Vol. 40, N° 1 Février 1959
Plan d'action et
réussite
Formatage
PDF
Il a été démontré,
dans la guerre comme dans la paix, que les personnes qui réussissent
le mieux sont celles qui se forment une idée précise
de ce qu'elles veulent faire avant de se mettre à l'oeuvre.
Mais il n'est pas de principe qui soit plus universellement
négligé. Nous nous laissons aller au fil des
situations, et nous sommes ensuite à la merci des circonstances.
L'organisation n'est pas une vertu en soi, mais elle a un
imposant cortège de vertus. C'est un excellent moyen
d'éviter l'entropie, cette tendance de toutes les choses
créées à rechercher le repos et à
s'arrêter. L'organisation - qui consiste à prévoir,
à élaborer un plan d'action - nous tire de la
tranquille satisfaction que l'on éprouve à voir
les choses uniquement comme elles sont, sans songer à
ce qu'elles pourraient être. Elle nous protège
contre le danger de penser que nous avons atteint le dernier
chapitre de notre carrière, de nos relations personnelles
ou de notre bien-être.
Ceux qui s'appliquent à réussir dans un projet
en préparant avec soin sa mise à exécution
ont un grand avantage, car beaucoup procèdent sans
but ni plan. Établir un plan, c'est prendre les dispositions
nécessaires pour agir sur son but et s'assurer de l'atteindre.
Le seul lien qui existe entre un désir et sa réalisation
est le « bleu », qui indique les pièces requises,
leur mode d'assemblage et l'ordre à suivre dans leur
utilisation.
Les plans sont nécessaires dans tous les secteurs
de l'industrie. Lorsqu'il s'agit de construire une ligne de
chemin de fer, on ne commence pas par demander aux ingénieurs
de faire l'étude d'une bande de terrain ; ils
doivent d'abord savoir où se trouvera le terminus et
quelles sont les villes où les trains s'arrêteront
en cours de route. Le propriétaire d'une usine doit
dresser le plan de chaque opération, depuis l'arrivée
des matières premières jusqu'à la livraison
du produit fini à la porte de son client.
L'organisation engendre l'équilibre
Telles sont les raisons pratiques qui obligent à
établir des plans. Mais il y a beaucoup d'autres avantages
pour l'homme qui sait voir venir les choses, prévoir
les événements et décider comment leur
faire face. Il réalise en lui même un harmonieux
équilibre. Il est calme et pondéré, et
il a un tel empire sur lui-même et sur ses entreprises
qu'il accomplit sa tâche avec facilité. Il conserve
son sang-froid quand ses collaborateurs perdent la tête.
Qu'est-ce qui fait la différence, dans les affaires,
entre un homme de grande envergure et un homme de petite envergure.
L'homme de grande envergure voit grand ; son regard embrasse
non seulement ses propres fonctions, mais aussi toutes les
fonctions voisines, qui émanent des siennes et qui
y contribuent. L'homme de petite envergure est entièrement
absorbé par son petit travail particulier. L'homme
de grande envergure discerne non seulement les effets immédiats
d'une décision sur un groupe déterminé,
mais il examine les effets qu'aura à la longue cette
décision sur tous les groupes qu'elle pourra intéresser.
Nous sommes à une époque où la bonne
exécution du travail, tout comme la direction, ne peut
se maintenir qu'au prix d'une amélioration constante
et systématique, et non plus simplement par la solution
des problèmes et des difficultés au fur et à
mesure qu'ils se présentent. L'homme sage s'arrangera
pour être légèrement en avance sur l'évolution
générale de son art.
Il nous faut pour cela un esprit créateur. Après
nous être exerces à percevoir les problèmes,
actuels et futurs, nous devons acquérir la facilité
de concevoir des idées pour les résoudre. Cette
qualité contribuera à nous donner la souplesse,
qui est l'un des bienfaits des plans d'action.
L'esprit créateur n'est pas régi par les lois
de la mécanique ou de la physique. On n'en déclenche
pas le fonctionnement en poussant un bouton de mise en marche.
Il doit d'abord discerner un problème à résoudre,
puis rechercher les faits, les ruminer, choisir une solution
possible, établir un plan d'application et le mettre
à l'essai.
L'esprit routinier attend que l'on pousse le bouton. Il
est pressé par les événements à
trouver des réponses immédiates à des
questions immédiates. Les difficultés fondent
sur lui à la queue leu leu. Il n'est jamais au bout
de ses ennuis, et il n'a pas le temps de jeter un coup d'oeil
sur l'avenir. Les esprits de ce genre ne connaissent pas d'avance
les problèmes auxquels ils auront à faire face,
et ignorent par conséquent ce qu'ils peuvent contourner
ou différer sans danger.
Quand un plan échoue, il reste toujours possible
d'en essayer un autre, se préparer à affronter
une situation prévue, c'est aussi se prémunir
contre l'imprévu. Ainsi, même si les choses tournent
mal, nous ne serons pas exposés à toute perdre.
Dans les affaires comme dans la vie privée, la précipitation
et la surprise sont nos deux plus grands ennemis. Nous pouvons
les éviter si nous savons prévoir, parce que
nous serons alors en mesure d'adopter une nouvelle ligne de
conduite ou de gagner le temps nécessaire pour remanier
nos plans.
Assurez-vous de vos positions
Celui qui veut dresser un plan d'action doit tout d'abord
s'assurer de ses positions et se fixer un but. Puis, suivant
le conseil du feld-maréchal Montgomery, il doit s'éloigner
graduellement de son objectif afin de s'engager plus sûrement
dans la voie qui convient davantage au plan d'ensemble. Il
doit prévoir les difficultés, sans en atténuer
l'importance. De jour en jour, ou d'une semaine à l'autre,
il doit tenir compte de l'allure à laquelle il avance
et de la direction qu'il suit.
Sa perspicacité doit être sans défaut.
Il ne doit pas être féru d'accessoires, de nouveautés
et de paperasse au point d'en perdre le sens de la perspective.
Nous sommes trop enclins à nous laisser hypnotiser
par les formules. Tout comme le philosophe dont parle Francis
Bacon dans Advancement of Learning, nous levons les
yeux vers les étoiles et nous tombons à l'eau.
Eussions-nons baissé la vue, nous aurions contemplé
le reflet des étoiles, mais nous ne pouvions guère
voir l'eau dans le firmament.
L'administrateur, comme tout le monde d'ailleurs, doit s'habituer
à n'étudier qu'un projet à la fois. Nous
serions bien avisés de suivre l'exemple de l'archiviste.
Quand nous formons un dessein, classons-le à la date
fixée, fermons le fichier et, l'esprit dégagé
de tout souci, passons à autre chose.
Tout travail d'organisation devrait compter deux parties :
la stratégie et la tactique. Il vous faut un plan d'ensemble,
dans les cadres duquel vous pourrez vous plier aux nouvelles
circonstances. Si vous occupez un poste administratif, vous
pourrez confier divers travaux aux autres, mais vous ne devrez
permettre à aucun subalterne de modifier votre plan
principal. Si vous l'avez vous-même établi, vous
êtes certes tout à fait libre de changer de tactique,
mais vous devriez y songer sérieusement et conscieusement
avant de laisser bouleverser votre haute stratégie.
Peut-être l'erreur la plus fréquente consiste-t-elle
à laisser passer le moment d'agir. Mais comment le
reconnaître à moins d'avoir préparé
votre esprit en prévoyant les diverses éventualités ?
Il y a deux mille ans, un orateur grec disait aux Athéniens :
« Connaissant ses propres desseins, Philippe se précipite
sans délai sur l'adversaire de son choix ; quant
à nous, lorsque nous entendons parler de quelque événement,
nous commençons à nous affairer et à
nous préparer. »
L'organisation concertée nous permet de nous adapter
aux circonstances. Quand notre projet réussit, nous
sommes en mesure d'exploiter le succès ; advenant
un échec, nous sommes prêts à masquer
notre retraite tout en prenant d'autres dispositions.
Les détails du plan
Sans doute peut-on dire, en principe, qu'un événement
réussit ou échoue suivant le degré de
perfection des préparatifs qui l'ont précédé.
Les propositions vagues et les projets qui ne tiennent pas
debout ne plaisent guère à l'administrateur
avisé ; aussi ne devraient-ils jamais entrer dans
les plans élaborés par les personnes ou les
comités qui s'occupent d'enseignement, d'oeuvres paroissiales
ou sociales, ou d'un problème sérieux de toute
autre nature.
Un groupe qui éprouve de la difficulté à
en arriver à une décision adoptera sans doute
avec gratitude la proposition présentée par
celui qui s'est appliqué à l'énoncer
et à l'élaborer clairement. Ses opinions réfléchies
dominent les idées indisciplinées de ses confrères.
Après avoir examiné les faits, il en explique
la signification et il expose les mesures à prendre.
Voyons l'exemple du capitaine Gabe Bryce, ancien pilote
des forces de Sa Majesté ; en décembre,
il a fait décoller, pour la première fois, de
la piste de 1260 verges le paquebot aérien Vanguard,
long de 122 pieds, et l'a guidé vers la seule trouée
qui s'ouvrait dans les collines environnantes. Depuis deux
ans, il répétait chaque mouvement, s'exerçait
chaque jour les doigts dans la cabine du prototype, inventait
des événements imprévus et y trouvait
une solution.
Nous ne sommes prêts à accomplir des actes
importants qu'après en avoir établi tout le
détail. Les difficultés sont moindres quand
nous les avons prévues et songé au moyen d'y
faire face. Même lorsque les ennuis nous accablent de
toutes parts, semble-t-il, la prévoyance nous aidera
à peser le pour et le contre des partis à prendre.
Nous fixerons ensuite notre choix en nous fondant sur une
connaissance exacte de la situation.
Le seul fait de coucher les choses par écrit, - le
quand, le pourquoi, le comment d'un problème ou d'un
projet, - nous guidera et fera jaillir les idées dans
notre esprit. En analysant nous-mêmes les faits pertinents
sans nous arrêter à l'accessoire, nous en aurons
une perception juste et nous pourrons tracer notre ligne de
conduite tout en évaluant le temps, l'énergie
et le matériel requis.
À cet égard, rien n'importe plus que la certitude
que les faits sont exacts, fidèlement interprétés,
bien coordonnés et affranchis de tout préjugé.
Pour acquérir cette assurance, il nous faut puiser
dans notre expérience personnelle. L'homme d'affaires
compare le bilan d'aujourd'hui avec celui d'hier, et c'est
en étudiant l'orientation ainsi indiquée, en
fonction des conditions actuelles, qu'il prépare les
plans du lendemain.
Dans ce travail de base, il ne s'agit pas de choisir les
faits au hasard. Nous devons faire une sélection. Certains
faits sont accessoires et sans importance. D'autres sont essentiels
au plan d'ensemble. S'ils font partie de notre stratégie
ou en touchent quelque élément important, nous
devons nous y arrêter. S'ils sont en dehors de ce domaine,
il est inutile d'y consacrer notre énergie et notre
attention.
L'exécution des projets
Après avoir recueilli et analysé les faits,
étudié les divers partis qui s'offrent à
nous et réussi à établir un plan, ils
nous faut enfin agir.
Les urbanistes ne verront jamais leurs projets d'aménagement
se transformer en édifices, en parcs et en routes sans
l'effort physique que devront fournir quantité de gens ;
de même, l'organisation d'une entre, prise commerciale
ou nos projets personnels n'aboutiront à rien si nous
n'y consacrons notre énergie. En nous dirigeant vers
l'objectif que nous nous sommes fixé, il nous faut
maintenant appuyer sur le côté « travail ».
Dans un de ses poèmes, Ella Wheeler Wilcox dit avec
raison : « L'erreur commune à notre époque,
c'est de tenter follement d'atteindre d'un bond les sommets
qui devraient être escaladés. »
Tout administrateur qui a réussi vous dira qu'il
ne lui suffit pas de fournir des idées. Non seulement
doit-il méditer sur la façon d'en tirer le meilleur
rendement mais, ce qui est plus important, il doit mener à
bien l'exécution des projets qu'il a conçus.
Sans doute cet aspect de son travail lui occasionnera-t-il
bien des déboires. Peut-être ses adjoints manquent-ils
d'imagination ou ne peuvent-ils saisir son intention. Peut-être
ses employés sont-ils incompétents, paresseux
ou négligents. Bien des événements désagréables
peuvent survenir, au bureau ou chez lui, pour le décourager.
Toutefois, son plan d'ensemble aura tenu compte de toutes
les circonstances possibles, dans la mesure requise pour l'exécution
satisfaisante des tâches qu'exige la réussite.
Dès que le plan est déclenché, il doit
être prêt à fonctionner. Pendant la guerre,
au dire des spécialistes de la marine, de nombreuses
difficultés ont résulté de défectuosités
dans le montage des canons ; certains navires engageaient
le combat alors que leur puissance de tir était encore
insuffisante. Tout comme un bâtiment neuf, un nouveau
projet doit être prêt à faire feu sur-le-champ,
de toutes ses pièces.
Toute entreprise commerciale et tout projet personnel sont
exposés au feu impitoyable des concurrents et des circonstances
adverses. Nous devons croire fermement à la valeur
et au caractère pratique de notre dessein, et ce sentiment
doit s'appuyer sur des préparatifs complets et une
énergie sans défaillance.
L'administrateur qui sait organiser
Celui qui se contente tout au plus de juger les idées
qui lui sont présentées n'a pas la compétence
voulue pour occuper de nos jours un poste administratif. Le
directeur d'une entreprise doit certes être doué
d'un jugement sûr, mais s'il veut survivre il doit également
faire preuve d'imagination et de hardiesse. Afin de pouvoir
résoudre les questions compliquées, il doit
s'entendre aux analyses patientes et minutieuses.
Dans le monde des affaires, qu'il s'agisse du contremaître
d'atelier ou du président du conseil d'administration,
l'intéressé doit saisir sans délai les
données essentielles d'un problème, y chercher
une solution à l'aide de son imagination, arrêter
sûrement et rapidement les mesures à prendre,
faire comprendre clairement à tous les employés
en cause ce qu'il attend d'eux, puis s'assurer que ses subalternes
s'acquittent de leur tâche. Doué d'une grande
perspicacité, il ne songe guère à suivre
les sentiers battus en se contentant de critiquer.
Tout cela revient à dire que l'administrateur doit
tracer ses plans à grands traits, en n'indiquant que
les détails voulus pour guider ses gens et maintenir
l'entreprise dans la bonne voie. Après avoir établi
la stratégie, il doit déléguer la tactique
et suivre les progrès réalisés vers l'objectif
qu'il vise.
Les entreprises commerciales ne pourraient subsister sans
des chefs qui croient aux idées, qui ont le courage
de les lancer, de dresser les plans et de s'aventurer sur
des mers inconnues.
Pour réussir, l'administrateur doit s'entourer des
meilleures intelligences et des plus beaux talents. Peut-être
certains de ses assistants seront-ils plus versés que
lui dans leur propre spécialité. Seul l'homme
qui se sent inférieur peut être heureux parmi
des subalternes qui se contentent d'obéir aux ordres
et d'accepter les sanctions.
Ces assistants forment une partie essentielle de l'organisation
d'un administrateur. Il décide ce qu'il y a à
faire et la meilleure façon de s'y prendre, puis il
choisit ceux qui devront s'acquitter des diverses fonctions.
Le rendement
Nous le savons tous par expérience, l'exécution
d'un projet est souvent retardée par un travail en
souffrance. Un élément essentiel du bon fonctionnement,
c'est la perfection, en vertu de laquelle toutes les parties
d'un plan se complètent, en n'exigeant qu'un minimum
d'énergie, de temps et d'espace.
L'ingénieur sait que le secret du rendement d'une
machine, c'est le degré d'harmonie avec lequel le moteur
peut fonctionner. De même, nos projets doivent tendre
à diminuer le plus possible les tensions et les résistances.
La nature elle-même nous démontre qu'un effort
atténué produit un résultat accru.
Le bon fonctionnement ne signifie donc pas la bousculade.
Cela veut dire que l'exécution d'un plan doit se faire
de façon soutenue. Trop de gens et d'organismes ne
donnent que la moitié de leur rendement, en raison
de besognes courantes qui n'ont aucun rapport avec la tache
à accomplir. Trop de bureaux sont enfouis sous la paperasse.
La poursuite d'un projet est retardée parce que les
pupitres servent à entreposer documents et dossiers.
Comment parer à ces obstacles qui empêchent
la réalisation d'un plan ? Il faut tout d'abord
nous rendre compte de nos propres capacités. Nous devons
considérer le perfectionnement comme une chose essentielle.
Lors d'une réunion du syndicat national des industriels,
son Altesse Royale le prince Philippe affirmait : « Une
saine connaissance de soi-même et une volonté
constante d'apprendre sont, il me semble, les qualités
les plus importantes que doive posséder l'administrateur. »
Ayant mis de l'ordre dans nos propres affaires, nous devons
faire comprendre à tous les intéressés
le besoin de perfectionnement. Assistants et surveillants
doivent se pénétrer de l'esprit du directeur,
de façon à chercher des techniques et des méthodes
nouvelles qui leur permettront d'accomplir leur travail avec
une plus grande compétence. Leurs efforts doivent être
coordonnés avec les desseins du directeur, dans un
engrenage impeccable.
La prévoyance
Bien des choses sont déjà inscrites au livre
de l'avenir, sans porter de date précise. Les gens
clairvoyants s'efforcent d'y apposer des dates, de les prévoir
et de s'engager dans la voie qui y conduit. Ils décident
déjà ce qu'il y a à faire en regardant
dix ou vingt ans plus loin. Quant aux étourdis, ils
se laissent embourber dans le travail quotidien, sans penser
à la prochaine étape qu'ils doivent franchir.
Personne n'ignore que nous sommes souvent tentés
de remettre à plus tard les projets d'avenir, tout
simplement parce que leur perspective nous ennuie. Cependant,
grâce à l'esprit d'organisation, s'il nous est
possible de partager en petites unités la tâche
accumulée, celle-ci devient bien plus facile et la
perspective moins redoutable.
On est parfois tenté d'adopter le parti contraire :
on pèche par excès d'organisation, ce qui étouffe
les possibilités. Quand la guerre de Corée a
éclaté en juin 1950, certains Américains
se sont rappelé les événements qui avaient
accompagné le début des hostilités précédentes.
Selon les rédacteurs de la revue Fortune, un
hôtel a annoncé qu'il avait accumulé une
réserve de boissons alcooliques pour les dix prochaines
années, tandis qu'un organisme de l'État avait
acheté une provision de biblorhaptes pour 247 ans.
Cette façon de procéder n'est guère
plus logique que celle d'un technicien hautement spécialisé
qui, absorbé par les questions secondaires touchant
les méthodes et les techniques, perd de vue les objectifs
et les buts visés par la compagnie qui l'emploie.
Même lorsqu'il s'agit de projets personnels, il faut
les soumettre de temps à autre à un examen attentif.
Les buts sont-ils toujours aussi nettement dessinés,
de sorte que l'intéressé sache vraiment ce qu'il
veut ? Ou bien sont-ils embrumés et obscurcis
par les problèmes immédiats et les circonstances
passagères ? A-t-il découvert sa propre
force, afin d'en tirer le meilleur parti possible et, ce qui
importe encore plus, se rend-il compte de ses faiblesses,
afin de les corriger ? A-t-il dressé un inventaire,
à diverses reprises, en vue de vérifier les
progrès réalisés, d'améliorer
son rendement et d'assurer sa réussite ?
Celui qui conçoit bien son plan et s'y consacre avec
courage, intelligence et énergie est en voie de devenir
un être supérieur. Il atteindra ses fins car,
au départ, il a acquis l'assurance que donne la connaissance
des faits, des procédés, des risques et de la
récompense.
L'élaboration d'un plan d'action peut à elle
seule être une tâche agréable, même
si elle n'est qu'un moyen et non une fin. S'il en était
autrement - si l'intérêt et le charme des choses
ne résidaient que dans la fin - les compositeurs de
musique n'écriraient jamais que des finales.
[ Retour à la
page d'accueil du Bulletin RBC ]
|