Vol. 47, N° 4 Avril 1966 La jeunesse et l'avenir
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Les jeunes gens qui entreront à
l'école secondaire pendant l'année du centenaire
de la Confédération canadienne auront tout juste
dépassé le midi de la vie quand sonnera l'an
2000 à la grande horloge des siècles.
Même s'il est impossible à ces citoyens de
demain de prévoir dès maintenant et d'une façon
détaillée ce que sera la seconde moitié
de leur existence, ils ne peuvent que gagner à essayer
de le faire. Ne peut-on pas, en effet, discerner d'ores et
déjà l'aspect général des tâches
qu'il faudra alors accomplir pour que les adolescents d'aujourd'hui
puissent tirer le meilleur parti possible de la vie.
Chose certaine, c'est qu'en passant par les divers stades
de leur carrière - études, choix d'un métier,
mariage, éducation des enfants - ces jeunes auront
souvent à changer de vitesse ou de régime. Les
sciences, les affaires et la politique évoluent à
une allure sans précédent dans l'histoire et
créeront de ce fait des situations si nouvelles que
les esprits immobilistes et incapables de s'adapter seront
complètement submergés.
En un sens, l'avenir est déjà commencé.
Ce que les jeunes se mettent aujourd'hui dans la tête,
c'est en somme ce qu'ils devront savoir pour faire face aux
nécessités de demain. Les dirigeants actuels,
dans les affaires, l'industrie, les professions libérales,
les universités et les centres de recherches, seront
alors mis à la retraite. Et l'on aura besoin pour occuper
les emplois supérieurs de tous les diplômés
qui sortiront de nos écoles d'ici quelques années.
Ces jeunes seront prêts à accéder au sommet
dans la mesure où ils se seront préparés
à la montée pendant leurs études.
Cela n'ira pas sans effort. Il y a des jours où nous
devons peiner rien que pour nous maintenir au point où
nos ancêtres sont parvenus. Les matières auxquelles
on se contentait autrefois de faire une vague allusion sont
devenues des nécessités impérieuses.
Les étudiants de notre époque doivent compter
avec trois facteurs qui n'existaient pas pour les anciennes
générations : l'augmentation quantitative
des connaissances dans le monde ; le niveau d'instruction
de plus en plus élevé que l'on assure aux élèves ;
la contrainte des techniques de plus en plus perfectionnées.
Prenons l'exemple de l'automation, qui sera de plus en plus
en vedette dans les années à venir. Des milliers
d'entreprises connaîtront le succès ou l'échec
d'ici vingt ans selon que les jeunes de notre temps auront
appris ou non à comprendre les effets techniques et
sociaux du renouveau actuel et à adopter l'attitude
voulue à leur égard.
L'avenir et les planches à dessin nous promettent
déjà bon nombre d'inventions qui nous rendront
la vie plus facile : routes automatisées pouvant
guider les voitures ; fours à micro-ondes ;
aliments synthétiques ; Europe à 90 minutes
par avion ; voyage en fusée individuelle ;
hydroptères et trains à coussin d'air ;
téléphones de poche ; télévision
intercontinentale ; remèdes préventifs
et curatifs de plus en plus efficaces.
Mais avant de nous pâmer d'admiration devant toutes
ces choses, il importe de nous rappeler que l'instrument le
plus ingénieux, comme la calculatrice ou le microscope,
ne sont en quelque sorte que le prolongement des facultés
de l'homme.
Il en découle que, pour utiliser les appareils existants
et en inventer d'autres, les jeunes gens d'aujourd'hui doivent
développer leurs facultés. Cela veut dire non
seulement qu'il leur faudra aller plus longtemps à
l'école, mais aussi s'efforcer, pendant leurs études,
d'apprendre et surtout de comprendre. Qu'ils le veuillent
ou non, les jeunes devront conserver certains principes de
leurs ancêtres, s'adapter eux aussi pour répondre
aux circonstances nouvelles, profiter de l'expérience
des autres et ajouter à tout cela un peu du leur. Ce
n'est qu'à cette condition qu'ils seront vraiment prêts
à appliquer les méthodes et les moyens connus
aux situations inusitées qui ne peuvent manquer de
se produire à l'avenir.
Penser tout de suite à l'avenir
À vrai dire, les jeunes gens n'ont pas la tâche
des plus faciles. Il leur incombe dès maintenant, c'est-à-dire
avant d'être rendus trop loin dans la vie, de découvrir
toutes les possibilités qui s'offrent à eux.
Ce n'est pas le moment de flâner. Il serait vain d'attendre
l'avenir dans l'espoir que tout s'arrangera. Il faut l'affronter
hic et nunc, même si nous n'avons pas tout ce
qu'il faut pour nous orienter. On peut toujours s'inspirer
de l'exemple de Dunkerque, où 300,000 de nos militaires
furent encerclés par les blindés ennemis. Il
fallait les évacuer à tout prix. Des centaines
d'hommes coururent à leur secours avec des vedettes
à moteur et des bateaux de pêche. Ce n'était
pas le moment de palabrer ni de mignarder ; et il n'y
avait ni carte ni programme. Le seul mot d'ordre était
« Guidez-vous sur le bruit des canons et bonne chance ! »
Les jeunes gens qui obtiendront bientôt leurs diplômes
ont la chance de démontrer ce qu'ils valent vraiment.
Ils doivent se rendre compte des difficultés de la
tâche et ne pas s'y dérober ; ils doivent
regarder assez loin pour prévoir les problèmes
et les étudier avant qu'ils ne deviennent urgents ;
ils doivent se juger eux-mêmes et juger l'avenir d'une
façon intelligente, afin de mettre de l'ordre et de
la méthode dans leur vie et de développer leurs
talents au maximum.
À l'heure actuelle comme pendant les années
qui suivent les études, un des facteurs les plus importants
dans la vie est la motivation. La joie de vivre suppose que
l'on a un but à atteindre. Que votre ambition soit
de chercher la toison d'or ou la fortune, de soigner les malades
ou de construire un dirigeable spatial, de réformer
le gouvernement ou de rendre le monde meilleur, n'oubliez
pas cette vieille maxime chinoise : « Les grandes
âmes ont de la volonté, les âmes faibles
n'ont que des velléités. » Notre désir
de réussir doit être assez intense pour que nous
y mettions le prix en études, en travail et en souci
de perfectionnement. Seul l'effort permettra à nos
désirs de se traduire en actes.
En se fixant un but, il n'est pas sage d'enfler ses ambitions
au delà de ses capacités. L'adolescent qui ne
parvient pas à mordre aux mathématiques élémentaires
ne peut s'attendre à jongler plus tard avec les calculs
compliqués qui ont cours dans les hautes sphères
de la finance et de l'astronautique. Comme dit le prophète
Jérémie : « Si tu cours avec des piétons
et qu'ils te fatiguent, comment lutteras-tu avec des cavaliers ? »
Chacun doit chercher à découvrir sa meilleure
sphère d'activité et travailler ferme dans le
sens de ses aptitudes.
Choisir la meilleure route
En traçant sa route, il importe de tenir compte de
la tendance presque universelle à mettre l'accent sur
les métiers qui exigent un haut niveau de formation,
de compétence et de connaissances et à reléguer
dans l'ombre les emplois ardus et non spécialisés.
Au cours des dix prochaines années, les possibilités
de travail pour les jeunes gens qui n'ont acquis que le bagage
indispensable pour occuper des emplois subalternes seront
encore plus rares qu'aujourd'hui. Beaucoup d'anciens métiers
disparaissent, tandis que plusieurs nouvelles spécialités
font leur apparition.
Voici ce que disait un jour le directeur général
en chef de la Banque Royale dans un message aux étudiants :
« Ceux qui vous exhortent à acquérir toute
l'instruction possible ne cherchent nullement à vous
enjôler pour vous amener à poursuivre vos études ;
ils ne font qu'exprimer un fait indéniable. Nous vivons
à une époque où il faut connaître
des choses qui n'étaient même pas dans le dictionnaire
quand nos pères étaient jeunes. Et nous entrons
dans une ère où ce que nous apprenons aujourd'hui
ne sera plus suffisant d'ici une couple d'années pour
nous permettre de surnager. De grâce, cherchez à
vous procurer tout le savoir que vous pouvez et efforcez-vous
de le bien assimiler. »
Tout le monde ne deviendra pas homme de sciences, spécialiste
en lancement de satellites ou cosmonaute, mais les influences
qui jouent dans ces domaines ont de profondes répercussions
sur tous les secteurs de la main-d'oeuvre. Les travailleurs
très instruits ont non seulement créé
du travail pour eux-mêmes, mais ils ont aussi suscité
des centaines d'emplois supérieurs et en ont supprimé
des centaines d'autres de niveau inférieur, dans le
monde du travail.
Tous ceux qui fréquentent déjà l'école
ou qui commencent leurs études ont tout intérêt,
pour bien préparer leur avenir, à profiter au
maximum des possibilités d'apprendre qui sont mises
à leur disposition. La partie du recensement du Canada
qui porte sur les salariés nous offre à ce sujet
un argument péremptoire. D'après ce document,
le revenu moyen annuel des hommes répartis selon leur
degré d'instruction s'établit comme suit :
cours primaire $2,964 ; cours secondaire $3,911 ;
cours universitaire $5,699. Pour les femmes, les statistiques
sont les suivantes : cours primaire $1,449 ; cours
secondaire $2,078 ; cours universitaire $3,257. Un relevé
fait par le gouvernement en 1952 indique les pourcentages
ci-après pour les hommes de 40 à 49 ans recevant
moins de $3,500 par année : études primaires
47.2 ; études secondaires 22.2 ; études
universitaires 15.1.
Deux autres phénomènes entrent aussi en ligne
de compte : la concurrence numérique et la concurrence
scolaire, qui sont de plus en plus grandes. Le nombre des
personnes appartenant au groupe d'âge de 20 à
24 ans va augmenter de 33 p. 100 entre 1965 et 1970, et de
57 p. 100 pendant la décennie de 1965 à 1975.
Voici, d'autre part, ce que nous prédit le Conseil
économique du Canada : alors que la population
masculine active de ce groupe d'âge n'a. augmenté
que de 25,000 dans les années 50, elle s'accroîtra
de 270,000 pendant les années 60, soit plus de dix
fois autant.
Le second impératif c'est le ferme espoir de l'industrie
et des affaires que les jeunes aborderont leurs premiers emplois
avec quelque chose de plus que les connaissances et l'habileté
nécessaires pour expédier les affaires courantes.
Le niveau de compétence exigé au départ
est plus élevé qu'autrefois.
Choisir avec discernement
Le choix des métiers est aussi beaucoup plus vaste.
Un quotidien nous offrait récemment plus de quatre
pages entières d'annonces-vedette d'emplois pour hommes
et pour femmes. La plupart des métiers mentionnés
étaient inconnus il y a vingt-cinq ans, soit parce
que la chose à faire n'existait pas, soit parce que
les machines d'aujourd'hui n'avaient même pas atteint
le stade de la conception.
Les jeunes gens avisés se feront un devoir d'étudier
l'éventail des métiers et des professions, afin
de se tenir au courant de l'immense gamme d'emplois qui leur
est offerte. Ils devront ensuite examiner avec soin la liste
des professions ou des métiers qui leur semblent présenter
les meilleures possibilités pour réaliser leurs
ambitions, compte tenu de leurs capacités, de leurs
talents et de leurs goûts. Ils voudront se documenter
avant de prendre une décision aussi importante que
le choix d'une carrière.
Les conseillers d'orientation scolaire ont à leur
disposition le Manuel de classification des emplois (Recensement
du Canada, 1961), dans lequel sont énumérés
plus de 16,000 métiers différents. On peut aussi
consulter avec profit les revues spécialisées
en orientation professionnelle et en recherche sur les carrières.
On trouve une trentaine de monographies de professions et
de métiers dans une série de brochurettes qui
sont publiées par la Direction de l'économique
et des recherches du ministère du Travail. Ces monographies
sont en vente chez l'Imprimeur de la Reine, à Hull,
au prix de 10 cents chacune. On peut même se procurer
la liste des emplois dont il y est question en écrivant
à l'Imprimerie nationale.
Il est entendu que les instituteurs et même les orienteurs
ne peuvent pas connaître le détail de tous les
métiers qui existent. Aussi les élèves
doivent-ils en parler avec leurs parents et avec ceux qui
les exercent. Personne ne peut prédire l'avenir avec
certitude à une époque troublée par la
rapidité des découvertes et des changements,
mais les jeunes gens ont tout à gagner à consulter
les personnes qui s'y connaissent avant de faire leur choix.
Une tâche sans fin
Celui qui croit que ses études sont finies lorsqu'il
reçoit son diplôme de l'école secondaire
ou de l'université commet une grave erreur. Le monde
des affaires et de l'industrie ne restera pas où il
en sera au moment où les diplômés y feront
leur entrée. Il faut continuer à apprendre pour
se maintenir à la page.
Il y a aussi une autre raison qui doit nous inciter à
nous perfectionner sans cesse : le haut niveau de vie
que nous connaissons aujourd'hui a fait croître nos
ambitions à un tel point que l'on ne se contentera
plus en 1977 du salaire ou du traitement de 1967 ; tout
le monde veut obtenir davantage. Ce sera une piètre
consolation que de savoir qu'il y a « plein emploi »
- c'est-à-dire que 3 p. 100 seulement de la population
active est sans travail - si l'on en est encore, à
ce moment-là, à son emploi du début,
avec des augmentations annuelles symboliques.
Les études ne se terminent pas à la collation
des grades. La vie est un long apprentissage. Ceux qui cessent
d'étudier se nuisent de deux façons : ils
ne méritent pas de gagner ce qu'ils considèrent
comme une rémunération satisfaisante et il leur
est impossible d'atteindre le niveau de culture et d'épanouissement
jusqu'auquel ils pourraient s'élever s'ils avaient
plus de savoir et de compréhension.
Il est plus facile de se cultiver si l'on se fixe un but
avec le sincère désir d'enrichir son intelligence.
On peut très bien devenir spécialiste dans un
domaine quelconque et demeurer quand même un intellectuel.
Et cela engendre la confiance en soi. Les personnes de cette
trempe ne se contentent pas de l'indispensable, ils visent
à la supériorité.
Quel que soit votre âge en cette année où
nous nous apprêtons à célébrer
le centenaire de la Confédération, il est bon
de continuer - ou de recommencer - à accroître
votre bagage intellectuel. L'instruction n'est pas une manne
qui tombe sur les justes comme sur les injustes. Elle ne s'acquiert
que par le travail, par l'effort acharné de ceux dont
on disait autrefois que leur lampe ne s'éteignait que
fort avant dans la nuit.
Il y avait, pendant la guerre, un jeune aviateur de l'A.R.C.,
qui n'avait pas terminé ses études secondaires.
Il compléta sa scolarité en suivant des cours
par correspondance durant les hostilités. Grâce
à l'aide financière accordée aux ex-militaires
après la guerre, il s'inscrivit à l'université
et finit par obtenir son diplôme d'ingénieur ;
avec l'argent qu'il gagna ici et là, surtout à
donner des leçons particulières, il réussit
à se spécialiser en électronique au Massachusetts
Institute of Technology et il écrivit, pour obtenir
sa licence, une thèse qui attira l'attention des plus
grandes autorités en astronautique des États-Unis.
Il occupe aujourd'hui un emploi de haute direction et compte
parmi les meilleurs spécialistes dans son domaine.
Élargir la base
Le jeune homme qui veut avoir de la culture et pouvoir profiter
de toutes les occasions favorables qui peuvent se présenter,
ferait bien de ne pas trop limiter son champ visuel. En faisant
entrer dans son programme les matières qui lui permettront
de se donner une bonne formation générale, il
ne sera que mieux en mesure d'exceller dans sa spécialité.
Quelque merveilleuse que soit la vie dans le Canada de demain,
les postes de commande seront confiés aux esprits qui
possèdent une vaste culture, à ceux qui sont
capables d'avoir des vues d'ensemble, et non aux gens qui
ne connaissent rien en dehors de la technique dans laquelle
ils sont spécialisés. Le regretté chanoine
Cody, de Toronto, disait de la culture générale
que c'est « le processus par lequel l'individu se développe
et apprend à mener une vie féconde. »
Les hommes qui brillent dans un métier ou une profession
sont ceux qui ont la passion du travail, qu'il s'agisse de
la poursuite du savoir, de l'addition de colonnes de chiffres
ou de la mesure de fines tolérances. Pour une personne
en santé, l'inaction est le plus grand de tous les
maux. La valeur et le succès du chef de service à
son bureau, du chercheur dans son laboratoire, de l'instituteur
dans sa classe, du député au parlement, sont
presque infailliblement le fruit de longues années
de labeur ardu et pénible.
Penser grand
C'est un désir bien légitime que de vouloir
laisser quelques traces sur son passage au cours du grand
pèlerinage de la vie.
L'un des meilleurs moyens d'atteindre cette fin désirable
est de se montrer accueillant aux possibilités. Une
maxime en honneur dans le monde de la recherche consiste à
croire que le but du chercheur ou de l'explorateur est d'aller
là où il n'a rien de particulier à faire.
Chacun a intérêt à chercher des occasions
d'explorer de nouveaux domaines de connaissance dans des secteurs
qui n'entrent pas encore dans les limites de son métier.
Combien de personnes ne doivent-elles pas leur réussite
dans la vie au fait qu'elles ont eu assez d'imagination pour
s'aventurer dans une voie inconnue afin de voir où
elle menait.
Les idées fixes et la spécialisation à
outrance sont des maux qu'il faut combattre. Il importe de
repenser nos plans de temps en temps à la lumière
des connaissances et des événements nouveaux.
À moins de se contenter tout simplement de se rendre
la vie supportable, un homme ne doit pas commencer à
considérer ses années d'existence ou de service
comme un avantage avant de n'avoir plus rien d'autre à
considérer comme tel. Tout progrès, toute promotion
peut apporter des plaisirs nouveaux. À mesure que l'on
s'élève dans la hiérarchie de son entreprise,
de sa profession ou de son métier, on trouve sur sa
route des situations et des gens de plus en plus intéressants.
Celui qui escalade une montagne, en Suisse ou dans le Parc
national de Banff, ne rencontre, au sommet, que quelques rares
personnes, mais elles sont d'autant plus sympathiques qu'elles
ont surmonté les mêmes difficultés que
lui et qu'elles admirent le même beau paysage.
Aide-toi...
Le jeune homme qui ne s'intéresse pas à lui-même
ne peut guère s'attendre que les autres prennent beaucoup
d'intérêt à sa situation et à son
sort.
Il doit se créer une personnalité en cultivant
ses dons et ses qualités personnelles, en faisant preuve
de constance et en mettant tout son coeur dans ce qu'il entreprend
ou ce qu'il fait.
Le Canada de demain est riche de promesses pour les jeunes
gens de cette catégorie pour peu qu'ils se donnent
la peine de les rechercher et d'en profiter.
Du point de vue des conditions actuelles, comme l'indique
la Commission d'enquête sur les perspectives économiques
du Canada, l'avenir paraît brillant. L'accroissement
de la population créera de nouveaux besoins et de nouvelles
possibilités d'action. Les étudiants, qui seront
plus nombreux et qui fréquenteront les écoles
et les universités plus longtemps, exigeront un plus
grand nombre d'instituteurs et de professeurs, d'immeubles
et de matériel. L'augmentation des mariages et partant
des foyers familiaux entraînera une demande croissante
d'habitations. De nouvelles usines seront construites et les
anciennes seront agrandies et modernisées. La population,
plus instruite, réclamera un niveau de vie plus élevé
et demandera, par conséquent, plus d'activités
culturelles, comme la musique, le ballet, le théâtre
et les beaux-arts.
Voici textuellement ce que nous dit à ce sujet le
rapport de la Commission royale : « ... si nous
savons faire preuve d'initiative et adopter une politique
souple et si la chance nous sourit un peu ... le pays
a tout lieu de se montrer optimiste quant à son essor
économique et à l'amélioration de son
niveau de vie. » Ni les moins de vingt ans ni même
les moins de trente ans ne peuvent influer dès maintenant
sur le cours du second siècle du Canada, mais il y
a une chose qu'ils sont en mesure de faire : prendre
la résolution de commencer sans tarder, dans leur milieu
et selon leurs moyens, à se préparer à
façonner ce second siècle, où ils atteindront
leur pleine maturité.
Ces citoyens de demain feront bien d'adopter pour devise
ce principe aussi simple qu'essentiel : s'il est nécessaire
de faire une chose, faites-la tout de suite ; si une
tâche ardue vous attend, ne vous dérobez pas ;
si une décision difficile réclame votre attention,
renseignez-vous et montrez-vous assez homme pour la prendre.
La boîte aux questions en suspens est un bien mauvais
endroit pour déposer ses obligations et ses décisions.
L'un des petits prophètes, dont le style vivant et
clair est sans égal dans l'Ancien Testament, a cette
phrase pour qualifier le temps perdu : « ... les
années qu'a dévorées la sauterelle ».
Il se peut que des événements imprévus
et indépendants de votre volonté, viennent interrompre
votre progression. Point n'est besoin alors de vous croiser
les bras et d'attendre que l'obstacle disparaisse. Demandez-vous
plutôt s'il n'y aurait pas moyen d'en tirer parti. Même
dans les jours le plus sombres, la Fortune vous effleurera
peut-être de son aile. On trouve dans la cathédrale
de Lincoln, en Angleterre, un magnifique vitrail qu'un apprenti
exécuta jadis avec les morceaux de verre cassés
et jetés par les maîtres verriers.
L'avenir du Canada appartient à ceux qui, sachant
d'avance où ils vont, font des préparatifs pour
le voyage, accomplissent leurs tâches avec adresse,
saisissent les occasions qui s'offrent à eux et persévèrent
malgré les échecs.
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