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Février 2006
Le vieillissement, une réalité
Rien n'est plus moderne que vieillir. À toutes les
époques de l'histoire, sauf les plus récentes,
très rares étaient les humains dont l'espérance
de vie dépassait 50 ans, et encore moins 65 ans. Il
est vrai que, dans les civilisations complexes, génératrices
d'inégalités sociales, certains privilégiés,
mieux nourris, pouvaient compter sur une longévité
nettement plus grande que les masses qui n'avaient que leur
force de travail pour survivre. Certains même dépassaient
l'âge biblique de 70 ans : l'empereur Auguste, célèbre
pour sa frugalité, est mort à 77 ans. Mais la
plupart des habitants de l'empire romain mouraient avant d'avoir
atteint 30 ans et même ceux qui échappaient aux
dangers de l'enfance pouvaient rarement compter vivre jusqu'à
40 ans.
Ce qui est rare est souvent apprécié. Parmi
les tribus sans écriture de l'âge de pierre et
même dans le village médiéval, les « anciens » étaient des archives vivantes, dépositaires
des mythes, coutumes et lois qui conditionnaient l'existence
et le sentiment d'appartenance au groupe. Après l'invention
de l'écriture, cette fonction a été en
bonne partie dévolue, dans les sociétés
complexes, aux documents conservés dans les temples
ou les palais. Puis les rédacteurs de ces documents
ont tenté de s'arroger le monopole de la connaissance
du passé. Contrôler la mémoire collective
d'une société facilite l'exercice d'un contrôle
sur la société elle même. (Des humoristes
de l'ancienne Union soviétique disaient : « Nous
sommes certains de l'avenir ; c'est le passé qui change
tout le temps. ») Ce n'est que depuis assez peu de temps
et avec beaucoup de réticence que les États,
les autorités ecclésiastiques et les dirigeants
des partis politiques tolèrent une libre investigation
de la plus grande partie du passé.
La diffusion des témoignages écrits a privé
les personnes âgées du prestige que leur conférait
leur rôle de porteurs de la tradition orale. La place
qu'ils occupent depuis a varié selon les particularités
culturelles des grandes civilisations. La philosophie confucéenne,
qui plaçait sans équivoque le vieillard au faîte
du prestige et du pouvoir, a profondément marqué
les civilisations de l'Extrême Orient. Pendant bien
des générations, les personnes âgées
qui ont visité la Chine ont été agréablement
surprises de la déférence que leur attiraient
leurs cheveux gris. Pour sa part, l'hindouisme considère
plutôt que l'âge est un stade auquel l'homme,
ayant accompli ses obligations de mari et de père,
peut librement rechercher le mérite spirituel, au mieux
en se faisant sanyasi, ascète. La tradition judaïque
propose une approche assez semblable favorisant l'étude
et la dévotion dans les dernières années
de la vie. Dans le monde occidental, les attitudes ont généralement
été plus ambiguës. Le quatrième
commandement obligeait les Juifs et, par la suite, les chrétiens
à honorer leur père et - c'est remarquable -
leur mère. Sans doute serait-il difficile de déterminer
dans quelle mesure ce précepte a été
respecté, mais il y a tout lieu de penser que son influence
a été profonde. Par ailleurs, les penseurs de
l'Occident ont été éminemment conscients
de la détérioration physique qu'entraîne
le passage des ans. Les héros d'Homère chantent
souvent leur préférence pour une mort glorieuse
au combat, plutôt que la lente décrépitude
qui les attend autrement. Shakespeare a aussi écrit
des lignes mémorables sur les êtres « sans
yeux, sans dents, dépouillés de tout »
et, même si le point de vue qu'il exprime est plus celui
des jeunes gens de la forêt d'Arden que le sien, il
est bien certain que presque tous ses contemporains redoutaient
de survivre à leurs aptitudes physiques. Non sans raison.
Ceux qui le faisaient étaient à la merci de
leurs enfants s'ils avaient de la chance ; sinon, ils étaient
réduits à la mendicité. Un peu partout
en Europe occidentale, l'on trouve aujourd'hui encore des
petits groupes de refuges - peut-être 10 ou 12 humbles
abris autour d'une chapelle - où quelques indigents
méritants ou favorisés pouvaient finir leurs
jours en sécurité. Ces vestiges témoignent
non seulement d'un certain respect pour le quatrième
commandement mais aussi, d'une façon quelque peu équivoque,
de la suprématie durable en Occident de la famille
« nucléaire » - limitée aux parents
et à leurs enfants. De tels hospices auraient eu moins
de raisons d'être au sein de civilisations privilégiant
la famille « élargie », englobant plusieurs
générations ainsi que les frères et surs.
*
Ces sentiments contradictoires de respect, de dégoût
et de crainte persistent parmi nous, souvent même dans
l'esprit d'une même personne. Pourtant, la réalité
du vieillissement évolue avec une rapidité extrême.
Notre planète porte actuellement plus de sexagénaires
que jamais auparavant et leur nombre augmente rapidement.
Dans les démocraties industrialisées, ils bénéficient
généralement d'une santé meilleure, et
d'une longévité et d'une sécurité
financière plus grandes que jamais, et détiennent
un pouvoir politique et économique croissant.
Vers 1750, la population mondiale a commencé à
croître régulièrement, surtout en Europe
et en Chine. Ce fait, dont les raisons ont fait l'objet de
longs débats, s'explique peut-être en partie
par un réchauffement climatique et par l'introduction
de cultures nouvelles, mais certainement pas par les progrès
de la médecine ou les politiques des États,
du moins au début. Quelle qu'en ait été
la cause, il en est résulté une révolution
démographique qui a peu à peu déferlé
sur toute la planète et n'a commencé à
ralentir qu'à notre époque. Partout, l'évolution
a été la même : la natalité élevée
des périodes antérieures a persisté ou
même augmenté, mais les taux de décès
ont baissé avec l'amélioration des régimes
alimentaires et des services de santé publics et, depuis
1800, avec les progrès de la lutte contre les épidémies.
Ces changements ont abouti à un recul de la natalité
quand l'urbanisation et l'industrialisation ont rendu les
familles nombreuses à la fois onéreuses et inutiles
(comme mode de protection en prévision de la vieillesse).
Ces deux dernières tendances entraînent une augmentation
rapide, aussi bien absolue que relative, de la population
âgée. La traditionnelle pyramide assez effilée
représentant la répartition démographique
selon l'âge ressemble plus, désormais, à
une colonne bosselée. Ce phénomène, particulièrement
évident dans le monde industrialisé, apparaît
plus vite encore dans les pays en développement tels
que la Chine et le Brésil.
Les succès des prédictions touchant la démographie
sont souvent inégaux, mais l'on imaginerait difficilement
un changement de tendance à l'égard de l'augmentation
de la population âgée dans les prochaines décennies,
d'autant plus que, dans une certaine mesure, ce phénomène
se perpétue lui-même. Une population âgée
est forcément plutôt stable ou même en
régression car la proportion de femmes fertiles baisse
et (pour des raisons quelque peu différentes) le nombre
d'enfants par famille recule aussi. En Allemagne et au Japon,
par exemple, le nombre d'habitants nés dans le pays
décline déjà dans le contexte d'une abondance
de biens sans précédent, ce qui eût semblé
incompréhensible à nos ancêtres vivant
dans un monde plus simple où plus de nourriture permettait
d'alimenter plus de bébés. Selon certaines estimations,
en 2050 environ, les plus de 60 ans pourraient compter pour
plus de 20 % de la population mondiale, soit près de
deux milliards d'individus.
Comme on l'a vu, les conséquences en seront immenses.
Elles touchent déjà profondément la vie
politique et économique, les comportements sociaux
et même l'environnement naturel. Presque partout, les
soins aux personnes âgées, surtout les plus vieilles,
sont un secteur économique en plein essor. Les besoins
en services médicaux de cette population menacent la
viabilité financière des régimes publics
; selon une étude récente, si les tendances
actuelles se maintiennent, le coût des services publics
de santé atteindra, en 2050, 11,3 % du produit intérieur
brut du Canada, comparativement à 6,3 % en 2001. (Pour
Terre-Neuve et le Labrador, il se chiffrera à 24,5
% en 2050, un niveau certainement intolérable.) Les
régimes de rente publics et privés et le cadre
juridique régissant la retraite subissent déjà
des remaniements imposés par les réalités
démographiques nouvelles. Les investissements directs
et indirects ayant pour but d'assurer un soutien aux personnes
âgées accaparent une proportion croissante des
marchés boursiers et obligataires. Les décisions
prises par les gestionnaires des énormes capitaux qu'accumulent
les caisses collectives déterminent de plus en plus
le sort des entreprises, comme le fit J. P. Morgan en son
temps. Autant dire que ce sont les vieillards, plutôt
que les faibles, qui hériteront de la terre. La stabilité
ou la baisse des populations devrait réduire les pressions
sur l'environnement : il faudra moins de centres commerciaux
et de lotissements, moins de champs convertis en terrains
de stationnement (toutefois, à moins d'être bien
géré, l'accroissement des besoins liés
au tourisme et aux activités de plein air ira à
l'encontre de cette tendance). Si l'on pousse plus loin l'optimisme,
les architectes, décorateurs et concepteurs de mobiliers
apprendront peut-être à ne pas considérer
tous les humains comme des athlètes de 25 ans, capables
de s'arracher avec aise à une chaise de Barcelone et
de parcourir allègrement un couloir d'aéroport
de 1 500 mètres sans aucun banc pour s'asseoir. Sinon,
la loi le leur imposera.
Quelque profonds que soient ces changements, ils peuvent
tous être gérés au niveau politique ou
par le secteur privé pourvu que nous ayons collectivement
la volonté de les reconnaître et d'y faire face.
D'ailleurs, il y a tout lieu de penser que ce sera le cas.
Les personnes âgées votent plus que les jeunes
; elles ont le temps non seulement de le faire, mais aussi
d'examiner les liens entre les problèmes de l'heure
et leurs propres besoins de rentiers, d'investisseurs ou de
patients. Il serait donc dangereux, sinon suicidaire, pour
un politicien de toucher aux programmes sociaux qui protègent
ses électeurs dans les dernières décennies
de leur existence. Depuis quelques années, les budgets
de la santé publique augmentent régulièrement
au Canada, tandis que ceux de l'éducation ne montent
guère, surtout au niveau des études supérieures.
La question de savoir si c'est souhaitable ou non peut faire
l'objet d'un débat interminable, mais il serait difficile
de ne pas y voir un lien avec le fait que les retraités
votent mais que les étudiants ne le font pas.
Globalement, les personnes âgées sont aussi
un marché de plus en plus important. Non seulement
leur nombre augmente mais, grâce à des politiques
en leur faveur et à la longévité de la
croissance économique, elles ont beaucoup plus d'argent
à dépenser que leurs prédécesseurs.
Le secteur du marketing y réagit par des campagnes
ciblant les plus de 50 ou 60 ans. La fragmentation croissante
du public acheteur qu'entraîne la multiplication des
chaînes de télévision et des revues spécialisées
est à la fois l'une des causes et le résultat
de ce changement. Les personnes âgées ne figurent
plus seulement dans la publicité des produits de nettoyage
des dentiers ou des pilules contre les aigreurs d'estomac.
L'on peut désormais voir, soir après soir, des
acteurs aux cheveux gris, joviaux, dynamiques et en bonne
santé, confortablement mais élégamment
vêtus, et très évidemment heureux d'être
en vie, faisant la promotion de biens et de services divers,
depuis des souffleuses à neige jusqu'à des croisières
en bateau.
Ce changement est important pour l'univers visuel. Les entreprises
de marketing ont d'abord axé leurs promotions sur le
statut social : avec assez d'argent, n'importe qui pouvait
s'offrir la crème faciale d'une comtesse ou être
le premier de son quartier à conduire une Cadillac.
Cet élément de motivation est encore très
efficace, à en juger par l'attrait des marques de luxe
et par les efforts finement ciblés d'augmentation des
ventes sans réduire l'exclusivité. Mais l'on
exploite maintenant deux autres éléments de
motivation : les valeurs jumelles que sont la jeunesse et
la nouveauté. Le prix attribué à la jeunesse
s'explique sans aucun doute en partie par la rareté
relative des jeunes. Dans un monde dominé par des gens
d'âge moyen, prudents et bien assurés, la vitalité
et l'optimisme traditionnels de la jeunesse exercent un attrait
puissant (même s'ils ne sont pas toujours évidents
parmi les jeunes d'aujourd'hui). La prédominance des
jeunes dans les médias visuels est sans aucun doute
liée à l'impression que leur attrait sexuel
s'étendra à l'objet offert en vente, quel qu'il
soit. Pour sa part, le culte de la nouveauté a été
créé de toutes pièces pour convaincre
le consommateur de remplacer des articles qu'il possède
déjà. Par exemple, plus que de vouloir habiller
les gens, l'industrie de la mode cherche à les convaincre
d'entasser encore d'autres vêtements dans des placards
déjà trop pleins.
L'on pourra discuter sans fin des avantages et des inconvénients
de ces phénomènes. Porter des vêtements
neufs et élégants est un plaisir innocent accessible
à presque tout le monde. Le culte de la jeunesse, pour
sa part, produit indéniablement certains résultats
positifs, tels que l'acceptation générale du
principe qu'un régime alimentaire sain et l'exercice
physique peuvent rendre plus agréable la vie à
n'importe quel âge. Mais il a le défaut d'encourager
le refus de la réalité du vieillissement et
des agréments qui peuvent l'accompagner. Il ne fait
guère de doute aussi que l'insistance sans cesse renouvelée
sur la jeunesse, la nouveauté et l'attrait sexuel a
considérablement renforcé les attitudes négatives
envers les personnes âgées. Dans le débat
public, l'importance politique des personnes âgées
suffit à garantir qu'elles seront scrupuleusement traitées
avec déférence. Le monde de la publicité
a relevé ce défi en créant des clichés
tels que « le troisième âge » ou « l'âge d'or » qui, comme tous les euphémismes,
suggèrent le contraire de ce qu'ils disent et dissimulent
mal les attitudes négatives qui s'expriment en privé
ou qu'évoquent même en public les humoristes
en employant en scène des expressions que les politiciens
évitent, du genre « vieux jeu », « croulant » ou « décadent » : elles évoquent
la décrépitude physique et mentale, le contraire
des visages rayonnants et des corps fermes que présentent
jour après jour les publicités. « Les petits
vieux » ou « les personnes âgées »
ne sonne guère mieux ; ces termes suggèrent
que l'existence de ce groupe est un problème plutôt
qu'un atout social.
L'avenir dira si l'influence nouvelle des personnes âgées
sur les marchés fera changer ces attitudes mais elles
ne disparaîtront probablement pas entièrement
car elles sont liées à la crainte de la mort
qu'éprouvent naturellement les humains. Ceci est particulièrement
évident en Amérique du Nord. L'on essaie de
nous convaincre qu'il existe un remède, connu ou à
découvrir, pour chaque maladie, mais il est permis
de douter que l'on découvre jamais une panacée
pour la mort, en dépit des tentatives ridicules de
surgélation des corps. Dans ce cas également,
notre individualisme exacerbé nous amène à
considérer la fin de la vie comme un événement
d'une finalité bouleversante. À l'approche de
la mort, les générations passées trouvaient
un réconfort dans la pensée que la famille,
le clan, la dynastie, la tribu ou la cité leur survivrait
et que leur existence avait été un maillon important
d'une très longue chaîne. Peu sans doute auraient
pu l'exprimer avec l'éloquence de Burke, mais ils auraient
convenu avec lui que la société est un contrat
entre les vivants, les morts et les non encore nés.
À notre époque où la publicité
proclame la primauté du « MOI ! », cette
définition peut surprendre et même sembler archaïque.
Les adeptes des grandes religions ont toujours considéré
la mort comme un passage plutôt qu'une fin mais, bien
qu'imparfaites, les données dont nous disposons suggèrent
que la foi dans l'immortalité n'est pas aussi répandue
ni ferme qu'autrefois.
En réaction, nous repoussons la mort à la limite
de notre conscience et nous accueillons de mauvaise grâce
ce qui peut nous rappeler son existence. Il est intéressant
de constater les efforts déployés pour éliminer
les manifestations publiques du deuil. Nos aïeux portaient
le deuil pendant un an et les femmes gardaient leur voile
baissé jusqu'après la fin des funérailles.
Les gens épargnaient pendant toute leur vie pour s'offrir
des obsèques aussi somptueuses que possible et certains,
pour gagner leur vie, marchaient en larmes et avec un visage
de circonstance dans les cortèges funéraires
de personnes inconnues. De nos jours, on remarque moins qu'auparavant
les files d'automobiles roulant tous phares allumés
vers un cimetière, peut-être parce que toutes
les voitures gardent leurs phares toujours allumés.
Bien des gens, y compris les chrétiens, cachent leur
douleur et leur deuil, des sentiments qu'ils ne partagent
qu'avec la famille et les amis proches. Cette réserve
rend-elle la mort plus facile à supporter ? L'on peut
en douter. Les rites funéraires peuvent sembler ridicules
mais leur universalité, à travers l'histoire
et partout dans le monde, suggère qu'ils peuvent nous
aider grandement à faire face à la réalité
inexorable de la mort.
*
Non, changer les attitudes négatives ne sera pas facile.
L'élément le plus efficace pour le faire sera
peut-être, tout simplement, le grand nombre de personnes
âgées pour lesquelles ce stade de la vie sera
vraiment le meilleur. Pour les membres de plus en plus nombreux
de ce groupe qui jouissent d'une assez bonne santé
et d'une sécurité financière raisonnable,
l'âge peut apporter des souffrances physiques et émotionnelles,
mais aussi l'inestimable possibilité de réfléchir,
de se souvenir et de comprendre, les insécurités
de la jeunesse et les préoccupations de l'âge
moyen étant choses du passé.
Ce stade de l'existence est celui qui permet de faire ce
que la nécessité de gagner sa vie rendait impossible,
de s'adonner à des loisirs tranquilles qui, au fil
des siècles, avaient généralement été
réservés à quelques privilégiés.
Ceux ou celles qui ont la chance d'avoir des petits-enfants
peuvent jouir des relations humaines qui sont peut-être
les plus enrichissantes pour les uns et les autres, sans ressentir
le stress qu'entraîne la responsabilité d'être
parents. Pour beaucoup aussi, c'est l'occasion de rendre quelque
chose à la société : le bénévolat
est beaucoup plus répandu parmi les personnes âgées
qu'en moyenne dans la population. La possibilité offerte
à un nombre croissant de personnes âgées
d'accéder à ce genre d'existence à la
retraite est sans aucun doute l'une des réussites les
plus grandes et les moins appréciées des démocraties
développées. Bien sûr, nous sommes encore
loin de la perfection. Trop de personnes âgées
vivent toujours dans la pauvreté, manquent de soins
pourtant nécessaires et coulent leurs derniers jours
dans la solitude. L'avenir dira si nous pourrons maintenir
le niveau de succès déjà atteint, malgré
l'augmentation du nombre de personnes âgées.
Quoi qu'il en soit, les progrès accomplis sont largement
suffisants pour nous aider à percevoir l'existence
comme un tout, dont chaque étape comporte des dangers,
des difficultés et des avantages particuliers, et dont
l'issue finale est le couronnement.
***
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