Tides Canada


TEXTE:
La forêt Great Bear est la plus vaste forêt côtière pluviale tempérée encore intacte et elle constitue un des plus beaux trésors environnementaux de la planète. Sa préservation est le résultat d'une entente sans précédent, conclue entre les Premières Nations, les représentants de l'industrie, les gouvernements et les défenseurs de l'environnement. Cette forêt est un modèle pour le reste du monde en matière de création d'environnement durable et de développement économique.

SUPER:
Projet 13 Tides Canada

SUPER:
Colombie-Britannique, Canada

SUPER:
Marven Robinson, guide forestier

MARVEN:
Bien des gens sont surpris d'apprendre que nous avons une forêt pluviale tempérée au Canada, et qu'elle est de la grandeur de la Belgique.
Une de mes fonctions ici est d'accompagner les gens dans la forêt pluviale tempérée Great Bear. Lorsque j'ai commencé ici, j'allais pêcher en bateau, ensuite je suis devenu bûcheron et maintenant je fais visiter cette forêt aux touristes.
Auparavant, nous allions à la chasse. Cela fait deux ou trois ans que je n'ai pas utilisé mon fusil. Je l'ai remplacé par une caméra.

SUPER:
Art Sterritt, directeur exécutif | Premières Nations de la côte Ouest

ART:
La forêt pluviale tempérée Great Bear est située dans la partie supérieure de l'île de Vancouver et s'étend jusqu'à la frontière entre la Colombie-Britannique et l'Alaska. La Great Bear représente vingt-cinq pourcent des forêts pluviales tempérées côtières du monde.
L'idée initiale était de protéger ce que nous avions déjà, en dépit du fait que les industries qui nous soutenaient auparavant, soit celles de la foresterie et de la pêcherie, étaient en péril. En tant que Première Nation indépendante, il nous était difficile de bâtir une économie durable. Alors nous nous sommes rassemblés pour essayer de sauvegarder ce qui demeurait de la forêt pluviale tempérée Great Bear et ainsi maintenir notre culture et nos sources de nourriture.

Les écosystèmes de notre planète et leur survie dépendent des gens. Et les gens dépendent de l'économie. Alors si nous n'arrivons pas à bâtir une économie durable dans la forêt pluviale tempérée Great Bear, celle-ci ne sera jamais protégée. Et c'est pour cela qu'il est important que les gens qui y vivent puissent y gagner leur vie afin de pouvoir y demeurer.

SUPER:
Bienvenue à la Pisciculture de la baie Hartley

SUPER:
Daniel Danes, propriétaire de la pisciculture de la baie Hartley

DANNY:
Cet endroit où nous sommes, c'est ici que les enfants viennent nager l'été. Ce trou, là-bas, est profond. C'est là qu'arrivent nos saumons. La meilleure façon d'expliquer ce que je fais c'est, disons qu'il y a une femelle qui remonte cette rivière. Si vous la laissez frayer naturellement, le taux de survie de ses 4 000 oeufs sera de cinq à huit pourcent. Si je les place dans mon écloserie, et que je les laisse incuber, le taux de survie augmente et se situe entre 58 et 98 pourcent.
Nous donnons un coup de pouce à la nature.

Je me sens un peu comme une mère qui accouche, car je fais la même chose avec les saumons. Ce sont mes bébés.

Nous polluons ce monde et ne nous en rendons même pas compte. Nous réalisons maintenant à quel point l'océan est pollué.

Je crois que mon rôle est de tout faire pour protéger et sauvegarder la nature.

SUPER:
Baie Hartley | Colombie-Britannique

MARVEN:
Nous ici à la baie Hartley, nous voulons être la communauté la plus écologique au Canada et donner l'exemple à la planète entière.

Au début, lorsque nous commençons, les changements semblent minimes. Mais quand tout le monde fait sa part, cela peut avoir un impact majeur. Aujourd'hui, à baie Hartley, l'école a un programme où les élèves passent une journée au printemps à nettoyer le village. C'est une activité qui se déroule depuis plusieurs années déjà.

SUPER:
Eva-Ann Hill, enseignante

EVA-ANN:
À tous les ans, nous ramassons les déchets lors du Jour de la Terre et vers 16 h 30, tous les enfants et les gens qui ont aidé se rassemblent autour d'un feu de joie pour célébrer. Ils savent que nous faisons ceci pour embellir baie Hartley.

MARVEN:
D'accord, alors nous allons marcher par ici, ce sera plus facile.

FILS:
Papa! Un crabe!

MARVEN:
Oui. Je crois qu'il est toujours vivant.
C'est notre chez-nous. Je crois que nous pouvons gérer ce territoire plus efficacement que quiconque. Si nous prenons quelque chose, que nous en prenons trop, cela va nous faire faire mal, ici.

ART:
Ce qui a vraiment attiré l'attention des gens, c'est que nous avons uni nos forces comme groupe, pour une fois. La collaboration entre l'industrie, les groupes environnementaux, les Premières Nations et la Colombie-Britannique est ce qui a assuré ce succès. C'est la première fois qu'il y a un projet d'une telle envergure.

DANNY:
Vous avez entendu parler de l'ours spirituel, non? Dans notre région, au printemps, il y a un ours blanc, tous les ans. Les Autochtones l'appellent l'ours spirituel. Il y a très longtemps, la planète entière était recouverte de glace et de neige. Dieu a vu comment les Autochtones avaient la vie dure. Il leur a dit : « Je vais vous faciliter la vie. Je vais faire pousser des choses, des arbres, et il y aura des poissons dans l'eau. Vous devrez en prendre soin. Ne polluez pas. Parce que si vous polluez, cet ours blanc vous rappellera comment était le monde auparavant. »