évaluée à 354 millions de
dollars.
Le cas du fer et de l'acier n'est pas moins intéressant.
On trouve une fonderie à Marmora dès 1822 ;
en 1852, l'entreprise H. A. Massey fabrique les premières
faucheuses mécaniques et les premières moissonneuses ;
en 1857, la société Harris fait des râteaux
rotatifs à Beamsville ; la même année,
les premiers wagons-lits du monde sont manufacturés
à Hamilton ; en 1870, une fonderie d'Oshawa fait
des affaires florissantes dans l'exportation des instruments
agricoles. À l'heure actuelle, les fonderies de fer
et d'acier de la province contribuent pour 84 p. 100 à
la production totale du Canada, et elles comptent parmi les
meilleures au monde.
L'énergie électrique
Ce qui a rendu tous ces progrès possibles, c'est
le fait essentiel que l'Ontario a su produire l'énergie
hydro-électrique nécessaire pour compenser le
désavantage du manque de charbon.
La première usine de production au Canada fut construite
en 1882 pour fournir la lumière électrique à
une scierie d'Ottawa. Six ans plus tard, une fabrique de papier
de Georgetown recevait son électricité de génératrices
situées à deux milles de là, ce qui prouvait
que les industries n'avaient plus besoin de s'installer à
proximité d'un barrage hydro-électrique. En
1907, la création de la Commission d'énergie
hydro-électrique de l'Ontario marquait la première
étape vers la nationalisation de l'électricité.
La pierre angulaire des ressources en énergie de
la Commission devait être la rivière Niagara
et ses chutes, dont les eaux sont partagées par traité
avec l'État de New York. Depuis l'achèvement,
en 1959, des travaux d'aménagement exécutés
dans le cadre de la Voie maritime, toutes les sources importantes
d'énergie hydro-électrique de l'Ontario sont
en service, de sorte que la Province se tourne maintenant
vers les centrales actionnées au charbon ou par l'énergie
nucléaire.
La puissance actuelle de quelque huit millions de kilowatts
devra être portée à environ 22 millions
de kilowatts au cours des quinze prochaines années.
C'est dire que la Commission hydro-électrique sera
obligée de produire deux fois plus d'électricité
qu'elle en a fourni pendant ses 58 années d'existence.
L'Ontario compte déjà parmi les principaux
producteurs d'énergie nucléaire du monde. Il
dispose en effet d'une centrale en activité, d'une
deuxième qui sera bientôt terminée et
d'une troisième, la deuxième du monde en importance,
qui sera achevée en 1970. La capacité nucléaire
de la province sera de quelque 3.2 millions de kilowatts en
1975 et de 8.2 millions en 1980.
L'essor économique
On a dit de l'Ontario que c'était une province en
perpétuelle expansion. Son ministère de l'Économie
et de la mise en valeur a dix-huit programmes destinés
à encourager le commerce et l'industrie. Parmi les
objectifs de ce ministère, il convient de signaler
la création de 75,000 nouveaux emplois par année
en moyenne et l'abaissement à 2 p. 100 au plus de la
proportion des sans-travail d'ici 1970.
Lorsque la province atteindra les buts qu'elle s'est fixés
pour 1970, la valeur totale des marchandises et des services
produits sera de l'ordre de $30,000 millions.
Dans le cadre des programmes mis en oeuvre à cette
fin, plusieurs missions d'étude des possibilités
de vente, composées chacune de huit ou dix hommes d'affaires
d'expérience sous la direction d'un spécialiste
du gouvernement, se sont mises en campagne. D'autre part,
les manufacturiers ontariens ont exposé leurs produits
à dix expositions internationales en 1965.
En consacrant 4,400 millions, en 1965, aux installations
nouvelles, à l'équipement, au logement, aux
routes et aux travaux publics, le gouvernement et l'industrie
privée ont tous deux clairement exprimé leur
confiance dans l'avenir de l'Ontario. Au cours de l'année,
178 nouvelles usines ont vu le jour et 494 sociétés
manufacturières existantes ont accru leurs services.
La moyenne des salaires hebdomadaires en Ontario est de $95.65
en regard de $92.28 pour l'ensemble du Canada. Le revenu des
particuliers atteint $15,200 millions, soit $2,264 par personne.
L'enseignement
L'Ontario s'est toujours distingué par l'appui spontané
qu'il accorde à l'instruction, et aucun autre service
du gouvernement ne reçoit une part aussi considérable
des dépenses provinciales. Cette année, les
crédits affectés à l'enseignement représentent
45 p. 100 du budget.
Les éducateurs d'aujourd'hui ont la tâche formidable
de décider ce qu'il faut enseigner et jusqu'où
il y a lieu de pousser l'enseignement dans chaque matière.
Le problème est particulièrement difficile
dans un milieu comme l'Ontario, où la vie d'il y a
un siècle et demi est déjà tombée
en désuétude, où la population est passée
de la paisible culture intellectuelle de l'époque agricole
à la vie agitée et dynamique des villes, des
usines et des affaires. Depuis 1960 environ, les progrès
techniques ont été si nombreux qu'il est presque
impossible à un élève qui quitte l'école
sans diplôme et sans métier précis de
trouver un emploi comportant tant soit peu de sécurité
pour l'avenir.
Pour faire face à la situation, l'Ontario a construit
ou agrandi en cinq ans 358 écoles secondaires et professionnelles,
et les dépenses effectuées à cette fin
se sont élevées à plus de 630 millions
de dollars. Soixante-dix pour cent des jeunes de la catégorie
de 15 à 19 ans poursuivent maintenant leurs études
dans les écoles secondaires alors qu'il n'y en avait
que 35 p. 100 il y a dix-huit ans. En 1965, les inscriptions
dans les sept Instituts de technologie ont été
de 5,500 élèves pour les cours ordinaires et
de 8,200 pour les cours du soir et autres.
Les universités sont débordées. Les
inscriptions ont augmenté de 25,000 pendant les cinq
dernières années ; et l'on prévoit
que le nombre des étudiants atteindra 100,000 d'ici
dix ans. Au cours de 1966-1967, la province dépensera
$81 millions en frais de fonctionnement pour les universités
et $150 millions en investissements.
Les beaux-arts
Les apports de l'Ontario à la vie artistique et culturelle
du Canada ont été nombreux. L'art ontarien des
dix-huitième et dix-neuvième siècles
différait à beaucoup d'égards de l'art
canadien-français. Les gens y étaient moins
profondément attachés au sol que dans la Province
de Québec, et il n'y existait pratiquement pas de tradition
artisanale.
Durant les premières années du présent
siècle, un effort organisé a été
tenté en vue d'opérer un renouvellement de la
conception de la peinture. Selon les jeunes peintres, le style
des années 90, trop empreint de fantaisie et d'élégance
romantique, était tout à fait impropre à
représenter l'âpre grandeur du Canada. De leur
aspiration à peindre ce qu'ils voyaient et ce qu'ils
ressentaient devait naître le Groupe des Sept, dont
la première exposition collective eut lieu en 1920.
Les architectes ontariens ont accompli une oeuvre remarquable
dans le domaine de la construction des immeubles commerciaux
et des édifices publics. L'École d'architecture,
fondée à l'Université de Toronto en 1890,
est la plus ancienne du Commonwealth.
Le Canada produit depuis plusieurs années des chanteurs
d'opéra de talent, mais beaucoup d'entre eux ont dû
faire carrière à l'étranger faute de
débouchés dans notre pays. Cette situation a
commencé à changer grâce à la création
de la Canadian Opera Company, à laquelle donna naissance
vers le milieu des années 50 l'École d'opéra
du Conservatoire royal de musique de Toronto. Le premier concert
du Choeur Mendelssohn, qui porta le chant choral à
un haut degré de perfection, eut lieu en 1895. Les
chanteurs du festival d'Elmer Iseler connaissent de grands
succès au Festival de Stratford et dans leurs émissions
avec la Symphonie de Radio-Canada.
L'art dramatique est mis en vedette, chaque année,
grâce aux magnifiques représentations du Festival
shakespearien de Stratford. Le National Ballet, l'une des
trois compagnies de ballet professionnelles du Canada, a été
la première école en Amérique à
offrir des cours de formation générale et de
ballet à plein temps. Le Hart House Orchestra s'est
acquis une réputation enviable dans le domaine de la
musique de chambre ; l'Orchestre symphonique de Toronto
est un ensemble de grande classe, et le National Youth Orchestra,
dont le siège est à Toronto, s'est donné
pour mission de découvrir et d'encourager les jeunes
instrumentistes avec le concours d'une pléiade de professeurs
et de chefs d'orchestre de premier ordre.
Perspectives d'avenir
Ce bref exposé des progrès réalisés
par l'Ontario, pour la plupart dans le court espace d'un siècle,
témoigne d'une volonté constante et bien arrêtée
d'expansion et d'amélioration, et cette province ne
manifeste aucune intention de rompre le pas au moment où
elle s'engage dans le second siècle de la Confédération
canadienne.
Au cours du dernier quart de siècle, un fort contingent
d'immigrants originaires de l'Europe occidentale sont venus
animer la scène ontarienne de leur entrain et de leur
allant, mais en dépit des trépidations de la
vie d'aujourd'hui, la population de l'Ontario demeure une
population calme et paisible, désireuse de mener une
existence bien réglée. Si Montréal est
le Paris gai et bruyant de nouveau monde, Toronto aime à
se comparer à la sage Athènes de la Grèce
antique.
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