Juillet 1950 Nos périodiques
Formatage PDF
Le Canada a besoin de magazines
qui interprètent les événements internationaux,
qui renseignent et divertissent les lecteurs, et qui aident
à resserrer les liens entre les habitants de ce vaste
pays.
Nous devons notre civilisation et notre culture canadienne
à des idées et à l'échange de
ces idées. Le magazine est le véhicule idéal
pour transmettre les idées. On ne parcourt pas distraitement
les articles sérieux qu'il contient mais on les lit
attentivement et avec réflexion.
On peut diviser le contenu de la plupart des magazines en
trois grandes catégories : romans, actualités
et discussions. Le périodique hebdomadaire, mensuel
ou trimestriel, ne publie pas de faits divers. Il contient
des articles, des contes, des essais, des croquis et des éditoriaux.
Il a pour fonction d'élaborer, d'expliquer et d'interpréter.
Les éditoriaux s'efforcent de former l'opinion publique
en ce qui concerne la situation actuelle. Ses articles nous
apportent des renseignements nouveaux ou supplémentaires
qui nous aident à comprendre les nouvelles et les événements.
Ses romans nous distraient et ses annonces nous guident. Les
collections de magazines reliés qu'on trouve dans les
bibliothèques constituent aujourd'hui les annales du
développement, de la culture et des possibilités
du Canada.
Nous avons un esprit critique, nous ne nous laissons pas
leurrer facilement, et nous ne souffrons pas le verbiage dans
les questions sérieuses. Les progrès de l'éducation
nous rendent de plus en plus difficiles. Il faut que les magazines
soient entreprenants et à la page pour ne pas perdre
l'avance.
Le rôle des magazines
Les magazines discutent les affaires nationales, ils inspirent
les entreprises collectives et créent un esprit social.
Leurs belles gravures de parcs, boulevards et résidences ;
leurs articles sur les terrains de jeux, les sports et les
clubs ; leurs campagnes pour la tolérance :
tout cela contribue à rendre la vie plus agréable
partout au Canada.
Ils ont également une grande influence politique,
quoique sous ce rapport ils soient généralement
neutres. Ils ont gagné leur position actuelle dans
une atmosphère de démocratie, de liberté
de la parole et de liberté de la presse. Il est naturel
qu'ils soient les défenseurs de la liberté individuelle
dans un système parlementaire aussi libre que le nôtre.
Il y a quelques brebis galeuses dans le troupeau. Les magazines
ont une bonne réputation en général,
mais elle est parfois gâtée par le petit nombre
qui publient de mauvais articles ou des illustrations immorales.
Toutes les communautés du Canada ont trouvé
nécessaire d'invoquer des lois contre les magazines
malpropres. Ce sont des publications sans mérite littéraire
ou artistique qui ont pour effet de rabaisser le niveau intellectuel
de leurs lecteurs et de porter atteinte aux bonnes moeurs.
Il existe une grande profusion de bons magazines, pour les
goûts de tout le monde, depuis les petits enfants jusqu'aux
gros industriels, et aux gens riches. Le nombre de périodiques
publiés régulièrement au Canada est de
plus de 600 et comprend les magazines généraux,
les magazines féminins, les magazines du commerce,
et les publications hebdomadaires, mensuelles ou trimestrielles
consacrées aux activités des agriculteurs, des
églises, des écoles, des syndicats ouvriers,
des artistes, des auteurs, des professions et d'une foule
d'autres catégories spéciales.
En outre, il existe des publications hebdomadaires qui ressemblent
à des journaux et qui publient pour ainsi dire les
mêmes articles et les mêmes illustrations que
les magazines généraux. Il ne faut pas les dédaigner,
car grâce à leur bon marché et à
la diversité de leurs articles, ils mettent les oeuvres
artistiques, littéraires et scientifiques à
la portée du grand public.
Magazines féminins
Parmi les magazines à grande circulation il faut
compter ceux qu'on désigne généralement
sous le nom de « féminins ». Ils contiennent
tout ce qui est susceptible d'intéresser les femmes
et, en outre, beaucoup de choses pour les hommes et les enfants.
La soif du public pour ces magazines est insatiable.
Les magazines féminins, qui s'adressent particulièrement
à la ménagère, sont basés sur
l'idée de rendre service aux femmes et au ménage.
Il n'y a pas à nier que les articles et les illustrations
des magazines féminins ont exercé une grosse
influence sur la culture et le niveau de vie de la nation,
et en outre, ils ont entrepris des campagnes et des croisades
qui ont contribué au bien-être des foyers et
des communautés du Canada.
Les magazines féminins jouent un rôle proéminent
dans les achats. Ils sont examinés et étudiés
attentivement et pas simplement lus. Même quand les
lectrices sont incapables de se payer les robes, d'adopter
les styles et les articles de toilette à l'intention
des femmes riches, elles s'efforcent de les imiter dans la
mesure de leurs moyens.
Périodiques agricoles
L'histoire des périodiques agricoles est longue et
honorable. Dans les premiers temps, l'agriculture demandait
de l'industrie et de la persévérance, et le
savoir passait de père en fils. De nos jours, l'agriculture
est devenue une industrie qui exige des études constantes.
Le cultivateur a toutes sortes de problèmes. Celui
qui cultive du blé en Saskatchewan ne peut pas en semer
un arpent de plus sans se demander ce que font ses collègues
en Argentine et aux États-Unis. La dépression,
la guerre, l'attrait de la ville pour les jeunes gens, tout
cela a contribué à créer de nouvelles
difficultés aux cultivateurs. Ce sont les questions
dont s'occupent les périodiques agricoles.
En plus de conseils pratiques et d'articles sur les méthodes
de culture moderne, ces magazines s'efforcent de rendre la
vie plus agréable aux habitants de la campagne. Ils
contiennent des renseignements sur ce qui intéresse
les cultivateurs, et ils interprètent la situation
internationale du point de vue de leurs lecteurs.
Périodiques commerciaux
Les périodiques des affaires sont considérés
essentiels par les chefs d'entreprise. Ils n'ont réellement
pas de prix pour ceux qui les étudient et mettent à
profit les renseignements qu'ils contiennent. Naturellement,
ils ne garantissent pas le succès à tous ceux
qui imitent les héros de leurs « histoires vécues ».
Mais plus d'un homme d'affaires a développé
son commerce en empruntant une idée dans leurs pages
et en l'appliquant à ses propres besoins.
Ces périodiques commerciaux et techniques servent
de manuels pour les différentes sections des affaires
et de l'industrie. Ils présentent les faits avec exactitude
et autorité. Ils prêchent constamment l'honnêteté
dans les affaires. Ils discutent les méthodes et les
procédés. Leurs annonces s'adressent précisément
à ceux qui les lisent.
Autres magazines spéciaux
Les magazines littéraires ou « érudits »
sont spécialisés d'une autre façon. Leur
circulation est relativement faible ; ils ne traitent
que de littérature et de philosophie et demeurent les
périodiques de l'élite et des élus. Mais
ils rendent de grands services à la culture du Canada.
Le magazine littéraire ne se contente pas d'exposer
les faits et de louer ou de critiquer la situation. Il entreprend
d'en chercher les causes et d'en déduire les effets.
Il cherche à se rendre compte du rôle probable
des événements et à en prévoir
l'effet sur l'avenir du Canada.
Dans la même catégorie, sous le rapport de
la circulation et des résultats, il faut compter les
« petits magazines ». Parmi toutes les publications,
ce sont les seules qui ouvrent leurs pages aux innovations
de style et de sujet de la part de nouveaux auteurs.
Quelques-uns de ces petits magazines sont « collet
monté ». D'autres se plaisent à faire parade
de leurs excentricités. Ils ennuient souvent les lecteurs
ordinaires. Mais ils ont la réputation de rendre de
grands services.
Trois enquêteurs ont étudié ces petits
magazines en 1946 et, d'après James Playsted Wood dans
son Magazines aux États-Unis, ont trouvé
qu'ils avaient découvert et lancé environ 80
pour cent des romanciers, poètes, et critiques de renom
qui avaient commence à écrire après 1912.
Que désire le public
Il est très difficile de savoir ce que le public
demande à un magazine. La plupart des enquêtes
ont été entreprises du point de vue social et
ignorent le côté social.
Nous serions probablement surpris des raisons pour lesquelles
les gens ont des magazines dans leur maison. Quelques personnes
en ont parce qu'un ami les a abonnées pour cadeau du
Jour de l'An ; d'autres parce qu'elles les trouvent intéressants ;
dans certains cas parce qu'ils font bon effet sur la table
ou qu'on aime les feuilleter avant de s'endormir.
Les éditeurs ont chacun leurs idées sur ce
qui plaît aux lecteurs. Ils cherchent tous à
offrir un menu agréable au plus grand nombre. Les lecteurs
pourraient les aider, mais ils le font rarement. Si la circulation
augmente, l'éditeur en conclut qu'il est sur la bonne
voie ; si la circulation baisse, c'est que les lecteurs
ne sont pas satisfaits et il est temps de faire quelque chose.
Pour le magazine général, c'est là
vraiment une manière trop simple d'énoncer le
problème. Ce genre de magazine se distingue par la
grande variété, ainsi que par la qualité
et la quantité de ses articles, et l'éditeur
doit se demander ce qui déplaît aux lecteurs.
Est-ce le reportage ? Les contes ou le roman ? Ou
bien parce que les départements ne sont pas à
la hauteur de leur tâche ? Est-ce que les éditoriaux
sont trop avancés ou trop retardataires et le magazine
en général trop plat ou trop brillant ?
De plus, il existe le danger d'être surpris par les
événements. Le magazine est imprimé des
semaines et même des mois à l'avance. Ses articles
doivent prévoir ce qui va arriver et avoir l'air d'avoir
été écrits le jour de la publication.
Roman et science
Le roman est inséparable du magazine. Sa lecture
nous transporte dans un monde imaginaire et nous fait oublier
les soucis et les misères de la vie. Dans les romans,
la vertu est récompensée, le vice est puni et
toutes les femmes sont belles.
Le roman joue un rôle important dans notre vie. Il
serait difficile de dire combien de nos croyances, de nos
opinions et de nos sentiments, ainsi que de nos connaissances
générales, nous ne devons pas à la lecture
de romans.
Et il faut dire que les romans publiés par les magazines
généraux et les magazines féminins du
Canada sont pour la plupart excellents.
Les magazines généraux publient également
des articles scientifiques. La science nous intéresse
parce que nous nous rendons compte des changements importants
et souvent imprévus qu'elle apporte dans notre vie.
Mais qu'est-ce au juste que la science ? Est-ce l'histoire
de nos progrès, ou bien comprend-elle aussi les prédictions ?
On dit que Jules Verne était furieux contre les Américains
parce qu'ils disaient que ses livres étaient des romans
d'aventures. Il voulait qu'on les prenne pour des contes prophétiques
basés sur des données scientifiques, comme ils
l'étaient en réalité. Et il en est ainsi
d'un grand nombre d'histoires publiées de nos jours,
si fantastiques qu'elles paraissent. Après tout, les
absurdités d'hier sont des banalités aujourd'hui.
Les magazines ont l'avantage sur les journaux en ce qui
concerne la science. Un fait divers ne peut pas donner beaucoup
de détails, et les journaux n'ont ni le temps ni l'espace
pour s'étendre sur les découvertes scientifiques.
Le magazine, au contraire, peut remonter à leur source,
en expliquer la genèse et l'importance. Des spécialistes
décrivent le procédé, et des industriels,
des médecins et des ingénieurs en montrent l'application
pratique.
Il est généralement de mode de classifier
les pages des magazines sous des rubriques qui ont trait aux
intérêts professionnels ou particuliers des lecteurs,
sous la direction d'un éditeur parfaitement au courant
de sa colonne et chargé de veiller scrupuleusement
à la correspondance.
C'est ce service personnel qui fait la force d'un grand
nombre de magazines et de publications agricoles. Des centaines
de personnes qui ont essaye de juger l'attrait d'un magazine
par sa lecture ont été surprises de la confiance
remarquable de ses lecteurs. La vérité est que
ces magazines aident personnellement des milliers de lecteurs ;
ce ne sont pas simplement des feuilles de papier, mais des
amis toujours prêts rendre service.
Les articles de magazines
Il est plus facile d'écrire à certaines époques
qu'à d'autres. Quand le public est ignorant, il n'en
faut pas beaucoup pour passer pour un lettré, mais
un âge comme le nôtre exige des qualités
spéciales et un grand fonds de connaissances.
Presque tout le monde est possédé du désir
d'écrire. Il y a des gens qui ont la rage d'écrire
quand ils n'ont rien qui vaille la peine d'être lu,
mais d'un autre cote il y en a beaucoup d'autres qui pourraient
écrire des articles utiles et instructifs, mais qui
n'en font rien.
Si vous avez une bonne instruction et sentez que vous avez
quelque chose à dire, commencez par vous documenter ;
vous trouverez les détails nécessaires dans
des milliers de magazines et de livres.
Quand vous aurez recueilli vos renseignements, exposez vos
idées du point de vue de ceux que vous espérez
avoir pour lecteurs. N'essayez pas de copier le style d'un
de vos auteurs favoris ; lisez beaucoup et laissez votre
style se former tout seul. Dites ce que vous avez à
dire aussi simplement que possible et évitez les longueurs.
Puis, envoyez votre manuscrit au magazine de votre choix.
Il n'y a pas de meilleur moyen, pour ouvrir la porte d'un
magazine à un manuscrit, que d'écrire quelque
chose qui intéresse les lecteurs de ce magazine. Vous
n'avez pas besoin de piston auprès de l'éditeur :
c'est ce qu'il cherche.
Les articles de magazines sont mieux payés que jamais
au Canada. Dans les derniers douze mots, huit gros magazines
canadiens ont payé $581,600 à des auteurs, des
écrivains, des artistes et des photographes du Canada.
Une maison d'édition a dépensé un million
de dollars en 1949 pour la publication de son groupe de magazines
et de journaux du commerce.
Associations de presse
Il y a 121 magazines, publications agricoles et journaux
du commerce dans la Periodical Press Association, avec une
circulation de plus de 12,500,000. Cette Association a succédé
à l'ancienne Canadian Press Association Inc., fondée
en 1858. Elle comprend la Agricultural Press Association of
Canada, la Business Newspaper Association of Canada et la
Magazine Publishers Association of Canada. Les rapports de
toutes ces associations indiquent des affaires de plus en
plus prospères et elles jouissent d'une excellente
réputation auprès des annonceurs.
Les associations de presse ont pour objet d'améliorer
les services et la qualité des périodiques du
Canada, et elles ont adopté des règlements à
cette fin.
Le nombre de magazines et leur circulation ont énormément
augmenté depuis 30 ans. Il y a au Canada 85 magazines
de consommation lus par toutes les classes de la société,
avec une circulation totale de 4,672,660. Quarante-sept journaux
agricoles comptent plus de 2,330,000 exemplaires par numéro.
Les journaux et magazines commerciaux, au nombre de 260 ont
une circulation de 1,280,000 ; trente-cinq périodiques
religieux, 765,000 exemplaires ; et vingt publications
ouvrières et politiques, 269,000 exemplaires ;
en tout, une circulation de presque neuf millions et demi
d'exemplaires.
Les magazines ont l'avantage, au dire des éditeurs,
d'être conservés plus longtemps et d'être
lus par tous les membres de la famille. Une enquête
a révélé que 66 pour cent des abonnés
gardent leurs numéros au delà d'un mois. Ils
les lisent et les relisent avant de les donner à des
amis ou de les jeter.
Cela a un effet sur les annonces. La plupart des grands
magazines comptent sur les annonces pour la plus grande partie
des revenus. Les annonces nationales dans les magazines représentent
une importante force économique et sociale.
Le montant des annonces dans les magazines, périodiques
commerciaux et publications agricoles du Canada est estimé
à $20,125,000 par an. Les chiffres suivants donnent
une idée de leur coût. Une annonce d'une page
dans un magazine populaire, avec une circulation de 350,000
et se vendant à 10 cents l'exemplaire, coûte
$2,380 par numéro. Dans un magazine spécial
se vendant à 25 cents l'exemplaire et ayant une circulation
de 50,000, une annonce d'une page coûte $500 à
raison de « Six insertions » par an.
Concurrence étrangère
Le Canada est un pays jeune dont les magazines servent à
resserrer les liens qui unissent les dix provinces, mais nous
avons été inondés de magazines des États-Unis.
Nous ne sommes pas un peuple insulaire, nous ne sommes pas
étroits dans nos goûts et dans nos idées.
Nous demandons le droit de choisir ce qui nous plaît
et cela rend la tâche de nos magazines très difficile.
Ils n'ont que 13 millions de personnes parmi lesquelles trouver
des abonnés, et sont obligés de faire concurrence
sous le rapport de la quantité et de la qualité
à des magazines 12 fois plus favorisés sous
les mêmes rapports.
Le mémoire de la Periodical Press Association à
la Commission royale sur le développement national
des Arts, des Lettres et des Sciences dit ceci : « En
ce qui concerne la Periodical Press Association, les éditeurs
canadiens n'ont aucun désir d'entraver l'échange
des idées et des renseignements entre les nations.
Ils se sentent capables de se débrouiller tout seuls,
de jouer leur rôle dans le développement du canadianisme.
Tout ce qu'ils ont jamais demandé est la chance de
lutter à armes égales dans leur propre pays
avec leurs concurrents, et de jouir, sous le rapport des impôts,
des mêmes avantages que les publications importées
au pays. »
Les magazines canadiens font d'excellents progrès
dans leur lutte contre la concurrence étrangère,
et ils ont doublé la proportion de leurs ventes par
rapport au total de la circulation au Canada au cours des
vingt dernières années.
Influence des magazines
On dit que les magazines représentent tous les intérêts
humains ; il serait bon qu'ils dissipent dans une plus
grande mesure l'ignorance et les préjugés. Point
n'est besoin pour cela d'imiter les magazines américains
auxquels on a donné le nom de « déterreurs
de scandales », quoique ces magazines aient donné
lieu à des mouvements que la société
approuve maintenant. Mais les magazines canadiens peuvent
influencer l'opinion publique par la discussion des affaires
publiques.
Ils sont importants, non seulement comme sources d'information,
d'amusement et de publicité mais, comme l'a dit M.
Floyd S. Chalmers à la Periodical Press Association
l'an dernier : « Comme artisans de la destinée
nationale ». Et il a ajouté : « Le principal
objet de nos magazines, journaux d'affaires et publications
agricoles, est de nous rendre meilleurs producteurs et commerçants ;
de rendre notre vie plus intéressante et plus heureuse ;
et par dessus tout de cultiver chez nous l'esprit de canadianisme. »
Une institution reflète les idées de son fondateur,
et un magazine reflète les idées de son éditeur.
Les grands éditeurs n'ont pas toujours été
obsédés par l'idée de « plaire »
au public. Ils ont résolument pris parti et parfois
à leur risque ; ils estiment que leurs fonctions
leur offrent l'opportunité de répandre la lumière ;
ils ne se cachent pas de soutenir énergiquement toutes
les justes causes et d'être les ennemis implacables
du vice et de la corruption.
Les éditeurs ne choisissent pas toujours ce qu'il
y a de meilleur pour publication ; tous leurs articles
ne sont pas toujours d'une grande importance présente
ou future ; et leur magazine n'exerce pas toujours une
grande influence sociale. Mais, dans l'ensemble, les magazines
canadiens s'acquittent assez bien de leur tâche dans
la mesure de leurs moyens. Dans notre intérêt
national nous devons les encourager et leur prêter notre
appui.
Nous vivons dans deux mondes. L'un est le monde de la réalité,
des problèmes économiques et politiques. L'autre
est un monde imaginaire dans lequel tout nous apparaît
en rose, ce qui nous fait prendre des décisions souvent
peu en rapport avec la réalité.
Nos magazines peuvent, en unissant ces deux mondes, nous
aider à penser avec plus de logique, à prendre
des décisions sensibles et à mener une vie plus
heureuse.
[ Retour à la page d'accueil du Bulletin RBC ]
|