Centre for Indigenous Environmental Resources


TEXTE:

TEXTE :
Le Centre for Indigenous Environmental Resources (CIER) aide les collectivités des Premières nations canadiennes à gérer leurs problèmes environnementaux, entre autres l'accès à l'eau potable.

TEXTE :
Merrell-Ann Phare, directrice générale, CIER, s'est rendue dans la réserve des Premières Nations de Shoal Lake 40 afin de mieux comprendre les problèmes qui touchent cette collectivité.

TEXTE :
Son objectif est d'évaluer l'aide que le CIER peut apporter.

SUPER :
Projet 2 | Centre for Indigenous Environmental Resources (CIER)

SUPER :
Shoal Lake | Manitoba

MERRELL-ANN :
Les recherches du CIER ont établi qu'une réserve des Premières nations sur cinq doit tenir compte d'un avis de faire bouillir l'eau avant consommation. Dans les faits, il s'agit plutôt d'une réserve sur trois, une situation inacceptable.

SUPER :
MERRELL-ANN PHARE
Directrice générale | CIER

La plupart des gens ont accès aux « commodités de la vie moderne ». Toutefois, un important segment de la population n'a pas accès à l'eau, l'un des éléments essentiels de la vie.

SUPER :
Réserve des Premières nations de Shoal Lake 40

TOM ANDERSON :
Ravi de vous rencontrer. Je suis Tom Anderson, et voici le chef Erwin Redsky.

M-A :
Bonjour. Je suis très heureuse de faire votre connaissance.

ERWIN REDSKY :
Je suis Erwin Redsky.

T. A. :
Voici le conseiller Vernon Redsky.

M-A :
Bonjour.

VERNON REDSKY :
Bonjour.

M-A :
L'eau d'ici doit être bouillie avant d'être consommée, n'est-ce pas ?

T. A. :
Oui, nous sommes touchés par cet avis depuis 18 ans. Et c'est ici que Winnipeg s'approvisionne en eau ; c'est une situation absurde.

M-A :
C'est difficile à croire, en effet.

SUPER :
CONSEILLER TOM ANDERSON
Réserve des Premières nations de Shoal Lake 40

T. A. :
Voici l'une de nos stations de pompage. L'eau provient du lac. Ensuite, il y a un compteur, et un injecteur de chlore.

M-A :
Compte tenu de l'avis, à quoi donc sert cette eau ?

T. A. :
Elle est réservée à l'usage domestique ; pour le ménage, la lessive, le bain et la douche.

M-A :
Vous devez traiter l'eau même pour ces usages ?

T.A. :
Oui. C'est ici qu'on nous livre l'eau potable, dans des bidons de 20 litres.

M-A :
Depuis combien de temps ?

T.A. :
Dix-huit ans.

M-A :
Alors, certains jeunes d'ici ont toujours vécu cette situation.

T. A. :
Oui, ils n'ont rien connu d'autre.

SUPER :
TOM ROSS
Aîné | Réserve des Premières nations de Shoal Lake 40

TOM ROSS :
Parfois, quand le dosage de chlore est modifié, l'eau prend une odeur très forte.

M-A :
Vraiment ? Elle est alors imbuvable ?

T. R. :
Oui, à moins de la faire bouillir. Voilà les bidons qu'on nous livre.

M-A :
On vous livre les bidons à domicile ?

T. R. :
Oui. Il est parfois difficile de les soulever ; il faut être fort.

M-A :
L'état du lac Shoal vous inquiète-t-il ?

T. R. :
Oui. Nous avons de l'eau en quantité, mais ce n'est pas de l'eau propre. Pourtant, quand j'étais jeune, l'eau était potable partout.

M-A :
Le problème majeur auquel sont confrontées les Premières nations se situe sur le plan de la gestion et de la protection de leurs sources d'eau potable. Notre organisme étudie la source du problème pour comprendre comment on en est arrivé là.

SUPER :
DARYL RED SKY
Agent de consultation | Réserve des Premières nations de Shoal Lake 40

DARYL RED SKY :
Le manque de consultation a entraîné de graves conséquences pour nous. L'eau n'est que l'un des problèmes. Les aînés m'ont expliqué que le lac Shoal était par le passé un lac autonome, alimenté par une source naturelle d'eau douce, toujours propre. L'eau du lac des Bois, qui se jette dans le lac Shoal, a été polluée. Je crois qu'à l'époque, c'est la Commission mixte internationale qui a donné son accord. Il n'y avait pas de processus de consultation dans ce temps-là.

VERNON REDSKY :
Au fil des ans, la population s'est fortement accrue et beaucoup de résidences secondaires ont été construites aux abords de la réserve.

SUPER :
CONSEILLER VERNON REDSKY
Réserve des Premières nations de Shoal Lake 40

V. R. :
Leurs eaux usées s'écoulent le long de Falcon Creek et se déversent dans notre lac.

D. R. :
L'eau du lac des Bois est polluée, et elle se déverse dans le lac Shoal. Elle s'écoule par là et arrive directement ici, dans la prise d'eau.

M-A :
Entre autres, le CIER cherche à créer un modèle de planification des bassins hydrographiques pour les Premières nations. Il essaie de réunir les Premières nations afin que l'on détermine quelles décisions, en matière de protection de l'eau, doivent être prises par les autorités.

T.A. :
Il est important de se faire entendre et de participer à la recherche de solutions aux dommages qui ont été causés.

M-A :
Nous privilégions l'angle de la gestion des bassins hydrographiques. Selon nous, il faut avoir un point de vue global sur l'eau. Tous ceux qui sont concernés et tous ceux qui peuvent causer un problème doivent participer au processus décisionnel. La contribution des Premières nations au processus est essentielle.

SUPER :
Unama'ki (Cap-Breton) | Nouvelle-Écosse

M-A :
Toute l'eau d'un même secteur se déverse dans une même direction. C'est la définition même d'un bassin hydrographique. L'enseignement des Premières nations amène à procéder à une analyse au cas par cas. Qu'est-ce qu'un niveau de qualité de l'eau acceptable et selon quels facteurs le détermine-t-on ? Quels sont les éléments à prendre en considération ? Les seuls besoins des humains, ou également ceux d'autres espèces ?

TEXTE :
L'Unama'ki Institute of Natural Resources (UINR) est la voix des Micmacs de laPremière nation Eskasoni en matière de questions environnementales.

SLATE:
La Première nation Eskasoni a accès à une source d'eau potable ; le CIERs'est servi de l'UINR comme modèle de gestion exemplaire des bassinshydrographiques.

SUPER :
SHELLEY DENNY
Biologiste et coordonnatrice de la recherche
Unama'ki Institute of Natural Resources (UINR)

S. D. :
Lorsque les gens du CIER ont pris contact avec nous pour comprendre notre méthode de gestion des bassins hydrographiques, nous leur avons d'abord demandé de quel type d'eau il était question. L'UINR étudie les questions liées aux bassins hydrographiques, qu'il s'agisse de la qualité de l'eau potable ou de la protection des espèces aquatiques. Ces aspects peuvent sembler distincts, mais ils sont liés, car la planification des bassins hydrographiques a une incidence sur toutes les sources d'eau.

J'ai toujours été passionnée de biologie et j'ai toujours aimé étudier les ruisseaux, les lacs et les océans.

On trouve des choses intéressantes ici. Je crois que ce poisson est un chaboisseau bronzé. Quel est son nom en micmac, Tyson ? Kloq ? Quand j'étais jeune, je jouais avec les poissons.

M-A :
Le travail de Shelley Denny allie le savoir traditionnel et la recherche scientifique. En collaborant avec l'UINR, nous avons compris l'importance de combiner ces deux savoirs pour trouver des solutions axées sur la protection de l'eau, habitat de nombreuses espèces.

S. D. :
Oxygène dissous : 9,9 ; salinité : 17,44. Je voulais faire quelque chose de vraiment utile pour la société. Pour moi, il ne s'agit pas seulement de recherche. Il s'agit d'aider les Premières nations. À l'époque, j'étais la seule étudiante d'origine micmaque à étudier les sciences à mon université, et probablement dans tout le Canada atlantique.

M-A :
C'est une étude de cas et une démonstration du fait que tout est lié, leurs activités de recherche et leurs solutions en sont la preuve. Selon nous, le secret de la durabilité d'une Première nation réside dans sa capacité de se projeter dans l'avenir. À quoi veut-elle ressembler, dans 100 ans ? À quoi ressemblerait le monde qu'elle essaie de créer ?

D.R. :
Notre collectivité se meurt, notre peuple va disparaître à cause de l'eau. Les gens commencent enfin à comprendre que nous sommes les gardiens, les protecteurs de nos terres. Il y a longtemps qu'ils auraient dû nous écouter. Maintenant, ils commencent à analyser nos méthodes, nos enseignements et nos façons de faire.

T.A. :
Nous pensons toujours aux générations futures. Nous savons que nos gestes ont des conséquences. Les aînés disent toujours que nos gestes influeront sur la vie de nos petits-enfants. La terre et tout ce qui nous entoure ont une grande capacité de résistance. La seule chose qui peut les détruire, c'est l'être humain et ses activités. Nous croyons que Mère Nature est une entité vivante et que tout est relié.